Rejoignez-nous

Culture

Dynamique et foisonnante, la littérature romande en force à Morges

Publié

,

le

Avec un fort accroissement des maisons d'édition et des auteurs ces deux dernières décennies, la production de Suisse romande est devenue pléthorique et n'a cessé de gagner en visibilité, selon plusieurs acteurs du livre et experts (archives). (© Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

La 14e édition du Livre sur les quais (LSQ) débute vendredi à Morges (VD) avec près de 180 invités, dont environ la moitié d'auteurs suisses, surtout romands. Une forte et belle présence à l'image d'une littérature dite "romande" décomplexée, mature, dynamique et foisonnante.

Avec un fort accroissement des maisons d'édition et des auteurs ces deux dernières décennies, la production de Suisse romande est devenue pléthorique et n'a cessé de gagner en visibilité, selon des acteurs du livre et experts interrogés par Keystone-ATS. Elle tend de plus en plus à se confondre avec la littérature française.

Dans un article pour la nouvelle édition de l'"Histoire de la littérature en Suisse romande" (2015), l'écrivaine, poète, essayiste et ancienne chargée de cours sur la littérature romande à l'Université de Genève, Sylviane Dupuis brossait déjà le portrait d'une nouvelle génération d'écrivains décomplexée et connectée au monde.

Elle posait la question même de l'existence de cette "littérature romande". "Elle s'écrit ici, se publie ici ou ailleurs par des gens nés ici. Cette cohabitation géographique mise à part, il est cependant difficile d'y déceler des dénominateurs communs", répondait-elle à une interview accordée à l'UNIGE.

Le vivier s'est agrandi

Plusieurs personnes du milieu littéraire en Suisse romande sont aussi d'avis qu'il n'y a pas de "caractéristiques communes romandes". "Ni de texte, ni de style, ni de thématique", estime Fanny Meyer, directrice du LSQ qui se tient jusqu'à dimanche.

"Je n'y crois plus du tout à cette identité précisément romande. L'image un peu vieillotte que l'on avait de la littérature romande d'antan, c'est d'ailleurs fini", soutient aussi Fabienne Althaus Humerose, présidente du prix Le Roman des Romands, dont c'est la 14e édition cette année. "C'est au contraire une littérature de plus en plus dynamique avec une très grande variété", remarque-t-elle.

"On trouve du classique, de l'expérimental, du roman historique, des fictions courtes encore des textes fragmentés", énumère-t-elle. "Ces deux dernières décennies, le nombre d'éditeurs s'est accru avec notamment l'apparition de plusieurs petites maisons d'édition et donc aussi de très nombreux nouveaux auteurs", observe-t-elle.

Cette double croissance est "impressionnante", corrobore Fanny Meyer. "Le biotope, le vivier romand s'est agrandi, il est très dynamique et extrêmement foisonnant". Preuve en est, la moitié environ des 180 invités du LSQ vient de Suisse, selon elle.

Un tournant: le Goncourt pour Chessex

Un avis aussi partagé par Françoise Berclaz, libraire depuis 40 ans à La Liseuse à Sion, qui parle d'un "renouveau foisonnant". "C'est une littérature extrêmement riche et décomplexée. Depuis les années 2000, ça part dans tous les sens. Elle a suffisamment mûri pour se propager et rejoindre la littérature française. Elle peut et doit se revendiquer d'une littérature francophone. Il n'y a plus besoin de parler de littérature romande ou régionale", affirme-t-elle.

Selon elle, le "premier tournant" a été le prix Goncourt attribué en 1973 à Jacques Chessex pour "L'Ogre", récompense "prestigieuse et populaire à la fois". Elle souligne ensuite le rôle majeur du Centre de recherches sur les lettres romandes, devenu entre-temps le Centre des littératures en Suisse romande (CLSR), puis, dans les années 1980 à 2000, la professionnalisation et le travail extraordinaire des maisons d'édition romandes pour leurs auteurs et leurs livres.

