Lausanne
Tribunal cantonal: Lionel Girardin demande l'acquittement
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Lionel Girardin a comparu mercredi devant la Cour d'appel du canton de Vaud. Condamné en mai pour gestion déloyale des intérêts publics à un an de prison avec sursis, l'ancien municipal veveysan a demandé son acquittement, tandis que le Parquet veut aggraver sa peine.
En première instance, le Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois avait jugé la culpabilité de Lionel Girardin "relativement lourde". Il avait conclu qu'entre 2013 et 2018, l'ex-municipal avait occasionné un préjudice de plusieurs dizaines de milliers de francs à la Fondation Apollo, active dans le logement social pour des personnes en difficulté.
Externalisation en faveur de sa société
Dès 2014, alors que l'institution lancée tout d'abord à Vevey se développait dans d'autres villes en bénéficiant de subventions cantonales et communales, celui qui était son président bénévole avait externalisé certaines tâches. Parmi elles, les ressources humaines (RH) et la gestion d’un espace de coworking dans les locaux trop grands de la fondation Apollo.
Lionel Girardin avait attribué ces mandats à sa propre société, Operation Project (OP), dont il était associé gérant, sans appel d'offres, ni accord clair et protocolé du Conseil de fondation, avait-il été relevé en première instance.
Pas quittancé
Si aucun élément nouveau n'est apparu mercredi, la Cour d'appel a essayé de clarifier certains points. Son président a notamment interrogé Lionel Girardin sur le tarif horaire pratiqué pour son appui à Apollo lors de l'externalisation des RH, à savoir 180 francs de l'heure. N'était-il pas excessif pour une micro-entreprise quasi familiale? "Ce tarif correspondait au prix du marché", a répondu Lionel Girardin.
Un contrat avec soi-même était-il de bon aloi? Le Conseil était au courant du principe, a-t-il répondu. "Il était opportun de procéder ainsi au vu de sa proximité avec ma fondation. Il y avait une continuité dans mon esprit de l'activité publique vers l'activité privée", a-t-il expliqué.
Quant à l'engagement de sa femme, non quittancé par le conseil, il était aussi transparent, selon lui. Pour le coworking géré également par sa société, une activité commerciale n'était pas antinomique avec celles de la fondation. Elle devait à terme fournir des rentrées financières à Apollo.
Nourri par Apollo
"C'est comme si vous vous étiez nourri, ainsi que votre famille, de cette fondation", a lancé le président. "Pour moi, il n'y a pas eu de conflit d'intérêts. Tout a toujours été transparent et documenté" a affirmé l'ancien municipal. Et de souligner que cela répondait aux exigences des collectivités publiques et a été réalisé à leur satisfaction.
L'homme décrit comme "alerte" par la Cour a expliqué sa situation actuelle: plus de revenus, une réputation détruite, l'impossibilité de retrouver un logement, un travail. Sans compter le traitement médicamenteux pour dépression et des poursuites de la Ville de Vevey à hauteur d'un million.
Pas d'évolution
Le Ministère public est revenu lui sur le mandat des RH attribué à Operation Project. "On a entendu un flou peu artistique", a-t-il remarqué. Il n'y a jamais eu d'appels d'offres, ni d'information au Conseil, encore moins une validation. "Conclure un contrat avec soi-même est de nature à altérer la confiance. Lionel Girardin aurait dû se récuser avant de favoriser sa société".
En court-circuitant les règles de bonne gouvernance, l'octroi de ce mandat a terni la réputation de la fondation. Elle constitue une atteinte à un intérêt public idéal.
Selon le procureur, Lionel Girardin se pose toujours en "victime expiatoire. Il n'y a pas eu d'évolution", a-t-il estimé, demandant une aggravation de sa condamnation à quatorze mois avec sursis, assortis de la même peine pécuniaire de 40 jours-amende avec du sursis
Château de cartes
Pour Ludovic Tirelli, défenseur de Lionel Girardin, toute l'accusation est un "fascinant château de cartes". "On veut savoir exactement ce qui est reproché à Lionel Girardin. Les prestations ont été effectuées. Toute personne qui viole les règles de bonne gouvernance ne tombe pas sous le coup de la gestion déloyale des intérêts publics", a-t-il argué.
Aucune disposition légale n'oblige à un appel d'offres, ce sont seulement de bonnes pratiques, a-t-il établi. Un contrat avec soi-même? Le règlement du conseil de fondation le permet. Quant à l'externalisation, elle s'est faite de manière naturelle, à la vaudoise.
