Genève
Pierre Maudet reconnu coupable d'acceptation d'un avantage
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Pierre Maudet a été condamné lundi à une peine pécuniaire de 300 jours-amende avec sursis. Le Tribunal de police de Genève a reconnu le conseiller d'Etat genevois coupable d'acceptation d'un avantage pour son voyage en famille à Abu Dhabi.
Pierre Maudet devra verser à l'Etat de Genève une créance compensatrice de 50'000 francs, soit la valeur estimée de ce voyage. Le Tribunal de police a, en revanche, acquitté Pierre Maudet de la charge d'acceptation d'un avantage en lien avec un sondage financé par deux amis hommes d'affaires, Magid Khoury et Antoine Daher.
La faute de Pierre Maudet est importante, a souligné la présidente du tribunal Sabina Mascotto. Le conseiller d'Etat a envisagé, accepté et s'est accommodé du risque de se faire influencer dans l'exercice de ses fonctions en acceptant un cadeau d'une telle importance, mi-officiel et mi-privé, comprenant des places pour assister à un Grand Prix de Formule 1.
Le conseiller d'Etat a agi par convenance personnelle et facilité, a relevé Mme Mascotto. Sa situation personnelle lui permettait de financer ce voyage. Il aurait pu aussi renoncer à ce séjour, sans faire du tort à Genève. Rien ne l'empêchait, ainsi, de trouver un prétexte pour refuser l'invitation de la famille royale d'Abu Dhabi.
Mensonges et dissimulations
Le tribunal a souligné que la collaboration de Pierre Maudet à la procédure a été mauvaise. Le conseiller d'Etat a tenté de dissimuler des preuves et a menti. Mme Mascotto a souligné que le magistrat s'est bien rendu compte du problème que pouvait poser ce voyage dans le Golfe, avec sa famille et son ancien bras droit.
Patrick Baud-Lavigne, l'ex-chef de cabinet de Pierre Maudet, a également été reconnu coupable d'acceptation d'avantage. Il a aussi été condamné pour violation du secret de fonction, en ayant fourni des informations aux deux entrepreneurs qui ont organisé le voyage aux Emirats. Sa peine a été fixée à 360 jours-amende avec sursis.
Magid Khoury et Antoine Daher, les deux hommes d'affaires qui ont mis sur pied le séjour à Abu Dhabi, ont pour leur part écopé respectivement de 240 jours-amende et de 180 jours-amende avec sursis pour avoir octroyé un avantage. Leur objectif était de s'assurer la bienveillance d'un conseiller d'Etat dans le futur.
Maudet salue un verdict nuancé
Vingt minutes après le verdict, Pierre Maudet a fait une brève déclaration sur les marches du Palais de justice, devant lequel l'attendait une foule de journalistes. "Le verdict est lumineux sur un certain nombre de points, il apporte des nuances et m'acquitte sur deux points essentiels. Il maintient un reproche", a-t-il déclaré.
Et son avocat, Grégoire Mangeat, de préciser que le "reliquat d'accusation" restant est le fait que le magistrat n'a pas été assez prévoyant quand il a accepté que deux entrepreneurs fassent deux coups de fil pour l'inviter. Pour Me Yaël Hayat, qui défend aussi les intérêts du magistrat, "ce jugement a apporté des nuances à un réquisitoire excessif".
Le conseiller d'Etat fera appel, tout comme Magid Khoury et probablement Patrick Baud-Lavigne. L'entrepreneur considère que le jugement lui attribue des choses qui ne relèvent pas des faits. Quant à Jean-Marc Carnicé, l'avocat de l'ex-chef de cabinet, il considère que ce verdict "s'appuie plus sur la morale que sur le droit".
Un cinquième prévenu, l'ancien chef du service genevois du commerce, était également jugé par le Tribunal de police. Il a été reconnu coupable d'abus d'autorité pour avoir délivré une autorisation d'exploitation d'un bar dans lequel Antoine Daher avait investi, malgré un dossier incomplet, sur pression de Patrick Baud-Lavigne.
Le premier procureur Stéphane Grodecki avait requis une peine de 14 mois de prison avec sursis à l'encontre de Pierre Maudet, pour le voyage d'Abu Dhabi et le financement d'un sondage électoral par ses deux amis Magid Khoury et Antoine Daher. Le tribunal a considéré que le financement de ce sondage n'était pas indu.
