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L'UE veut relancer le tourisme

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Le 103e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie, au sanctuaire catholique de Fatima, au Portugal, s'est déroulé sans l'habituelle foule de pèlerins. (©KEYSTONE/EPA/PAULO NOVAIS)
L'Union européenne a appelé mercredi ses membres à rouvrir leurs frontières intérieures pour faciliter le tourisme. On déplore désormais 292'000 morts sur la planète, dont plus de 160'000 sur le Vieux Continent, le plus touché.

La Commission européenne cherche à empêcher un naufrage du secteur touristique, crucial pour l'économie de l'UE puisqu'il représente 10% de son PIB et 12% des emplois, et plus encore dans certains pays du Sud de l'Europe, comme l'Italie et l'Espagne, très endeuillés par le coronavirus.

"Cela ne va pas être un été normal... Mais si nous faisons tous des efforts, nous n'aurons pas à passer l'été bloqués à la maison ou l'été ne sera pas complètement perdu pour l'industrie touristique", a déclaré la vice-présidente exécutive de la Commission, Margrethe Vestager. La Commission européenne souhaite une réouverture "concertée" et "non discriminatoire" des frontières intérieures de l'UE.

L'Allemagne - qui rouvrira dès samedi sa frontière avec le Luxembourg - a annoncé mercredi viser une levée à la mi-juin des restrictions de circulation à ses frontières, ajoutant que ses voisins français, autrichien et suisse partageaient cet objectif. Et l'Autriche rétablira le 15 juin la libre circulation à sa frontière avec l'Allemagne, fermée depuis mi-mars.

"Tellement enthousiaste"

Signe d'une amélioration de la situation, le championnat allemand de football reprendra samedi, et ses concurrents anglais, espagnol et italien s'apprêtent à l'imiter. Le Royaume-Uni, deuxième pays au monde le plus endeuillé par le nouveau coronavirus (plus de 33'000 morts), a entamé mercredi un déconfinement léger, ne concernant que la seule Angleterre.

Les Anglais peuvent ainsi retourner travailler, aller bronzer ou... reprendre le golf. "J'ai l'impression d'être un directeur d'école qui voit arriver plein d'écoliers, tout le monde est tellement enthousiaste", a témoigné à l'AFP Jason Pheasant, directeur général du Bigbury golf club, dans le Sud-Ouest de l'Angleterre.

Bien que la Russie soit devenue mardi, selon un décompte de l'AFP, le deuxième pays au monde le plus contaminé (plus de 232'000 cas), le président Vladimir Poutine, dont le porte-parole et le Premier ministre ont été hospitalisés, a donné son feu vert à un début de déconfinement, en fonction de la situation épidémiologique de chaque région.

La mortalité y reste basse comparée à d'autres pays, avec 2212 victimes officiellement recensées, un bilan que des voix critiques mettent en doute. Mais Moscou, principal foyer de l'épidémie, a prolongé son confinement jusqu'au 31 mai.

La Pologne a continué d'alléger ses restrictions en annonçant merdredi la réouverture le 18 mai des salons de coiffure, cafés et restaurants, malgré une légère hausse des contaminations.

Lourdes et Fatima

Les promenades sont à nouveau autorisées mercredi sur certaines plages du littoral atlantique en France, où le sanctuaire de Lourdes (Sud-Ouest) accueillera de nouveau des visiteurs à partir de samedi.

En revanche, le 103e anniversaire des apparitions de la Vierge Marie, au sanctuaire catholique de Fatima, au Portugal, s'est déroulé sans l'habituelle foule de pèlerins, lors d'une cérémonie religieuse réduite au strict minimum.

A travers le monde, la pandémie a affecté plus de 4,2 millions de personnes, selon les chiffres officiels. Les bilans repartent à la hausse dans plusieurs pays et semblent nettement sous-estimés dans d'autres.

Face à cette catastrophe sanitaire, tous les pays tentent de trouver le difficile équilibre entre les mesures visant à enrayer la propagation de la maladie et les décisions propres à relancer des économies affectées par une crise sans précédent.

