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Vaud

Affaire Nzoy: un rapport remet en question la légitime défense

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Nico Alexandroff de Border Forensics (à g.) a présenté les détails de l'analyse vidéo à la presse. (© KEYSTONE/GABRIEL MONNET)

Nzoy, le Zurichois décédé en 2021 à la gare de Morges (VD) des tirs de la police, n'était pas en train d'attaquer les forces de l'ordre, mais de fuir, indique un nouveau rapport. Celui-ci contredit les conclusions de l'enquête pénale menée par le canton, qui retenait la légitime défense des policiers.

Selon une analyse vidéo combinée à des reconstructions en 3D, "les mains de Nzoy étaient ouvertes juste avant que les deux premiers coups de feu ne soient tirés sur lui. Il était donc hautement improbable qu'il tenait un couteau à ce moment-là", indique l'agence de recherche et d'investigation Border Forensics. Son rapport, établi en collaboration avec la commission indépendante sur la mort de Roger Nzoy Wilhelm, a été présenté à la presse lundi au théâtre de Vidy.

Une analyse spatiale en 2D a, quant à elle, permis de reconstituer chaque pas de Nzoy et du policier qui lui a tiré dessus pendant les instants cruciaux. "L'analyse de la géométrie de la scène montre qu'il s'agissait d'une fuite plutôt que d'une attaque", ont ajouté les chercheurs de Border Forensics.

Elio PaneseChercheur pour Border Forensics

Les auteurs du rapport se sont également intéressés à la dynamique structurelle, à savoir la question de la race dans cet incident. Bien que la police dise que la couleur de la peau de Nzoy n'a joué aucun rôle, le premier élément communiqué par les forces de l'ordre à la centrale était "Un homme de couleur au sol", ont-ils souligné.

L'analyse révèle en outre les multiples lacunes, à plusieurs niveaux, dans le traitement de l'enquête pénale menée par le canton.

Elio PaneseChercheur pour Border Forensics

Vaud: le canton le plus létal

Dans ce cadre, Border Forensics a créé une nouvelle base de données, recensant les personnes décédées suite à une interaction avec la police en Suisse. Baptisée "Les archives de l'absence", elle compte 84 cas, de 1992 à aujourd'hui.

Il en ressort que "les personnes, - principalement des hommes - perçues comme "autres" en raison de leur racialisation, de leur statut socio-juridique, de leur psychopathologie et de leur consommation de drogue" sont exposées de manière disproportionnée à des pratiques policières fatales en Suisse. Vaud se distingue en outre comme le canton "le plus létal de Suisse" en la matière.

Le rapport conclut qu'il est ainsi "hautement probable" que le racisme, la masculinité et des processus d'altérisation aient façonné la mort de Nzoy. "Alors qu'il n'était pas menaçant, il a été perçu comme une menace ", et alors qu'il était blessé, il a fait face à "un profond mépris pour sa vie".

La commission indépendante relève "les aspects récurrents d'une façon d’enquêter à décharge" de la part des autorités cantonales quand s’agit de violences policières et d’un certain profil des victimes qui sont, "d'une façon ou d'une autre, altérisées".

Louis SchildCoordinateur de la commission indépendante chargée de l'affaire Nzoy

Reconnaître le racisme institutionnel

Le cas de Nzoy montre comment "une manière biaisée de percevoir une personne peut conduire à la mort", a fait observer Getou, du collectif Afro-Swiss et membre de la commission indépendante. "Nous exigeons que le racisme institutionnel soit reconnu. Si on refuse de le faire, ces cas vont se prolonger à l'infini", a-t-elle ajouté.

L'avocat de la famille de Nzoy, Me Ludovic Tirelli, présent aux côtés de la soeur de la victime, s'est réjoui de pouvoir compter sur le travail de Border Forensics, dont la "démarche scientifique" s'applique à des éléments figurant au dossier. "Il est désormais clair que Nzoy n'avait pas de couteau dans les mains quand les premiers coups de feu ont été tirés. Le Ministère public aura beaucoup de peine à contester ça", a-t-il déclaré.

En outre, il s'est félicité que des images et des analyses 2D et 3D aient permis d'établir que Nzoy cherchait à fuir. "En droit c'est extrêmement important car on est dans une affaire de meurtre. La légitime défense présuppose une attaque imminente ou en cours. Si Nzoy a fui, il n'y a pas de légitime défense", a-t-il déclaré.

