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International

Nicolas Sarkozy ira en prison, une première pour un ex-président

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Animé d'une colère froide, les traits tirés, le sixième président de la Ve République française (2007-2012) a redit son "innocence". (© KEYSTONE/AP/Christophe Ena)

Pour la première fois dans l'histoire de la République, un ancien président va être incarcéré: Nicolas Sarkozy a été condamné jeudi à cinq ans de prison pour le financement libyen présumé de sa campagne de 2007, une peine qu’il attribue à la "haine".

Brûlant d'une colère froide, blême, l'ex-chef de l'Etat (2007-2012) a redit son "innocence" et annoncé dès la sortie de la salle d'audience son intention de faire appel. Cela n'empêchera pas son incarcération au cours des prochaines semaines.

L'ayant reconnu coupable d'association de malfaiteurs, le tribunal correctionnel a prononcé à son encontre un mandat de dépôt différé mais avec exécution provisoire, une décision d'une sévérité inattendue qui a suscité la stupeur dans la salle d'audience, que les magistrats ont justifiée par la préparation d'une "corruption au plus haut niveau possible".

Les faits reprochés sont d'"une gravité exceptionnelle", "de nature à altérer la confiance des citoyens", a insisté la présidente du tribunal, Nathalie Gavarino.

"La haine n'a donc décidément aucune limite (...) J'assumerai mes responsabilités, je déférerai aux convocations de justice et s'ils veulent absolument que je dorme en prison, je dormirai en prison, mais la tête haute", a de son côté cinglé devant les caméras Nicolas Sarkozy, sous le regard de son épouse, Carla Bruni.

Selon une source proche du dossier, il a été convoqué le 13 octobre par le Parquet national financier (PNF) pour savoir quand il entrerait en prison.

Sans confirmer la date de cette convocation, une source judiciaire interrogée par l'AFP a précisé qu'il serait incarcéré dans un "délai relativement proche" après. En réaction à l'appel de Nicolas Sarkozy, déposé dans la journée, le parquet financier fera également appel.

L'un des avocats de l'ancien président, Me Jean-Michel Darrois, a souligné que son client était "affecté" et fait valoir les "conséquences pour sa femme, ses enfants, sa famille".

Sonnant comme un coup de tonnerre dans le monde politique, l'incarcération prochaine de Nicolas Sarkozy a relancé les critiques à droite et au Rassemblement national sur l'exécution provisoire des peines.

Le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher, a dit "partager" le "questionnement grandissant au sein de la société" sur ce point. La leader d'extrême droite, Marine Le Pen, condamnée elle aussi à une peine avec exécution provisoire au procès des assistants européens, a de son côté dénoncé "la généralisation" de cette mesure, "un grand danger, au regard des grands principes de notre droit".

Pas de "démonstration" de financement libyen

Au cours des trois heures de lecture du jugement de 400 pages, le tribunal a estimé que Nicolas Sarkozy a entre 2005 et mai 2007, date de son accession à l'Élysée, "laissé ses plus proches collaborateurs et soutiens politiques, sur lesquels il avait autorité et qui agissaient en son nom", solliciter les autorités libyennes "afin d'obtenir ou tenter d'obtenir des soutiens financiers en vue du un financement de sa campagne électorale".

D'après les juges, des "rencontres occultes" de Claude Guéant et Brice Hortefeux avec un haut dignitaire libyen fin 2005 "n'ont de sens" que par "la nécessité d'obtenir des fonds" pour la campagne Sarkozy, à une époque où l'intéressé n'"avait alors, dans le contexte de sa rivalité avec Dominique de Villepin, aucune certitude d'être investi par son parti (l'UMP, devenu LR, NDLR) et bénéficiaire de son soutien financier".

Au terme de trois mois d'audience, le PNF avait requis en mars sept ans d'emprisonnement à l'encontre de Nicolas Sarkozy, lui reprochant d'avoir noué un "pacte de corruption faustien avec un des dictateurs les plus infréquentables de ces 30 dernières années" et d'avoir été aussi bien le "commanditaire" que le bénéficiaire d'un financement illégal de sa campagne.

