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Des glaces sur le quai de la gare de Lausanne

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Sur le quai de la gare de Lausanne, les voyageurs peuvent acheter des crèmes glacées "Pôle Nord"

La plateforme collaborative notreHistoire.ch, forte de plus de 6000 membres et de plus de 100'000 liés à l'histoire des Romands depuis la fin des années 1800, s'associe à la radio LFM pour vous présenter le canton de Vaud à travers des photos d'avant (mise à jour ce 6 novembre 2020).

Premier article, avec cette sélection de quatre photos décrivant l'évolution rapide d'une des gares principales du pays depuis plus de cent ans: la gare CFF de Lausanne, amenée à se transformer en profondeur à l'horizon 2025.

Derrière cette photo de famille attendant patiemment en gare de Lausanne (photo en couverture et en bas de cet article) un train qui les mènera peut-être vers un lieu de repos, il y a cette idée du rafraîchissement estival à l'attention des clients avec ces glaces « Pôle Nord » servies à même le quai. Jean-Luc Bonnet, le membre de notreHistoire.ch a trouvé cette photo en chinant sur les sites de vente de photos anciennes. Il l'a ensuite publié sur notreHistoire.ch. Que dit cette photo? Qu'en 1938, on se souciait du bien-être gustatif des usagers du train et que les familles voyageaient dans une tenue plus qu'élégante. Près de 82 ans plus tard, on est aussi dans cette thématique du commerce au service des pendulaires et des autres voyageurs avec le projet Léman 2030. Avec les travaux d'aménagement de la gare lausannoise (qui s’étaleront jusqu’en 2025) et du centre commercial qui sera développé tout autour des voies ces prochaines années, nous vous proposons un retour sur l'histoire d'une gare (et de ses trains) proche(s) de ses utilisateurs. En quatre clichés.

Nous sommes en 1899 sur le parvis de la Gare de Lausanne.

La gare de Lausanne n’a été érigée qu’en mai 1856 à Mornex, donc en dehors du centre-ville pour relier la ville à Yverdon-les-Bains. Une année auparavant, le premier tronçon de ligne de chemin de ferre a relié Yverdon-les-Bains à Bussigny.

En 1861, la Compagnie de l’Ouest-Suisse qui commercialise la ligne entre le Nord vaudois et Lausanne, inaugure la liaison Lausanne-Saint-Maurice. Une ligne qui dessert Villeneuve. En 1863, la liaison Lausanne-Fribourg entraîne un agrandissement de cette gare. Un concours lancé en mai 1906 permet à la compagnie ferroviaire de plancher sur une nouvelle gare. Avec l’aide des architectes Monod et Laverrière, Taillens et Dubois, la nouvelle gare aura une « apparence fonctionnelle, une façade digne mais sans luxe, l’emploi de matériaux reconnus sains et inaltérables, et si possible, faits de pierre du pays (source Wikipedia). »

www.notrehistoire.ch

Le 14 mai 1924 en gare de Lausanne, prêtes au départ les 2 Ae 3/5 sont parquées en gare sur voie 5.

Le membre de notreHistoire Yannick Plomb a publié cette photographie Kodak ltd et écrit : «Le véhicule à traction électrique, sans doute le plus harmonieux et le plus bel assemblage de composants électromécaniques, ne cesse de poser au génie humain de nouveaux et passionnants défis de conception», selon Karl Sachs. La dangerosité que présentait le maintien de la vapeur dans le tunnel du Simplon dicta l'audacieuse décision de le convertir dès le début sur la technologie naissante du courant alternatif triphasé. En 1906, la Brown, Boveri & Cie, connue aujourd'hui sous le nom d'ABB, installa le système dans le tunnel du Simplon sur 20 km de long.

«Le véhicule à traction électrique... ne cesse de poser au génie humain de nouveaux et passionnants défis de conception», Karl Sachs.

Plusieurs tronçons ont été inaugurés : Brigue - Iselle en 1906, Brigue - Sion en 1919, Sion - Saint-Maurice en 1923 et Saint-Maurice - Lausanne en 1924. En effet, si le tronçon Lausanne - Saint-Maurice, électrifié au courant alternatif monophasé de 15 kV 16 2/3 Hz le 14 mai 1924, était le dernier encore exploité à la vapeur, les locomotives électriques de l'époque, telles les Ae 3/5, ne pouvaient aller que jusqu'à Sion, où elles devaient céder leur place aux locomotives triphasées du Simplon.
Cette situation se prolongera jusqu'à ce que le courant alternatif des CFF atteigne Brig en 1927.

