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Culture

La vie et les morts de Maria Callas, dans l'Athènes de sa jeunesse

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Maria Callas, ici avec Tito Gobbi, après une représentation au Royal Opéra de Londres en 1965. (© KEYSTONE/AP/ROBERT DEAR)

Athènes se plonge le temps d'une semaine dans la trépidante vie de Maria Callas. Elles se sont mises à deux pour incarner la diva: la comédienne Monica Bellucci et la performeuse Marina Abramovic.

De son vivant, Maria Callas regrettait d'être "au centre d'innombrables commérages". Quarante-quatre ans après sa mort, la diva ressuscite le temps d'une semaine dans l'Athènes de son adolescence pour "clarifier" sur scène sa vie et ses "sept morts", à travers deux stars contemporaines.

"J'ai vu le jour à New York, sous le signe du sagittaire", déclame Monica Bellucci, revêtue d'une authentique robe noire de Maria Callas. Sur la scène du théâtre antique Herodes Atticus d'Athènes, la comédienne italienne "rentre dans l'âme" de la cantatrice grecque, en récitant les "Lettres et Mémoires" de la diva.

"Sagittaire comme" la Callas, la performeuse Marina Abramovic, "fascinée par la personnalité, la vie voire la mort" de la célébrissime soprano, a "voulu rejouer" à l'Opéra national de Grèce, "sept morts" que la tragédienne avait vécues sur scène avant elle. Car "comme bon nombre des héroïnes d'opéra qu'elle créa sur scène, elle aussi est morte d'amour. Elle est morte d'un coeur brisé", confiait l'artiste serbe à l'AFP.

La Callas considérait que la Grèce était à l'origine de son extraordinaire ascension dans le chant lyrique, auquel elle a été formée dès l'âge de 13 ans au conservatoire national à Athènes.

C'est en Grèce, où la virtuose cosmopolite a vécu une dizaine d'années avec sa mère, à la séparation de ses parents grecs, qu'elle interpréta certains de ses grands rôles de La Traviata de Verdi, à Madame Butterfly de Puccini, dont Marina Abramovic scénarise les fins tragiques à l'Opéra.

"J'étais déclarée à l'état civil Sophia Kalogeropoulou. Ma mère ne me permettait pas de le citer plus de 5 minutes devant un miroir, je devais travailler, je ne pouvais pas perdre mon temps avec des bêtises, disait-elle", susurre Monica Bellucci en lisant en français les émouvantes lettres intimes scénographiées par Tom Volf.

"Les lettres sont tellement belles (...) c'était impossible de pas rentrer dans l'âme de cette artiste merveilleuse", a déclaré à la presse Monica Bellucci, peu avant le spectacle joué pour la première fois cette semaine à Athènes.

"Fière et combattive"

La Callas écrivait avoir "vu le jour à New York un matin du 2 ou du 4 décembre". "Mon passeport indique que je suis née le 2 alors que ma mère soutient m'avoir mise au monde le 4, moi je préfère le 4 décembre (...) parce que c'est le jour de sainte Barbara, une sainte fière et combattive".

De l'enfance de la diva à New York à ses années en Grèce, dont elle a pris la nationalité en 1966, des premiers pas de sa carrière à son mariage et à son histoire d'amour tragique avec l'armateur grec Aristote Onassis, Monica Bellucci interprète avec émotion les mémoires de l'icône internationale.

De la Grèce, sa véritable patrie auto-proclamée, la Callas se "souvient de l'hiver 1941, la Grèce envahie par les Allemands et depuis plusieurs mois la population réduite à la famine", rapporte l'actrice. "Celui qui n'a jamais connu la misère de l'occupation et la faim ne peut savoir ce que signifie la liberté", écrivait la cantatrice décédée d'une crise cardiaque à l'âge de 53 ans à Paris.

Tragédie grecque

Dans son appartement parisien reconstitué à Athènes, la Callas ressuscitée par Marina Abramovic s'éteint, en soupirant: "Ari, c'est moi", en référence à Aristote Onassis, décédé avant elle.

