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Économie

Favorite des législatives, l'extrême droite fait son show à Rome

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"Nous sommes prêts, vous le verrez dimanche", a assuré Giorgia Meloni, promettant de défendre "l'intérêt national" de l'Italie face à l'Europe. (© KEYSTONE/EPA/GIUSEPPE LAMI)

L'alliance dominée par l'extrême droite, favorite des législatives de dimanche, a tenu son unique meeting commun jeudi à Rome. Cela au terme d'une campagne éclair qui pourrait porter au pouvoir une ex-admiratrice de Mussolini.

Alors l'Italie va-t-elle basculer ? Placée sous perfusion financière par ses partenaires européens après une pandémie dévastatrice, elle devrait remettre son destin entre les mains de Giorgia Meloni, cheffe de Fratelli d'Italia (FdI), formation ultra-conservatrice, identitaire et nationaliste.

"Je vote pour Meloni, elle ne m'a jamais trahie, je partage ses opinions à 100%, je la trouve cohérente", a confié Giuli Ruggeri, une chômeuse de 53 ans venue au meeting de la Place du Peuple, en plein centre de la capitale italienne.

"La Meloni" comme on l'appelle en Italie, 45 ans, s'est alliée avec le parti conservateur Forza Italia (FI) du milliardaire en perte de vitesse Silvio Berlusconi, et la Ligue antimigrants et populiste de Matteo Salvini.

Les trois dirigeants, montés sur scène côte à côte pour la première et dernière fois de cette campagne "sous les parasols", se sont succédé pour haranguer leurs dizaines de milliers de partisans réunis pour ce sprint final.

Berlusconi diminué

C'est un Berlusconi visiblement diminué, peinant à marcher seul, qui s'est exprimé le premier, brièvement: "L'Italie ne veut pas être gouvernée par la gauche", a asséné l'octogéraire, dénonçant "l'oppression fiscale" et "l'invasion incontrôlée" des migrants.

Matteo Salvini a lui fixé pour objectif à la coalition de "gouverner bien et ensemble pendant cinq ans", s'engageant à "protéger l'Italie et les Italiens". Il a enchaîné les promesses dans un discours décousu: blocage des prix de l'énergie, fin des débarquements de migrants, suppression de la redevance tv... tout en s'en prenant aux "diktats" de Bruxelles.

"Les Italiens d'abord"

Enfin, la vraie vedette du meeting, Giorgia Meloni, dont les partisans qui dominaient l'assistance ont scandé le prénom, les a tenus en haleine avec un discours fleuve de plus d'une demi-heure.

"Nous sommes prêts, vous le verrez dimanche", a-t-elle assuré, promettant de défendre "l'intérêt national" de l'Italie face à l'Europe.

"Nous voulons une Italie forte, sérieuse et respectée sur la scène internationale", a-t-elle affirmé, s'engageant aussi à lancer "une réforme des institutions italiennes" vers un régime présidentiel pour garantir la "stabilité" dans un pays connu justement pour son instabilité gouvernementale.

Majorité absolue en vue

Ensemble, droite et extrême droite pourraient obtenir la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat avec une avance confortable sur le Parti démocrate (PD) d'Enrico Letta, qui a échoué à fédérer gauche et centre.

Selon les derniers sondages, FdI est crédité de 24 à 25% des intentions de vote, devant le PD entre 21 et 22%. Suivent le Mouvement 5 Etoiles (ex-antisystèmes) de 13 à 15%, la Ligue à 12%, FI à 8%. La coalition droite/extrême droite pourrait rafler entre 45% et 55% des sièges au parlement.

Participation, facteur-clé

L'élection est suivie de près à Bruxelles après la victoire d'un bloc de droite et d'extrême droite en Suède, car Giorgia Meloni pourrait devenir la première cheffe de gouvernement d'un pays fondateur de l'UE à la tête d'un parti post-fasciste.

Attention, prévient toutefois Marc Lazar, professeur à Sciences-Po et à l'université Luiss de Rome, si la victoire des conservateurs semble acquise, "les sondages ont été démentis par le passé".

Facteur clé de ce scrutin, le taux de participation devrait descendre à un niveau historiquement bas, sous 70%.