La suite de cette présentation sur ce lien.

Fin des années 70, la gare lausannoise est desservie par un train rapide effectuant la liaison Paris-Genève-Lausanne (Le train est baptisé Jean-Jacques Rousseau) avant l’arrivée du TGV orange en 1984 (le 22 janvier).

Lausanne encore plus près de Paris

Le TGV permet une liaison entre Paris-Gare de Lyon et Lausanne en passant par Vallorbe : durée du voyage 3 heures et 40 minutes. Le TGV orange sera remplacé par un train bleu (référence au célèbre restaurant de la Gare de Lyon ?) dès 1997.

Pour retrouver cette photo de TGV ainsi que quelques autres clichés de la "Souris grise" (le Trans Europe Express, remplacé par le TGV), allez sur ce lien.

Mystérieuse est l'attente de ces quatre adultes et trois enfants, tous tirés à quatre épingles. Où vont-ils? Et cette marque de glaces Pôle-Nord? Était-elle l'équivalent de nos Movenpick d'aujourd'hui? Peut-être en effet car d'après Jean-Frédéric Mayor, habitant de Chigny-sur-Morges et né à Mézières, la marque Pôle Nord produisait des petites glaces en gobelet au moka, à la pistache ou à la vanille. Jean-Frédéric les vendait lors de l'entracte des spectacles de l'après-midi du Théâtre du Jorat son grand frère. "Des glaces à 50 centimes pièce". Pour la livraison de ces glaces, un train (le Lausanne-Moudon qui partait de la place d'Ours) transportait ces glaces dans de la neige carbonique afin de les conserver.

Pour construire ensemble la grande Histoire des Romands, venez publier vos documents et créer vos galeries sur notreHistoire.ch. 

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L'exil vaudois de Coco Chanel

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La journaliste Marie Fert raconte dans "Gabrielle Chanel, les années d'exil" la vie sur les bords du Léman de la plus célèbre des créatrices de mode à la française : Coco Chanel.

Il y a cinquante ans, Gabrielle Chanel s'éteignait dans une chambre de l'Hôtel Ritz, place Vendôme, à Paris. Mais c'est au cimetière du Bois-de-Vaux à Lausanne qu'elle repose depuis le 14 janvier 1971. "Gabrielle Chanel, les années d'exil" (éditions Slatkine) est un passionnant ouvrage qui nous fait prendre conscience, au fil de ses 130 pages, de l'importance de Lausanne et de la région lémanique dans la vie de Coco Chanel.

La tombe de Coco Chanel au cimetière Bois-de-Vaux à Lausanne (Sylvie Bazzanella/notreHistoire.ch)

La grande couturière fut vilipendée pour ses proches relations avec des représentants du régime nazi, ce qui parfume le récit de sa vie en Suisse d'une odeur de scandale qui n'a rien de commun avec le "Chanel N°5", le plus grand succès de ses créations. Marie Fert répond dans l'interview qui suit aux questions qu'on se pose sur les choix douteux de la native de Saumur dans l'ouest de la France. Notez que cet ouvrage très complet est une véritable mine d'or d'anecdotes et d'informations inédites, venues entre autres organismes, des Archives de la Ville de Lausanne ou des Archives cantonales vaudoises.

"Gabrielle Chanel, les années d'exil", premier ouvrage de la journaliste Marie Fert

Pourquoi avoir choisi de parler d’une fameuse personnalité du luxe français sous forme d’essai biographique ?

Marie Fert : Le point de départ, ce sont deux dates, le 10 janvier 1971, jour du décès de Gabrielle Chanel à l’âge de 88 ans dans sa chambre du Ritz à Paris, et, quatre jours plus tard, son enterrement au cimetière du Bois-de-Vaux à Lausanne. Dans les nombreuses biographies se rapportant à la créatrice, le volet suisse de sa vie se résume à quelques pages. Dans le cadre du cinquantième anniversaire de sa disparition, j’ai tenté d’en savoir plus sur ses séjours en Suisse.

Gabrielle « Coco » Chanel a choisi la Suisse pour ses nombreuses escapades réparatrices, loin du tumulte parisien. Qu’est-ce qu’elle trouvait ici en Suisse?

En Suisse, Gabrielle Chanel se sentait en sécurité. A la libération, Lausanne a été pour elle une terre d’accueil, un havre de paix, un port d’attache : personne ne viendrait lui réclamer des comptes sur ses relations avec l’occupant allemand dans la capitale vaudoise. Elle ne risquait pas de procès pour avoir trop fréquenté des hauts gradés allemands.