"L'arrivée des collections de poche chez plusieurs de ces éditeurs a été une révolution et a contribué à faire gagner cette littérature en visibilité. Cela a aussi créé une émulation entre éditeurs et auteurs", souligne encore Mme Berclaz.

Elle prend désormais aussi plus de place dans les festivals, les salons et autres événements littéraires et culturels, ajoute Mme Meyer. Sans parler d'une meilleure diffusion en France, en y revendiquant sa place.

Mondialisation

Stéphane Pétermann, responsable de recherche au CLSR à l'Université de Lausanne, livre également son analyse sur cette évolution. Il rappelle que des auteurs comme par exemple Ramuz, Roud, Rivaz ou Chessex "font partie du canon littéraire, ils ont été consacrés par les institutions académiques ou culturelles".

"Après eux, on peut sans doute penser à Nicolas Bouvier, à Catherine Safonoff, à Pascale Kramer, à Noëlle Revaz ou Philippe Rahmy. Disons que la littérature dite romande a suivi l'évolution de toute la littérature occidentale, qu'elle se mondialise", explique-t-il.

Elle tend à "l'uniformisation, le conformisme la guette", selon lui. "Mais nombre d'auteurs résistent à cela, volontairement ou non. J'ai le sentiment qu'on vit, ici comme ailleurs, sur l'héritage d'un âge d'or de la littérature (19e-20e siècle), en train de disparaître", poursuit le spécialiste.

"Il y a de tout, on publie beaucoup, et les soutiens financiers sont très généreux, ce qui fausse le marché, à mon avis. Parmi les jeunes noms, ce qui me frappe, c'est la volonté de faire de l'activité d'écrivain un métier comme les autres, tout en affectant une posture d'originalité, de contestation, voire de rupture", conclut-il.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Culture

L'ex-premier ministre français Gabriel Attal populaire en Chine

Publié

le

L'ex-premier ministre français Gabriel Attal est très populaire sur les réseaux sociaux en Chine. (© KEYSTONE/EPA/TERESA SUAREZ)

Gabriel Attal, ancien premier ministre et probable candidat à la présidentielle en France, a acquis une surprenante popularité sur des réseaux sociaux chinois, au point que de nombreux jeunes originaires de ce pays se sont rendus aux séances de dédicaces de son livre.

"C'est dingue, il y a une 'Attalmania' sur les réseaux sociaux chinois", a affirmé son entourage à l'AFP.

Les raisons et l'origine de cette tendance sont floues. Mais ses conséquences sont concrètes: Gabriel Attal, en plein tour de France pour promouvoir son livre "En homme libre" (L'Observatoire), a été accueilli à Lyon et Paris par de jeunes Chinois impatients de le rencontrer.

Certains ont immortalisé leur venue en publiant des selfies tout sourire sur RedNote, plateforme chinoise comparable à Instagram.

L'une des jeunes femmes y explique que le compte Instagram de l'ancien premier ministre est l'une des raisons qui la pousse à apprendre le français. Une autre dit admirer son "courage et sa détermination".

Plusieurs d'entre eux lui ont demandé "de signer le mot +liberté+" sur le livre, selon son entourage, qui affirme avoir découvert cette popularité à l'occasion des séances de dédicaces et ne pas savoir comment elle a décollé.

"C'est assez surprenant", dit cette source.

Si les Chinois pouvaient voter

Sur RedNote, les contenus liés à Gabriel Attal fleurissent, commentant sa carrière, sa personnalité et son apparence physique. Les plus anciens semblent remonter à 2024, l'année où il est devenu premier ministre d'Emmanuel Macron.

Gabriel Attal, 37 ans, était devenu le plus jeune premier ministre français et le premier à être ouvertement homosexuel, et sa nomination avait été largement couverte par la presse internationale.

Le couple qu'il forme avec le commissaire européen Stéphane Séjourné, abordé dans son livre, semble aussi être l'un des sujets de prédilections des utilisateurs de RedNote.

Une étudiante chinoise interviewée par Libération lors d'une dédicace de Gabriel Attal, Wanton, a assuré que leur histoire "touche beaucoup de Chinois".

