Rejoignez-nous

International

Un débat dense et musclé entre Macron et Le Pen

Publié

,

le

Lors de leur face à face mercredi soir, les deux candidats à la présidentielle ont âprement échangé sur la Russie, l'économie, le prix de l'énergie, l'Europe ou encore le climat. (© KEYSTONE/EPA/ALESSANDRO DELLA VALLE)

Emmanuel Macron s'est montré pugnace mercredi soir face à une Marine Le Pen tenace, lors d'un débat télévisé dense et acerbe, mais courtois. Les deux candidats à la présidentielle ont âprement échangé sur la Russie, l'économie, l'énergie, l'Europe et le climat.

Le président sortant a mis son adversaire sur la défensive à plusieurs reprises, l'accusant tôt dans la soirée de "dépendre du pouvoir russe" et "de monsieur Poutine" ou encore en lui lançant lors d'un échange sur l'environnement: "Vous dites n'importe quoi".

"Vous avez été, je pense, l'une des premières responsables politiques européennes, dès 2014, à reconnaître le résultat de l'annexion de la Crimée", a dénoncé M. Macron, faisant référence à l'annexion non reconnue par la communauté internationale de la péninsule ukrainienne par Moscou.

"Vous l'avez fait pourquoi ? (...) Parce que vous dépendez du pouvoir russe et que vous dépendez de M. Poutine", a-t-il ajouté dans une allusion à un prêt de 9 millions d'euros contracté en 2017 par le parti d'extrême droite de Mme Le Pen auprès d'une banque russe.

"C'est faux et c'est assez malhonnête", a rétorqué sa rivale, en affirmant qu'aucune banque française ne lui avait accordé de prêt à l'époque et qu'elle n'avait "d'autre dépendance que de rembourser son prêt". "Je suis une femme absolument et totalement libre", a-t-elle martelé.

L'Europe "une copropriété"

Europe, retraites, pouvoir d'achat, environnement, climat, sécurité, voile: les sujets ont défilé, les accusations aussi.

"Votre projet consiste à sortir de l'UE. Vous mentez sur la marchandise. L'Europe est une copropriété, on ne peut pas décider seul de ripoliner la façade", a accusé par exemple Emmanuel Macron.

Mme Le Pen venait de dire qu'elle souhaitait "rester dans l'Union européenne", mais "profondément la modifier pour faire émerger une +alliance européenne des nations+".

Sur le pouvoir d'achat, préoccupation numéro un des Français selon les sondages, les deux adversaires se sont accrochés sur leurs propositions respectives d'incitations à augmenter les salaires et primes, chacun accusant l'autre de faire croire que les hausses seront "automatiques".

"Vous n'allez pas faire les salaires Mme Le Pen". "Tout comme vous n'allez pas faire les primes M. Macron", se sont répondu les deux candidats, qui se faisaient face pour la première fois à la télévision depuis leur duel télévisé en 2017.

Bouclier vs baisse de TVA

La cheffe de file du Rassemblement national a défendu sa proposition de geler "les cotisations patronales" en cas d'augmentation de "10% les salaires jusqu'à 3 fois le Smic". "C'est certes un manque à gagner" pour l'Etat mais, "ça n'est pas une dépense directe", a assuré Mme Le Pen.

"C'est pas Gérard Majax ce soir madame Le Pen", "vous n'expliquez jamais comment vous financez vos projets, vous n'êtes pas honnête avec les gens", a attaqué le président-candidat.

Les deux candidats se sont aussi opposés sur les méthodes pour protéger le pouvoir d'achat, notamment sur l'energie, Emmanuel Macron défendant le "bouclier" déjà mis en place et son projet de "chèque alimentaire", Marine Le Pen prônant une baisse de TVA.

Les candidats s'étaient échangés une rapide poignée de main et un bref sourire à leur arrivée sur le plateau de TF1 et France 2, avant de déclencher aussitôt les hostilités.

"Climatohypocrite"

"Vous dites que vous êtes très bon en économie, que les entreprises vous adorent, or il y a 400 milliards de déficit de la balance commerciale, un record absolu", a déclaré Mme Le Pen attaquant le bilan d'Emmanuel Macron.

"Vous nous expliquez avoir fait beaucoup d'efforts pour les plus modestes, moi je ce que je vois c'est qu'il y a 400'000 pauvres supplémentaires sous votre quinquennat, nous sommes dans un pays où il y a 9,8 millions de pauvres", a-t-elle lancé.

Emmanuel Macron et Marine Le Pen se sont aussi opposés sur l'âge de départ à la retraite, que le chef de l'Etat souhaite porter progressivement à 64 ou 65 ans tandis que la présidente du RN veut rester "entre 60 et 62 ans".