Les juges ont relaxé l'ex-président des faits de recel de détournement de fonds publics libyens, de corruption passive, notamment parce que Nicolas Sarkozy aurait agi comme candidat et non comme ministre de l'Intérieur dépositaire de l'autorité publique, et de financement illégal de campagne électorale.

Le tribunal a constaté que des flux d'argent étaient effectivement partis de Libye mais que les éléments de la procédure ne faisaient pas la "démonstration" que ces fonds étaient finalement arrivés dans les caisses de la campagne Sarkozy. Mais en droit, la préparation suffit à caractériser le délit d'associations de malfaiteurs, même si le but visé ne s'est finalement pas concrétisé.

"Ces engagements, pris en réponse à une offre de financement, suffisent à caractériser l'existence d'un pacte corruptif destiné à être exécuté à compter de l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République française et ce, indépendamment des faits qu'aucune somme ne soit in fine arrivée, ou très partiellement, ou que le financement de la campagne par l'UMP devenant certain, il n'y en ait plus eu besoin", a estimé le tribunal selon une copie de travail du jugement consultée par l'AFP.

Claude Guéant et Brice Hortefeux, deux anciens proches collaborateurs de Nicolas Sarkozy, ont également été reconnus coupables d'association de malfaiteurs.

Le premier a également été reconnu coupable de corruption passive et de faux. Il a été condamné à six ans d'emprisonnement. Son état de santé lui épargne un mandat de dépôt.

Brice Hortefeux a écopé de deux ans d'emprisonnement, qu'il effectuera avec un bracelet.

Eric Woerth, trésorier de la campagne de 2007, a pour sa part été relaxé.

Les associations de lutte contre la corruption Sherpa, Transparency International et Anticor, parties civiles au procès, ont salué dans un communiqué un "jugement historique".

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Culture

Disparition du romancier portugais Antonio Lobo Antunes

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Auteur d'une trentaine de romans et plusieurs recueils de chroniques de presse, Antonio Lobo Antunes a reçu en 2007 le Prix Camoes, la plus importante distinction littéraire de langue portugaise. (© KEYSTONE/EPA/MARIO CRUZ)

Le romancier portugais Antonio Lobo Antunes est décédé jeudi à Lisbonne à l'âge de 83 ans. Il était un des écrivains lusophones les plus lus dans le monde, auteur d'une oeuvre exigeante qui dévoile avec ironie les conflits intérieurs de la société portugaise.

Plusieurs fois pressenti pour le Nobel de littérature, Lobo Antunes est l'auteur d'une oeuvre mêlant roman, poésie et autobiographie dans un style baroque et métaphorique.

Marié deux fois et père de trois filles, il s'était remis de trois cancers tout en continuant d'écrire en moyenne environ un roman par an, mais il avait plus récemment cesser de publier.

Selon un journaliste auquel il avait accordé une série d'entretiens, l'auteur aurait été atteint d'une forme de démence, une information qui n'a jamais été confirmée par son entourage.

"Interprète de la condition humaine"

"C'est avec une profonde tristesse que nous déplorons la mort d'António Lobo Antunes, écrivain portugais majeur, interprète sensible et incomparable de la condition humaine, l'un de nos auteurs les plus reconnus de ces dernières décennies", a réagi la ministre de la Culture, Margarida Balseiro Lopes, dans un message publié sur X.

Sa maison d'édition, le groupe Leya, a pour sa part évoqué la "profonde tristesse" provoquée par la disparition de l'auteur "de romans qui resteront pour toujours dans la mémoire de ses lecteurs et admirateurs".

Auteur d'une trentaine de romans et plusieurs recueils de chroniques de presse, il a reçu en 2007 le Prix Camoes, la plus importante distinction littéraire de langue portugaise.

"Délire contrôlé"

Cet homme au regard bleu tantôt intense, tantôt perdu, se disait étranger "au bruit qui accompagne le succès".

En apprenant que son oeuvre devait entrer dans le catalogue de la Pléiade, il déclarait en 2018 qu'il s'agissait de "la plus grande reconnaissance que l'on puisse avoir en tant qu'écrivain, bien plus grande que le Nobel".