L'un des utilisateurs de RedNote écrit que "si ses fans chinois pouvaient voter, il gagnerait en 2027".

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Culture

Spotify lance un nouveau label "vérifié" pour les artistes humains

Publié

le

La plateforme de streaming lance un nouveau label censé faire la différence entre musique humaine et musique issue de l'AI. (© KEYSTONE/AP/PATRICK SEMANSKY)

La plateforme de streaming audio Spotify a présenté jeudi un nouveau label "Verified by Spotify" (vérifié), attribué selon plusieurs critères, indiquant que l'artiste ou le groupe est vraisemblablement humain et non un avatar d'intelligence artificielle (IA).

"Les profils qui semblent être associés à des artistes générés par IA ou avec une identité IA ne seront pas éligibles" à ce label, a indiqué le groupe suédois.

Pour identifier des artistes humains, Spotify prendra notamment en compte leur empreinte en dehors de la plateforme, via les concerts, les produits dérivés ou l'activité sur les réseaux sociaux.

Il s'intéressera aussi aux écoutes enregistrées par ces artistes, privilégiant un volume régulier dans le temps plutôt que des pics de fréquentation.

Autre paramètre: le fait que ces musiciens fassent l'objet de recherches spécifiques et ne bénéficient pas uniquement d'une recommandation d'un algorithme.

Le service de streaming adopte ainsi une approche inverse de celle de son concurrent Deezer, qui signale lui systématiquement les contenus générés par IA.

Confiance dans l'artiste

"A l'ère de l'IA", a expliqué l'entreprise, "il est plus important que jamais de pouvoir avoir confiance dans l'authenticité de la musique que vous écoutez."

Le label n'est cependant pas lié au contenu musical mis en ligne mais au profil de l'artiste, ce qui signifie qu'un musicien "vérifié" pourra télécharger de la musique générée par IA sur la plateforme.

En septembre, Spotify avait invité les artistes a préciser s'ils utilisaient l'IA dans les métadonnées, des renseignements complémentaires aux informations qui apparaissent dans la fiche signalétique d'un morceau.

La plateforme avait aussi promis de faire la chasse aux "acteurs malveillants" qui manipulaient l'algorithme de recommandation ou téléchargeaient d'énormes volumes de morceaux IA pour générer artificiellement du trafic.

Deezer a affirmé, il y a quelques jours, que près de la moitié (44%) des titres postés quotidiennement sur sa plateforme étaient générés par IA, contre moins de 20% il y a un an.

Le volume d'écoutes de ces morceaux reste néanmoins très faible, de l'ordre de quelque points de pourcentage du nombre total de streams.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Culture

L'artiste Georg Baselitz est mort à l'âge de 88 ans

Publié

le

Georg Baselitz était parmi les plus réputés de l'art moderne allemand. (© KEYSTONE/DPA/FELIX HÖRHAGER)

Le peintre, dessinateur, graveur et sculpteur allemand Georg Baselitz est mort à l'âge de 88 ans, ont annoncé jeudi les principaux médias allemands.

Sollicitée par l'AFP, la galerie Ropac avec laquelle il a longtemps travaillé a confirmé son décès ce même jour.

Georg Baselitz, qui a "profondément influencé ses contemporains et les artistes après lui, est mort paisiblement", a déclaré la galerie dans un communiqué.

Cet artiste contemporain majeur, né dans l'Allemagne nazie et qui a grandi sous le régime totalitaire d'Allemagne de l'Est, laisse une oeuvre s'étalant sur six décennies, se jouant de toutes les techniques sur très grands formats.

Hans-Georg Bruno Kern, né en 1938 à Deutschbaselitz, non loin de Dresde en Saxe (est), avait adopté en 1961 le pseudonyme de Georg Baselitz en référence à sa ville natale.

Ses oeuvres, qui font écho aux traumatismes de l'histoire allemande, de son groupe des Héros à ses peintures au doigt, en passant par les tableaux fractures et les tableaux russes, sont aujourd'hui présentes dans les collections publiques parmi les plus prestigieuses.

