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Double Face : Sébastien Devrient, la soif d'aventure

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Sébastien Devrient a réalisé "Derib, une vie dessinnée", actuellement au cinéma. / @sebastiendevrient.com

Le réalisateur Sébastien Devrient a réalisé un documentaire sur le dessinateur Derib "Derib, une vie dessinée". Il nous en parle dans ce nouveau numéro de Double Face.

Fort d'une trentaine de films d'expédition, Sébastien Devrient, réalisateur veveysan, alpiniste, guide de haute montagne et écrivain, était l'invité de l'émission Double Face pour la sortie en salles de son documentaire "Derib, une vie dessinée". Un projet inspiré par son enfance et ses héros de bande dessinée, tels que Yakari et Buddy Longway. Buddy Longway qui a profondément marqué l'adolescence de notre invité et éveillé son désir d'explorer le monde et de s'immerger dans la nature.

Dans ce documentaire, Sébastien Devrient a su établir une complicité unique avec Derib, lui permettant d'entrer dans son intimité, de visiter son atelier et d'observer ses moments de création. Tourné de manière discrète, presque comme un documentaire animalier, le film capture des instants précieux, comme par exemple, un moment du film durant lequel Derib dessine l'ascension de la Dent-Blanche, pour sa dernière bande dessinée en date "La promesse", concentré plus que jamais, à tel point que Sébastien Devrient a eu l'impression qu'il était en train de gravir ladite montagne, comme il l'avait fait par le passé à deux reprises dont une fois aux côtés du fils de Derib, Arnaud de Ribaupierre.

Sébastien Devrient

Né à Lausanne, notre invité a passé son enfance dans la campagne bourguignonne, avant de s'installer à Vevey.  Ses rêves ont commencé à prendre forme dès son plus jeune âge, fasciné par l'aventure et l'exploration, désireux de devenir cameraman d'expédition. Egalement passionné d'escalade et de ski, enfant, il a développé, dans le même temps, son amour alpin notamment à la Forclaz, dont il garde d'excellents souvenirs avec sa professeur de ski, Andrée Fauchère, hasard de la vie, amie de Derib. Un contact parmi d'autres en commun avec le dessinateur. Avec ses amis, et avec le temps, Sébastien Devrient s'est pris au jeu, à l'aide d'une caméra, à capturer les aventures de son entourage et lui à travers de courtes productions. Sa première expérience professionnelle derrière la caméra a été, selon lui, lorsqu'il a réalisé le premier épisode de la série "Montagne de rêve". Une série qui lui a permis d'allier sa passion pour les paysages alpins et son amour de l'image. Aujourd'hui encore, il se considère chanceux, ayant été porté par des vents bienveillants qui l'ont guidé sur le chemin de ses rêves.

Sébastien Devrient

Sébastien Devrient a cofondé avec son épouse Carole Dechantre la société de production "Vertiges Prod". Une entreprise qui a pour objectif l'exploration sous toutes ses formes. Vertiges Prod a collaboré avec des figures emblématiques de l'aventure, comme Jean Troillet, alpiniste reconnu, ainsi qu'Yvan Bourgnon, skipper audacieux. Explorer les autres, leurs univers, certes, mais aussi et surtout sa propre personne, dans un premier temps, comme nous l'a confié Sébastien Devrient. Une introspection qui l'a ainsi mené, après l'obtention d'un bac scientifique, il y a quelques années, à suivre un parcours qu'il n'aurait pas imaginé. Son amour pour la montagne l'a conduit à devenir professeur de ski à Verbier, où il a découvert également le freeride et le hors-piste. Sa quête de connaissances l'a poussé ensuite à suivre des cours sur les avalanches, et de fil en aiguille à devenir guide de montagne en 2002.

Sébastien Devrient

Toujours au micro de Valérie Ogier, Sébastien Devrient a partagé son point de vue sur ce qui déclenche l'envie de réaliser un film ou un documentaire. Pour lui, tout repose sur le moment opportun et les rencontres fortuites. A ce propos, il évoque notamment sa rencontre marquante avec Frédéric Swierczynski, un explorateur et plongeur français reconnu pour ses exploits en plongée profonde. Leur échange, qui a eu lieu en 2017 lors du Festival du film de Dijon, a été particulièrement mémorable. Les deux hommes, en tongs, ont tout de suite sympathisé. Des tongs qu'affectionne particulièrement Sébastien Devrient, pour les porter quasiment toute l'année, pieds nus, même en hiver.