Procédure rouverte

Fruit d'un travail de deux ans, cette contre-enquête avait pour objectif de "produire une analyse détaillée des événements" ayant mené à la mort de Nzoy.

L'affaire avait dans un premier temps été classée à la fin novembre 2024, le Ministère public ayant estimé que le policier auteur du tir mortel avait agi en légitime défense. Saisi par l'avocat de la famille de la victime, le Tribunal cantonal vaudois avait toutefois décidé en mai dernier de rouvrir l'enquête.

Avec Yann Rossier

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Vaud

Leysin-les Mosses: 500 oppositions pour les canons à neige

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Le projet prévoit l'installation de 175 nouveaux canons à neige (109 à Leysin, 66 aux Mosses) pour contrer le manque de neige (image d'illustration). (© KEYSTONE/ANTHONY ANEX)

La nouvelle mouture de projet d'enneigement mécanique du domaine skiable Les Mosses - Leysin (VD) a suscité plus 500 oppositions, à l'issue lundi de la mise à l'enquête publique. Le projet prévoit l'installation de 175 canons à neige.

Ces oppositions ont été déposées par des citoyens, des associations de protection de la nature et des élus, indique lundi soir l'association "Non aux canons à neige".

"Nous ne contestons pas l'importance du tourisme pour la région, mais souhaitons alerter sur les risques d’un investissement massif dans une infrastructure lourde, dépendante du froid, dans un contexte de réchauffement climatique rapide et documenté", écrit-elle dans un communiqué.

Parmi les opposants, Pro Natura dit vouloir se battre "contre ce projet d’un autre temps, gourmand en eau et en énergie et nuisible pour la faune, la flore et les écosystèmes très fragiles de la région", écrit l'association dans son propre communiqué.

Autoproduction

Présentée début janvier, la nouvelle version du projet avait été revue pour réduire son impact écologique. Son élaboration a fait l'objet d'une collaboration entre la société des remontées mécaniques Télé-Leysin-Les Mosses-La Lécherette (TLML), les communes concernées, la Direction générale de l'environnement et des experts environnementaux indépendants, avaient alors annoncé les partenaires.

Le projet prévoit l'installation de 175 nouveaux canons à neige (109 à Leysin, 66 aux Mosses). Selon ses promoteurs, plus de 30% de l'électricité nécessaire proviendra d'une autoproduction par turbinage.

L'eau sera prélevée dans le lac de l'Hongrin et restituée à 90% au printemps. Le prélèvement représente seulement 0,5% des volumes de pluie sur les domaines et les 21 km de canalisations seront entièrement enterrés, évitant les zones sensibles.

Attractivité des Alpes vaudoises

Le projet vise à sécuriser les emplois locaux, à renforcer l'attractivité touristique des Alpes vaudoises et à permettre aux enfants vaudois de continuer à apprendre à skier dans la région, estiment les défenseurs du projet.

Une précédente mouture visant à l'installation de 177 canons à neige avait été retirée à l'automne 2024 par TLML suite à des centaines d'oppositions et aux remarques du canton. Certaines canalisations destinées à alimenter en eau les canons depuis le lac de l'Hongrin auraient dû traverser des prairies et pâturages secs, des zones soumises à des mesures de protection.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Vaud

St-Cergue (VD): homme gravement blessé pour une affaire de parking

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La police vaudoise a interpellé l'homme qui a frappé un octogénaire pour une affaire de parking à St-Cergue (image symbolique). (© KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Une altercation pour une affaire de stationnement a dégénéré dimanche à St-Cergue (VD). Un employé communal, âgé de 80 ans, a été frappé et conduit au CHUV dans un état jugé préoccupant.

La victime a été retrouvée inanimée dans la rue, au centre de St-Cergue. Des premiers éléments de l'enquête, elle aurait reçu un coup de poing et serait tombée au sol inconsciente, indique lundi soir la police vaudoise dans un communiqué.