L'immunologiste en chef de la Maison Blanche, le Dr Anthony Fauci, a mis en garde mardi contre les conséquences potentiellement "très graves" d'une relance économique trop hâtive aux Etats-Unis, pays le plus endeuillé par la maladie Covid-19 (plus de 82'000 morts). Après deux jours consécutifs de baisse, le bilan quotidien y est d'ailleurs reparti à la hausse, avec près de 1900 décès en 24 heures.

Washington accuse Pékin

Le patron de la Banque centrale américaine, Jerome Powell, a prévenu mercredi que les dommages de la pandémie sur la première économie mondiale pourraient être "durables" et justifient des plans d'aide d'urgence "coûteux" mais incontournables.

Outre les quelque 2900 milliards de dollars de soutien déjà débloqués, des aides supplémentaires pourraient s'avérer nécessaires, a souligné M. Powell, tout en estimant que l'économie américaine "devrait se remettre en grande partie" une fois la pandémie maîtrisée.

Paradoxalement, même le secteur de la santé est touché par la crise: près d'un million et demi de personnes y ont perdu leur emploi depuis mars aux Etats-Unis, dont 135'000 dans les hôpitaux, les revenus de ces derniers ayant été amputés par la chute du nombre de patients autres que ceux atteints par le Covid-19.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont publiquement accusé mercredi la Chine de tenter de voler, via des pirates informatiques, des étudiants ou des chercheurs, la recherche américaine sur un vaccin contre le coronavirus, des traitements ou des tests de dépistage.

Alors que la presse américaine annonçait dès lundi ces prochaines accusations officielles, Pékin avait dénoncé par avance des "rumeurs et des calomnies".

Décès inexpliqués au Nigeria

En Chine, la vaste agglomération de Jilin, dans la province éponyme frontalière de la Corée du Nord, a placé mercredi ses habitants en confinement partiel après de nouveaux cas de coronavirus faisant craindre une deuxième vague épidémique dans le pays d'où est partie la pandémie de Covid-19.

En mobilisant les maigres ressources et en perturbant des systèmes de santé défaillants, la lutte contre le virus pourrait en outre avoir des effets indirects dévastateurs dans les pays pauvres, tels que la mort de 6000 enfants chaque jour dans les six prochains mois, a averti mercredi l'Unicef.

L'Afrique est jusqu'à présent relativement épargnée par la pandémie, qui y a officiellement fait moins de 2500 morts, mais les indices indiquant que ce bilan est fortement sous-estimé se multiplient.

Ainsi, la forte hausse des décès pour la plupart inexpliqués dans le nord du Nigeria, pays le plus peuplé d'Afrique, fait craindre une forte propagation du coronavirus dans cette région parmi les plus pauvres au monde. "Ils ne se rendent pas compte du tremblement de terre qui s'annonce", met en garde le Dr Ibrahim Musa, médecin de la région.

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L'UE durcit les restrictions, contestations en France

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Une dizaine de métropoles françaises, dont Paris, ont été placées en "zone d'alerte renforcée". (©AP/POOL/CHRISTIAN HARTMANN)

L'Union européenne a appelé jeudi ses Etats membres à durcir leurs mesures de contrôle "immédiatement" face aux nouveaux foyers d'épidémie de Covid-19. Le nombre de contaminations bat des records en France, qui a annoncé la veille de nouvelles restrictions.

Des tests et traçages accrus en passant par une surveillance sanitaire renforcée et des capacités hospitalières suffisantes, "tous les Etats doivent déployer immédiatement et à temps des mesures aux premiers signes de nouveaux foyers potentiels", a averti la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides.

"Dans certains Etats, la situation est désormais pire qu'au pic (de l'épidémie) en mars. C'est une cause de préoccupation", a-t-elle dit.

Sept pays

Vendredi, la Belgique doit annoncer la fin de l'interdiction de voyage avec les zones européennes classées rouge, qui restent néanmoins "strictement déconseillées".

Plus de cinq millions de personnes ont été contaminées en Europe, et l'agence européenne chargée de surveiller les épidémies a fait état jeudi de sa "grande inquiétude" pour sept pays de l'UE, dont l'Espagne, qui doit annoncer vendredi l'extension des restrictions de mouvements à d'autres zones de la région de Madrid.

