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Culture

Louise Glück, peintre de la beauté simple de la nature

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Louise Glück est la 16e femme à s'être vu décerner le prix Nobel de littérature. (© KEYSTONE/AP/SUSAN WALSH)

La lauréate 2020 du prix Nobel de littérature, Louise Glück, est décédée à l'âge de 80 ans. Considérée comme l'une des plus grandes voix de la poésie américaine, elle puisait la matière de son oeuvre dans la beauté simple de la nature et dans son enfance.

Native de New York et enseignante à Yale, la poétesse est la 16ème femme à s'être vu décerner le prix Nobel de littérature et la 12e lauréate américaine dans cette discipline, après notamment Hemingway (1954), Steinbeck (1962), Toni Morrison (1993) et Bob Dylan (2016).

Son oeuvre, entamée à la fin des années 60, célèbre pour son style fluide et sa sublimation de la beauté simple de la nature, lui a valu de nombreux prix prestigieux aux Etats-Unis. L'un de ses poèmes, "Japonica" (un groupe de papillons), rappelle l'art raffiné des peintres japonais, commençant par "Les arbres fleurissent/sur la colline./Ils portent/de grosses fleurs solitaires,/des japonicas".

Dans un entretien avec une revue de poésie américaine en 2006, Louise Glück se défendait d'être une spécialiste des motifs floraux: "J'ai eu beaucoup de demandes sur l'horticulture, or je ne suis pas horticultrice". Elle avait publié en 1992 "The Wild Iris" ("L'Iris sauvage", traduit tardivement en français comme une grande partie de son oeuvre), recueil polyphonique d'une originalité incomparable qui déploie tout un jardin et lui vaut le prix Pulitzer, l'un des prix les plus prestigieux au monde.

Jeanne d'Arc

Même vouée à la confidentialité que réserve notre époque aux vers libres, sa poésie est restée très accessible. Elle se passe d'appareil critique explicatif, et l'anglais de Louise Glück se lit sans trop de peine pourvu que l'on ait quelques notions de cette langue.

Adepte du dépouillement, M. Glück citait pour premières influences de jeunesse des poètes connus pour leur clarté d'expression, William Butler Yeats (prix Nobel 1923) et T.S. Eliot (prix Nobel 1948). Outre la nature, la grande source d'inspiration reposait dans son enfance.

"J'étais une enfant solitaire. Mes interactions avec le monde en tant qu'être sociale étaient peu naturelles, forcées, des représentations, et j'étais la plus heureuse quand je lisais. Bon, ce n'était pas entièrement aussi sublime que ça, je regardais beaucoup la télévision et mangeais beaucoup aussi", racontait-elle ainsi.

Son patronyme germanique lui venait de grands-parents juifs de Hongrie qui ont émigré vers les Etats-Unis au début du XXe siècle. Elle-même est née en 1943 à New York, dans une famille qui l'encouragea à exprimer sa créativité. L'une de ses héroïnes d'enfance était Jeanne d'Arc, à laquelle elle consacra un court poème en 1975. "Et maintenant les voix répondent que je dois/me transformer en feu, selon le dessein de Dieu".

La mort d'une soeur

Son adolescence est difficile, elle souffre d'anorexie. L'un de ses traumatismes est la perte d'une soeur aînée, morte peu après la naissance. "Ma soeur a passé toute une vie dans la terre./Elle est née, elle est morte./Entre-temps,/pas un regard éveillé, pas une phrase", dit-elle dans "Lost Love" ("Amour perdu", 1990).

Louise Glück a abandonné ses études, s'est mariée puis a rapidement divorcé. Elle commence à se révéler en 1968, par son premier recueil "Firstborn" ("Aînée"). Un second mariage lui apporte plus de stabilité et elle devient universitaire.

"A travers toute l'oeuvre poétique de Glück, nombre des figures centrales de ses poèmes sont féminines (...) soit une jeune femme, que l'on distingue souvent comme la fille de quelqu'un, soit une mère", écrivait en 2020 Allison Cooke, chercheuse en littérature. Louise Glück est la mère d'un enfant. "La jeune femme dans la poésie de Glück s'intègre dans le discours féministe de plusieurs décennies sur +ce que cela signifie d'être une femme+", expliquait Mme Cooke.

En plus de 50 ans, l'autrice a publié une dizaine de recueils de poésie, des essais et un roman. Ce dernier, intitulé "Marigold and Rose : A fiction" (2022) propose une plongée incandescente dans la vie intérieure de jumelles très différentes "J'aime mon oeuvre récente", avait-elle affirmé en 2020 au comité Nobel, citant "Averno", un recueil de 2006, comme "un bon endroit pour commencer" à la lire.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Trump estime à 200 millions la rénovation du Kennedy Center

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Le Kennedy Center est un haut lieu de la vie culturelle de Washington (archives). (© KEYSTONE/AP/Rahmat Gul)

Le président américain Donald Trump, décidé à marquer Washington de son empreinte au travers de grands travaux, a estimé lundi à environ 200 millions de dollars la rénovation de l'emblématique salle de spectacles de la capitale américaine, le Kennedy Center.

Lors d'un échange avec la presse à la Maison-Blanche, il a assuré que le chantier était déjà "totalement financé", mais ne s'est pas étendu sur l'origine des fonds.

Donald Trump avait annoncé la veille son intention de fermer pour deux ans le Kennedy Center, qu'il a rebaptisé pour accoler son nom à celui du président assassiné John F. Kennedy et qui est depuis lors boudé par certains artistes.