Pourriez-vous décrire cette liaison avec Hans Günther von Dincklage, un des pontes de la propagande nazie en France ? Cette liaison dit-elle beaucoup sur l’antisémitisme et l'attirance pour l'argent des puissants de Gabrielle Chanel?

Quand elle débute sa liaison avec Hans Günther von Dincklage, elle a plus de cinquante ans et elle ne voulait pas s’interdire une dernière grande histoire d’amour. Des témoignages mentionnent, en effet, son antisémitisme, mais elle était loin d’être la seule en France à cette époque-là. Il faut toujours replacer les faits dans un contexte historique, et l’antisémitisme touchait un pan important de la société conservatrice et catholique. Souvenons-nous de l’affaire Dreyfus. Ceci étant, ce contexte n’excuse pas les propos ou les actes qu’elle a pu commettre. Plus que pour l’argent, c’est d’abord par fierté qu’elle a tenté, en vain, de profiter de ses relations avec les Allemands pour récupérer ce qu’elle estimait être son dû à savoir la société qui produisait son parfum, le Chanel n°5. Cette société portait son nom, mais elle était une actionnaire minoritaire avec seulement 10% des parts. Cette situation était insupportable pour elle.

Cette relation avec un autre exilé français en terres lausannoises l’écrivain Paul Morand est-elle un hasard ? Peut-on parler d’une sorte d’union entre « pestiférés » de la République sur les bords du Léman ?

Lausanne en 1945 a accueilli beaucoup d’anciens ministres ou de collaborateurs de Pierre Laval et du Maréchal Pétain : ils risquaient une condamnation à mort s’ils restaient en France. Paul Morand était de ceux-là, sauf que lui se trouvait déjà en Suisse : il a été le dernier ambassadeur de France à Berne comme représentant du régime de Vichy. Le général De Gaulle le détestait et il était persona non grata à Paris. Gabrielle Chanel et l’écrivain se connaissent depuis les années folles, ils participaient aux mêmes soirées extravagantes, et l’exil a resserré ces liens. La couturière l’a beaucoup aidé à un moment où il était dans une situation financière délicate. Avec les années, leur relation amicale s’est distendue.

Oscar Forel, psychiatre réputé de Prangins, recevait des patients du monde entier. Gabrielle Chanel a été de ceux-là, pour quelles raisons ?

Gabrielle Chanel n’a pas été hospitalisée à Prangins, mais elle a accompagné l’une de ses connaissances. En revanche, son nom figure parmi les patients de la clinique Valmont à Glion sur Montreux. Impossible de savoir de quoi souffrait la créatrice, les archives de la clinique ont été détruites.

Il y a un lien entre le Château du Signal à l’adresse Route du Signal 22 à Lausanne et Gabrielle Chanel ? Vous racontez qu’elle habitait juste à côté de ce magnifique château qui a appartenu à l'éditeur puissant Albert Mermoud puis à David Bowie. Ce fut un endroit qu’elle chérissait et qu’on lui a refusé ?

Contrairement à ce qu’on a l’habitude de lire, Gabrielle Chanel était locataire et non propriétaire de la villa située Signal 20. Mais il est vrai qu’elle aurait aimé acquérir le château situé à côté de sa demeure lausannoise. David Bowie a eu plus de chance qu’elle !

Elle est morte à Paris mais fut enterrée à Lausanne le 14 janvier 1971. Pourquoi Lausanne et pas la capitale française ?

Elle était très attachée à la Suisse et pas seulement pour des raisons fiscales ou parce qu’elle avait des comptes dans des banques suisses. Chaque fois qu’elle se sentait fatiguée après la présentation d’une collection de haute-couture, elle venait se ressourcer au bord du lac Léman, se ré-oxygéner, se détendre. Lausanne était synonyme de tranquillité pour elle. Elle aimait les montagnes suisses, les promenades en forêt. Qu’elle choisisse Lausanne pour dernière demeure s’inscrit dans une certaine logique.

Qu’est-ce qui vous le plus marqué dans ce travail de recherche ?

