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Culture

Salles de concerts et festivals débranchent pour 5 semaines de plus

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(Image d'illustration © KEYSTONE/Peter Klaunzer)

Le couperet est tombé mercredi: les salles de concerts et autres spectacles coupent le son encore cinq semaines. Pour ce milieu, la clarté de cette mesure certes brutale semble toutefois moins douloureuse que les atermoiements des derniers mois et semaines.

Le scénario clair d'une fermeture comme celui annoncé mercredi par le Conseil fédéral est presque le moins pire, même si cela reste très compliqué, a expliqué Anja Della Croce, la coordinatrice de Petzi à Keystone-ATS. Les stop-and-go des derniers mois ont été très pénibles, a-t-elle poursuivi, demandant des qualités de contorsionnistes aux responsables de salle, qui ont dû faire et défaire un nombre incalculable de fois les programmations et les plans de protection.

Avec des clubs fermés pendant les 5 prochaines semaines, Petzi ne tire pas pour autant la prise, tant cette fédération doit venir en soutien à ses membres dans leur relation avec les pouvoirs publics et dans leur éventuelle mutation. "Beaucoup de lieux pensent à se transformer, en recourant au volet d'aide prévu pour cela."

Dans l'intervalle, si les artistes peuvent continuer à répéter, plusieurs salles se proposent de les accueillir en résidence. Cela permet aux artistes de continuer à travailler et aux salles de toucher un peu d'argent, une des craintes étant que si les artistes cessent leur activité, il n'y ait pas grand chose à présenter au public quand les salles rouvriront.

La fédération Petzi rassemble une quarantaine de salles de concerts et une soixantaine de festivals en Suisse romande, avec au total plus de 1500 employés et de 9800 bénévoles. "Les clubs que nous représentons sont des lieux subventionnés entre zéro et 30%", a précisé sa coordinatrice.

Une autre problématique se profile, sur laquelle Petzi va travailler ces prochaines semaines, c'est la question des festivals, comme Antigel à Genève, et "ceux de l'été aux dimensions internationales." "Festi'neuch comme le Chant du Gros ont par exemple des charges fixes, qui sont conséquentes, puisqu'ils ont des employés et des bureaux".

"Est-ce que les artistes pourront venir ? seront-ils en tournée?" se demande Anja Della Croce. Et d'évoquer "l'effondrement de l'écosystème dans sa globalité". "Les entreprises de sons et lumières comme d'autres prestataires seront-ils encore vivants? Ou même les imprimeurs qui publient les programmes ? Si une deuxième année sans festival se profile, beaucoup n'y survivront pas", prédit la jeune femme.

Lettre à Berne

L'industrie de l'événementiel et du spectacle a adressé mardi une lettre ouverte au président de la Confédération Guy Parmelin, au conseiller fédéral Ueli Maurer ainsi qu'à la Secrétaire d'Etat à l'économie Marie-Gabrielle Ineichen-Fleisch. Selon la Taskforce culture, les aides et indemnisations sont versées trop tard.

A mesure que la crise du coronavirus a progressé, une grande frustration est née, en raison des retards de paiements, de la complexité des critères et des différences de traitement entre les cantons, souligne cette faîtière, qui représentent des dizaines d'organisations culturelles.

Pour parer à ces difficultés, celles-ci demandent à Berne une uniformisation nationale des critères et des procédures de paiement des aides pour les cas de rigueur, un abaissement des critères d'éligibilité afin que toutes les entreprises concernées soient soutenues ainsi que des paiements rapides sans trop d’obstacles administratifs.

La Suisse romande semble toutefois mieux lotie de ce point de vue-là que la Suisse alémanique, selon la coordinatrice de Petzi, qui salue le bon dialogue avec les cantons, permettant de réajuster des mesures de soutien économique, quand celles-ci manquent leur cible.

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Culture

Prix du cinéma suisse - Six nominations pour le film "Petite soeur"

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Leur film "Petite soeur" est non seulement sélectionné pour les Oscars, il est aussi nominé six fois pour un prix suisse, notamment pour le meilleur film de fiction: les réalisatrices lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond (Archives © Keystone/ALEXANDRA WEY)

Les nominés pour le Prix du cinéma suisse 2021 ont été révélés lundi soir à Soleure dans le cadre de la Nuit des nominations qui s'est déroulée sous forme numérique. "Petite soeur" est nominé six fois et "Les enfants du Platzspitz" cinq fois.

