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Culture

Première rétrospective consacrée à la peintre du "Bonheur suisse"

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Une personne observe une série d'Emilienne Farny, une des figures majeures de la peinture suisse au Musée d'art de Pully. (© KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Presque dix ans après sa disparition, Emilienne Farny (1938-2014), une figure marquante de la peinture contemporaine suisse, se voit consacrer une première rétrospective. On doit cette initiative au Musée d'art de Pully (VD) et à son compagnon et historien de l'art Michel Thévoz.

Emilienne Farny travaillait par séries et c'est ainsi que son travail est présenté à Pully, dès vendredi et jusqu'au 3 décembre. L'exposition se termine par le film que le cinéaste Francis Reusser lui a consacré en 2015, a indiqué à Keystone-ATS l'un des deux commissaires de l'exposition, Laurent Langer, conservateur du Musée d'art de Pully.

Emilienne Farny a été "l'une des premières représentantes du pop art en Suisse", souligne Michel Thévoz. L'urbain est la grande thématique de la peintre d'origine neuchâteloise. Même si elle s'est ensuite intéressée aux figures humaines, elle y revient au cours de de sa carrière par les graffitis ou le mobilier urbain.

Des villas et des thuyas

Une des premières séries qui a fait connaître Emilienne Farny, intitulée "Bonheur suisse", "porte en elle une dimension très critique", selon Laurent Langer. On y voit des villas, cachées derrière des haies de thuyas tirées au cordeau. Peintes avec des aplats de couleur, ces images évoquent le "vide, la richesse, le luxe, la province".

Dans un prochain travail, "Seuls", les personnages sont toujours peints de dos, le visage voilé ou le regard détourné. Et quand elle dessine des portraits, ses personnages portent des lunettes de soleil.

Cinéma américain et roman noir

Comme dans "Paysages après meurtre", elle introduit une dimension cinématographique. "Fan de cinéma américain et du roman noir, elle laisse planer quelque chose de dramatique dans ces deux séries, mais qui ne se déclare pas", poursuit Michel Thévoz.

Autre mise à distance: dans "Vernissages", elle montre le décalage entre l'oeuvre, qui remet en question l'ordre établi, et le public, souvent issu de l'"establishment", qui la "consomme". Détail: dans l'un des tableaux, elle reproduit un Basquiat, mais elle choisit des couleurs très différentes de l'oeuvre originale, note le commissaire de l'exposition.

Elle s'intéresse aussi aux graffitis, des oeuvres clandestines, illicites, au coeur des villes, dont la plupart ont certainement disparu des murs lausannois. Un clin d'oeil à leur orientation politique: la gauche des bourgeois bohèmes.

Des nus masculins

Emilienne Farny, dans une série appelée "Les garçons", produit quelques nus masculins, "ce qui est extrêmement rare en histoire de l'art", selon Laurent Langer. Dans une esthétique à la Mappelthorpe, elle dessine également au crayon gris des hommes en jeans, torse nu et blouson de cuir.

Emilienne Farny a vécu à Paris dans les années 60 avant de rentrer en Suisse. Où elle parcourt la campagne sur son vélomoteur et s'arrête pour prendre des polaroïds. "Je ne fais que peindre ce que je vois. Le monde d'aujourd'hui dans sa plus parfaite banalité, ni plus beau ni plus noir qu'il n'est. Plutôt que sa froideur, je préfère parler de distance", écrit la peintre dans un extrait de texte mis en exergue dans l'exposition à Pully.

Une association de malfaiteurs

L'écrivain Roland Jacccard parlait du duo formé de Michel Thévoz, 87 ans, et d'Emilienne Farny "non pas comme d'un couple, mais d'une association de malfaiteurs". "Ce qui est plutôt flatteur", relève l'historien de l'art.

Michel Thévoz souhaite qu'à l'avenir l'oeuvre d'Emilienne Farny soit reconnue à sa juste valeur. A un moment où la figuration, un savoir-faire pictural, est réhabilitée. "Je pense que la peinture figurative peut nous entraîner à exercer notre regard, à réapprendre à voir" alors que la plupart d'entre nous sont engloutis par les écrans.

Michel Thévoz n'aurait-il pas voulu lui-même être artiste? "Oui j'ai été parfois un peu jaloux". Avant de rappeler qu'il a pu s'exprimer librement tout au long de sa carrière d'intellectuel et qu'il continue à jouer du jazz.

Selon lui, même s'il considère surestimer les artistes en raison de son incapacité à dessiner, "chacun devrait trouver un moyen d'expression en amateur, sans forcément prendre la pose d'artiste. Je pense que c'est une sorte d'hygiène mentale nécessaire".

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Un concert à Genève le jeudi 15 janvier en hommage aux victimes

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Un concert gratuit aura lieu jeudi 15 janvier au Victoria Hall à Genève en hommage aux victimes de Crans-Montana (image d'illustration). (© KEYSTONE/MICHAEL BUHOLZER)

Un concert gratuit en hommage aux victimes et en soutien aux proches, au personnel de secours et aux soignants aura lieu jeudi soir à 20h30 à Genève au Victoria Hall. Cette initiative émane de l'Orchestre de Chambre de Genève, de l'Orchestre de la Suisse Romande, de la Haute école de musique de Genève, de l'Association Genevoise des Choeurs d'Oratorio et du Concours de Genève.