J’étais partie avec beaucoup d’a priori sur Gabrielle Chanel, elle était antisémite, égocentrique, pas franchement sympathique. Elle cochait toutes les cases pour un portrait à charge. Et pourtant en enquêtant sur elle, je me suis surprise à écrire le prénom de Gabrielle et non pas le diminutif de Coco. C'était très étrange. Sans doute parce qu’au-delà de ses nombreux défauts et des actes répréhensibles qu’elle a pu commettre, au-delà d’un caractère difficile, elle a un parcours qui interpelle. Pour preuve la marque Chanel brille toujours, est connue mondialement, alors que peu de personnes se souviennent du nom de sa grande rivale d’avant-guerre, la couturière Elsa Schiaparelli. Gabrielle Chanel était visionnaire, elle a libéré le corps des femmes avec des vêtements souples, et particulièrement déterminée. Ce dernier trait de caractère l’a aidée à rebondir, à retrouver le sommet de la haute-couture quand les lois d’amnistie lui ont permis de faire son come-back à Paris. A un âge où d’autres aspirent à une retraite méritée.

Avez-vous l’envie d’effectuer un travail analogue avec une personnalité ayant eu une vie dans notre région ?

J’aimerais bien, en effet, mener un travail d’investigation autour d’une autre personnalité. Reconstituer le puzzle des séjours de Gabrielle Chanel en Suisse fut un travail d’enquête passionnant. J’ai appris beaucoup de choses, même si ce fut particulièrement compliqué en raison de la crise sanitaire.

Propos recueillis par David Glaser

Une galerie consacrée à Coco Chanel est consultable ici sur notreHistoire.ch.

"Gabrielle Chanel, les années d'exil" (éditions Slatkine)

 

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Marius donne son nom au Château Saint-Maire

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Sur notreHistoire.ch, une série nommée "Bâtir la Suisse" parle de personnages romands qui ont construit notre pays. Un Vaudois en fait partie: Marius d'Avenches.

Photo du Château Saint Maire à Lausanne, par Anne-Marie Martin Zürcher.

La plateforme collaborative notreHistoire.ch consacre un paragraphe sur un Vaudois qui a particulièrement compté dans notre construction nationale, notamment religieuse : l'évêque Marius d'Avenches. Le château Saint-Maire qui héberge les autorités de l'Etat de Vaud porte ce nom en son honneur.

C'est au VIe siècle que vécut ce prélat très bien vu pour son action de son vivant, et après. Vraisemblablement, Marius avait décidé de déménager son siège épiscopal d'Avenches à Lausanne entre 587 et 593 (cf: Justin Favrod, La Chronique de Marius d'Avenches (455-581) et portrait du même auteur dans "Quel est le salaud qui m'a poussé? Cent figures de l'Histoire suisse", infolio éditeur). Le centre névralgique de l'activité religieuse d'une grande partie du plateau Suisse s'est donc déplacé vers la capitale vaudoise.

Lausanne, le château

Photo d'une carte postale du Château Saint-Maire publiée sur notreHistoire.ch par Albin Salamin

L'ecclésiastique a eu une très belle réputation, œuvrant auprès des plus démunis, avec humilité, travaillant sur l'édition de récits historiques, au point de publier une chronique de l'histoire du monde. Marius venait d'une famille noble possédant des terres à Payerne et à Autun (Saône et Loire, département de Bourgogne-Franche Comté, dont il est originaire).

Après sa mort en 593, sa dépouille a reposé à l'Eglise de Saint-Thyrse de la Cité à Lausanne. Le diacre Thyrse fut lui-même envoyé à Autun en provenance de Smyrne (Turquie) au IIe siècle. Il devait évangéliser la Gaule. Les hommes de Marc Aurèle ne le laisseront pas aller jusqu'au bout de son dessein. Thyrse est mort en martyr en 177. Pour l'historien Justin Favrod, il est probable que Marius d'Avenches ait fait venir les reliques de Saint Thyrse à Lausanne, leur origine autunoise commune ayant sans aucun doute un lien.

D'Avenches à Lausanne

Marius aurait construit plusieurs édifices religieux dans son diocèse, après son ordination épiscopale, à Avenches et dans une église paroissiale à Payerne, vraisemblablement érigée en juin 587. Comme l'écrit Justin Favrod dans son article publié sur notreHistoire.ch, "l'abbatiale clunisienne fondée à Payerne dans les années 960 par l'impératrice sainte Adélaïde pour accueillir la dépouille mortelle de la reine Berthe" aurait été construite juste à côté de l'église paroissiale de Payerne (inaugurée le 24 juin 587).