L'autre protagoniste a été interpellé sur place. Cet homme de 39 ans, domicilié dans la localité, a été conduit au Centre de la police de la Blécherette à Lausanne, où il a été entendu par des inspecteurs. Le Ministère public a ouvert une enquête.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Grand Conseil

Pour ou contre le salaire minimum: les députés vaudois devront se prononcer

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Arnaud Bouverat est le secrétaire régional du syndicat UNIA et coprésident du comité d’initiative pour l'instauration du salaire minimum légal cantonal à 23 francs de l'heure. Ici au Grand Conseil vaudois, à Lausanne (photo d'illustration). (© KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Le salaire minimum légal de 23 francs l'heure sera au centre des discussions lors des prochaines séances du Grand Conseil vaudois. Les députés devront se pencher sur deux initiatives en ce sens déposées en 2023 par la gauche, les syndicats et une vingtaine d’associations. Le Conseil d’État, lui, s’y oppose.

Les débats sur l’instauration du salaire minimum vaudois sont lancés. Au parlement, les députés devront se pencher sur deux initiatives populaires déposées en 2023 par la gauche, les syndicats et une vingtaine d’associations. Les deux initiatives ont chacune réunie plus de 16'000 signatures. La première vise à ancrer le principe dans la Constitution vaudoise (initiative constitutionnelle). La deuxième prévoit une nouvelle loi avec un salaire minimum obligatoire de 23 francs de l’heure (initiative législative). Le Conseil d’État s’y oppose avec un contre-projet qu’il juge « plus équilibré » et qui introduit des exceptions ciblées selon les branches. Mais pour les initiants, chacun doit pouvoir vivre dignement de son travail. Et pour cela, le salaire minimum doit primer sur les conventions collectives de travail (CCT), selon Arnaud Bouverat, secrétaire régional du syndicat UNIA, coprésident du comité d’initiative et député socialiste au Grand Conseil vaudois.

Arnaud Bouverat Député socialiste

Pour les initiants, le contre-projet du Conseil d’État "vide quasiment de sa substance l’existence d’un salaire minimum", ceci alors que son instauration aurait un impact non seulement pour la population mais aussi l'économie.

Arnaud Bouverat Député socialiste

« D'après les projections, a peu près deux tiers des bénéficiaires seront des femmes.»

Le contre-projet du Conseil d’État privilégie le partenariat social et les conventions collectives de travail (CCT) : il craint des effets négatifs sur l’emploi. Mais pour les initiants, les effets de l’instauration du salaire minimum sur le marché du travail sont bénéfiques, en particulier pour les femmes.

Arnaud Bouverat Député socialiste

Les députés vaudois vont poursuivre le débat sur les deux initiatives populaires demandant l'instauration d'un salaire minimum. Pour les traiter, le Conseil d'État soumet au plénum deux projets de décret, un projet de loi ainsi qu'un contre-projet.

En Suisse, cinq cantons ont déjà franchi le pas: Neuchâtel, Jura, Genève, Tessin et Bâle-Ville. Le processus a aussi été lancé dans les cantons du Valais et de Fribourg. En février, Bâle-Campagne et Soleure ont rejeté deux initiatives sur le sujet.

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Lausanne

Feu sur un toit à la rue du Bugnon en raison de travaux

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Un feu a pris sur le toit du bâtiment de la rue du Bugnon 19 à Lausanne, provoquant des restrictions de circulation (photo d'illustration). Personne n'a été blessé. (© KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Un incendie s'est déclaré lundi vers 13h30 sur le toit d'un bâtiment de laboratoires de recherche à la rue du Bugnon à Lausanne. Le feu est sous contrôle. Par mesure de précaution, une cinquantaine de personnes ont été évacuées. Aucune n'a été blessée ni incommodée.

Le feu a pris en raison de travaux sur le toit du bâtiment qui fait partie du complexe du CHUV, a indiqué un porte-parole de la police de Lausanne à Keystone-ATS. Les sapeurs-pompiers du Service de protection et sauvetage Lausanne (SPSL) sont rapidement intervenus. Les quelque 50 personnes évacuées l'ont été en grande partie par leurs propres moyens ou avec l’appui du service de sécurité du CHUV.

En raison de l’intervention, des restrictions de circulation ont été mises en place sur la rue du Bugnon dans le sens de la montée. Une déviation a été instaurée depuis la place de l’Ours par l’avenue de Béthusy, précise la police.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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