"J'avais 14 ans quand je l'ai entendue à la radio dans la cuisine de ma grand-mère; j'ai pleuré tellement j'ai été touchée par la beauté de sa voix", disait en août à l'AFP la papesse de l'art performatif aux longs cheveux noirs.

Dans "Les sept morts de Maria Callas", la performeuse invite sept sopranos à chanter les airs célèbres de la diva pendant que, sur un écran à l'arrière-scène, elle réinvente, avec audace et modernité, "la mort" des héroïnes d'opéra, de Tosca, qui plonge dans le vide, à Carmen poignardée, que la Callas avait incarnées. A la manière d'une tragédie grecque.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

L'Allemagne veut que TikTok passe sous contrôle européen dans l'UE

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Tout comme aux Etats-Unis, des voix s'élèvent en Europe contre TikTok, qui pourrait collecter d'importantes données auprès des jeunes (photo prétexte). (© KEYSTONE/DPA/ROBERT MICHAEL)

L'Allemagne a plaidé mardi pour que les opérations de TikTok en Europe passent sous contrôle européen, à la manière de ce qui a été fait aux Etats-Unis. Cela permettrait d'éviter une interdiction de l'application.

"Je suis fermement convaincu que l'Europe devrait s'inspirer du modèle américain", a déclaré le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer.

"Cela signifie que nous devrions confier les activités européennes de TikTok à une gestion européenne", a-t-il ajouté en marge d'une réunion à Bruxelles.

L'application, extrêmement populaire chez les jeunes, avait annoncé en début d'année la création d'une coentreprise à majorité américaine pour poursuivre ses activités aux Etats-Unis malgré ses liens avec sa maison mère chinoise.

Collecte de données

Au coeur du conflit originel: le puissant algorithme de TikTok, dont les élus américains craignaient qu'il ne soit utilisé comme une arme de collecte de données ou de propagande par le gouvernement chinois.

De la même manière, le ministre allemand de la culture a dit s'inquiéter que "TikTok collecte des données sur les jeunes Européens à une échelle inimaginable".

"Ces données sont transmises vers des serveurs dont nous ne connaissons pas précisément l'origine", a-t-il alerté.

TikTok cherche à rassurer Bruxelles en stockant les informations des utilisateurs européens en Europe, avec des restrictions sur les personnes pouvant y accéder.

La plateforme fait également l'objet d'enquêtes de l'Union européenne dans le cadre de ses puissantes règles sur le numérique.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Patoisromands.ch: une plateforme intercantonale inédite

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En 2022, la commune jurassiene de St-Brais avait traduit son panneau d'entrée de localité, en patois (photo d'archives). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Les services de la culture des cantons du Valais, de Fribourg, de Vaud et du Jura ont présenté, mardi lors d'un point-presse à Sion, "Patoisromands.ch". Il s'agit d'une plateforme intercantonale dédiée à la sauvegarde et à la valorisation des patois romands.

Face à l’urgence de la préservation des patois en Romandie, ce projet propose un espace numérique commun qui vise à renforcer leur visibilité, à fédérer les ressources et en faciliter l’accès, tant pour les locuteurs que pour toutes les personnes qui désirent les découvrir ou se les réapproprier.

Reconnus en 2018 comme langues régionales ou minoritaires en Suisse, les patois romands issus du francoprovençal et du franc-comtois constituent un patrimoine linguistique et culturel d’une richesse exceptionnelle. Faute de transmission intergénérationnelle et de locutrices et locuteurs suffisants, à l’une ou l’autre exception près, ils sont aujourd’hui en danger de disparition.

Diverses approches regroupées

Porté par l’Assemblée plénière culture de la Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin (AP-culture de la CIIP), le projet "Patoisromands.ch" s’inscrit dans une dynamique intercantonale visant à répondre de manière coordonnée aux défis posés par la disparition des patois romands.

Développée sur deux ans par un groupe de travail réunissant services culturels, spécialistes et patoisants, la plateforme constitue un outil inédit, à la croisée des approches scientifique, patrimoniale et pédagogique.