"Pas de confrontation sur les idées"

Menée en plein été alors que les Italiens étaient à la plage, ce fut "l'une des pires campagnes de l'après-guerre (...) Il n'y a pas eu de confrontation sur les idées et les visions de chacun", analyse Flavio Chiapponi, de l'université de Pavie.

La droite veut plus de frontières et moins d'Europe "bureaucratique", plus de natalité et moins d'immigration, plus de valeurs "judéo-chrétiennes" et moins d'impôts.

Croyances aux antipodes

Mais chacun, en campagne, a tenu à rappelé son ADN, au-delà de l'accord électoral: si Meloni et Salvini fustigent "l'islamisation" et s'engagent à faire passer "les Italiens d'abord", la première, protectionniste, croit en l'Etat interventionniste quand Salvini et Berlusconi, plus libéraux, plaident pour un impôt à taux unique de 15 et 23% respectivement.

Venue d'une famille politique qui s'est construite sur l'anticommunisme, elle est par ailleurs atlantiste et soutient les sanctions contre Moscou après l'invasion de l'Ukraine, alors que Salvini, grand "tifoso" de Vladimir Poutine, s'y oppose, estimant qu'elles nuisent surtout aux Italiens qui paient le gaz au prix fort.

A gauche, Enrico Letta, lui, a "exclusivement fait campagne sur la défensive, comme s'il se considérait déjà battu", cependant que Giorgia Meloni arpentait l'Italie du Nord au Sud comme si elle était déjà Première ministre, relève Flavio Chiapponi.

Enrico Letta se présente en garant d'une Italie ancrée en Europe, un argument de poids après l'octroi par l'UE de près de 200 milliards d'euros d'aide à l'Italie pour relancer son économie après la pandémie.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Les Chambres acceptent le crédit de 4 milliards de francs pour Axpo

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Les Chambres ont accepté le crédit de quatre milliards de francs pour Axpo, dans le cadre du mécanisme de sauvetage des entreprises d'électricité (archives). (© KEYSTONE/PETER SCHNEIDER)

Le fournisseur d'électricité Axpo pourra obtenir un prêt de quatre milliards de francs, dans le cadre du mécanisme de sauvetage concocté par le gouvernement. Après le National, le Conseil des Etats a accepté mercredi ce crédit additionnel au budget 2022.

Menacé par un problème de liquidités dans le cadre de la crise énergétique actuelle, Axpo a demandé un prêt de quatre milliards de francs à la Confédération début septembre. Soucieux d'assurer l'approvisionnement énergétique de la Suisse, le Conseil fédéral a accédé à la requête de cette entreprise d'importance systémique en recourant au droit de nécessité. Il demande ce crédit au Parlement dans le cadre du second supplément au budget 2022.

Axpo n'a encore reçu aucun franc, a répété le ministre des finances Ueli Maurer. Et de rappeler que les conditions pour l'octroi de prêts "ne sont pas attractives". Des informations complémentaires sont régulièrement demandées pour assurer un suivi en continu de la situation, a rassuré Johanna Gapany (PLR/FR) pour la commission. Ils ont été entendus par 29 voix contre 8.

Projet de loi sous toit

Les Chambres ont mis sous toit lundi le projet de loi prévoyant une aide fédérale subsidiaire aux entreprises d'électricité. Elles ont déjà approuvé rétroactivement le crédit d'engagement de 10 milliards. Elles ont aussi accepté la clause d'urgence, pour que la loi entre en vigueur au 1er octobre. Les mesures sont limitées à fin 2026.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Forum Finance: Hippolyte de Weck nommé directeur général

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Hippolyte de Weck dirigera le gérant de fortune indépendant Forum Finance au 1er octobre. Le groupe genevois veut aussi accueillir de nouveaux gérants (illustration). (© KEYSTONE/FABRICE COFFRINI)

Hippolyte de Weck dirigera le gérant de fortune indépendant Forum Finance au 1er octobre. Le groupe genevois veut aussi accueillir de nouveaux gérants compte tenu du fait que le cadre réglementaire impose aux acteurs de la branche d'obtenir une autorisation de la Finma d'ici à la fin de l'année.

