Rejoignez-nous

Suisse

L'Elysée a "ouvert les portes de ministères" à Nestlé

Publié

,

le

"La présidence de la République savait, au moins depuis 2022, que Nestlé trichait depuis plusieurs années", a déclaré Alexandre Ouizille, le rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale sur les eaux en bouteille en France (archives). (© KEYSTONE/DPA/SEBASTIAN GOLLNOW)

L'Élysée a "ouvert les portes de ministères" à Nestlé Waters, alors qu'il "savait" que le groupe "trichait depuis plusieurs années", a déclaré mardi le rapporteur de la commission d'enquête sénatoriale sur les eaux en bouteille.

La commission devait auditionner le secrétaire général de l'Élysée Alexis Kohler, démissionnaire, mais celui-ci a décliné en invoquant un motif de "séparation des pouvoirs". L'audition a été remplacée par une brève présentation de "74 pages de documents" transmis par l'Élysée, démontrant selon le rapporteur la "densité" des échanges entre Nestlé et la présidence.

"La présidence de la République était loin d'être une forteresse inexpugnable à l'égard du lobbying de Nestlé. Au contraire, les contacts sont fréquents et l'Élysée ouvre les portes de certains ministères au groupe suisse. La présidence de la République savait, au moins depuis 2022, que Nestlé trichait depuis plusieurs années" sur les traitements de ses eaux minérales Perrier ou Hépar, a déclaré Alexandre Ouizille.

"Elle avait conscience que cela créait une distorsion de concurrence avec les autres minéraliers. Elle avait connaissance des contaminations bactériologiques voire virologiques sur certains forages", a assené le sénateur PS en citant certains passages de notes internes. Les échanges et rencontres entre Nestlé et l'Élysée vont de 2022 à fin 2024.

Une centaine d'auditions

En quatre mois, la commission a auditionné près de 100 personnes, dont trois ministres et anciens ministres, pour essayer d'"établir une véritable transparence sur un dossier qui n'a cessé de faire l'objet de dissimulations au public, à certaines administrations, voire à la représentation nationale", a déclaré mardi son président Laurent Burgoa (LR). Le scandale a éclaté début 2024, après des révélations de journalistes du Monde et de franceinfo sur l'utilisation par des minéraliers de traitements interdits.

Nestlé Waters avait pris les devants juste avant la publication en avouant des pratiques "passées" et annonçant le remplacement de filtres à charbon et traitements UV par un système de microfiltration à 0,2 micron. Le gouvernement, informé dès 2021 par Nestlé, a approuvé en 2023 son plan de transformation incluant la microfiltration, alors que le seuil retenu faisait débat, le procédé ne devant pas aboutir à une désinfection des eaux minérales selon la réglementation européenne.

Dans des notes internes à la présidence de 2022 citées par le rapporteur, des conseillers évoquent "un usage trop important de filtration" mais aussi des "vulnérabilités" de certains sites Hépar, où des forages ont depuis été arrêtés. Un courriel de fin 2024, reçu par M. Kohler d'un conseiller de la présidence, évoque pour Perrier dans le Gard des "sources de plus en plus régulièrement polluées, notamment de source bactériologique et en partie de matières fécales".

Il évoque aussi de possibles "problèmes entre les marques: ceux qui ont une eau pure n'ont pas intérêt à ce que leurs concurrents puissent utiliser des techniques de purification". Nestlé Waters a toujours défendu la "sécurité alimentaire" de ses produits et sa démarche de transparence auprès des autorités, niant toute pression sur les décideurs et demandant une "clarification" de la réglementation sur la microfiltration. Sollicité mardi, le groupe n'a pas souhaité réagir davantage.

Après de nouvelles révélations en février, Emmanuel Macron avait démenti être au courant du dossier, ajoutant qu'il n'y avait eu ni "entente", ni "connivence".

"Incompréhensible"

"Le 10 octobre 2024, alors que la proposition de commission d'enquête au Sénat existe déjà, le secrétaire général de l'Élysée reçoit le nouveau directeur général de Nestlé, Laurent Freixe (qui sera auditionné mercredi, NDLR), accompagné de Muriel Lienau, présidente de Nestlé Waters", a poursuivi M. Ouizille, annonçant la prochaine mise à disposition du public de l'intégralité des documents transmis par l'Élysée à la commission, une première.

"Le 14 octobre 2024, Nicolas Bouvier, lobbyiste de Nestlé Waters, relance le secrétariat de M. Kohler, celui-ci ayant indiqué à Laurent Freixe lors de leur entretien qu'il fournirait les bons contacts à solliciter au sein des ministères", a-t-il ajouté. Au vu des documents, le refus de se présenter de M. Kohler est "incompréhensible", selon M. Ouizille.

Selon une ordonnance du 17 novembre 1958, toute personne qui ne comparaît pas ou refuse de déposer devant une telle commission est passible de deux ans d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. Face au peu de chance qu'une procédure judiciaire aboutisse, la commission proposera dans son rapport, prévu mi-mai, "une modernisation de l'ordonnance pour que les pouvoirs du Parlement soient respectés", selon le rapporteur.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

Continuer la lecture
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Lausanne

Lausanne: des milliers de personnes pour la Pride romande

Publié

le

Malgré la chaleur, des milliers de personnes ont défilé samedi après-midi à Lausanne pour la Pride. (© KEYSTONE/Valentin Flauraud)

La Pride romande a investi Lausanne pour y affirmer "le droit d'être soi", slogan de cette édition 2026. Le point d'orgue de cette Pride, la Marche des fiertés, a réuni plusieurs milliers de personnes samedi après-midi.