Selon certaines analyses historiques, le déplacement du diocèse vers Lausanne n'est pas du seul fait de Marius d'Avenches car rien n'atteste qu'il ait siégé en tant qu'évêque à Lausanne. Selon Wikipedia, au VIe siècle, "les structures ecclésiales reprennent celles de l'Empire romain et Marius siège dans la cité épiscopale de l'Helvétie : Avenches. Néanmoins, cette période est passablement troublée par les incursions germaniques, notamment alamanes. Aussi le siège du diocèse a régulièrement oscillé entre Avenches, Vindonissa (Windisch) et Lausanne." Le siège épiscopal est définitivement installé à Lausanne dès le début de la seconde moitié du VIIe. Après la mort de Marius, le siège épiscopal fut vacant durant près de 45 ans. C'est en 639 qu'Arricus deviendra évêque de Lausanne.

Nous proposons aux amateurs d'histoire de rejoindre le projet notreHistoire.ch, on a plus que jamais besoin de membres actifs heureux de publier leurs documents sur l'histoire romande ou sur leur histoire familiale, entrepreneuriale ou associative.

Venez nous rejoindre sur notreHistoire.ch, un projet de mémoire audiovisuelle suisse, unique au monde, car croisant des sources privées avec des sources institutionnelles (RTS, Archives cantonales vaudoises...).

 

 

 

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Une famille victime d'une énorme injustice à Saint-Sulpice

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Du début au milieu des années 60, l'Américain-Hollandais Henri-Louis Fentener résidant à Saint-Sulpice, a été la victime d'une injustice. On l'expulsé entre autres pour avoir négligé une réglementation suisse sur le bâtiment.

Quel fut le tort de Henri-Louis Fentener van Vlissingen? Avoir fait connaître publiquement son désaccord avec une loi qu'il ne pouvait connaître, car édictée après les premiers travaux de sa villa. Un énorme scandale dont plusieurs acteurs ont une responsabilité importante.

Dans une Suisse "propre en ordre" au cœur des années 60, alors que l'on déteste les gens qui font des histoires, Henri-Louis Fentener van Vlissingen, son épouse et ses quatre enfants ont pourtant reçu le soutien de nombreux de leurs voisins de Saint-Sulpice. Il y a eu aussi une remarquable campagne de presse favorable à cette famille installée dans la commune depuis plusieurs années. Une famille étrangère et intégrée,  bien sous tous égards, comme en atteste cet article du Nouvelliste du Rhône du 9 avril 1966.

L'affaire est une accumulation de faits s'étendant de 1960 à 1966. D'abord, l'héritier d'une famille Fentener van Vlissingen très puissante au Pays-Bas (la société de trading SHV, les entrepôts Makro, présence dans l'industrie du voyage) vit en Suisse et bénéficie d'une fortune personnelle conséquent. Il décide de construire sa villa à St-Sulpice.

Cependant, pour des raisons de dépassement de quelques centimètres du toit de cette villa, un ordre d'expulsion de la commune de Saint-Sulpice a été émis. Le Nouvelliste du Rhône écrit que la famille Fentener est "victime d'une bien vilaine machination due à quelques « politicards », machination qui a abouti à une énorme injustice" : l'interdiction de séjour pour le chef de famille Henri-Louis Fentener.

122 personnes signent la pétition

Une pétition paraphée de 122 signatures a été signée le 6 avril 1964 adressée au Grand Conseil du canton de Vaud pour laisser Fentener et sa famille finir leurs travaux. En effet, les travaux de la villa ont été arrêtés illégalement par l'autorité communale en date du 1er avril 1961 sur la base d'un nouveau règlement approuvé le 11 avril 1961 par le Conseil d'Etat (rétro-activité juridique inadmissible en l'espèce).

Pour le journal valaisan, il ne fait aucun doute qu'il y a eu abus d'autorité qui a entraîné une série de démarches administratives et judiciaires indignes selon le journal. L'ancien géomètre morgien Jean-Frédéric Mayor a été le témoin direct de ce scandale. Il raconte au micro de notreHistoire ce qui a déclenché cette affaire particulièrement cruelle pour toute la famille Fentener. Le jeune géomètre explique qu'il est en partie à l'origine de cette histoire.

L'affaire Fentener
Document NotreHistoire.ch
L'affaire FentenerDocument NotreHistoire.ch

Les citoyens de Saint-Sulpice sont venus amicalement et bénévolement aider la famille Fentener à finir les travaux sur le toit malgré l'interdiction du chantier (photo Le Nouvelliste du Rhône/docrero.ch) Cliquez sur le lien pour lire l'article du Nouvelliste du Rhône du 9 avril 1966.