Cherchant à "rompre avec la ligne droite du récit classique", Lobo Antunes a ouvert les frontières du roman pour y faire entrer la poésie et l'autobiographie, et compare sa façon d'écrire à un "délire contrôlé".

Tableau sans concessions de la société

Au travers de drames personnels comme la mort, la solitude ou l'absence d'amour, Lobo Antunes a dressé, dans une prose baroque, ouvragée et métaphorique, un tableau sans concessions de la société portugaise, encore marquée par un demi-siècle de dictature et une guerre coloniale qu'il a lui-même vécue, en tant que médecin militaire sur le front angolais de 1971 à 1973.

Né le 1er septembre 1942 au sein d'une famille de la grande bourgeoisie lisboète, aîné d'une fratrie de six garçons, Antonio Lobo Antunes devient, à son retour d'Angola, psychiatre dans un hôpital de la capitale portugaise.

Publié en 1979, son deuxième roman, "Le cul de Judas" (Os Cus de Judas), monologue d'un homme revenu de la guerre en Angola, est salué par la critique et, à partir de 1985, l'auteur se consacre exclusivement à l'écriture.

Du côté des victimes et des opprimés

Du décès d'un toxicomane dans "La mort de Carlos Gardel" (A morte de Carlos Gardel, 1995) au dépeuplement de la région de l'Alentejo (sud) dans "La Nébuleuse de l'insomnie" (Arquipélago da insónia, 2008), en passant par les mésaventures d'un gang d'une banlieue imaginaire de "Mon nom est légion" (O meu nome é legião, 2007), l'écrivain prend toujours parti pour les victimes et les opprimés.

Certains critiques comparent son oeuvre à celle du grand romancier portugais Eça de Queiros, auteur d'un portrait corrosif du Portugal du XIXe siècle.

"J'aime ce pays. Nous sommes laids, petits et bêtes, mais j'aime ça", déclare un jour celui qui, dans "Le Manuel des inquisiteurs" ("Manual dos inquisidores, 1996), dénonçait avec acrimonie les mensonges et désillusions qui ont suivi la Révolution des OEillets de 1974 et l'avènement de la démocratie.

Pétri de contradictions, Lobo Antunes se décrivait lui-même comme un homme "tendre et affectueux", mais aussi "introverti et plein de doutes". "Il ne m'est pas facile de vivre avec moi-même. C'est comme si j'étais toujours en guerre civile."

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Économie

Données des passagers aériens: Berne et Bruxelles signent un accord

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L'accord entre Berne et Bruxelles régit le transfert de données des compagnies aériennes de l'UE vers la Suisse, ainsi que le traitement et l'échange de données entre autorités nationales compétentes, a précisé le Conseil fédéral en novembre dernier lorsqu'il a approuvé le traité. (© KEYSTONE/DPA/SVEN HOPPE)

La Suisse et l'UE souhaitent à l'avenir échanger les données relatives aux passagers aériens. le conseiller fédéral Beat Jans a signé jeudi à Bruxelles un accord en ce sens avec le commissaire européen chargé des migrations, Magnus Brunner.

Les données échangées serviront à "retrouver les terroristes et à lutter contre la criminalité", a déclaré le ministre de justice et police lors d'une conférence de presse avec Magnus Brunner avant la signature du texte. Selon l'Autrichien, cet accord rendra la vie des citoyens suisses et européens "plus sûre".

L'accord régit le transfert de données des compagnies aériennes de l'Union européenne (UE) vers la Suisse, ainsi que le traitement et l'échange de données entre autorités nationales compétentes, a précisé le Conseil fédéral en novembre dernier lorsqu'il a approuvé le traité.

Concernant la sécurité des données, il existe des règles claires, a ajouté M. Jans, qui a également participé à une réunion ministérielle des Etats membres de l'Espace Schengen à Bruxelles. Des mécanismes de protection sont intégrés, a-t-il assuré.

Entrée en vigueur début 2027

La base légale pour le traitement des données par les autorités suisses a été établie par le Parlement l'an dernier. Les Chambres fédérales ont alors adopté la loi sur les données des passagers aériens. Une partie de ce texte est déjà en vigueur depuis le 1er janvier. Selon le Conseil fédéral, les autres dispositions devraient entrer en vigueur d'ici fin 2026.