Hippolyte de Weck a rejoint Forum Finance en 2011, en tant qu'associé gérant, après 17 ans chez UBS. Il remplacera Etienne Gounod, qui passera à la présidence du conseil d'administration, indique le groupe mercredi dans un communiqué.

Face au bouleversement que va connaître l'industrie suisse de la gestion indépendante dans les prochains mois en raison de l'obligation d'obtenir une licence de la Finma, Forum Finance entend jouer un rôle actif dans le processus de restructuration qui s'annonce, souligne le communiqué. Selon les indications de la société, Forum Finance gère quelque 2 milliards de francs.

"Les chiffres de la Finma publiés en août dernier laissent clairement entendre que des centaines de sociétés de gestion suisses n'obtiendront pas le précieux sésame à temps", a déclaré M. de Weck. "Forum Finance constitue une solution particulièrement convaincante pour les gérants de fortune recherchant un nouvel environnement pour continuer à exercer leur métier", a ajouté le nouveau directeur général.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Nouvelle amende pour UBS et Credit Suisse aux Etats-Unis

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Les établissements amendés se sont vu reprocher l'emploi par leurs courtiers de canaux de communication non réglementaires. (archive) (© KEYSTONE/EPA/IAN LANGSDON)

L'utilisation d'outils de communication non régulés a valu plusieurs amendes à des banques d'envergure aux Etats-Unis. La commission Commodity Futures Trading (CFTC) a condamné 11 établissements à un total de 710 millions de dollars, (706,6 millions de francs).

Pour UBS et Credit Suisse, l'amende s'élève à 75 millions de dollars pour chacune, a annoncé mardi soir la CFTC. L'amende la plus salée a été décidée pour Bank of America, et s'élève à 100 millions tandis que la moins élevée atteint 6 millions pour Cantor Fitzgerald.

La CFTC est chargée de la régulation des marchés des contrats d'options et futures aux Etats-Unis. L'autorité reproche aux établissements d'avoir laissé leurs courtiers échanger sur des opportunités d'investissement sur des applications de messagerie non réglementaires, à image de Whatsapp. Cela a empêché les banques d'archiver les communications et donc rendu plus difficile le travail des autorités de surveillance.

Mardi, la SEC, le gendarme américain des marchés financiers a également annoncé des sanctions financières pour les mêmes faits. Au total, 16 entreprises ont été condamnées à une amende cumulée de 1,1 milliard de dollar. UBS et Credit Suisse devront chacune débourser 125 millions.

"La finance, en définitive, dépend de la confiance. En dérogeant à leurs obligations d'enregistrer les données et de les conserver, les participants au marché que nous avons condamnés aujourd'hui ont échoué à maintenir cette confiance", avait alors déclaré le président de la SEC Gary Gensler.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Économie

La Berd réduit sa prévision de croissance pour 2023

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Les secteurs les plus gourmands en énergie, à l'image de la sidérurgie, sont particulièrement exposés à l'explosion des prix du gaz induite par la guerre menée par la Russie en Ukraine. (archive) (© KEYSTONE/AP/SVEN KAESTNER)

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) avertit que l'impact de la guerre en Ukraine va se faire sentir de plus en plus durement sur les économies de sa zone, largement centrée sur l'Europe de l'Est.

Dans un rapport publié mercredi, l'institution abaisse ainsi à 3% sa prévision de croissance en 2023 dans ses régions, contre 4,7% anticipés en mai.

Cette révision "reflète un approvisionnement réduit en gaz depuis la Russie (...) et des pressions inflationnistes dans le monde comme dans les régions de la Berd", note cette dernière.

En revanche, l'institution, largement focalisée sur l'Europe de l'Est, relève sa prévision pour cette année à 2,3%, contre 1,1% prévu en mai, les consommateurs ayant davantage dépensé leurs économies de la période de pandémie qu'anticipé, selon le rapport.

Si cela a "temporairement dopé la consommation malgré la chute des salaires réels - hors inflation -, cela s'est traduit par une forte augmentation des déficits des comptes courants en Europe centrale", relève la Berd dans son rapport.