Ces Etats (Espagne, Roumanie, Bulgarie, Croatie, Hongrie, République tchèque et Malte) affichent "une proportion plus élevée de cas graves ou d'hospitalisation", avec une hausse de la mortalité "déjà observée" ou "qui pourrait l'être bientôt", s'est inquiété le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

"Décision inique"

En France, face à une remontée du taux d'incidence du virus, la métropole d'Aix-Marseille (sud-est) et la Guadeloupe (Antilles) ont été placées en "zone d'alerte maximale".

Bars et restaurants y seront fermés à partir de samedi. Les autres "établissements recevant du public" vont aussi être fermés, sauf ceux qui ont un "protocole sanitaire strict", comme les théâtres, les musées et les cinémas.

Onze autres métropoles, dont Paris, ont été placées en "zone d'alerte renforcée", ce qui implique par exemple la fermeture des bars à partir de 22 heures et la limitation des ventes d'alcool. Les professionnels de la restauration ont dénoncé une "décision inique".

La France a enregistré 16'096 nouveaux cas de Covid-19 en 24 heures, un record depuis le début des tests à grande échelle. "Si nous n'agissons pas, on pourrait se trouver dans une situation proche de celle du printemps. Ca pourrait pouvoir dire reconfinement", a mis en garde le Premier ministre Jean Castex.

L'Allemagne sur le qui-vive

L'Allemagne est elle aussi sur le qui-vive face à une résurgence des contaminations. La Bavière est particulièrement touchée et a décidé de durcir ses restrictions à Munich, où le port du masque dans une partie du centre-ville est obligatoire depuis jeudi. Mesure similaire en Italie, dans la région de Naples.

Au Royaume-Uni, le pays le plus endeuillé du continent européen avec 42'000 morts, de nouvelles restrictions sont entrées en vigueur jeudi: les pubs et les restaurants, dans lesquels seul le service à table sera autorisé, doivent fermer dès 22 heures en Angleterre et le télétravail sera à nouveau encouragé.

Les mesures prises par plusieurs pays européens reflètent l'inquiétude des autorités devant l'augmentation du nombre des malades. Au total, 5'060'966 cas ont été recensés en Europe, dont 227'862 ont été mortels. Dans le monde, la pandémie a fait au moins 978'448 morts depuis fin décembre, selon un bilan établi jeudi par l'AFP.

En Israël, à partir de vendredi à 14h00, les synagogues seront fermées, sauf pour Yom Kippour, le jour du pardon, célébré dimanche soir et lundi. Seuls les secteurs de travail jugés "essentiels" pourront continuer à exercer et les manifestations et les prières en extérieur seront limitées à 20 personnes et à moins d'un kilomètre du domicile.

Méfiance de New York

Du côté des vaccins, la société américaine de biotechnologie Novavax a annoncé jeudi qu'elle avait commencé au Royaume-Uni un essai clinique de dernière phase de son vaccin expérimental contre le Covid-19 qui vise à inclure 10'000 participants de 18 à 84 ans.

L'Etat de New York ne fait "pas confiance" au gouvernement Trump et revérifiera la fiabilité des vaccins validés par Washington avant de les distribuer à ses 20 millions d'habitants, a affirmé jeudi le gouverneur Andrew Cuomo.

Pour sa part, la royauté britannique anticipe des difficultés financières à cause du coronavirus avec un manque à gagner lié à la chute de la fréquentation des demeures royales de 15 millions de livres sur les trois prochaines années.

Et comme personne n'est épargné par le coronavirus, la star de l'AC Milan Zlatan Ibrahimovic a été placé chez lui en quarantaine après un test positif. "Le Covid a eu le courage de me défier. Mauvaise idée", a tweeté le fier Suédois de bientôt 39 ans.

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COVID 19 : alerte rouge sur la France

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Selon Olivier Véran, la principale crainte est que l'afflux massif de malades submerge les hôpitaux et les services de réanimation. (©AP/POOL/ELIOT BLONDET)

La France hisse le drapeau rouge pour éviter une "situation critique": la plupart de ses grandes villes, dont Paris, sont désormais en "zone d'alerte" renforcée ou maximale à cause de l'épidémie de Covid-19.

Les bars et restaurants vont même être fermés à Marseille et en Guadeloupe. La métropole d'Aix-Marseille et l'île antillaise ont été classées mercredi en "zone d'alerte maximale", dernier niveau avant l'état d'urgence sanitaire, selon le nouveau classement des autorités.