Une riche discussion qui a donné naissance à un projet cinématographique, "Une goutte d’eau sur un volcan", explorant la rencontre entre la haute altitude et les profondeurs marines. Mais au-delà du film, une belle amitié s'est tissée entre les deux hommes. C'est ainsi que Frédéric Swierczynski a pris l'initiative de faire découvrir à Sébastien Devrient son univers sous-marin, lui enseignant la plongée souterraine en grottes. Une expérience qui a permis à notre invité de sortir de sa zone de confort et de s'émerveiller devant des paysages aquatiques inexplorés, tout en recueillant des informations scientifiques sur les zones qu'il a eu la chance de découvrir.

Sébastien Devrient

Le Double Face LFM se conclut, comme à chaque épisode, avec une salve de questions au travers de notre séquence du "Tac-au-tac". Sébastien Devrient n'a pas échappé pas à la règle. Il nous a confié, entre autres, que Derib, sujet de son dernier documentaire possède "une éternelle énergie d'enfant". "Derib, une vie dessinée", à voir actuellement au cinéma.

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L’art de programmer l’humour 

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Rien ne prédestinait ce jeune Valaisan à occuper une place de choix dans le paysage de l'humour en Suisse romande. Pourtant, Mathieu Exhenry a su surmonter les doutes pour imposer sa vision: un humour diversifié, local et profondément humain. 

Depuis son plus jeune âge, Mathieu est attiré par le monde de l’humour. Constatant que son Valais natal manque cruellement d'événements de ce genre, c'est presque naturellement qu’il décide, avec un ami, de créer son propre festival “Maxi-rire”. Alors qu'on aurait pu prédire des débuts compliqués, c'est avec autant d'admiration que de culot qu'il contacte l’humoriste français Olivier Lejeune pour obtenir de l'aide dans leur recherche d'artistes. L'audace paie: l'humoriste accepte de recevoir les deux jeunes Valaisans et leur offre son précieux soutien.

En parallèle de cette aventure, Mathieu enchaîne les expériences dans plusieurs petits boulots au sein de l’entreprise familiale. Si les parents se montrent parfois frileux à l'idée de voir leurs enfants s'orienter vers le milieu artistique, ceux de Mathieu font exception, c'est avec une grande fierté qu'ils le soutiennent dans la réalisation de son rêve.

«Aucun matin, je ne me lève en me disant que je vais travailler, puisque je vis de ma passion.»

Pourtant, le chemin n'est pas toujours rose. Le doute et les difficultés financières font partie intégrante de la vie d'un festival, des réalités qui ont frappé de plein fouet l'organisation, notamment durant la crise du COVID.

Une concurrence aurait largement pu naître entre les festivals Morges-sous-Rire et Maxi-Rires. Cependant, Mathieu Exhenry et Roxane Aybek ont vite compris l’avantage de s’allier. Cette synergie a d'abord permis aux deux passionnés d’améliorer leurs événements respectifs, avant que Mathieu Exhenry ne rejoigne officiellement l’équipe de Morges-sous-Rire en tant que co-programmateur.

Son poste actuel exige une curiosité de tous les instants. Mathieu a conscience qu'il ne peut plus se contenter de programmer uniquement ses coups de cœur personnels: il faut savoir s’adapter à l’actualité et aux attentes du public. Depuis l'explosion des réseaux sociaux, son métier a profondément changé. Il s'agit désormais de repérer et de surveiller de près les futures stars du web.

Aujourd'hui, parmi ses défis demeure l’évidence de mettre en avant les humoristes suisses et proposer une diversité de salles capables d’accueillir et de sublimer toutes les catégories de spectacles.

Retrouvez l'échange complet ci-dessous:

Mathieu ExhenryAdministrateur et programmateur de Morges-sous-Rire
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La quête de liberté d’un pianiste

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©CUBE

À l'approche de son concert au Millenium, découvrez l'univers de Nicolas Fraissinet. Derrière son piano, l'artiste suisse cultive depuis ses débuts une liberté farouche.

Depuis toujours, Nicolas Fraissinet apprend à communiquer au rythme de son piano. Chaque note lui permet de s'exprimer un peu plus. Suggestion: L’apprentissage de la scène lui a permis de faire de son instrument fétiche , une force.

Son parcours suit depuis toujours un fil conducteur immuable: la joie. En effet, l’un de ses tout premiers morceaux, sorti en 2007, s'intitulait «Reviens». Ce titre illustre cette thématique en abordant la joie sous l'angle du soulagement et du bonheur de voir revenir l'être aimé. Près de vingt ans plus tard, Nicolas Fraissinet reste fidèle à cette ligne directrice avec son dernier album en date, baptisé «Joie sauvage».