Au total, 120 films dans 12 catégories pouvaient concourir pour le Prix du cinéma suisse 2021. Environ 450 membres de l'Académie du cinéma suisse ont été consultés pour faire leurs recommandations à la commission de nomination.

Réalisatrices et réalisateurs romands

Les deux films les plus nominés sont "Petite soeur", des Lausannoises Stéphanie Chuat et Véronique Reymond, et "Les enfants du Platzspitz", du Fribourgeois Pierre Monnard. Les deux dans les catégories "meilleur film de fiction", "meilleur scénario" et "meilleur montage".

"Petite soeur" est aussi nominé pour le "meilleur second rôle féminin" (Marthe Keller), la "meilleure photographie" et le "meilleur son". "Les enfants du Platzspitz" est nominé deux fois pour la "meilleure interprétation féminine" (Luna Mwezi et Sarah Spale).

Les autres nominés pour le "meilleur film de fiction" sont "Atlas", de Niccolo Castelli, "Mare", d'Andrea Staka, et "Wanda, mein Wunder", de Bettina Oberli. "Mare" est aussi nominé pour le "meilleur scénario" et le "meilleur son", et "Atlas" dans la catégorie "meilleure photographie".

Sélection pour les Oscars

Le film "Petite soeur" est sélectionné pour les prochains Oscars 2021. Il raconte l'histoire de Lisa, une dramaturge qui a cessé d'écrire et qui tente de faire remonter sur scène son frère jumeau, un comédien célèbre, mais gravement malade.

"Les enfants du Platzspitz" retrace les années de la scène ouverte de la drogue à Zurich. Il raconte l'histoire vraie d'une petite fille que la toxicomanie de ses parents a contrainte à grandir trop vite.

Il n'y aura pas de prix d'interprétation masculine cette année. Le nombre d'acteurs éligibles est inférieur à six, le minimum fixé par l'Office fédéral de la culture.

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Culture

Mort du cascadeur français Rémy Julienne des suites du Covid-19

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Le célèbre cascadeur français Rémy Julienne, ici au Salon de l'auto de Genève en 2003, est décédé des suites du Covid-19, à l'âge de 90 ans (Archives © KEYSTONE/SANDRO CAMPARDO)

Le célèbre cascadeur français Rémy Julienne est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi des suites du Covid-19, à l'âge de 90 ans, a appris l'AFP vendredi de sources concordantes. Il a notamment participé à plusieurs James Bond.

L'homme aux 1400 productions était en réanimation dans un hôpital du Loiret, à environ une centaine de kilomètres de Paris depuis le début du mois. "Ce qui devait arriver est arrivé, il nous a quittés en fin de soirée (jeudi). C'était prévisible, il était sous respirateur artificiel", a raconté un proche à l'AFP. Le décès a été confirmé par le député du Loiret, Jean-Pierre Door, un ami de l'ancien cascadeur.

Rémy Julienne, natif de Cepoy (Loiret), près de Montargis, a débuté dans le cinéma en 1964. Alors champion de France de moto-cross, il double Jean Marais sur le tournage de Fantômas.

Sa carrière s'étalera sur une cinquantaine d'années et lui permettra de doubler notamment Yves Montand, Alain Delon, Roger Moore ou encore Sean Connery. Il apparaitra au générique de six James Bond, mais aussi des classiques du cinéma français: Le Mur de l'Atlantique (Marcel Camus), Le Solitaire (Jacques Deray), Le Cerveau, La Grande Vadrouille (Gérard Oury), L'Aventure c'est l'aventure (Claude Lelouch).

Selon une source proche de la famille, Rémy Julienne sera enterré à Cepoy, dans le caveau familial.

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Culture

Journées de Soleure "virtuelles" ouvertes par Guy Parmelin

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Ouverte par le président de la Confédération Guy Parmelin, l'édition 2021 des 56e Journées de Soleure se déroule jusqu'au 27 janvier en mode entièrement numérique. Ses films et ses divers évènements sont diffusés en ligne. (© KEYSTONE/PETER SCHNEIDER)

Guy Parmelin a ouvert les 56es Journées de Soleure, organisées en mode entièrement virtuel en raison de la pandémie. Le président de la Confédération a salué l'hommage rendu cette année aux réalisatrices, 50 ans après l'introduction du suffrage féminin en Suisse.