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L'histoire du Lausanne Sport par Marcel Parietti

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Marcel Parietti, capitaine du LS en cette saison 1980-1981 couronnée d'une 7e coupe suisse contre le FC Zurich au Wankdorf à Berne (photo Gazette de Lausanne).

Le LS a quitté la Pontaise. L'occasion de retracer une histoire de 124 ans. Marcel Parietti est un illustre nom du foot lausannois et suisse des années 70/80. L'homme, actif au sein des instances du foot vaudois, à la Maison du sport cantonale de Leysin, nous raconte son Lausanne-Sport, vainqueur de la Coupe du Suisse (une des neuf Coupes gagnées) contre le FC Zurich en 1981 avec Gabet Chapuisat, Stéphane Crescenzi ou Robert Koc. Première partie d'une interview à lire en intégralité sur notreHistoire.ch.

notreHistoire.ch : Le Lausanne Sport ressemblait à quoi structurellement quand ils vous ont recruté en 1972 ?

Marcel Parietti : Il y avait déjà une très bonne organisation dans ce club, vraiment digne de la première division. Un club qui avait une direction. Le président était un entrepreneur. Ces dirigeants de clubs à l'époque venaient souvent du monde de l’immobilier. Les présidents s’appelaient Amstutz, Souris ou encore Truan, des personnes issues du milieu économique local. Pour le Servette FC à Genève, c’était la même chose. Si on prenait tous les grands clubs, c’était l’immobilier qui était le premier secteur concerné par l'investissement dans le domaine du football. A GC (ndlr: Zurich Grasshoppers), ils avaient leur « Club du jeudi », des entrepreneurs de toutes branches et le spectre était plus large. Au niveau administratif, il y avait un secrétariat général et à côté de ça une structure médicale assez simple. Ce n’était pas des physiothérapeutes, ni des médecins. On avait des masseurs. Ils étaient comme nous, ils travaillaient à côté. On avait donc une bonne structure administrative et financière pour les contrats. Ce n’était pas des budgets exorbitants, un peu de sponsoring, les ventes de billets et des soutiens de ces personnalités qui prenaient la présidence, c'est tout.

Parietti façon Panini

Marcel Parietti, le numéro 6 lausannois, devant les gradins de la Pontaise (DR)

Vous avez connu Kiki Prior, dont on m'a beaucoup parlé, le masseur historique du Lausanne Sport alors ?

Oui, Kiki (ndlr: dont le fils Nicolas travaillait à la Pontaise il y a encore quelques semaines) était représentant dans une entreprise de chocolat. Il y avait trois-quatre masseurs qui savaient ce qu’était le mercurochrome, le dolpyc, le fortalis et c’est tout. Ils nous massaient les lendemains de matchs. Si on risquait le claquage, on savait qu’il fallait mettre de la glace, ça se passait comme ça. Il y avait quand même un médecin du club. On allait dans son cabinet si vraiment on avait quelque chose de sérieux. La structure médicale s'arrêtait là. On avait surtout un entraîneur professionnel de haut niveau mais ils n’étaient pas reconnus à l'époque. Personne du grand public ne connaissait leurs noms contrairement aux joueurs.

Qui étaient vos entraîneurs ?

Louis Maurer qui avait entraîné l’équipe suisse et l’Olympique de Marseille mais aussi d'autres grands entraîneurs comme Paul Garbani, Miroslav Blažević, Charly Hertig, Péter Pázmándy, Radu Nunweiller...

Comment vous prenez votre place au LS ?

En 1972, pour Lausanne, j’étais un peu trop polyvalent. Alors Louis Maurer m’a mis sur le côté droit, j’étais plus un joueur défensif qu’offensif. Donc, j’ai joué libéro, stoppeur, arrière-gauche. Je me suis raté avec l’équipe nationale car on m’a fait jouer arrière-droit. Après deux minutes on perdait 2 à 0 contre l'Allemagne de l'Ouest. J’ai aussi joué milieu de terrain, mon poste de prédilection. J’y étais souvent. A ce poste, vous vous appliquez autant dans le comportement défensif que dans le comportement offensif.

Quel genre de relations vous aviez avec les entraîneurs du LS en général, et avec votre entraîneur Blažević en particulier?

