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Suisse

Les enseignants satisfaits par une rentrée particulière

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Photo prétexte (KEYSTONE/Laurent Gillieron)
Une semaine après le retour dans les écoles, les enseignants sont satisfaits et globalement rassurés. Avec les mesures de protection à respecter et la question du nettoyage des salles et du matériel, il n'est toutefois pas possible de reprendre l'école comme avant le 13 mars.

"La reprise s'est relativement bien passée, certes dans une ambiance un peu particulière", explique à Keystone-ATS Samuel Rohrbach, président du Syndicat des enseignants romands (SER). Malgré une part de crainte, élèves et enseignants ont eu "un grand plaisir à se retrouver".

Les différentes règles à observer, en particulier la distanciation entre enfants et adultes, changent la manière d'enseigner. Mais, après quelques jours d'ajustement, tout semble bien se mettre en place, ajoute-t-il. Le travail en demi-classe est positif, aussi bien pour l'aspect sanitaire que pédagogique.

Retisser du lien

Les enseignants semblent rassurés par cette rentrée, abonde Gregory Durand, président de la Société pédagogique vaudoise (SPV). L'important était de pouvoir recommencer de manière progressive et sécurisée, avec des demi-classes pour pouvoir accueillir les enfants sereinement et leur apprendre les gestes barrière.

Une certaine routine s'est désormais installée: il y a ainsi "un vrai rituel du lavage des mains" quand les enfants arrivent en classe, illustre-t-il. Cela prend du temps, mais c'est aussi l'occasion d'échanger et de discuter de divers sujets avec les élèves, ce qui est aussi formateur, renchérit M. Rohrbach.

Outre l'apprentissage des gestes barrière, l'un des objectifs de cette "rentrée" était de "retisser du lien" avec les élèves après huit semaines d'absence et d'enseignement à distance, note Gregory Durand. Il s'agit de les écouter et de voir comment ils ont vécu cette période. L'enseignement "pur" comme avant le 13 mars reprendra plus tard.

Points d'interrogation

Un avis partagé, outre-Sarine, par Dagmar Rösler, présidente du syndicat d'enseignants alémaniques LCH. Dans certaines écoles, l'éducation physique ne peut se faire que de manière limitée; d'autres ont dû supprimer les cours de natation. "On a dû renoncer à beaucoup de choses qui rendent l'école vivante, passionnante et variée", résume-t-elle.

Selon elle, il subsiste un certain nombre de "points d'interrogation concernant la distance sociale", en particulier dans les cantons alémaniques qui ont repris avec des classes entières.

La SPV va lancer un sondage auprès de ses membres pour faire le point sur cette "rentrée" et faire "remonter" les questions en suspens au Département de la formation, de la jeunesse et de la culture.

Nettoyage

Mais son président pointe déjà du doigt deux difficultés: le respect de la distance sociale et la question de la désinfection des locaux et du matériel.

C'est notamment compliqué pour les plus petits (1-2 Harmos) qui ont l'habitude d'une part d'avoir un contact assez proche avec les enseignantes et d'autre part de toucher les objets. Il faut trouver un moyen qu'ils jouent de manière individuelle ou, du moins, qu'ils y ait le moins d'échange de matériel possible.

Mais le problème se pose aussi au secondaire, un âge où les élèves changent régulièrement de salle de classe. Il y a beaucoup de "brassage" quand 40 à 60 élèves se croisent dans des couloirs étroits. En outre, les classes doivent nettoyer et désinfecter leurs tables et leurs chaises à chaque intercours, ce qui prend beaucoup de temps, souligne M. Durand.

Au niveau politique, on salue "le très grand engagement" des écoles. "Les enseignants mettent tout en oeuvre pour rendre possible un retour à une vie scolaire aussi normale que possible", se réjouit la présidente de la Conférence des directeurs de l'instruction publique (CDIP), Silvia Steiner. "En ce sens, le premier pas vers une nouvelle normalité a été réussi".