Outre les bars et restaurants, à partir de samedi, tous les "établissements recevant du public" vont y être fermés, sauf ceux qui ont un "protocole sanitaire strict", comme les théâtres, les musées ou les cinémas, a annoncé le ministre de la Santé, Olivier Véran. Ces mesures sont les plus spectaculaires depuis la fin du confinement le 11 mai et ont suscité le mécontentement à Marseille.

Juste en-dessous de cet ultime niveau, onze autres métropoles sont en "zone d'alerte renforcée": Paris, Lille, Toulouse, Saint-Etienne, Rennes, Rouen, Grenoble, Montpellier, plus Bordeaux, Lyon et Nice, qui s'y trouvaient déjà.

Dans ces villes, la jauge des rassemblements est abaissée à 1000 personnes (contre 5000 auparavant). Cette mesure devrait concerner le tournoi de tennis de Roland Garros, qui débute dimanche. Par ailleurs, les rassemblements de plus de 10 personnes dans l'espace public sont interdits.

Si la situation ne s'améliore pas, d'autres métropoles pourraient passer à ce niveau, a prévenu M. Véran, en citant "Tours, Strasbourg, Dijon et Clermont-Ferrand". Et "si la situation se dégrade encore", de nouvelles villes pourraient être mises en alerte maximale.

69 départements

Dans la nouvelle définition du gouvernement, qui prône une gestion locale et des mesures adaptées à chaque endroit, les départements classés en rouge le sont selon trois niveaux: la zone d'alerte, où "le virus circule nettement", la zone d'alerte renforcée, où il "circule très fortement", et la zone d'alerte maximale, où "les conséquences sont déjà lourdes sur le système sanitaire".

Soixante-neuf départements sur 101 sont en zone d'alerte. Trois critères ont été pris en compte: le taux d'incidence (nouveaux cas) de la maladie dans la population, celui chez les personnes âgées (population la plus vulnérable) et la proportion des malades du Covid dans les services de réanimation.

A Marseille et en Guadeloupe, le taux d'incidence dépasse les 250 cas pour 100'000 habitants, soit 5 fois le seuil d'alerte, et est de 100 pour 100'000 chez les personnes âgées. Dans les villes en zones d'alerte renforcée, ces chiffres dépassent 150 pour 100'000 et 50 pour 100'000.

Sans mesures rapides, "nous risquons d'atteindre une situation critique dans quelques semaines", a mis en garde M. Véran, le ton grave.

Car depuis cet été, tous les indicateurs se dégradent de façon régulière, même si on est encore loin des niveaux atteints au pic de l'épidémie, en mars-avril.

"Bulle sociale"

Selon le dernier bilan, 13'072 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures. 783 malades du virus ont été nouvellement admis à l'hôpital entre mardi et mercredi, dont 130 en réanimation. 4244 malades du Covid ont été hospitalisés sur les sept derniers jours, dont 675 en réanimation.

La principale crainte est que l'afflux massif de malades submerge les hôpitaux et les services de réanimation.

"La part des patients Covid dans les réanimations a commencé à réaugmenter et atteint 19% au niveau national", selon le ministre. Pour l'Île-de-France, "au rythme actuel (...), on peut s'attendre à ce que 40% des capacités régionales de réanimation soient utilisées pour des patients Covid au 10 octobre, 60% le 25 octobre et 85% aux alentours du 11 novembre".

"Il est encore temps d'agir", a martelé M. Véran, en insistant sur "le respect des gestes barrières, le lavage des mains, le respect des distances, le port du masque et la réduction des interactions sociales", autant dans la sphère publique que privée.

"On ne peut pas être extrêmement vigilant dans le métro, le bus, au bureau, dans les commerces, et relâcher toute forme de vigilance" en privé, a-t-il poursuivi.

"Il ne faut pas multiplier les dîners, éviter de sortir plusieurs fois par semaine avec des personnes différentes", a-t-il préconisé, en employant l'expression de "bulle sociale".

De manière générale, dans les 69 départements en zone d'alerte, "les fêtes, mariages, tombolas, événements associatifs, anniversaires, communions devront se tenir en petit comité, à moins de 30 personnes".