Les deux adversaires ont par ailleurs étalé leurs divergences sur l'écologie, Mme Le Pen accusant M. Macron d'être "climatohypocrite" tandis qu'elle était traitée de "climatosceptique".

Au cours d'un échange plus musclé, Marine Le Pen a ironisé sur le fait que son adversaire voulait mettre des éoliennes en mer "partout, sur toutes les côtes, sauf en face du Touquet", la station balnéaire du Pas-de-Calais où le couple Macron possède une résidence secondaire. "Madame Le Pen...", "Vous rigolez ?", a réagi Emmanuel Macron d'un air outragé.

Sur la sécurité, Mme Le Pen a parlé d'"une vraie barbarie", notamment en raison de "l'immigration anarchique et massive", ce à quoi Emmanuel Macron a répliqué que les Français ne voulaient pas "des postures".

Le ton est monté lors d'un échange sur le voile que Mme Le Pen souhaite "interdire dans l'espace public". Ce serait "une trahison de l'esprit français et de ce qu'est la République", a répliqué M. Macron.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Culture

Le réalisateur emprisonné Jafar Panahi entame une grève de la faim

Publié

le

Jafar Panahi a été primé dans plusieurs festivals de cinéma européens, dont celui de Locarno en 1997 (archives). (© KEYSTONE/KARL MATHIS)

Le réalisateur iranien Jafar Panahi, emprisonné à Téhéran depuis six mois, a déclaré avoir commencé une grève de la faim. Il proteste contre ses conditions de détention, rapporte une déclaration publiée jeudi par sa femme.

Jafar Panahi, dont les films ont été primés dans plusieurs festivals de cinéma européens, a été arrêté en juillet avant même le début de la vague de protestations qui secoue le régime iranien depuis le mois de septembre. Malgré des espoirs pour sa libération le mois dernier, il reste emprisonné à la prison d'Evin à Téhéran.

"Aujourd'hui, comme beaucoup de personnes piégées en Iran, je n'ai d'autre choix que de protester contre ce comportement inhumain avec ce que j'ai de plus cher: ma vie", a-t-il déclaré. "Je refuserai de manger et de boire et de prendre tout médicament jusqu'à ma libération."

Le cinéaste a commencé sa grève de la faim le 1er février. "Je resterai dans cet état jusqu'à ce que, peut-être, mon corps sans vie soit libéré de prison", a-t-il ajouté.

"Propagande"

Jafar Pahani, 62 ans, a été arrêté le 11 juillet et a été contraint de purger une peine de six ans de prison prononcée en 2010 pour "propagande contre le système". Le 15 octobre, la Cour suprême a annulé la condamnation et ordonné la tenue d'un nouveau procès, laissant naître pour ses avocats un espoir de libération.

Jafar Panahi a gagné un Lion d'or à la Mostra de Venise en 2000 pour son film "Le Cercle". En 2015, il a été récompensé d'un Ours d'or à Berlin pour "Taxi Téhéran", et en 2018 il a remporté le prix du meilleur scénario au Festival de Cannes pour "Trois Visages". Il a également reçu le Léopard d'or en 1997 au festival de Locarno pour "Le Mirroir".

Son arrestation en juillet est intervenue après qu'il avait assisté à l'audience au tribunal d'un autre réalisateur, Mohammad Rasoulof, arrêté quelques jours auparavant. Ce dernier a été libéré le 7 janvier après avoir bénéficié d'une permission de deux semaines pour raisons de santé.

Des personnalités du monde du cinéma figurent parmi les milliers de personnes arrêtées en Iran dans le cadre de la répression des manifestations déclenchées par la mort en détention de Mahsa Amini, une jeune Kurde iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire strict imposé aux femmes.

L'actrice Taraneh Alidoosti, qui a publié des images d'elle ne portant pas de voile islamique, figurait parmi les détenues avant d'être libérée au début du mois de janvier après près de trois semaines de détention.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

International

Le pape invite les jeunes Congolais à être "acteurs" de leur avenir

Publié

le

Le pape François a rencontré la jeunesse de RDC jeudi à Kishassa. (© KEYSTONE/AP/Jerome Delay)

Accueilli dans une ambiance surchauffée jeudi dans le grand stade de Kinshasa, le pape François a invité les jeunes à être "acteurs" de l'avenir de la République démocratique du Congo (RDC). Le pays est en proie au chômage et à des violences endémiques.