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Suisse

Coronavirus: "La situation est plutôt bonne dans son ensemble"

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Aujourd'hui, 2,5% de la population suisse est complètement vaccinée. La vaccination de masse interviendra en mai-juin, a annoncé Virginie Masserey de l'OFSP. (©KEYSTONE/ANTHONY ANEX).

"La situation épidémiologique est plutôt bonne dans son ensemble, bien qu'encore fragile", a déclaré vendredi devant la presse Virginie Masserey, cheffe du contrôle des infections de l'OFSP. La Task Force déconseille cependant les ouvertures trop rapides.

Qu'il s'agisse de l'incidence sur 14 jours, du nombre de décès, des hospitalisations ou de l'occupation des lits en soins intensifs, tous ces indicateurs montrent une tendance à la baisse, parfois légère. Mais le taux de reproduction qui a un délai d'une dizaine de jours, oscille toujours autour de 0,9, a précisé la responsable de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

La progression des variants reste préoccupante: ils représentent désormais 60% des échantillons positifs, soit plus que le virus d'origine. La Suisse en dénombre 9543, dont la plupart sont issus d'une lignée pas clairement identifiée; 3492 cas ont été attribués au variant britannique (B.1.1.7).

Les variants sud-africain et brésilien donnent beaucoup de travail aux cantons, selon Linda Nartey, médecin cantonale de Berne et vice-présidente de l'association des médecins cantonaux. La difficulté d'obtenir des informations sur les possibles lieux d'infection est frustrante, a-t-elle dit.

Sur le front des vaccins, la Suisse a reçu 973'000 doses et en a administré 750'000. Aujourd'hui, 220'000 personnes ont reçu une double dose, ce qui correspond à 2,5% de la population, a précisé Virginie Masserey. Les vaccinations de masse pour tous ceux qui sont d'accord d'être piqués interviendront en mai et juin.

"Très très loin d'une immunité collective"

Interrogée sur le canton de Vaud où 25% de la population aurait développé des anticorps contre le coronavirus, la responsable a rappelé qu'il restait toujours 75% de la population exposée au virus. "On est encore très très loin d'une immunité collective", a-t-elle répondu.

Le président de la Task Force Martin Ackermann a souligné que les mesures introduites le 18 janvier par le Conseil fédéral ont permis d'endiguer une explosion du nombre de cas, contrairement à ce qui s'est passé en Grande-Bretagne. L'intervalle de quatre semaines entre chaque train de mesures d'assouplissements est très important. "Le temps joue en notre faveur."

M. Ackermann note que l'on dispose de critères pour décider des prochains assouplissements. Par exemple, exiger que le taux de positivité des tests reste en dessous de 5%, ou exiger que 80% des personnes potentiellement infectées soient isolées avant de connaître leur résultat. Le traçage et la quarantaine sont aussi essentiels.

Terrasses fermées

A la question de la pertinence de fermer les terrasses sur les domaines skiables, Mme Masserey a répété qu'il s'agissait d'une mesure sanitaire logique afin d'éviter les rassemblements et d'équité par rapport aux autres restaurants.

Les cantons de Suisse centrale ainsi que Glaris et le Tessin, qui avaient gardé ces espaces extérieurs ouverts sur leurs domaines skiables, ont annoncé vendredi qu'ils se plieraient aux injonctions du Conseil fédéral. Les terrasses seront fermées dès dimanche soir.

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Suisse

Globus externalise la restauration et supprime 50 postes

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Certains bars exploités par Globus et la restauration proposée dans les magasins alimentaires Delicatessa ne sont pas concernés par cette réorganisation. (©KEYSTONE/PHOTOPRESS-ARCHIV/STR - Archives).

Les grands magasins Globus ont externalisé leur activité de restauration et supprimé dans la foulée une cinquantaine d'emplois, a indiqué vendredi à AWP une porte-parole.