Cette condamnation risque de porter un coup fatal à la carrière politique de Pierre Maudet. Le magistrat, qui a démissionné après s'être fait retirer ses dernières prérogatives en raison de problèmes de gestion du personnel dans son département, est candidat à sa propre succession au Conseil d'Etat genevois. Le premier tour de l'élection complémentaire a lieu le 7 mars.
Économie
L'explosion des prix d'achat et des rénovations à Genève divise
L'affaire des baux résiliés au boulevard Carl-Vogt montre les divergences profondes autour de l'immobilier à Genève, alors que les rénovations ont explosé ces dernières années. Des bailleurs institutionnels achètent des biens à des prix exorbitants. Mais l'ASLOCA et la Chambre genevoise immobilière s'opposent sur les raisons de cette situation.
Les rénovations attendues à Carl-Vogt dans une centaine de logements ne sont pas une exception. Des projets de démolitions et reconstructions sont notamment attendus dans les quartiers de la Servette, où des locataires se sont rassemblés mercredi soir devant les bureaux du propriétaire, l'UBS, et des Augustins.
Si les démolitions et reconstructions ne sont pas très nombreuses en raison des contraintes légales, les rénovations se multiplient. Selon les statistiques cantonales, le nombre de transformations s'établissait presque toujours à moins de 300 par an avant 2022. Depuis cette année-là, il n'est pas retombé sous le seuil de 400.
Au centre de l'attention, des caisses de pension, mais aussi des banques ou des assureurs. Les grands bailleurs "achètent à n'importe quel prix" parce qu'ils savent qu'ils retomberont sur leurs pattes après rénovations, affirme à Keystone-ATS le conseiller national Christian Dandrès (PS/GE), juriste à l'ASLOCA.
A Carl-Vogt, le mécène Metin Arditi avait acquis les immeubles pour 9,4 millions de francs. Il les avait ensuite revendus en 2020, une vingtaine d'années plus tard, pour 129 millions de francs à la Caisse de pension du canton de Bâle-Ville (PKBS).
Caisses de pension pas fiscalisées
Pour le secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière (CGI), Christophe Aumeunier, le constat ne constitue pas une surprise mais il l'explique différemment. La fiscalité genevoise sur les immeubles de rendement est extrêmement lourde pour les propriétaires privés, de même que les montants à engager pour les rénovations énergétiques obligatoires. Or, les "caisses de pension sont exemptées d'impôts et s'appuient sur une pléthore de fonds. Il y a un marché parallèle", admet le secrétaire général.
Les investissements "massifs" dans l'immobilier sont observés notamment lorsque le résultat des produits financiers liés à la Confédération est moins satisfaisant, explique M. Dandrès. Selon lui, malgré des "prix surfaits", les grands acheteurs anticipent déjà un rendement de 4 à 5% après des rénovations.
Un argument que réfute M. Aumeunier. Selon lui, les montants d'achat élevés s'expliquent par le manque d'immeubles à vendre. "Je n'entends pas l'ASLOCA dire qu'il faut construire davantage pour fluidifier le marché et lutter contre la pénurie de logements", déplore-t-il.
De même, M. Aumeunier "peine à croire" que les bailleurs obtiennent réellement une rente dans cette affaire. Les caisses de pension sont légalement obligées d'avoir de l'immobilier dans leur portefeuille ou souhaitent aussi diversifier les risques dans leurs investissements, selon lui.
Contrainte ou dialogue
Parmi les effets des résiliations, l'ASLOCA et la CGI divergent aussi sur l'impact pour la société. Le conseiller national déplore une "casse sociale" parce que les habitants quittent les centres-villes, sont contraints à des sous-locations ou restent, mais dans des conditions précaires. "La classe moyenne a encore accès aux centres-villes et ceux-ci doivent rester vivants", rétorque M. Aumeunier.
Face à ces défis, les réponses sont également différentes. Le conseiller national prépare une motion ou une initiative parlementaire pour la prochaine session à Berne en mars. Au centre des réflexions, un mécanisme pour limiter les niveaux des loyers et des prix dans des zones de développement pour une certaine période, par exemple dix ans. Mais également un dispositif "antispéculatif" pour plafonner les prix d'achat d'un immeuble en fonction de l'état locatif.