Victime de son succès
Lionel Girardin était très actif sur tous les fronts. Personne n'y a vu de problème, résume-t-il. La fondation a cru trop vite et a été victime de son succès. Lionel Girardin voulu bien faire, il a fait des erreurs non pénales. Puis la boule de neige médiatique n'a pas pu être arrêtée.
S'il avait été un simple quidam, ces faits ne seraient jamais arrivés sur le bureau d'un procureur, a relevé l'avocat qui a demandé la libération de son client du chef d'accusation de gestion déloyale qualifiée. Le jugement sera rendu jeudi après-midi.
Atteinte à l'image
L'affaire a plongé Vevey dans une crise sans précédent. Pas encore chiffrée, "l'atteinte à l'image a été considérable, car en 2016, Lionel Girardin était municipal", a rappelé l'avocate de la Ville. Exclu du Parti socialiste, suspendu, l'ex-élu de 47 ans n'a plus siégé à la Municipalité depuis juin 2018. Il a toutefois été rémunéré jusqu'à la fin de la législature.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Lausanne
Fin de l’aventure Doodah après 23 ans au centre-ville
Doodah va disparaître du centre-ville lausannois. Après 23 ans à la rue Haldimand, l'enseigne emblématique de skate et de snowboard annonce sa fermeture prochaine. Entre loyers excessifs, concurrence du commerce en ligne et déclin du quartier de la Riponne, le gérant Jérôme Fellay dresse le constat de la fin d'une époque.
Le paysage lausannois s'apprête à perdre l'un de ses piliers de la culture urbaine. Installé depuis plus de deux décennies au cœur de la capitale vaudoise, le magasin Doodah ne survit plus à l'équation économique actuelle. «C’est clairement la fin d’une aventure, la fin d’une époque aussi. C’est très triste, mais on fait avec», confie Jérôme Fellay, gérant de l'arcade lausannoise.
Un cocktail économique explosif
La décision de fermer n'est pas soudaine, mais résulte d'une érosion constante de la fréquentation. Si la période post-Covid a connu un bref sursaut, les habitudes de consommation ont durablement basculé vers le numérique. Face à des géants du web aux prix européens, la lutte est inégale. «On est sur des prix suisses et on ne peut clairement pas batailler avec le reste de l’Europe», explique le gérant.
À cette concurrence s'ajoute le poids des charges fixes dans le centre-ville. Les loyers lausannois sont jugés «excessivement élevés» par le responsable, alors même que l'attractivité du quartier décline. La fermeture, partielle ou totale selon les périodes, du parking de la Riponne a également porté un coup dur à la fluidité de la clientèle.
Tout un quartier au cœur du débat
Le constat le plus frontal concerne l'environnement direct du magasin, situé à deux pas de la place de la Riponne. Jérôme Fellay ne mâche pas ses mots sur la dégradation du quartier: «Dans notre rue, c’est junkie, c’est police, vols et choses comme ça. On sent qu’il y a de moins en moins de gens qui viennent aussi en centre-ville».
« Dans notre rue, c’est junkie, police et vol. »
Il relate notamment des scènes quotidiennes qui font fuir les clients, comme celle de samedi dernier où une personne s'injectait de la drogue à un mètre de l'entrée du magasin. «Forcément, ça crée un sentiment d’insécurité et je peux comprendre les gens qui n’ont pas envie de venir dans ces rues faire leurs achats», déplore-t-il. Bien que des associations de commerçants aient fait remonter ces doléances à la Municipalité, les commerçants restent dans l'attente de mesures concrètes.
Un vide pour la communauté et la relève
Au-delà des chiffres, c'est un lieu d'échange et de passion qui disparaît. Doodah était un acteur central de la scène skate et snow locale à travers ses sponsorings et ses événements. Si les passionnés continueront leur pratique, Jérôme Fellay craint que le départ d'un tel acteur local ne freine l'élan de ce milieu.

Jérôme Fellay, gérant du shop lausannois Doodah et ses deux apprentis.(© LFM)
L'impact est également humain pour l'équipe en place. L'enseigne lausannoise compte deux apprentis. Si l'une pourra terminer son CFC cette année, le second devra trouver une nouvelle structure pour achever sa formation.
Quel avenir pour l'arcade?
La date de fermeture n’est pas encore fixée, mais elle pourrait intervenir au plus tôt dès la fin juillet, dès la reprise du bail qui court initialement jusqu'en mars 2028. Dès la fin du mois de juillet, le shop cessera de recevoir de nouvelles collections et se transformera en espace "outlet" pour écouler les stocks restants. Une page se tourne pour la rue Haldimand, laissant planer une incertitude de plus sur l'avenir du commerce de détail à Lausanne.