Il s'agit d'offrir un moment de recueillement musical, selon l'Orchestre de Chambre de Genève. Le chef valaisan Anthony Fournier sera au pupitre pour diriger l'Adagietto de la Symphonie n°5 de Gustav Mahler et le Requiem de Gabriel Fauré. Parmi les musiciens et les choristes, tous volontaires, figurent la soprano Chelsea Zurflüh et le baryton Stephan MacLeod.

https://locg.ch/

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Fermé pour travaux, le Grand Théâtre de Genève s'installe au BFM

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D'importants travaux sont prévus au Grand Théâtre de Genève. Il s'agit de remplacer la machinerie scénique et de revoir entièrement le système d'acoustique (archives). (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Le Grand Théâtre de Genève est fermé depuis le 1er janvier afin de réaliser d'importants travaux. Les opéras et les ballets se joueront sur la scène du Bâtiment des Forces Motrices jusqu'à l'été 2027. "L'Italienne à Alger" de Rossini ouvrira les feux vendredi 23 janvier.

Devisés à près de 60 millions de francs, ces travaux comprennent le remplacement de la machinerie scénique, l'amélioration acoustique de la salle et de la fosse d'orchestre. Le déménagement a débuté en décembre afin que les ouvriers soient à pied d'oeuvre dès le début janvier, a indiqué Karin Kotsoglou, porte-parole de l'institution.

Les spectacles au programme jusqu'à l'été 2027 ont été calibrés pour les infrastructures et la scène du BFM qui sont plus petites. La jauge au BFM est de 981 places alors que le Grand Théâtre peut accueillir 1512 spectateurs. Jusqu'en juin 2027, la capacité totale passe ainsi de 145'152 à 94'176 spectateurs. Les prix des billets ont aussi été revus à la baisse.

Au final, la perte est estimée à 1,5 million de francs. "Tout le budget de la saison à venir a été fait en fonction des revenus", a indiqué jeudi dans le 19h30 de la RTS Joëlle Bertossa, magistrate en charge de la culture en Ville de Genève. La Municipalité ne devra donc pas augmenter sa subvention, a assuré la conseillère administrative.

A noter que toutes les productions lyriques et les ballets seront délocalisés sur la scène du BFM mais que les activités liées à la programmation La Plage, comme le cinéopéra ou l'apéropéra, auront lieu dans d’autres institutions. Le service de billetterie et l’accueil du Grand Théâtre restent dans le bâtiment actuel à la place de Neuve.

www.gtg.ch

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A Morges, une oeuvre née derrière les murs de la prison

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L'expérience artistique s'est déroulée derrière les murs de la prison (archives). (© KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

A la prison pour femmes de Lonay (VD), des détenues ont participé à un projet artistique imaginé par l'artiste Andrea Good. L'Espace 81 à Morges restitue cette expérience visuelle immersive menée en cellule. L'exposition est à découvrir gratuitement jusqu'au 31 janvier.

En collaboration étroite avec six détenues, l'artiste a conçu un dispositif photographique singulier. Après avoir passé 30 minutes enfermée en cellule avec chacune d'elles, elle a fait apparaître, par un jeu optique et lumineux, arbres, ciels et silhouettes extérieures dans l'espace clos de la cellule, explique un communiqué.

Andrea Godd travaille depuis des années avec le sténopé, un procédé photographique ancestral qu'elle transpose dans des espaces inhabituels tels un conteneur maritime ou une salle monumentale. Son oeuvre, largement exposée en Suisse et à l'étranger, figure dans de nombreuses collections publiques et privées.

L'exposition "Camera Obscura - la cour à moi, la cour en moi" rend compte de l'expérience artistique menée en collaboration étroite avec Olivia, Helen, Lynn, Adungi, Julie et Sylvie, toutes détenues à la Tuilière. Cette démarche offre un regard sensible sur le quotidien carcéral. Le projet fait partie des lauréats des projets artistiques marquants réalisés au sein des bâtiments de l'Etat.

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Une centaine de films à l'affiche du festival Black Movie à Genève

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L'acteur chinois multirécompensé Tony Leung Chiu-wai sera à Genève le dimanche 18 janvier pour le festival Black Movie (archives). (© KEYSTONE/EPA ANSA/ETTORE FERRARI)

Le Festival international de films indépendants Black Movie, qui aura lieu à Genève du 16 au 25 janvier, propose 104 films. Pour cette 27e édition, le festival invite quinze cinéastes ainsi que l'acteur chinois multirécompensé Tony Leung Chiu-wai.

"Black Movie programme des cinéastes qui prônent la liberté de pensée et l'autodétermination", a expliqué mercredi devant les médias Maria Watzlawick, directrice générale et artistique du festival. En marge des courants traditionnels, le festival se décline en onze thèmes, allant de l'éducation au futurisme et de la famille à la surveillance des corps et des esprits.

Parmi les 48 longs métrages figure "No Other Choice" du Sud Coréen Park Chan-wook. Il adapte "Le Couperet" de Donald Westlake, roman noir sur les manigances meurtrières d’un cadre en col blanc, auparavant adapté par Costa Gavras. A ne pas rater, "Happyend" de l'Américain Neo Sora, un drame dystopique dans un établissement scolaire amené à contrôler les élèves grâce à l’IA.

www.blackmovie.ch

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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