Au rythme des tambours, des chants et des danses traditionnelles, le souverain pontinfe a fait une entrée digne d'une rock star au stade des Martyrs à bord de sa "papamobile", saluant et bénissant la foule sur fond d'une sono endiablée. Plus de 65'000 personnes, selon les organisateurs, ont participé à cette rencontre, avides de message de paix dans ce pays très catholique rongé par des exactions meurtrières à l'est.

Face au "tribalisme" et à "l'individualisme", François a appelé les fidèles à privilégier la "communauté". Il les a invités à prendre leur voisin par la main puis à faire silence en pensant "à des personnes qui (les) ont offensés".

Lutte contre la corruption

Le pape a aussi vilipendé la corruption, un problème aigu en RDC. "Tu es indispensable et responsable de ton Eglise et de ton pays. Tu appartiens à une histoire plus grande qui t'appelle à être acteur", a-t-il lancé alors que les conflits, le chômage et les luttes de pouvoir assombrissent l'avenir de la RDC, où environ 60% des habitants ont moins de 20 ans.

Très attendue, cette visite entourée d'une immense ferveur a été marquée mercredi par une séquence chargée d'une lourde émotion lors de laquelle François a lancé un "vibrant appel" devant les "cruelles atrocités" perpétrées dans l'est du pays, après avoir entendu les témoignages de victimes.

"Vos larmes sont mes larmes, votre souffrance est ma souffrance", a lâché François, qui entend attirer l'attention sur les drames frappant certaines "périphéries" du monde.

Le souverain pontife s'est également "indigné" de "l'exploitation, sanglante et illégale, de la richesse" de la RDC, où les violences de groupes armés ont tué des centaines de milliers de personnes et jeté des millions d'autres sur les routes. Il devait lui-même se rendre dans l'est du pays, à Goma, mais cette étape a été supprimée en raison des risques pour sa sécurité.

Contre-pouvoir

Malgré l'influence croissante des Eglises évangéliques depuis les années 1990, l'Eglise catholique conserve un rôle majeur dans l'éducation, la culture, la politiques ou la tenue des infrastructures socio-sanitaires en RDC, où elle a souvent fait office de contre-pouvoir.

Le pape de 86 ans doit rencontrer en fin de matinée le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde à la nonciature apostolique. Puis il se rendra en milieu d'après-midi à la cathédrale Notre-Dame du Congo, construite en 1947, où il prononcera un discours devant des prêtres et religieux.

Mercredi, le pape avait célébré une messe en plein air qui a, selon les autorités, rassemblé plus d'un million de fidèles, sur un aéroport de l'est de la capitale. Il s'agit du quarantième voyage international du chef de l'Eglise catholique depuis son élection en 2013, le cinquième sur le continent africain.

Vendredi, il rejoindra Juba, capitale du Soudan du Sud, plus jeune Etat du monde et parmi les plus pauvres de la planète.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Économie

Sony relève légèrement ses prévisions de bénéfices annuels

Publié

le

Sony table aussi plus que jamais sur la coopération entre ses différentes divisions: il travaille actuellement sur une dizaine d'adaptations de ses licences de jeu vidéo au cinéma et à la télévision. (Photo/KEYSTONE/EPA/FRANCK ROBICHON) (© KEYSTONE/EPA/FRANCK ROBICHON)

Le géant japonais du divertissement et de l'électronique Sony a relevé jeudi ses prévisions de bénéfices pour son exercice 2022/23 qui se terminera fin mars. Le groupe mise sur l'impact positif de la faiblesse du yen pour gonfler ses revenus dans le jeu vidéo.

Pour le trimestre écoulé (octobre-décembre), l'entreprise nippone a annoncé jeudi un bénéfice net en recul de 6% sur un an à 326,8 milliards de yens (2,3 milliards d'euros) et un bénéfice opérationnel en diminution de 8%, malgré une hausse de 13% de ses ventes. Les résultats de sa division Sony Pictures ont ainsi pâti de la comparaison avec l'année précédente, qui avait vu les cartons au cinéma des films de super-héros "Spider-Man: No way Home" et "Venom: Let There Be Carnage".

Pour l'exercice 2022/23, le groupe prévoit désormais un bénéfice net annuel de 870 milliards de yens (6,1 milliards d'euros, -1,4% sur un an), un petit peu plus que la prévision de 840 milliards de yens publiée en novembre dernier. Sony a aussi légèrement relevé sa prévision de bénéfice opérationnel à 1.180 milliards de yens, contre 1.160 milliards de yens précédemment.

Le groupe a paralèllement revu en légère baisse ses objectifs de ventes, à hauteur de 11.500 milliards de yens (+15,9% sur un an), contre 11.600 milliards de yens jusque-là. Ses ventes de PlayStation 5, notamment freinées depuis la sortie de la console fin 2020 par des difficultés de production liées à la pénurie de semi-conducteurs, ont cependant nettement accéléré au troisième trimestre, flattées par ailleurs par un taux de change avantageux.