J’ai commencé capitaine au temps d’Hertig. On discutait entre nous, pas que de nous mais de l’équipe, à un moment donné on parlait bien sûr du style de jeu, du comportement offensif et défensif. Il faut reconnaître le qualités de Blažević en ce qui concerne l’entraînement en semaine. Mais dans le coaching des matchs, il y avait des choses invraisemblables qu'il mettait en place. Il avait mis le gardien de l’équipe nationale Eric Burgener en centre avant avec le LS pour un match. D’accord, il a marqué en première mi-temps, mais après on a perdu 7-3. Il y eu quelques difficultés ensuite avec Blažević. On a joué une fois contre Chênois, en ligue A à ce moment-là, et on lui a dit “Attention, devant ils ont deux joueurs, Manai et Duvillard, qui courent le cent mètres en huit secondes.” Et Blažević nous fait une tactique en jouant à trois derrière. Après 15 minutes, il y avait 2-0 pour Chênois. Donc, de nouveau, on s'est réorganisé parce qu'il a eu beau crier, tout à coup, on a décidé de jouer à quatre derrière. Lui, il ne changeait pas d'avis! Et des fois entre nous dans l’équipe on se disait “Écoute, Joseph tu restes maintenant et on joue à quatre, et on s’organise entre nous.” On est quand même revenu assez vite à 2-2, et on est resté bloqué sur ce score. On se dit qu’un entraîneur sent qui lui obéit ou pas. Il y a cette relation. Je me rappelle avoir eu une discussion encore avec Blažević, lui demandant ce qu’on devait faire dans le système défensif. S'il devait passer un message à l'équipe ensuite, je préférais que ce soit un de mes messages.

Et pour votre relation aux joueurs du LS en tant que capitaine?

Capitaine, c’est une affinité avec l’entraîneur, mais aussi cela vient avec l'ancienneté. Vous n’êtes pas capitaine six mois après votre arrivée au club en général. On voit qu'une équipe qui va mal, c'est quand vous avez en l’espace de trois à quatre mois cinq capitaines successifs, c’est mauvais signe. Et c’est arrivé au Lausanne dernièrement. Il y a pu y avoir des relations avec les joueurs assez étonnantes en tant que capitaine, des moments cocasses. J’ai été expulsé une fois dans ma vie avec le LS. Et c’était un peu par la faute de mes coéquipiers. On jouait un match amical aux Seychelles, on était au camp d’entraînement contre l’équipe nationale. Et c’était invivable à cause de l’arbitrage, l'ambiance... C’était un match amical, mais pour eux, il y avait toute l’île qui était autour du terrain à les soutenir. A un moment donné, l’arbitrage ne signalait plus les « hors-jeu ». Il y a eu des échauffourées entre les joueurs adverses et Gabet Chapuisat. Il s’était pris un coup au nez. Il y a donc eu des mots, du genre "espèce de connard ", il y a eu des insultes plus graves comme "retourne dans ton arbre". L’arbitre me dit de dire aux joueurs qu'ils ne doivent pas traiter les joueurs adverses de "canards". Alors qu’on ne disait pas canards mais bien "connards". Alors bon, moi je regroupe les joueurs et je leur dis d’arrêter de traiter les joueurs adverses de "canards". Bien sûr, il y en avait qui rigolaient, ce que l’arbitre n’a pas trop aimé. Et ça a continué. La deuxième fois, l’arbitre me redit que je devais repasser le message. Ce que j’ai fait, et ils ont de nouveau rigolé. Je fus expulsé.

Le portrait de Parietti en vignette adhésive

Marcel Parietti pour les besoins des collectionneurs des vignettes Panini.

Un match inoubliable ?

Oui, dans le match, il y a eu quelques autres soucis, par exemple Eric Burgener est sorti parce qu'il y avait une balle qui traînait. Un enfant a shooté dans la balle avant qu’Eric puisse la prendre. Les cinq mille spectateurs ont rigolé pendant vingt minutes. Et dix minutes après, le gamin est revenu et Eric qui est un solide gaillard a dit “Attends mon petit...”, et à ce moment-là il a couru et l'a bousculé. Le gamin est tombé... Et là, il y a eu un silence ! On s’est dit “on est morts.” Le match amical fini, on a mangé avec l’équipe adverse. On a reçu d’ailleurs quelque chose de particulier. Si vous allez aux Seychelles, c'est un fruit qui s’appelle Coco-Fesse. Vous ne pouvez pas l'exporter. Ou alors vous devez payer 2 à 300 dollars.

Fritz Künzli et Eric Burgener dans le vestiaire enfumé

Dans le vestiaire enfumé du LS avec Fritz Künzli décédé en 2019 et le gardien Eric Burgener (document L'Illustré)

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La Russie et la Suisse, une longue histoire d'amour

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Les liens entre la Suisse et la Russie sont multiples. Petit passage en revue de quelques épisodes. Du parcours du Vaudois Pierre Gilliard expatrié à Moscou auprès du Tsar au séjour de Lénine à Genève au début du XXe siècle que l'historien Patrick Auderset explique sur notreHistoire.ch. 