Interview réalisée par Sophie Vassutine
Adaptation web avec IA
Lausanne
Vaud soumet son projet de loi-cadre sur la durabilité et le climat
Le Canton de Vaud a présenté mercredi son avant-projet de loi-cadre sur la durabilité et le climat. Son objectif est d'intégrer de manière transversale et systématique les enjeux de durabilité dans l'action de l'Etat et de concrétiser les objectifs climatiques adoptés par le peuple en juin 2023.
Le Département de l'agriculture, de la durabilité et du climat et du numérique (DADN) met en consultation cet avant-projet pour trois mois jusqu'au 18 juin. "Cette loi horizontale fixera un cadre clair, précis, réaliste, pragmatique, responsable et équilibré afin de chapeauter et harmoniser l'ensemble de l'action publique cantonale", a affirmé mercredi à Lausanne la conseillère d'Etat Valérie Dittli.
Cette loi-cadre sur la durabilité et le climat (LCDC) répond à des attentes politiques maintes fois exprimées, dont une motion renvoyée au gouvernement en 2021 demandant au canton de se doter des instruments légaux pour mettre en oeuvre les objectifs de durabilité. Et dans son Programme de législature 2022–2027, le Conseil d'Etat lui-même s'est engagé à élaborer une loi-cadre assurant la convergence de l'action publique vers ces objectifs.
Ces attentes s'inscrivent également dans le contexte de la votation populaire du 18 juin 2023. Le peuple avait validé des dispositions constitutionnelles et légales ancrant l'objectif de neutralité carbone 2050 et l'obligation, pour l'Etat et les communes, de réduire significativement les impacts climatiques de leurs politiques publiques. La LCDC vise à traduire ces engagements dans le droit cantonal et à en assurer la mise en oeuvre cohérente.
Pas de nouvelles règles sectorielles
"Elle chapeaute notamment neuf lois cantonales en lien avec la durabilité et le climat. Elle vient combler une lacune normative, tout en reprenant les bonnes pratiques de ces cinq dernières années. On codifie de manière plus large et générale des choses ponctuelles qui fonctionnent déjà", a expliqué Guillaume de Buren, chef de l'Office de la durabilité et du climat (OCDC).
Les services de Mme Dittli ont assuré que la loi-cadre "ne créait pas de nouvelles réglementations sectorielles, ni de nouvelles taxes, mais fixait des objectifs communs, des principes directeurs et des mécanismes de mise en oeuvre applicables à toute l'administration". Avec un enjeu d'efficience, ont-ils insisté.
S'agissant de durabilité, le projet introduit pour la première fois dans le droit cantonal un cadre juridique définissant ce principe et les responsabilités dans sa mise en oeuvre. Il précise que la législation cantonale doit être à chaque fois élaborée et appliquée de manière à contribuer aux objectifs de durabilité.
Objectifs intermédiaires ancrés
En matière climatique, la loi fixe des objectifs cantonaux cohérents avec le cadre fédéral. Ils concernent tant la neutralité carbone 2050, avec des objectifs intermédiaires pour 2030 et 2040, que l'adaptation aux changements climatiques. "C'est, là aussi, la première fois que les objectifs intermédiaires de 2030 et 2040 sont ancrés dans une loi", a souligné Rémi Schweizer, délégué cantonal au climat.
Autre incidence de la future LCDC, elle confère un ancrage juridique aux orientations du Plan climat vaudois. Elle introduit aussi des instruments de pilotage transversaux. Parmi ceux-ci figurent l'adoption, tous les cinq ans, d'un plan climat par le Conseil d'Etat, un mécanisme d'examen climatique des objets soumis au Grand Conseil ainsi que des dispositions relatives à l'exemplarité de l'Etat.
Un chapitre spécifique de la loi définit le rôle des communes, en cohérence avec leurs obligations constitutionnelles. Il précise les modalités de leur contribution aux objectifs climatiques, sans introduire d'obligations sectorielles supplémentaires. Elles garderont "une grande liberté", a dit M. Schweizer.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Lausanne
Paudex: un automobiliste à 117 km/h au lieu de 50 km/h
Un ressortissant français de 23 ans a été pincé vendredi dernier à 117 km/h à Paudex, près de Lausanne, au lieu des 50 km/h autorisés dans le village. Le radar mobile a flashé dans la nuit autour de 01h30 sur la route du Lac en direction de Pully. Le permis de conduire lui a été retiré sur-le-champ.