L'accord conclu avec Bruxelles doit encore être ratifié par l'UE. Il faut pour cela l'approbation du Parlement européen et du Conseil des Etats membres. Le Conseil fédéral vise une entrée en vigueur début 2027.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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International

Un homme inculpé de meurtre gagne l'investiture pour devenir shérif

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Aaron Spencer a été remis en liberté sous caution dans l'attente de son procès. S'il est élu mais reconnu coupable au procès, il ne sera plus autorisé à exercer la fonction de shérif (image d'illustration). (© Keystone/Pinal County Sheriff’s Office)

Un Américain, inculpé de meurtre pour avoir tué l'homme accusé d'avoir agressé sexuellement sa fille, a remporté l'investiture républicaine pour le poste de shérif dans un comté de l'Arkansas. Il risque toutefois de ne pas pouvoir exercer sa fonction.

Aaron Spencer est en attente de son procès pour avoir tué en octobre 2024 un homme de 67 ans qui avait été inculpé d'abus sexuels sur sa fille de 13 ans. Les données électorales de l'État, publiées cette semaine, indiquent qu'il a recueilli près de 54% des voix lors de la primaire républicaine pour le poste de shérif du comté de Lonoke, battant le titulaire, John Staley, d'environ 2700 voix.

John Staley a concédé sa défaite mercredi, faisant d'Aaron Spencer le favori pour décrocher le poste de shérif dans ce comté conservateur lors de l'élection générale de novembre.

Spencer avait plaidé non coupable de l'accusation de meurtre et a été remis en liberté sous caution dans l'attente de son procès, qui n'a pas encore été programmé, selon les médias américains. S'il est élu mais reconnu coupable au procès, il ne sera plus autorisé à exercer la fonction de shérif, a rapporté le New York Times.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

Les pilotes Aston Martin pourraient ne pas disputer tout le GP

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Fernando Alonso et son coéquipier Lance Stroll pourraient ne pas pouvoir disputer tout le GP d'Australie (© KEYSTONE/AP/Asanka Brendon Ratnayake)

Les pilotes Aston Martin pourraient ne pas disputer tout le Grand Prix d'Australie, manche inaugurale de la saison de Formule 1 prévue dimanche.

Fernando Alonso et Lance Stroll risquent de se blesser aux mains, a indiqué jeudi le directeur technique Adrien Newey.

L'ingénieur britannique a en effet révélé que les vibrations causées par le nouveau moteur Honda qui équipe désormais les monoplaces vertes pourraient provoquer des lésions nerveuses pour les pilotes. "L'unité de puissance (le moteur) est la source des vibrations, c'est elle qui les amplifie", a-t-il souligné.

"Ces vibrations provoquent quelques problèmes de fiabilité que nous devons corriger. Mais le problème bien plus important est que ces vibrations finissent par se transmettre jusqu'aux doigts du pilote", a encore expliqué Newey à la presse.

"Fernando estime qu'il ne peut pas faire plus de 25 tours consécutifs avant de risquer des dommages nerveux permanents aux mains. Lance pense, de son côté, qu'il ne peut pas dépasser 15 tours avant d'atteindre ce seuil", a-t-il ajouté. "Nous devrons donc très fortement limiter le nombre de tours que nous effectuerons en course tant que nous n'aurons pas identifié la source des vibrations et amélioré la situation à la base."

Alonso plus optimiste

Le double champion du monde Fernando Alonso s'est toutefois montré bien plus optimiste que Newey devant les journalistes et se veut confiant pour le Grand Prix dimanche: "Ce n'est pas douloureux et ce n'est pas compliqué de contrôler la voiture. L'adrénaline est toujours bien supérieure à une quelconque douleur. Si on se battait pour la victoire, on pourrait rester trois heures dans la voiture."

L'ambitieuse écurie Aston Martin, attendue comme la bonne surprise de 2026 grâce à l'arrivée de Newey qui a grandement contribué notamment aux six titres mondiaux des constructeurs remportés par Red Bull, avait connu des essais de pré-saison catastrophiques à Bahreïn avec notamment des problèmes de batterie et de fiabilité.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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