La société, aux mains de l'autrichien Signa et du thaïlandais Central Group, mise désormais sur des partenaires locaux. Certains bars exploités par Globus et la restauration proposée dans les magasins alimentaires Delicatessa ne sont pas concernés par cette réorganisation, selon la porte-parole, qui a confirmé des informations du portail Nau.

L'entreprise veut éviter les licenciements et tenter de placer ses ex-salariés auprès des nouveaux prestataires. Globus a également élaboré des mesures avec les partenaires sociaux pour soutenir avec un plan social les employés non repris. Ce dernier comprend notamment des départs anticipés à la retraite, des dédommagements, des périodes allongées de préavis et un soutien à la recherche d'emploi.

Début février 2020, Globus avait été vendu par Migros à la coentreprise composée de l'autrichien Signa et du thaïlandais Central Group. Les nouveaux propriétaires avaient annoncé en avril dernier la suppression d'une centaine de postes au siège zurichois. Les grands magasins emploient actuellement 2400 personnes.

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Suisse

Le Covid-19 va peser sur l'AVS et l'AI, avertit le chef de l'OFAS

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Le coronavirus fait augmenter la pression sur l'AVS et l'AI, selon Stéphane Rossini (Archives © KEYSTONE/ANTHONY ANEX)

Le directeur de l'Office fédéral des assurances sociales (OFAS), Stéphane Rossini, appelle à une réforme urgente du système des institutions sociales en Suisse. La crise liée au coronavirus accroît la pression sur l'AVS et la prévoyance professionnelle, selon lui.

"Les déficits imminents de l'AVS seront encore plus importants que ceux prévus avant la crise et, pour l'AI, le remboursement des dettes durera plus longtemps", déclare-t-il dans un entretien diffusé vendredi par la Neue Zuercher Zeitung.

Le problème concerne avant tout les rentrées d'argent, remarque-t-il. Les cotisations salariales et la TVA diminuent inévitablement si le chômage augmente et la consommation baisse, explique le Valaisan de 58 ans. La crise, ajoute-t-il, confirme le fait que l'assurance vieillesse et survivants (AVS) ne peut pas être financée à long terme sans croissance économique.

Covid-19 long et AI

L'ancien élu socialiste au Conseil national voit également un problème avec l'assurance invalidité (AI). "Ces dernières années, nous avons constamment axé l'AI sur l'intégration: une pension est versée seulement si un retour au travail est vraiment impossible".

Or, note-t-il, il est à craindre que la crise va entraîner la perte de nombreux emplois, surtout dans les secteurs aux exigences moins strictes, secteurs particulièrement importants pour cette intégration. "C'est difficile humainement pour les personnes touchées et cela peut être très coûteux pour les assurances sociales".

Il pointe en outre les incertitudes liées aux effets du Covid-19 long. Les personnes touchées par ce problème auraient en principe droit à l'AI, si elles ne sont plus aptes à travailler en raison de la maladie à coronavirus 2019, poursuit-il.

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Suisse

Isabelle Chevalley tourne la page de la politique

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Isabelle Chevalley tourne la page de la politique (Archives © KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Isabelle Chevalley va quitter le Conseil national d'ici la fin de l'année. Après une vingtaine d'années d'engagement politique, la vert'libérale vaudoise va se consacrer à des projets de recyclage en Afrique de l'Ouest.

"J'ai énormément d'activités en Afrique. A 49 ans, c'est le moment ou jamais de réorienter ma carrière professionnelle", a expliqué jeudi à Keystone-ATS Isabelle Chevalley, confirmant un article du Temps.

L'élue quittera la scène politique avant la fin de l'année. Cela dépendra de l'avance d'un dossier sur l'économie circulaire, qu'elle défend en sous-commission. Et aussi de la disponibilité de sa successeure, la physicienne Céline Weber Koppenburg, a-t-elle précisé.

Très engagée en Afrique depuis plusieurs années, Isabelle Chevalley s'était battue l'automne dernier contre l’initiative pour des entreprises responsables. Son passeport diplomatique burkinabé avait fait débat, certains se demandant s'il était compatible avec un mandat de conseillère nationale. La principale concernée assure que cette polémique n'a "joué aucun rôle" dans son départ.