Ce dépassement de 67 km/h relevant du délit de chauffard, le conducteur a été identifié le jour même. L'homme a été entendu, au poste de police de Pully, en présence d'un avocat. Il a été dénoncé au Ministère public qui a ouvert une procédure pénale, indique mercredi la police cantonale vaudoise dans un communiqué.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Lausanne
Le Grand Conseil vaudois accepte de reconnaître l'Eglise anglicane
Les députés du Grand Conseil vaudois ont largement accepté le projet de loi visant à reconnaître la Fédération des Eglises anglicane et catholique-chrétienne (FACCV) dans le canton de Vaud comme une communauté d'intérêt public. Il aura fallu dix ans pour que cette démarche initiée en 2016 soit couronnée de succès.
En appelant les députés à accepter ce projet de loi, la présidente du gouvernement Christelle Luisier a salué "l'aboutissement d'un long et minutieux travail" ainsi qu'un projet de nature à "renforcer la cohésion sociale et la paix confessionnelle" dans le canton.
Pour obtenir cette reconnaissance, la FACCV devait en effet remplir pas moins de 20 conditions légales portant notamment sur sa transparence financière, son ordre juridique et sa participation au dialogue oecuménique et interreligieux. Elle devait également posséder son siège dans le canton de Vaud depuis au moins 30 ans. Une période d'examen de minimum cinq ans était prévue.
Le Conseil d'Etat avait estimé en avril 2025 que toutes les conditions étaient bien remplies. Il avait alors souligné la "parfaite intégration" des paroisses de la FACCV dans le tissu social vaudois ainsi que leur rôle "dans l'intégration d'une population migrante, notamment anglophone".
"Appel d'air exclu"
C'était ensuite au Grand Conseil de se prononcer. La commission recommandait à l'unanimité l'entrée en matière. Lors du débat en plénum, les Verts ont salué un projet équivalant à "reconnaître les changements sociétaux dans la société vaudoise du 21e siècle" et appelé à ce que "d'autres communautés religieuses" puissent être reconnues.
Le PLR a dit son approbation, soulignant que la reconnaissance n'aurait "aucune incidence financière" sur le Canton. L'UDC a également soutenu le projet, estimant que les nombreuses exigences légales permettaient d'exclure un "appel d'air pour d'autres communautés".
Au moment du vote, l'objet a été accepté à l'unanimité moins une abstention.
Nouvelles prérogatives
Grâce à cette reconnaissance, la FACCV dispose désormais de nouvelles prérogatives. Elle pourra exercer l'aumônerie dans les établissements sanitaires et les prisons et bénéficier des mêmes exemptions fiscales que les Eglises de droit public. Elle ne touchera cependant pas de financement public automatique, celui-ci étant lié à des missions spécifiques.
Tant l'Eglise anglicane que l'Eglise catholique-chrétienne sont présentes de longue date dans le canton: la première paroisse anglicane a été officiellement constituée en 1818 dans le chef-lieu vaudois tandis que la constitution de la paroisse catholique-chrétienne de Lausanne remonte à 1908. Le regroupement des deux églises au sein d'une même fédération dans le canton de Vaud date de 2016.
Bien qu'il s'agisse de confessions différentes, ces églises se sont rapprochées à la fin du 19e siècle. Elles ont signé l'accord de Bonn en 1931, permettant à leurs fidèles de partager l'eucharistie et d'autres sacrements. Elles ont également en commun d'autoriser le mariage des prêtres, d'accorder aux femmes le droit d'être ordonnées prêtres et de ne pas reconnaitre l'autorité du pape, contrairement à l'Eglise catholique romaine.
Deux autres demandes en cours
La FACCV regroupe actuellement six paroisses dans le canton de Vaud. Il s'agit des communautés Christchurch de Lausanne, All Saints à Vevey, St Peter à Château-d'Oex, St John à Montreux et Villars-sur-Ollon, de l'Eglise anglicane de La Côte ainsi que de la paroisse catholique chrétienne de Lausanne.
Pour rappel, le canton de Vaud compte deux églises de droit public. Il s'agit de l'Eglise protestante réformée et de l'Eglise catholique romaine. Jusqu'à aujourd'hui, seule la communauté israélite bénéficiait d'une reconnaissance d'intérêt public. Elle est désormais rejointe par la FACCV.
Deux autres demandes de reconnaissance sont en cours, l'une de l'Union vaudoise des associations musulmanes (UVAM), l'autre de la Fédération évangélique vaudoise (FEV). Toutes deux ont été déposées en 2019.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
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