Motifs renversés

Baselitz a non seulement peint, mais aussi dessiné, gravé, sculpté. C'est en 1969 qu'il débutait son travail sur le renversement du motif, dont le premier tableau sera "Der Wald auf dem Kopf" (La Forêt sur la tête).

Tous les sujets de son répertoire personnel seront alors retournés (personnages, arbres, maisons, etc.) pour affirmer la primauté du regard sur le sujet. Son travail empruntera aussi bien à l'expressionnisme allemand qu'à la peinture américaine (Jackson Pollock, Willem de Kooning).

A Paris, sa carrière avait connu un double couronnement ces dernières années avec son élection à l'Académie des Beaux-Arts en 2019, puis une grande exposition rétrospective en 2021 au Centre Pompidou, un des principaux musées européens d'art moderne et contemporain.

On a notamment vu son travail en Suisse, au Musée Jenish à Vevey en 2021, lors de l'exposition qui avait réuni des oeuvres d'une centaine d'artistes du XVIIe siècle à nos jours.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Culture

Une statue apparait à Londres, avec le nom de Banksy sur le socle

Publié

le

La statue se situe à Waterloo Place au centre de Londres, avec le nom de Bansky griffonné à sa base. (© KEYSTONE/AP/Kin Cheung)

Le street artist britannique Banksy a dévoilé une nouvelle oeuvre dans le centre de Londres: la statue d'un homme marchant d'un pas décidé en brandissant un drapeau, qu'il a revendiquée jeudi sur Instagram.

La statue de cet homme, une jambe hors du socle, le visage couvert par le drapeau, a été installée tôt mercredi matin, a indiqué une porte-parole de l'artiste.

Elle se trouve sur un îlot central de Pall Mall, une avenue étroitement associée à la monarchie, à l'armée et à l'establishment britannique. "Il y avait un petit espace libre", a dit l'artiste, selon la porte-parole.

Non loin se trouvent les statues du roi Edouard VII et de l'infirmière Florence Nightingale, figure de l'histoire de la santé publique britannique, ainsi que le mémorial de la guerre de Crimée.

Revendiquée

Le nom de Banksy a été griffonné sur le socle de l'oeuvre.

L'artiste a, comme à son habitude, revendiqué cette oeuvre sur son compte Instagram. Avec une touche d'humour: la vidéo se termine avec les images d'un homme observant la nouvelle statue et disant "Non, je ne l'aime pas".

Banksy est surtout connu pour ses fresques murales souvent réalisées dans un style caractéristique au pochoir.

Il suscite un important engouement médiatique et populaire chaque fois qu'il dévoile une nouvelle oeuvre.

La statue n'a pas tardé à attirer les curieux et fans de l'artiste. Jeudi en milieu de journée, une centaine de personnes étaient présentes.

L'apparition de la statue intervient un peu plus d'un mois après la publication d'une enquête de Reuters, dans laquelle l'agence de presse affirmait avoir la confirmation de la véritable identité de Banksy.

Une affirmation similaire avait été publiée par le tabloïd Mail on Sunday il y a près de vingt ans. L'artiste avait alors été présenté comme un Britannique de 52 ans, né sous le nom de Robin Gunningham, qui aurait ensuite changé de nom pour David Jones.

L'article s'appuyait notamment sur un procès-verbal d'arrestation à New York datant de 2000, ainsi que sur des témoignages de personnes ayant vu Banksy lors d'une visite en Ukraine.

L'artiste avait déjà créé une statue, installée à Londres.

Son oeuvre intitulée "The Drinker" ("Le buveur"), qui parodiait la célèbre sculpture en bronze d'Auguste Rodin "Le Penseur", avait été dévoilée en 2004.

Elle a été volée peu après puis a fait l'objet d'un litige concernant sa propriété pendant des années.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Derniers titres

Les 2 derniers titres

Votre Horoscope

Scorpion

Grande réserve d'énergie, mais elle est nerveuse. Ne la laissez pas stagner. Une activité physique reste votre meilleur exutoire.

Les Sujets à la Une