Mais que signifie la joie pour Nicolas Fraissinet? Selon  lui, elle est au-delà d’une simple émotion: c’est un choix, une attitude qu’on décide d’avoir en dépit des malheurs du monde.

Si on pouvait penser qu'évoluer musicalement signifie ajouter des instruments à ses œuvres, pour le musicien c’est l’inverse: il épure de plus en plus ses musiques afin d'obtenir un rendu plus agréable et d’éviter ce qu'il aime appeler la «masse sonore».

«Je n’ai pas l’impression que c’est compliqué de rester libre mais c’est important de ne pas oublier de le rester.»

L'objectif du chanteur suisse est de proposer à ses spectateurs un show émouvant et évolutif. Le plus important pour lui est d’être libre de modifier son spectacle afin de proposer quelque chose d'authentique, lui correspondant à chaque fois.

Depuis l’année passée, Nicolas Fraissinet parcourt les scènes francophones avec son nouvel album «Joie sauvage». Il sera en représentation le 29 mai prochain au Millenium pour la deuxième fois, exceptionnellement accompagné d'un quatuor à cordes.

Toujours fidèle à sa première voix: son piano, Nicolas Fraissinet prépare ses futurs projets avec discrétion et enthousiasme.

Retrouvez l'intégralité de l’échange en podcast ci dessous:

Nicolas FraissinetAuteur, compositeur, chanteur
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Fabrice Midal: réapprendre à être juste humain

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© Philosophie

Ancien élève peu intéressé par l’école devenu docteur en philosophie, Fabrice Midal est aujourd'hui la figure de proue d'une méditation laïque et décomplexée.

Né à Paris en 1967, ce passionné de pâtisserie s'est tourné vers la pensée après un coup de foudre lycéen pour la philosophie. Formé par les plus grands maîtres du bouddhisme tibétain, il a eu à cœur de marier la métaphysique de Heidegger aux sagesses orientales pour forger sa propre voie.

“On devient nous même en s'ouvrant pleinement aux autres en étant prêt à apprendre des choses qu’on ne connaît pas d’avance.”

En 2006, il crée l’École occidentale de méditation, un espace où il souhaite que la pratique se libère du religieux pour devenir une vraie expérience de vie. Il y défend une approche de la méditation sans contraintes, visant à retrouver un rapport authentique au monde et à l'art. Fabrice Midal y prône la «pleine présence».

Devenu un auteur à succès avec son célèbre ouvrage Foutez-vous la paix!, il dénonce la "psychologisation" constante de nos existences. Pour lui, la clé pour apprendre à se connaître ne se trouve pas dans l'explication de nos actes, mais plutôt dans l'acceptation de l'imprévisible. 

Éditeur, chroniqueur et éternel curieux, il continue d'explorer les mythes et la spiritualité avec une grande liberté. Entre deux séminaires, ce philosophe toujours curieux rappelle que selon lui, la plus grande aventure consiste simplement à s'ajuster à la vie, telle qu'elle se présente, avec ses ombres et sa lumière.

Retrouvez-le mardi 28 avril 2025 à la salle Métropole de Lausanne pour une conférence: comment devenir qui nous sommes ?

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Fabrice Midal en podcast:

Fabrice MidalPhilosophe
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Voir les visages d’une autre manière

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© 24heures

Dessinateur de presse depuis plus de 40 ans , Valott nous parle de son amour pour la caricature: un art parfois controversé. 

Dessinateur suisse, caricaturiste, et designer, Valott ne manque pas une occasion d’allonger son CV. Né en 1967 au Brésil, il passe le plus clair de son temps dans la seule librairie française de São Paulo. Arrivé en Suisse, le jeune dessinateur aiguise encore plus sa curiosité.

S’il n’aime pas l'école, une chose est sûre, il aime travailler l'image: en photo, en dessin, tout y passe. Lui qui a tout appris en copiant des œuvres sur des chutes de papier, publie son premier livre “Swiss Monster” à 18 ans. Ce recueil de caricatures dépeignant la société suisse devient best-seller en 1985. 

“Pour moi, la caricature ce n’est pas déformer c’est rendre plus fort et plus réel l’impression que donne une personne.“

La liberté d’expression est un droit précieux et le dessinateur le sait. En revanche, Valott redoute les banalités, il veut faire réagir, voire choquer. 

Discipline et autocritique sont des éléments essentiels de son parcours d'indépendant long de plus de 40 ans: Valott cherche toujours à tester de nouvelles choses auxquelles il croit, c’est le secret de sa longévité.

Retrouvez l’interview de Valott en podcast, ci-dessous:

ValottCaricaturiste
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