Le groupe a désormais écoulé au total plus de 32 millions de PS5, ce qui devrait continuer à soutenir ses revenus dans les services en ligne liés au jeu vidéo, avec une offre d'abonnements renforcée l'an dernier, et améliorer les ventes de jeux à venir, comme le très attendu "Final Fantasy XVI". Alors qu'un ralentissement économique mondial s'annonce à l'horizon, l'analyste Yasuo Nakane a dit ne prévoir "qu'une légère croissance des résultats (de Sony) au cours du prochain exercice", dans une note de Mizuho Securities publiée en janvier.

"Ceci dit, nous sommes optimistes" quant à la stabilité des résultats de Sony "dans le contexte d'une récession, car les bénéfices de ses activités cinéma, musique et services financiers en particulier sont peu affectés par les facteurs macroéconomiques", a-t-il ajouté. Sony table aussi plus que jamais sur la coopération entre ses différentes divisions: il travaille actuellement sur une dizaine d'adaptations de ses licences de jeu vidéo au cinéma et à la télévision.

Le groupe a par ailleurs annoncé jeudi des changements à sa tête, avec la promotion à partir du 1er avril de son directeur financier Hiroki Totoki, 58 ans, aux rôles de président et directeur des opérations. Kenichiro Yoshida restera lui président du conseil d'administration et directeur général.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

Continuer la lecture

International

Le Burkina Faso propose de créer "une fédération" avec le Mali

Publié

le

Les nouveaux dirigeants burkinabè affirment avoir été "inspirés" par la "vraie révolution" menée par le Mali depuis la prise du pouvoir par le colonel Assimi Goïta en 2020 (image d'illustration). (© KEYSTONE/AP/KILAYE BATIONO)

Le Premier ministre burkinabè a proposé la création d'une "fédération" entre son pays et le Mali. Les deux Etats sont confrontés à la violence djihadiste et dirigés par des militaires putschistes qui ont exigé le départ des soldats français de leurs territoires.

"Nous pouvons constituer une fédération souple, qui peut aller en se renforçant et en respectant les aspirations des uns et des autres chez eux", a déclaré Apollinaire Kyélem de Tambela à l'issue d'une visite au Mali mardi et mercredi. Il était cité dans le compte rendu de cette visite publié par ses services.

"Nos devanciers ont tenté des regroupements, comme la Fédération du Mali qui malheureusement n'a pas duré. Mais ils ont montré la voie", a-t-il ajouté en référence à une éphémère tentative de fédération entre le Mali, le Sénégal, le Burkina Faso et le Bénin (1959-1960) au moment des indépendances de ces ex-colonies françaises.

Le chef du gouvernement de Ouagadougou estime que "c'est un chantier que nous devons essayer de tracer pendant la période de transition, parce que si les politiciens reviennent au pouvoir, ce serait difficile".

Devenir "une puissance"

"Le Mali est un grand producteur de coton, de bétail et d'or. Le Burkina Faso aussi produit du coton, du bétail, de l'or. Tant que chacun va regarder ailleurs, nous ne pesons pas tellement, mais si vous mettez ensemble la production de coton, d'or et de bétail du Mali et du Burkina Faso, ça devient une puissance", a-t-il souligné.

"L'une des raisons qui explique ma visite au Mali, c'est que nous avons constaté que pendant longtemps, nous avons passé le temps à regarder ailleurs, alors que souvent, les solutions sont juste à côté de nous" , a-t-il soutenu. Et de souligner que la "vraie révolution" menée par le Mali depuis la prise du pouvoir par le colonel Assimi Goïta en 2020 a "inspiré" les nouveaux dirigeants burkinabè.

Le Burkina Faso, théâtre de deux coups d'Etat militaires en 2022, est pris depuis 2015 dans la spirale de la violence djihadiste apparue au Mali quelques années auparavant et qui s'est étendue au-delà de ses frontières.

Le nouveau pouvoir issu du dernier coup d'Etat du 30 septembre 2022, mené par le capitaine Ibrahim Traoré, vient de demander le départ des 400 soldats français des forces spéciales de l'opération Sabre basés à Ouagadougou. Un scénario qui rappelle celui du Mali voisin où le régime issu de deux coups d'Etat en 2020 et 2021 a poussé les militaires français de la force Barkhane vers la sortie.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

International

Moscou conspue l'UE avant un sommet européen avec l'Ukraine à Kiev

Publié

le

C'est la quatrième fois qu'Ursula von der Leyen se rend à Kiev depuis le déclenchement de l'invasion russe, le 24 février (ici en septembre dernier, archives). (© KEYSTONE/EPA/SERGEY DOLZHENKO)

Moscou a accusé l'Europe de vouloir anéantir la Russie jeudi. Elle l'a comparée aux nazis, alors que le pays célèbre les 80 ans de la victoire de Stalingrad. Au même moment, la présidente allemande de la Commission européenne Ursula von der Leyen arrivait à Kiev.