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La Belgique place le canton de Genève en zone rouge

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Les autorités belges ont placé le canton de Genève en zone rouge à partir de vendredi 16h00. (©KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Après Fribourg et Vaud, les autorités belges ont placé le canton de Genève en zone rouge à partir de vendredi 16h00, selon le site du ministère des Affaires étrangères. La liste des cantons classés en orange s'est étoffé de quatre noms et en compte désormais quatorze.

Les cantons nouvellement ajoutés sont les deux Appenzell, Saint-Gall et la Thurgovie, comme le rapporte le Blick Online. Valais, Jura, Berne, Neuchâtel, Argovie, Soleure, Bâle-Ville, Zurich, Schwyz et Zoug y figuraient déjà. Les voyageurs y sont appelés à une vigilance accrue. A leur retour, il leur est conseillé d'observer une quarantaine ou d'effectuer un test au coronavirus.

Les cantons de Fribourg et Vaud restent en zone rouge. A partir de vendredi, le gouvernement belge a cependant pris la décision de "remplacer l’interdiction de voyager vers une zone rouge par un avis strictement déconseillé de voyager vers un tel territoire", est-il écrit sur son site internet.

Il précise que cela ne modifie pas la procédure et que les mesures applicables en cas de retour des zones rouge ou orange restent en vigueur.

La Belgique avait déjà mis début août Genève ainsi que Vaud et Valais sur sa liste rouge et interdit les séjours non urgents dans ces cantons. Le conseiller fédéral Ignazio Cassis était alors intervenu et Bruxelles avait retiré Vaud et le Valais de sa liste, puis Genève.

A l'inverse, la Belgique a été retirée le 7 septembre de la liste des pays en provenance desquels une quarantaine était nécessaire en Suisse. Depuis le 20 août, toute personne arrivant de ce pays devaient y passer 10 jours et se signaler dans les 48 heures après son arrivée aux autorités du canton.

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Covid: près de 500 millions d'équivalents plein temps perdus

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Le marché de l'emploi a été sinistré par les effets de la pandémie. (Image d'archive - ©KEYSTONE/AP/Nikiforos Stamenis)

Les effets du Covid sur l'emploi dans le monde se détériorent encore. Les pertes sont estimées à 495 millions d'équivalents plein temps sur six mois, a annoncé mercredi à Genève l'OIT. Et les revenus du travail ont baissé de plus de 10% de janvier à mars sur un an.

Dans sa précédente évaluation fin juin, l'Organisaton internationale du travail (OIT) avait estimé les pertes à 400 millions d'équivalents plein temps de janvier à juin pour une semaine de 48 heures. Le recul annoncé mercredi est "considérablement plus important", a dit à la presse le directeur général Guy Ryder. Il atteint près de 18% par rapport à la fin de l'année dernière.

Pour la période de juillet à septembre, il devrait diminuer à 345 millions. Mais l'OIT s'attend à une dégradation pour la fin de l'année par rapport à sa précédente anticipation, tout en relevant que les pertes depuis le début de la pandémie sont davantage liées à l'inactivité qu'au chômage.

Le recul sur un an devrait alors atteindre plus de 8,5%, soit près de 250 millions d'emplois, au lieu des près de 5% prévus. Mais en cas de nouveau confinement, il pourrait même s'établir à 18%. La reprise pourrait être plus longue que prévue, selon un responsable de l'OIT.

Continent américain touché

Les travailleurs des pays en développement et émergents ont été très affectés, notamment dans l'économie informelle, explique l'organisation. Et alors que certains pays riches relancent des confinements limités à des zones plus pauvres, M. Ryer appelle à des politiques qui n'étendent pas les inégalités sociales.

Les différences sont importantes entre les régions. Près de 95% des travailleurs oeuvrent dans des zones où des restrictions sont toujours appliquées. Mais 32% sont confrontés à des fermetures entières des entreprises dans leur pays, sauf pour les activités considérées comme incontournables face à la pandémie.

M. Ryder appelle à un "soutien durable" en 2021 aux emplois, aux entreprises et aux revenus. Il demande une approche mondiale de la relance. Autre indication, les revenus du travail dans le monde ont baissé de janvier en mars 3500 milliards de dollars par rapport à la même période l'année dernière, recul "sans précédent". Le continent américain est de son côté le plus affecté avec plus de 12%.