La cheffe économiste de l'organisation de financement, Beate Javorcik, a dit à l'AFP que les effets de la guerre en Ukraine se font de plus en plus durement sentir sur les économies.

"Nous voyons des prix du gaz beaucoup plus élevés, une inflation en hausse, et le ralentissement attendu en Europe de l'Ouest va peser durement sur les exportations", a-t-elle argumenté.

Les prix du gaz en Europe "atteignent en moyenne 2,5 fois leur niveau de 2021" en termes ajustés de l'inflation, note la Berd.

Elle prévient aussi que "des coûts qui flambent dans les secteurs très consommateurs d'énergie, comme l'aluminium, la sidérurgie ou certains domaines de l'industrie automobile", sans oublier des problèmes de chaîne d'approvisionnement avec l'Allemagne, vont également ralentir la croissance en Europe centrale et dans le sud-est du Vieux Continent.

La Berd fait valoir que ses prévisions pourraient encore être "fortement abaissées si les hostilités s'aggravent ou si les exportations de gaz de Russie sont encore plus réduites".

Inflation record

L'Ukraine devrait subir cette année une contraction économique massive de 30% de son PIB, prévoit la Berd, maintenant son anticipation de mai, avant un rebond de croissance attendu de 8% l'an prochain.

"Nous pensons que les sanctions" qui ciblent la Russie en réaction à son invasion de l'Ukraine "vont avoir un impact sur l'économie russe à l'avenir", conclut Mme Javorcik. L'organisme international prévoit une contraction de 5% du PIB russe cette année puis encore de 3% l'an prochain. Des prévisions inchangées depuis mai.

L'inflation dans les régions de la Berd, qui comprend certains pays du Maghreb ou d'Asie centrale, a atteint 16,5% en juillet, un record depuis 1998, à la fin de la période de transition pour les ex-économies communistes de la zone, souligne l'institution dans son rapport.

Tandis que les prix du blé sont "largement revenus à leur niveau d'avant la guerre, les prix du pétrole restent élevés au regard des moyennes historiques", poursuit-elle.

La hausse des prix de l'énergie et de la nourriture pénalise particulièrement les ménages les plus pauvres et représentent pour ceux-ci une part majeure de leurs dépenses.

Face à la crise du coût de la vie, "plus de deux tiers des économies de la Berd ont mis en place des subventions pétrolières" similaires à celles adoptées dans les économies développées.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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La Poste accueille Banque Migros dans ses filiales

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La Poste a annoncé mardi proposer les services de conseils de la Banque Migros dans sept de ses filiales dès octobre. Le géant jaune prévoit en cas de succès d'étendre le concept dans 26 autres filiales du groupe. (KEYSTONE/Christian Beutler) (© KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)

La Poste a annoncé mardi proposer les services de conseils de la Banque Migros dans sept de ses filiales dès octobre. Le géant jaune prévoit en cas de succès d'étendre le concept dans 26 autres filiales du groupe.

Des collaborateurs de la Poste organiseront à partir d'octobre des rendez-vous de conseil avec la Banque Migros. Le groupe accueillera ainsi dans ses succursales une concurrente de sa propre filiale bancaire Postfinance.

Les prestations de la Banque Migros constituent une alternative à l'offre de la Poste, a-t-on toutefois souligné. Et les services de paiement et financiers de Postfinance seraient proposés sans changement dans toutes les succursales.

Le géant jaune ouvre depuis quelques mois ses succursales à des partenaires. Selon des informations antérieures, le groupe souhaite préserver son réseau actuel à environ 800 points de vente. Au vu de la baisse de 12% des versements au guichet et de 5% de la remise de lettres, cela ne se fera pas sans de nouvelles sources de financement.

L'entreprise considère l'arrivée d'une banque dans les bureaux de poste comme une "étape logique". "Les gens ont besoin d'un contact personnel et de conseils personnalisés. Nous voulons leur offrir un espace dans nos filiales", a déclaré une porte-parole.

Jusqu'à présent, la Poste avait loué de l'espace dans ses filiales à deux caisses d'assurance maladie. Des discussions sur d'autres partenariats sont en cours.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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