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Les poèmes de Karmacadabra – du 16 au 20 avril

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Karmacadabra

Les poèmes de Karmacadabra – du 16 au 20 avril

Lundi – Sur l’amitié

Dans les Essais, écrits bien après la mort de La Boétie en 1563, Montaigne analyse la nature de l’amitié. Raisonnable et vertueuse.

« En l’amitié, c’est une chaleur générale et universelle, tempérée au demeurant et égale, une chaleur constante et rassise, toute douceur et polissure, qui n’a rien d’âpre ni de poignant. Chacun se donne si entier à son ami qu’il ne lui reste rien à départir ailleurs », écrit Montaigne. Les âmes « se mêlent et se confondent l’une en l’autre, d’un mélange si universel, qu’elles effacent, et ne retrouvent plus la couture qui les a jointes. »

-Michel Montaigne


Mardi – Légende des Pléiades

Sept frères vivant seuls dans les Plaines du Nord passaient leur existence à rechercher leurs parents. Toujours en déplacement, ils devaient continuellement trouver de la nourriture et un nouvel abri pour dormir. Fatigué d’une telle vie misérable, le plus jeune d’entre eux, qui jouait avec une toile d’araignée, dit : « Pourquoi ne pas nous transformer en quelque chose d’autre? Nous pourrions être plus heureux ainsi. »

« C’est une bonne idée, mais en quoi devrions-nous nous changer? », se dirent-ils.

« Pourquoi ne pas se transformer en rochers? », dit l’un d’eux. « Ne soit pas stupide », dit un autre. « Les rochers peuvent se briser. »

« Les arbres ne se brisent pas, ils plient avec le vent » ajouta un des frères. « Même les grands arbres sont emportés par le vent et les tempêtes », rétorqua un autre.

L’après-midi s’écoula ainsi sans que les sept frères ne retiennent une solution, puis la nuit s’installa.

« Pourquoi ne pas prendre la forme de la nuit? La nuit n’est jamais détruite! », dit un des frères. « La nuit a peur de la lumière et fuit lorsque le jour arrive », dit un autre.

« Alors pourquoi ne pas se transformer en étoiles? », dit le plus sage des frères. « Elles habitent le ciel et ne meurent jamais. »

Les sept frères trouvèrent qu’il s’agissait là de la meilleure idée. Le plus jeune des frères disposa alors chacun de ses frères dans le ciel à l’aide de la toile d’araignée. Il en plaça trois à sa droite et trois à sa gauche, puis il prit place au milieu. Ils y sont tous encore aujourd’hui.

– Légende Amérindienne


Jeudi – La Source, tiré du recueil Émaux et Camées (1852)

Tout près du lac filtre une source,
Entre deux pierres, dans un coin ;
Allègrement l’eau prend sa course
Comme pour s’en aller bien loin.

Elle murmure : Oh ! quelle joie !
Sous la terre il faisait si noir !
Maintenant ma rive verdoie,
Le ciel se mire à mon miroir.

Les myosotis aux fleurs bleues
Me disent : Ne m’oubliez pas !
Les libellules de leurs queues
M’égratignent dans leurs ébats ;

A ma coupe l’oiseau s’abreuve ;
Qui sait ? – Après quelques détours
Peut-être deviendrai-je un fleuve
Baignant vallons, rochers et tours.

Je broderai de mon écume
Ponts de pierre, quais de granit,
Emportant le steamer qui fume
A l’Océan où tout finit.

Ainsi la jeune source jase,
Formant cent projets d’avenir ;
Comme l’eau qui bout dans un vase,
Son flot ne peut se contenir ;

Mais le berceau touche à la tombe ;
Le géant futur meurt petit ;
Née à peine, la source tombe
Dans le grand lac qui l’engloutit !

– Théophile Gautier


Vendredi – Le sage et le Scorpion

Un jour, il y a fort longtemps, un sage se promenait le long d’une rivière avec son disciple. En ce petit matin la nature était belle et les rayons du soleil caressaient le cours d’eau qu’ils suivaient en cheminant. Soudain le sage vit un scorpion se débattre dans l’eau : il était en train de se noyer !

Sans hésiter il tenta de le tirer hors de danger mais lorsqu’il le fit, le scorpion le piqua. Par l’effet de la douleur, le sage lâcha prise…

Cet homme au grand cœur tenta une fois de plus de le secourir mais l’arthropode le piqua encore.

Le jeune disciple qui était en train d’observer la scène se rapprocha du sage et lui dit :

Pardonnez-moi Maître, mais il me semble que vous vous obstinez pour rien! Ne comprenez-vous pas qu’à chaque fois que vous tenterez de le tirer hors de l’eau le scorpion vous piquera ?

Le sage répondit :

La nature du scorpion est de piquer et cela ne va pas changer la mienne qui est de prendre soin de la nature et de ce qui m’entoure.

Le sage pris quelques secondes pour réfléchir, puis à l’aide d’une feuille tombée d’un arbre, il tira doucement le scorpion jusqu’à la rive.

L’animal était hors de danger.

Le sage s’adressa alors à son jeune disciple:

Ne change pas ta nature, si quelqu’un te fait du mal, prends juste des précautions. Les uns poursuivent le bonheur, les autres le créent. Quand la vie te présente mille raisons de pleurer, montre-lui que tu as mille raisons de sourire. Préoccupe-toi bien plus de ta conscience que de ta réputation. Parce que ta conscience est ce que tu es, et ta réputation c’est ce que les autres pensent de toi… 

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