Isabelle Chevalley est entrée en politique il y a une vingtaine d'années en tant que Constituante vaudoise. Défendant l'idée que l'économie et l'écologie ne sont pas opposées mais complémentaires, elle a participé à la création du parti vert'libéral vaudois. D'abord députée cantonale, elle a été élue en 2011 au Conseil national. Elle était alors la seule représentante romande des Vert'libéraux.

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Culture

Le poète Philippe Jaccottet est décédé

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L'écrivain suisse Philippe Jaccottet est décédé à 95 ans. Ici, une photo de 2008. (Image d'archives - ©KEYSTONE/AYSE YAVAS)

L'écrivain Philippe Jaccottet est décédé à l'âge de 95 ans à son domicile de Grignan, dans la Drôme (F), a annoncé jeudi sa famille à Keystone-ATS. Le poète était l'un des rares écrivains suisses à avoir été publié dans la Pléiade et le seul de son vivant.

Philippe Jaccottet est né le 30 juin 1925 à Moudon (VD). Après ses études à l'Université de Lausanne, il est introduit dans les cercles littéraires parisiens en 1946 grâce à l'éditeur Henry-Louis Mermod. Dès 1953, il s'établit dans le sud de la France à Grignan. Il sera inhumé dans la plus stricte intimité.

Le poète marque les esprits quand "Airs" paraît en 1967 chez Gallimard: "Ce recueil a eu l’effet d’une révélation, c'est là que le déclic avec le public a eu lieu", expliquait l'été dernier à Keystone-ATS José-Flore Tappy, poète et proche de l'écrivain, dont elle a dirigé l’édition des Oeuvres dans la Bibliothèque de la Pléiade.

L'auteur a répondu à une attente après la guerre, quand tout était à reconstruire. Pour les écrivains et les poètes, cela n'a pas été simple de reprendre la plume. Comment peut-on continuer à écrire? Qu'est-ce que l'on peut dire? Jaccottet comme tant d’autres s'est posé ces questions.

Traduit en chinois récemment

Preuve que le propos de Jaccottet continue de résonner au loin, le Bol du pèlerin (Morandi/2001) a été traduit récemment en chinois. Tiré à plus de 8000 exemplaires, le livre est sorti pour accompagner une grande exposition justement consacrée au peintre italien Giorgio Morandi, inaugurée à Pékin en décembre dernier.

Son oeuvre, traduite dans une vingtaine de langues, l'a été entièrement en allemand aux éditions Hanser à Munich, avec une dernière parution en 2018: Gedanken unter den Wolken (Pensées sous les nuages, 1983). Elle l'est aussi abondamment en italien grâce au Tessinois Fabio Pusterla qui a signé la préface dans la Pléiade.

Poète et traducteur

Philippe Jaccottet est considéré comme l'un des plus grands poètes et traducteurs de langue française contemporains. On lui doit des traductions de textes en allemand, espagnol, russe, italien, tchèque, japonais, et même de grec ancien.

Parmi ceux qu'il a traduits, on peut citer Homère, Rainer Maria Rilke, Hölderlin, Musil, Thomas Mann, Ingeborg Bachmann; Góngora; Mandelstam et Tsvetaeva; Ungaretti et Leopardi. Il a reçu de nombreuses distinctions, dont le Grand Prix Schiller en 2010, et un nombre considérable d'essais ont été consacrés à son œuvre. Ses archives sont déposées à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.

"La bibliothèque a toujours fait une veille active pour acquérir ses manuscrits. Ce fonds a été complété de manière importante par une donation faite par le poète lui-même à fin 2020", a expliqué le Conseil d'Etat dans un communiqué, rendant hommage à cette "figure majeure de la scène littéraire suisse", le quatrième auteur suisse à être publié dans la Pléiade après Rousseau, Cendrars et Ramuz.

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