Réunie sous le cagnard, à peine abritée à l'ombre du pont Bessières, la foule s'est mise en marche vers 15h00. Elle a traversé le centre-ville en direction du parc de Milan, site du village de la Pride, où plusieurs concerts et animations sont proposés depuis vendredi.

Les tenues colorées, parfois excentriques, mais toujours (très) légères au vu de la chaleur, étaient de sortie. De même que les éventails et parapluies arc-en-ciel, accessoires "stars" de cette Pride 2026. Quelques drapeaux et pancartes ont aussi émergé parmi la foule. Et sur lesquelles on pouvait notamment lire "Mon corps. Mon genre. Ta gueule", "Moins de fachos, plus de ciseaux" ou encore "A bas le cis-tèm".

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture

Genève

Genève inaugure le nouveau parc des Franchises

Publié

le

Le conseiller d'Etat Nicolas Walder, qui dirige le Département du territoire, a inauguré samedi le nouveau parc des Franchises à Genève (archives). (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Le parc des Franchises ouvre un nouveau chapitre de son histoire. L'espace vert genevois, entièrement rénové grâce à une forte mobilisation citoyenne, a été inauguré samedi en présence des autorités du canton et de la Ville de Genève.

Le coût total de la rénovation s'élève à 10,5 millions de francs, dont 8 millions financés par le canton et 2,5 millions par la Ville de Genève. Le réaménagement est l'aboutissement d'un processus participatif lancé en 2014 par les habitants pour "réveiller la belle endormie", surnom donné au lieu, indique le Département du territoire dans un communiqué.

Plusieurs aménagements temporaires, comme une buvette ou des potagers, ont été testés avant que les travaux de pérennisation ne se déroulent entre 2024 et 2026. Le parc rénové met l'accent sur l'adaptation climatique. Les sols ont été désimperméabilisés et 220 nouveaux arbres ont été plantés. Le site abrite désormais l'un des plus grands biotopes humides du canton.

Il propose également un pumptrack, quatre terrains de beach-volley, une place de jeu, une grande pataugeoire, une zone de fitness en plein air, une grotte à explorer et des potagers urbains. Cet espace vert se situe au c½ur d'un territoire en pleine transformation avec le grand projet d'aménagement Châtelaine-Pétroliers.

Mobilisation populaire

Une exposition retraçant l'histoire du site est visible sur place durant l'été. Ce parc avait été créé dans les années 1970, sur le périmètre de l’ancienne école d’horticulture de Genève. Par manque de place, l’école, établie d’abord à Châtelaine, sera transférée en 1974 à Presinge, sur le site de Lullier qu’elle occupe encore aujourd’hui.

Suite au départ de l’école, les riveraines et riverains du quartier de Vieusseux découvrent un projet d’aménagement menaçant leur cadre de vie: la construction d’une route et d’immeubles à la place des espaces verts. Grâce à la mobilisation populaire, le canton, propriétaire du site, a créé dans les années 1980 un parc public.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture

Climat

Zurich, Bâle et Neuchâtel battent des records absolus de chaleur

Publié

le

La fraîcheur était difficile à trouver samedi à Neuchâtel, qui a battu un record absolu de chaleur. (© KEYSTONE/ANTHONY ANEX)

Zurich, Bâle et Neuchâtel ont enregistré samedi des records absolus de chaleur. Le mercure est grimpé à 39 degrés à Bâle/Binningen, 38,1 degrés à Neuchâtel et 36,2 degrés dans la plus grande ville de Suisse, selon les valeurs mesurées par MétéoSuisse.

Selon les prévisions, un front froid devrait mettre fin à la vague de chaleur lundi.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture

Suisse Romande

Glacier du Rhône: pétition contre la grotte touristique

Publié

le

La pétition pour "libérer" le glacier du Rhône a été déposée samedi. (© KEYSTONE/CYRIL ZINGARO)

La pétition "Libérer et protéger le glacier du Rhône" a été symboliquement déposée samedi matin dans la Vallée de Conches, à proximité du glacier. Adressée au gouvernement valaisan, elle est munie de plus de 8000 signatures.

La pétition demande de supprimer la grotte creusée dans le glacier pour attirer les touristes. Une grotte qui, en raison du réchauffement climatique, a nécessité la pose de bâches sur certaines parties du glacier.

La pétition exige ainsi de "dépolluer en urgence ce site gravement dégradé", et notamment en retirant ces bâches répandues sur le terrain, "celles qui ont coulé au fond du lac glaciaire, ainsi que les matériaux de construction partout dispersés."

Le texte demande également de mettre fin à l'entrée payante sur le glacier et de "donner libre accès au site." Plus globalement, il réclame "une politique responsable, scientifiquement fondée," pour répondre au recul des glaciers.

Cette pétition a été portée par Pro Natura Valais, le WWF Valais, la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage, l'association Mountain Wilderness et le groupe haut-valaisan "Environnement et transport".

"Une tragédie"

Une quinzaine de personnes l'ont symboliquement déposée samedi à la mi-journée. "Nous demandons au Conseil d'Etat valaisan de mettre un terme à cette tragédie", ont souligné les associations à la base de cette démarche, dans une prise de position commune.

Leur pétition sera remise prochainement au chef du Département de la mobilité, du territoire et de l'environnement, Franz Ruppen.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture

Derniers titres

Les 2 derniers titres

Votre Horoscope

Cancer

Ce samedi, vous accordez de l’importance aux personnes qui vous sont chères, aux plaisirs simples et aux moments de qualité.

Les Sujets à la Une