Trois volets complémentaires

"Patoisromands.ch" s’inscrit dans les enjeux contemporains de mise en valeur du patrimoine culturel immatériel, en donnant une visibilité nouvelle à des langues dites "post-vernaculaires" et dont l’usage est aujourd’hui principalement culturel.

La plateforme s’articule autour de trois volets complémentaires, dans une approche qui se veut à la fois culturelle et pédagogique.

Apprentissage en ligne

Un volet sensibilisation propose des contenus permettant de mieux comprendre les patois romands: leur histoire, leur diversité, leur répartition géographique et les enjeux qui les entourent. Il donne également accès à des centaines de ressources souvent inédites (textes, archives audio et documents audiovisuels), issues d’un important travail de collecte et de numérisation.

Le volet appentissage en ligne propose des exercices répartis en onze modules thématiques par patois. Ces contenus offrent une initiation aux patois, progressive et accessible, tant pour les jeunes que pour les adultes.

Au fil du temps

Enfin, le volet patois vivant met en lumière les usages actuels des patois romands, en valorisant les événements, les publications, les projets artistiques et les initiatives actuelles.

La plateforme a vocation à s’enrichir au fil du temps dans ses volets de sensibilisation et d’apprentissage en ligne, notamment grâce à la participation des communautés patoisantes.

Identifier, collecter et numériser

La réalisation de la plateforme a nécessité un important travail de terrain, notamment pour identifier, collecter et numériser des sources en patois souvent inédites et parfois conservées en dehors des circuits institutionnels. Ce travail a permis de rendre accessibles des documents jusqu’ici peu exploités, tout en renforçant les liens entre les acteurs du domaine.

Le projet a bénéficié du soutien financier de l’Office fédéral de la culture, complété par celui de la CIIP ainsi que l’engagement des cantons partenaires. Il s’appuie également sur la mobilisation d’institutions patrimoniales (archives de l’Etat du Valais, médiathèque Valais-Martigny, Glossaire des patois de la Suisse romande), sur l’implication de spécialistes (UNIGE, UNINE, HEP Valais et HEP BEJUNE) et de patoisants.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

À Venise, la Suisse transforme la question queer en miroir

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La création vidéo de l'artiste alémanique Miriam Laura Leonardi se reflère dans les vitres du Pavillon suisse à la Biennale de Venise. (© KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)

Questions queer, coexistence, contrôle ou identité nationale: le pavillon suisse de la Biennale de Venise s’empare cette année des fractures contemporaines à travers "The unfinished business of living together", qui a ouvert au public samedi dernier.

Deux des artistes, Miriam Laura Leonard et Yul Tomatala, ont expliqué leur démarche à Keystone-ATS dans le brouhaha des Giardini. "Pour nous, c’était assez important, dès le départ, de justement pas se définir comme un collectif, mais comme un groupe de travail", a expliqué le Genevois. "C’est la première fois que nous avons tous travaillé ensemble", a ajouté le trentenaire, le plus jeune artiste du groupe.

Le projet trouve son origine dans une réflexion initiée par les curateurs Gianmaria Andreetta et Luca Beeler, en collaboration avec l’artiste britannique Nina Wakeford et le collectif Lithic Alliance (Zurich/Bruxelles). "Le point de départ, cette question de l’homosexualité, vient comme un catalyseur de problématiques, comme un point de référence pour aborder d’autres questions du vivre ensemble", poursuit Yul Tomatala.

Les ½uvres présentées répondent ainsi "sous différents angles, sous différentes approches" à cette interrogation commune. "On a tous et toutes un regard complètement différent et aussi un rapport à ces réalités qui est autre", souligne l’artiste.

La vidéaste et performeuse alémanique Miriam Laura Leonardi, qui enseigne notamment à l'ECAL à Lausanne, décrit pour sa part une pratique artistique nourrie de collaborations et d’expériences concrètes. Formée à la photographie à Paris avant de poursuivre un master en arts visuels à Zurich, elle dit utiliser "la réalité un peu comme un matériau pour construire des images".