Sur cette plaque, le texte dit "Vladimir Ilitch Oulianov, Lénine, Fondateur de l'Union soviétique, habita cette maison de 1904 à 1905". Dans un article paru dans Passé simple en mai 2018, Stéphane Fontanet fait l'histoire de la pose de cette plaque. Son origine remonte à une demande faite par la Mission soviétique en mai 1967. Elle souhaite qu'une plaque commémorative soit placée sur le bâtiment de l'Université aux Bastions à l'instar de celles qui honorent d'autres personnalités, telles Rousseau, Voltaire pu le président Wilson. La requête est soutenue par un comité de personnalités de gauche et d'historiens, parmi lesquelles le conseiller d'État André Chavanne et le professeur Stelling-Michaud. Les autorités sont toutefois réticentes à accorder un tel honneur au fondateur de l'Union soviétique. Finalement, il décidé de la placer sur un immeuble à la rue des Plantaporrêts dans lequel Lénine vécut lors d'un de ses séjours à Genève.

La plaque est inaugurée le 4 novembre 1967 en présence d'André Chavanne ainsi que des ambassadeurs soviétiques Kisselev et Mironova devant quelques centaines de personnes. La cérémonie est accompagnée en musique par La Lyre qui joue l'Internationale et les hymnes suisse et soviétique. Une réception est ensuite organisée au Palais Eynard.

Et pour en savoir plus sur Lénine, regardez ce document de Henri Guillemin sur la RTS en 1980 dans un des ses portraits de révolutionnaires.

La Suisse et la Russie ont toujours eu une relation privilégiée entre l'arrivée à Lausanne de Catherine et Basile de Rumine en 1848 à Lausanne où ils érigeront la maison Eglantine et le parcours de Pierre Gilliard, un Vaudois précepteur des enfants du tsar Nicolas II à la fin de du XIXe siècle. Voici une photo de lui datant de 1905 publiée par Martine Desarzens, une photo de M. Fropora)

Pierre Gilliard en Russie en 1905 photographié par R. Fropora (copyright Martine Desarzens)

Nous noterons aussi qu'une famille suisse rangée du côté de l'Armée blanche du Tsar a échappé à une mort certaine lors de la Révolution russe de 1917 en revenant sur les terres suisses de leurs ancêtres, en Valais. Le récit de cette épisode est signée Jean Chaperon du Larrêt. Le document est publié par Pierre-Marie Epiney, membre historique de notreHistoire.ch installé à Sierre.

Pierre-Marie écrit que "dans cette capsule vidéo, Jean Chaperon du Larrêt (né en 1924), évoque la Russie à travers le témoignage de ses parents. Son grand-père Henri Chaperon du Larrêt né en 1853 a émigré en Russie en 1874. Il a épousé Marie Trubnikova fille d'une princesse Ravanski. C'est elle qui a apporté dans sa dot d'immenses domaines (une superficie égale à celle du Valais et comptant environ 200 villages). Henri Chaperon a eu l'oreille du tsar puisque selon cette source, il est devenu un de ses conseillers d'état, il était aussi le responsable des cadets du tsar. Le couple a eu six enfants, dont Alexis Chaperon du Larrêt devenu général dans l'armée blanche, Jean Chaperon du Larrêt le pianiste et Wladimir Chaperon du Larrêt, le père de Jean qui parle ici. Wladimir (1882-1950) a aussi épousé une femme russe : Natacha Naoumoff (1889-1965). De cette union sont nés 8 enfants. Jean Chaperon du Larrêt que vous entendez ici est le dernier. D'abord barine, une sorte de seigneur grand propriétaire terrien, possédant au moins 4 grandes maisons, Wladimir Chaperon était aussi officier dans l'armée blanche. Après la révolution d'octobre 1917, l'armée rouge (les Bolchéviques) a contraint la famille à s'exiler d'abord en Sibérie puis, après une halte en Pologne, à venir habiter Sierre en Suisse, grâce à la générosité de Mme Mercier (Marie de Molin) l'épouse de Jean-Jacques Mercier fondateur du château éponyme) qui a mis à leur disposition une maison près de Goubing. Le docteur Turini de Sierre a proposé à Wladimir un emploi à l'usine d'aluminium de Chippis."

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