Le droit de vote des femmes au niveau fédéral est "un jalon bien tardif, mais important de notre histoire, et les brumes sinistres du coronavirus ne parviendront pas à l’occulter", a souligné le conseiller fédéral mercredi soir en ouverture du festival du cinéma suisse. A cet égard, les réalisatrices suisses sont "nos jalons cinématographiques", a-t-il déclaré.

Dans son programme "Histoire du cinéma suisse", l'édition 2021 des Journées de Soleure consacre une section spécifique à sept réalisatrices dont le travail innovant a marqué la décennie qui a suivi l'introduction du suffrage féminin en 1971. En outre, le Prix de Soleure, principale compétition du festival, dotée de 60'000 francs, réunit 14 oeuvres dont neuf sont réalisées par des femmes.

"Régénérescence culturelle" post-Covid

Lors de son discours inaugural télévisé, Guy Parmelin a prédit une "régénérescence culturelle" à l'issue de la pandémie de coronavirus. Faisant référence aux "années folles" qui ont suivi la grippe espagnole dans les années 1920, le président de la Confédération a dit espérer un phénomène semblable cent ans plus tard.

Jusqu'au 27 janvier, les Journées de Soleure proposent 170 films au public à domicile, de manière numérique. Un millier d'entrées virtuelles sont en vente par séance.

"Atlas" en ouverture

Le film d'ouverture "Atlas", de Niccolò Castelli est accessible gratuitement sur le site en ligne du festival, en plus de sa diffusion mercredi soir sur les chaînes de télévision RTS2, SRF2 et RSI La 2, de même qu'un entretien avec son réalisateur.

Ce long-métrage fait partie de onze films en lice pour le Prix du public, doté de 20'000 francs. Pour la première fois, en outre, un prix "Opera Prima" est remis pour la meilleure première oeuvre. Il est aussi doté de 20'000 francs.

Débats et Master Class en ligne sont notamment programmés dans le cadre de la section "Focus" consacrée au thème de la critique de film. Il en va de même pour la section "Atelier", consacrée à la mise en oeuvre du savoir-faire des cinéastes.

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Cinéma: décès de l'acteur Jean-Pierre Bacri

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L'acteur Jean-Pierre Bacri (Archives © KEYSTONE/EPA/DANIEL DEME)

Figure du théâtre et du cinéma français, Jean-Pierre Bacri est décédé lundi des suites d'un cancer, a annoncé son agente. Habitué des rôles d'anti-héros râleurs et désabusés mais profondément humains, il a été plusieurs fois récompensé comme acteur et comme scénariste.

De nombreuses personnalités politiques ont fait part de leur "tristesse" à l'annonce de son décès, saluant ses talents de scénariste et de comédien, son humour ou encore l'homme "engagé" qu'il était.

Au cours de sa carrière Jean-Pierre Bacri a reçu cinq César: quatre fois le trophée du meilleur scénario avec son ex-compagne Agnès Jaoui (pour "Smoking/No Smoking", "Un air de famille", "On connaît la chanson" et "Le Goût des autres") et une fois celui du meilleur acteur dans un second rôle pour "On connaît la chanson".

Il a été nommé six fois pour le César du meilleur acteur (pour "Kennedy et moi", "Le Goût des autres", "Les Sentiments", "Cherchez Hortense", "La Vie très privée de Monsieur Sim" et "Le Sens de la fête").

Lutte contre le sectarisme

Parfois catalogué comme l'acteur d'un seul rôle, celui de l'éternel bougon, il détestait pourtant qu'on lui colle "cette étiquette": "Je ne joue pas toujours des personnages râleurs !", s'était emporté l'acteur auprès de l'AFP en 2015.

Jean-Pierre Bacri n'aimait pas les héros et "ne croyait pas aux types éclatants de bonheur". "Traquer le vécu, la sobriété, la pudeur" et "refuser la tricherie" étaient une profession de foi.

Dans les rôles qu'il choisissait ou ceux qu'il écrivait avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri pourfendait le sectarisme culturel, le conformisme, les chapelles, la servilité...