Pour cette exposition, elle a notamment tourné dans une tour de contrôle d’aéroport ainsi qu’en marge du Forum économique mondial de Davos. "J’avais mon drone, on est venu m’arrêter dans les cinq minutes", raconte-t-elle.

Dialogue exigeant avec les curateurs

Si les artistes assurent ne pas avoir connu de conflits majeurs entre eux, Yul Tomatala reconnaît que le dialogue avec les curateurs a parfois été exigeant. "Certaines conditions ou certaines demandes étaient plus compliquées à accepter en tant qu’artiste que d’autres", dit-il, qualifiant l’expérience de "challenging".

Au-delà des ½uvres, la représentation nationale elle-même interroge les participants. Les deux artistes voient ces pavillons comme des lieux porteurs d'une certaine ambiguïté: d’un côté des espaces d’échange culturel, de l’autre des sortes "d’ambassades" nationales qui soulèvent inévitablement des questions politiques et identitaires.

L’artiste évoque aussi les débats autour du financement audiovisuel public helvétique, qui vient de passer devant les urnes: "Comment on se positionne - en particulier si le oui à une baisse de la redevance l'avait emporté - alors qu’on fait usage d'archives de la SSR dans ce projet ?"

Les deux artistes revendiquent enfin des influences multiples, du photographe canadien Jeff Wall à l’architecte néerlandais Rem Koolhaas, en passant par le cinéaste français Chris Marker. "Quand je traverse un moment de doute, aller revoir Chris Marker, c’est toujours quelque chose qui va me redonner envie de faire de l’art", confie Yul Tomatala.

Les deux artistes, qui ont quitté la Biennale à la fin de la semaine, y reviendront certainement d'ici la fermeture en novembre. Par contre, ils ne pourront plus exposer au Pavillon suisse: cette possibilité est unique.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Dua Lipa attaque Samsung pour utilisation indue de son image

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Les avocats de Dua Lipa assurent que même si elle en avait eu l'opportunité, la chanteuse n'aurait pas voulu associer son nom et son image aux téléviseurs de Samsung (archives). (© KEYSTONE/EPA/SARAH YENESEL)

La chanteuse britannique Dua Lipa a assigné devant la justice californienne l'équipementier électronique sud-coréen Samsung, accusé d'avoir utilisé son image sans autorisation sur l'emballage de téléviseur. Elle réclame 15 millions de dollars de dommages et intérêts.

L'assignation a été déposée le 8 mai devant un tribunal fédéral de Los Angeles. La photographie incriminée a été prise dans les coulisses du festival Austin City Limits, où s'est produit Dua Lipa en 2024. Elle est enregistrée à son nom.

Les avocats de l'interprète et la coauteure des tubes "Levitating" ou "Don't Start Now" font valoir que Samsung n'a jamais demandé l'autorisation d'utiliser le cliché en question. En juin 2025, Dua Lipa a demandé à Samsung de ne plus l'apposer sur le carton de certaines de ses télévisions, sans succès.

Selon les avocats de la chanteuse, le groupe sud-coréen continue même, à ce jour, à vendre aux Etats-Unis des produits dont l'emballage inclut cette image.

Image transmise par un fournisseur

Sollicité par l'AFP, Samsung a affirmé que l'image lui avait été transmise par un fournisseur de contenu pour son service de streaming gratuit Samsung TV Plus, avec l'assurance qu'il avait obtenu les autorisations nécessaires.

Le groupe sud-coréen réfute avoir agi en connaissance de cause et dit rester "ouvert à une issue constructive avec l'équipe de Mme Lipa".

L'artiste dont les parents sont issus de la communauté albanaise du Kosovo cite plusieurs messages postés sur les réseaux sociaux par des fans assurant qu'ils ont acheté un téléviseur Samsung parce que sa photographie était sur l'emballage.

"Mme Lipa est très sélective quant à ses partenariats commerciaux et a développé une image haut de gamme en choisissant avec soin des sponsors de prestige", souligne ses avocats. Ils assurent que même si elle en avait eu l'opportunité, la chanteuse "n'aurait pas voulu associer son nom et son image aux produits incriminés".

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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