La dirigeante allemande a assuré l'Ukraine de tout le soutien de l'UE, en arrivant jeudi à Kiev accompagnée de ses commissaires, à la veille du sommet UE-Ukraine prévu vendredi dans la capitale ukrainienne en présence aussi du président du Conseil européen, Charles Michel.

"C'est bon d'être de retour à Kiev, ma quatrième fois depuis l'invasion par la Russie et cette fois-ci avec mon équipe de commissaires", a-t-elle écrit sur Twitter. "Nous sommes là ensemble pour montrer que l'UE se tient fermement au côté de l'Ukraine", a-t-elle ajouté.

"Symbole fort"

Mme von der Leyen est accompagnée du chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, et de 14 autres membres du Collège des commissaires européens qui rencontreront leurs collègues du gouvernement ukrainien. La cheffe de la Commission devrait aussi s'entretenir avec le président Volodymyr Zelensky.

La Commission a qualifié cette visite et le sommet de "symbole fort" de l'engagement européen à soutenir l'Ukraine "face à l'agression injustifiée" de la Russie. Kiev a à coeur d'accélérer le processus d'adhésion à l'UE, mais ce chemin s'annonce long, du fait de réformes difficiles à mener, surtout en pleine guerre.

"Résoudre la question russe"

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a lui profité d'un entretien accordé à la télévision russe pour se lancer dans une diatribe, accusant les Européens de vouloir mettre fin à "la question russe".

Ursula von der Leyen "a déclaré que le résultat de la guerre doit être la défaite de la Russie (...) telle qu'elle ne se relève pas pendant des décennies", a-t-il fustigé. "N'est-ce pas du racisme, du nazisme et une tentative de résoudre la question russe ?", a-t-il dit, comparant la situation à "la solution finale de la question juive", soit l'Holocauste orchestré par les nazis.

Selon lui, les Occidentaux n'utilisent "pas de chambres à gaz" mais ils font tout "pour que la Russie cesse d'exister en tant que puissance".

Le président Vladimir Poutine a le premier accusé l'Ukraine de nazisme et l'Occident de complicité pour justifier son invasion il y a près d'un an. Moscou dit vouloir "dénazifier" son voisin, inscrivant son offensive dans l'héritage de la victoire soviétique sur les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

M. Poutine doit d'ailleurs prendre la tête jeudi de cérémonies en grande pompe marquant le 80e anniversaire de la victoire soviétique à la bataille de Stalingrad.

Risque d'escalade

En outre, M. Lavrov a de nouveau qualifié le soutien militaire occidental à l'Ukraine d'"escalade", notamment en cas de livraison d'armements de plus longue portée.

L'Ukraine réclame des missiles de haute précision d'une portée de plus de 100 kilomètres pour détruire les lignes d'approvisionnement russes et surmonter son déficit en nombre d'hommes et en armements. Jusqu'ici, les Occidentaux ont refusé, de crainte de provoquer une nouvelle escalade russe. Le président américain Joe Biden a toutefois indiqué mardi qu'il allait en discuter avec M. Zelensky.

Après de longues tergiversations, Européens et Américains ont donné leur feu vert ce mois-ci à des livraisons de chars lourds modernes, même si leur nombre reste en deçà de ce que réclame Kiev.

Préparation à l'offensive

De nombreux observateurs jugent que Kiev comme Moscou préparent de nouvelles offensives à la fin de l'hiver et au printemps.

"Nous ne sous-estimons pas notre ennemi. Nous voyons qu'il se prépare très sérieusement à l'offensive", a indiqué le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov mercredi soir. "Ils vont essayer de tenter quelque chose aux alentours du 24 février", date anniversaire de l'invasion, a-t-il poursuivi.

Après une série de revers humiliants à l'automne, la Russie a mobilisé des centaines de milliers de réservistes. Ces dernières semaines, les forces russes ont intensifié leurs assauts sur le front de l'Est, notamment sur Bakhmout, ville que Moscou tente de conquérir depuis l'été, lui infligeant des destructions considérables.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / blg / afp

Continuer la lecture

Les Sujets à la Une

X