C'est son père qui lui avait transmis cette morale, lors de son enfance à Castiglione (Algérie), où Jean-Pierre naquit en mai 1951. Facteur, il travaillait le week-end dans le cinéma de la ville et avait fait découvrir le Septième Art à son fils.

D'abord l'écriture

En 1962, la famille émigre à Cannes, où Jean-Pierre Bacri entreprend des études de lettres. Quand il se rend à Paris et pousse la porte d'un cours d'art dramatique, c'est d'abord l'écriture qui l'intéresse.

En 1977, il écrit sa première pièce, "Tout simplement", vite suivie de trois autres. Parallèlement, Jean-Pierre Bacri décroche de petits rôles à la télévision et sur les planches.

En 1982, son personnage de proxénète dans "Le Grand Pardon" d'Alexandre Arcady le fait connaître du grand public. Deux ans plus tard, il est nommé aux César comme meilleur acteur dans un second rôle pour son personnage de flic dépassé et taciturne dans "Subway" de Luc Besson.

Duo avec Agnès Jaoui

Mais son talent n'éclate vraiment qu'au côté d'Agnès Jaoui qu'il rencontre en 1987 au théâtre dans "L'anniversaire" de Pinter. Très vite, les "Jacri" - comme les surnommait le réalisateur Alain Resnais - mettent en commun leur humour acide et leur don d'observation pour écrire à quatre mains.

Leur première pièce "Cuisine et dépendances" (1992) est un succès vite adapté au cinéma, tout comme "Un air de famille" (1996). Alain Resnais fait appel à eux pour les scenarii de "Smoking/NoSmoking" (1993) et "On connaît la chanson" (1997). Puis Agnès Jaoui passe derrière la caméra pour "Le goût des autres" (2000).

Ces dernières années, l'acteur tournait moins, se limitant à deux films par an et revendiquant son droit à la paresse. Parmi ses tout derniers films, "Place publique", d'Agnès Jaoui, en 2018.

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Un roman de Joël Dicker meilleure vente en France en 2020

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Le roman du Suisse Joël Dicker, "L'Enigme de la chambre 622", a été le plus vendu sur une année en France (Archives © EPA/Kai Forsterling)

Le roman du Suisse Joël Dicker, "L'Enigme de la chambre 622", a été le plus vendu sur une année en France, selon le classement publié par le magazine Livres Hebdo jeudi. Il a battu celui du Français Guillaume Musso.

D'après le cabinet GfK, ce roman édité par De Fallois, et paru en mai, s'est écoulé à 493'919 exemplaires, contre 483'079 pour "La Vie secrète des écrivains" de Musso, roman paru en 2019 chez Calmann-Lévy et repris en poche en 2020.

La grande surprise de l'année est le prix Goncourt, "L'Anomalie" d'Hervé Le Tellier (Gallimard). Bénéficiant d'un tirage modeste au départ, en août, ce roman haletant et drôle s'est hissé à la troisième place, à 440'848 exemplaires.

Gallimard en a tiré quelque 800'000 exemplaires. Son succès devrait en faire à terme le deuxième prix Goncourt le mieux vendu de l'histoire, derrière "L'Amant" de Marguerite Duras (1984) et devant "Les Bienveillantes" de Jonathan Littell (2006).

Guillaume Musso devrait très probablement rester l'auteur le plus vendu de l'année. "La Vie est un roman", paru en mai, est le cinquième livre le mieux vendu de 2020, avec 396'717 exemplaires.

Le quatrième est un livre de cuisine, "Fait maison n°1", de Cyril Lignac, avec 421'448 exemplaires. "Un cow-boy dans le coton", un Lucky Luke, est la BD la mieux vendue, avec 271'538 exemplaires.

GfK compile les chiffres de quelque 5000 points de vente en France, physiques et en ligne, rappelle Livres Hebdo. "Malgré une baisse du nombre d'exemplaires cumulé du Top 50 annuel (10,6 millions d'exemplaires, -10%), le chiffre d'affaires total est en hausse (155 millions d'euros, +9%)" grâce aux ventes de livres plus chers qu'en 2019, comme les nouveautés dans les romans, a ajouté le mensuel du livre.

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