"Je ne le démolirai pas", a-t-il déclaré lundi, avant de laisser entrevoir toutefois des travaux de grande ampleur. "J'utiliserai l'acier. Donc, nous utiliserons la structure. Nous utiliserons une partie du marbre et une partie du marbre va être enlevée, mais, quand cela rouvrira, ce sera flambant neuf et vraiment beau", a-t-il dit.

Salle de bal à la Maison-Blanche

L'ancien promoteur immobilier a assuré que le grand bâtiment blanc au bord du fleuve Potomac, haut lieu de la vie culturelle de Washington, était "en très mauvais état" et même "dangereux". Il a jugé qu'il était impossible de le rénover tout en accueillant du public.

Le président américain a déjà démoli une aile de la Maison-Blanche pour ériger une monumentale salle de bal, un projet qui a soulevé de nombreuses critiques.

Le républicain projette aussi de faire construire une grande arche dans la capitale américaine, inspirée de l'arc de triomphe de Paris.

A plus petite échelle, Donald Trump a aussi couvert l'intérieur de la Maison-Blanche de dorures et de marbre.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Chapelle Sixtine: le "Jugement dernier" de Michel-Ange restauré

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Le "Jugement dernier" a été peint entre1536 et 1541 (archives). (© KEYSTONE/EPA/VATICAN MEDIA HANDOUT)

Des travaux exceptionnels ont débuté dans la chapelle Sixtine pour restaurer le "Jugement dernier", célèbre chef-d'oeuvre de Michel-Ange, trente ans après sa dernière restauration, ont annoncé lundi les Musées du Vatican.

Des échafaudages sont en cours d'installation devant cette oeuvre de 180 m2 peinte entre 1536 et 1541 par le génie de la Renaissance, qui représente le jugement final de l'humanité par Dieu. Les travaux doivent durer trois mois.

Des experts nettoient régulièrement les fresques de la chapelle la nuit, mais le "Jugement dernier" nécessite un travail plus approfondi, a précisé le Vatican.

Le projet vise notamment à retirer un "voile blanchâtre généralisé", a expliqué dans un communiqué le restaurateur en chef, Paolo Violini. Ce voile est "dû au dépôt de microparticules de substances étrangères transportées par les courants d'air, qui, au fil du temps, ont atténué les contrastes de clair-obscur et uniformisé les couleurs originales" de l'oeuvre, a-t-il ajouté.

La restauration permettra de "retrouver la qualité chromatique et lumineuse voulue par Michel-Ange, restaurant ainsi pleinement la complexité formelle et expressive de l'oeuvre".

La chapelle Sixtine restera ouverte au public pendant la durée de la restauration.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

S'offrir un peu de lecture, avant d'entamer son repas au restaurant

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Avant de déguster un bon repas, par exemple une fondue, divers restaurants valaisans offriront à leurs clients un peu de littérature (photo d'illustration). (© KEYSTONE/LAURENT MERLET)

La Société des écrivains valaisans (SEV) propose de déguster des mots en attendant son repas. Avec la complicité des restaurateurs du canton, vingt textes inédits, signés par des auteurs de la SEV, se glisseront durant tout le mois de février sous 70’000 assiettes.

De Saint-Gingolph à Vissoie, une cinquantaine de lieux de restauration accueillent, depuis lundi, "des textes imprimés sur des sets de table. Poésie, prose brève, fragments ou récits courts accompagnent le temps de l’attente et invitent à une lecture libre, intime ou partagée, entre deux plats", résume la SEV dans un communiqué de presse diffusé lundi. Cette action est née d’un appel à textes, lancé en 2024, auprès des membres de la société valaisanne.

L’association rassemble une grande diversité de plumes : celles qui se cherchent, celles qui écrivent par intermittence, comme celles qui publient dans un cadre professionnel. Toutes participent ici à une même démarche : mettre la littérature là où on ne l’attend pas, au coeur du quotidien.

Un moment de surprise et d'échange

La MEEL (Maison des écrivaines, des écrivains et des littératures) est également associée au projet. Active en Suisse romande, elle s’engage pour le rayonnement de la littérature et la formation continue des auteurs, contribuant à élargir la portée de cette initiative.

En invitant les mots à table, "la SEV souhaite offrir un moment de pause, de surprise et d’échange, susciter la curiosité, provoquer une discussion ou simplement accompagner le plaisir d’un repas. Parce que la littérature peut aussi se lire entre deux bouchées", conclut le comité de la société.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Le MEG veut réduire de 85% ses émissions de CO2 d'ici 2030

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Le Musée d'ethnographie de Genève (MEG) veut mettre le public et les partenaires davantage au centre de la réflexion sur ses expositions (archives). (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Le Musée d'ethnographie de Genève (MEG) veut diminuer de 85% ses émissions de gaz à effet de serre liées à l'énergie d'ici 2030. Le public et les partenaires seront aussi davantage associés à la réflexion sur les expositions à venir, a affirmé lundi l'établissement.

La nouvelle politique du MEG pour 2030 rassemble quatre axes. Ceux-ci doivent oeuvrer à l'amélioration de la situation des sociétés humaines et non humaines dont les liens seront davantage mis en avant.

Sur le front environnemental, le musée souhaite des expositions éco-compatibles. Il promet aussi un recours au numérique plus responsable et écologique.

Le musée veut également renforcer son lien avec son territoire. Les droits des communautés qui sont au centre des expositions montrées doivent être considérés et celles-ci doivent pouvoir participer, ajoute-t-il.

Autre renforcement de la collaboration, le musée souhaite un climat de travail positif. Des formats de dialogue doivent être lancés.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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