Décalage avec les pays en développement

Ces chiffres excluent les dispositifs de soutien lancés par les gouvernements pour assister les entreprises et les travailleurs. Le recul le plus important est observé dans les pays à revenus intermédiaires inférieurs, à plus de 15%.

Côté économique, plus les gouvernements ont été actifs, moins les pertes pour l'emploi sont importantes. L'ajout de 1% du Produit intérieur brut (PIB) annuel de la relance aurait diminué celles-ci de 0,8%, mais cet investissement a surtout été observé dans les Etats riches.

Ce décalage est encore davantage alimenté par le déficit de dispositifs de protection sociale dans les pays en développement. Et ceux-ci ont dû utiliser leurs dépenses pour atténuer d'autres effets de la pandémie que celui sur l'emploi, affirme encore l'organisation.

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Genève

Le Genevois Hamid Mamdouh ne dirigera pas l'OMC

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Le Genevois Hamid Mamdouh ne fait pas partie des cinq candidats qui restent en lice pour diriger l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Genève. (Image d'archive - ©KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Le candidat égyptien à la direction générale de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Hamid Mamdouh, également genevois, ne pilotera pas cette institution. Il ne figure pas dans la liste des cinq personnes encore en lice, sur huit, annoncée vendredi à Genève.

L'ancien secrétaire britannique au commerce international Liam Fox, la Nigériane Ngozi Okonjo-Iweala, la ministre kényane Amina Mohamed et celle du commerce en Corée du Sud, Yoo Myung-hee, de même que le ministre saoudien Mohammed Al-Tuwaijri restent en lice, a dit à la presse le porte-parole de l'institution. En revanche, les 164 membres ont écarté, outre M. Mamdouh, le Mexicain Jesus Seade Kuri, un ancien directeur général adjoint de l'OMC, et l'ex-chef de la diplomatie moldave Tudor Ulianovschi.

Jamais une femme n'a dirigé l'OMC. Les trois candidates féminines poursuivent toutes vers la deuxième étape. Face à des profils plus politiques, M. Mamdouh avait mis l'accent sur son expérience de plus de 35 ans dans le système commercial multilatéral et se présentait comme un possible candidat du consensus entre pays développés et en développement.

Dans une déclaration à Keystone-ATS, le Genevois a remercié tous ceux qui ont soutenu sa candidature. Il voulait être adoubé par la Suisse, mais Berne ne dévoile jamais qui elle désigne et est restée discrète pendant tout ce processus.

Encore deux étapes

Il a souhaité à l'OMC de surmonter ses nombreux défis. L'organisation peut constituer "un instrument important" pour provoquer des changements positifs sur la scène internationale, affirme-t-il, en ajoutant qu'il continuera à conseiller les Etats membres qui recourent à lui.

Désormais, une nouvelle période de consultations d'environ deux semaines s'ouvre jeudi prochain pour tenter de réduire cette liste de cinq personnes à deux. Il faudra ensuite une troisième étape d'environ un mois jusqu'au 7 novembre pour trouver un consensus pour remplacer Roberto Azevedo qui a quitté l'OMC fin août, un an avant la fin de son second mandat.

"Nous sommes en bonne voie" pour honorer le calendrier qui a été fixé, estime le porte-parole. En revanche, il ne sait pas encore quand le prochain ou la prochaine directrice entrera en fonctions. Selon des observateurs, le prochain directeur général ou la prochaine directrice générale pourrait ne démarrer son mandat que début 2021.

OMC en difficulté

La pandémie n'a elle pas affecté les consultations. Même les délégations qui ne sont pas présentes à Genève ont pu dialoguer avec le président du comité chargé de mener ces discussions entre les Etats sur les candidatures.

L'institution fait elle face à une crise institutionnelle depuis que les Etats-Unis ont rendu son tribunal d'appel dysfonctionnel. Autre problème, alors qu'un consensus semblait se dégager sur l'un des adjoints de M. Azevedo pour la piloter provisoirement, Washington, qui a menacé à plusieurs reprises de quitter l'OMC, a aussi cherché à imposer son ressortissant, provoquant un blocage.

Le commerce mondial est confronté à une crise importante en raison de la pandémie. Il pourrait reculer de jusqu'à un tiers environ cette année avec les effets du Covid, selon l'organisation.

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