"Il n'y a pas d'accord sur ce terme de spéculation", conteste M. Aumeunier. Il réitère sa main tendue à tous les acteurs. Il faut régler ce problème cette année en raison du délai imposé par l'Etat pour les rénovations énergétiques, dit-il.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Football
Servette reçoit Thoune, promu et leader de Super League
Le Servette FC fait face à un grand défi dimanche au Stade de Genève (14h00). Les Grenat accueillent le FC Thoune, leader promu de Super League.
Tenu en échec par le FC Sion samedi dernier (3-3), le SFC doit gagner pour se rapprocher du top 6 alors qu'il ne reste que onze matches à disputer avant la séparation en deux groupes des 12 équipes du championnat. Mais la tâche s'annonce très ardue face à l'équipe de Mauro Lustrinelli, à laquelle tout semble réussir cette saison.
Les Genevois ont d'ailleurs perdu leurs deux premiers duels face aux Bernois (3-1 à Thoune, 1-0 à Genève) et n'ont plus gagné à domicile depuis le 26 octobre et une victoire 2-1 contre Lugano. De son côté, le fringant leader a remporté ses cinq derniers matches de championnat, le dernier face au champion en titre Bâle (2-1).
Le Lausanne-Sport accueille quant à lui Saint-Gall à la Tuilière (16h30). Face à son ancienne équipe, l'entraîneur du LS Peter Zeidler espère voir ses hommes rebondir une semaine après une défaite mortifiante chez la lanterne rouge Winterthour (2-1).
Un "Klassiker" entre Bâle et le FC Zurich (16h30) vient également compléter cette 23e journée de Super League.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Genève
La Faculté de médecine de l'UNIGE fête ses 150 ans en conférences
La Faculté de médecine de l'Université de Genève (UNIGE) célèbre ses 150 ans avec une série de sept conférences avec la Société médicale de Genève (SMG). La première est prévue mercredi prochain avec le philosophe et écrivain français André Comte-Sponville, notamment spécialiste des questions d'éthique des soins.
Il abordera les limites de la médecine dans la société. D'autres discussions s'étaleront ensuite jusqu'à fin 2026. Ces conférences porteront notamment sur le travail, la désinformation médicale ou encore l'intelligence artificielle.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
Économie
Propriété: le référendum contre la modification de la LDTR a abouti
Les Genevois voteront sur une modification de loi pour favoriser l'accès des locataires à la propriété de leur logement. Le référendum lancé par la gauche et l'ASLOCA a abouti, a appris vendredi Keystone-ATS.
Au total, 1333 signatures ont été déposées dans l'après-midi à la Chancellerie, explique le conseiller national Christian Dandrès (PS/GE), juriste à l'ASLOCA. Il en faut 500 pour qu'un scrutin soit organisé.
La majorité de droite au Grand Conseil avait fait approuver en décembre dernier cette modification de la loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d’habitation (LDTR). Actuellement, un locataire peut déjà acheter son logement, mais à des conditions très restrictives. Parmi celles-ci figure l'aval de 60% des locataires de l'immeuble.
Selon le texte voté il y a deux mois, le dispositif est facilité mais l'acheteur doit occuper l'appartement depuis au moins trois ans et s'engager à y rester cinq ans. Le prix est de vente est limité avec un plafond qui correspond au prix moyen des PPE en zone de développement.
Lors de trois précédentes votations ces dernières décennies, les Genevois avaient toujours soutenu la gauche. Un autre texte avait été rejeté par le Grand Conseil en 2023.
La gauche et l'ASLOCA dénoncent une sorte de "congé-vente". Soit un congé donné aux locataires afin de vendre l'appartement pour le gain spéculatif des propriétaires. Les bailleurs s'enquerront des "bons locataires", estime l'ASLOCA. Ils choisiront des personnes, voire leurs proches ou amis, qui ont les moyens d'acheter le logement au terme, par exemple, d'une location de trois ans non renouvelables.
Selon l'association, les baux plus anciens avec loyers abordables seront les plus affectés. "Cette loi ne donne aucun droit au locataire d'acheter son logement. C'est toujours le propriétaire qui décidera s'il souhaite vendre et à qui", estime-t-elle.
Cet article a été publié automatiquement. Source : ats
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