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Culture

Un prof de l'UNIL en maître de la publication de la correspondance entre Bonaparte et Freud

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Rémy Amouroux, professeur d'histoire de la psychologie à l'Université de Lausanne (UNIL), est le grand maître d'oeuvre de l'appareil critique et de la publication du livre "Marie Bonaparte, Sigmund Freud, Correspondance intégrale" aux éditions Flammarion. (© Keystone/LAURENT GILLIERON)

C'est un événement dans le monde de la psychanalyse: la sortie mercredi de la correspondance intégrale entre Marie Bonaparte et Sigmund Freud aux éditions Flammarion. Un professeur de l'UNIL a coordonné la publication de ce livre de quelque 900 lettres inédites.

"Il s'agit du dernier grand corpus de correspondance freudienne encore inédit. Celle-ci est inattendue de par son volume et sa densité, et différente des nombreuses autres correspondances de Freud, car elle revêt une dimension très personnelle", explique à Keystone-ATS Rémy Amouroux, professeur d'histoire de la psychologie à l'Université de Lausanne (UNIL) depuis 2013.

Passionnée par la psychanalyse, la princesse Marie Bonaparte (1882-1962) s'est rendue en 1925 à Vienne pour consulter Sigmund Freud (1856-1939) et soigner une dépression. Cette rencontre est "le plus grand événement de ma vie", note l'arrière-petite-nièce de Napoléon Ier, princesse de Grèce et de Danemark par mariage. Elle deviendra d'ailleurs elle-même une psychanalyste, disciple de Freud.

Femme de lettres et mécène, elle a été la première à introduire et traduire en français l'oeuvre du fondateur de la psychanalyse. Durant quatorze années, ils échangeront près de 900 lettres, écrites en allemand pour Freud (représentant le tiers), en français puis en allemand pour Bonaparte (les deux tiers).

A la bibliothèque du Congrès américain

Parisien d'origine, installé à Lausanne depuis bientôt dix ans, Rémy Amouroux est le grand maître d'oeuvre du volumineux ouvrage de 1200 pages et de son appareil critique: "Marie Bonaparte, Sigmund Freud, Correspondance intégrale". Les lettres ont été traduites par Olivier Mannoni, un des meilleurs traducteurs de l'oeuvre de Freud.

Ayant fait sa thèse sur Marie Bonaparte, le professeur était au courant que sa correspondance avec Freud avait été déposée en lieu sûr par l'intermédiaire de sa fille Anna Freud en 1964 à la bibliothèque du Congrès américain à Washington. Ces lettres ont toujours suscité un vif intérêt, mais personne n'avait pu les consulter puisqu'elles étaient réservées de communication jusqu'en 2020.

Le 15 janvier 2020, M. Amouroux se rend à Washington pour découvrir ces lettres et les photographier en vue d'un travail de recherche ou pour des articles. Puis est venue l'idée "un peu ambitieuse" de les publier. Après l'accord des petits enfants de Marie Bonaparte, il trouve un éditeur et se lance dans le minutieux travail éditorial qui durera une année et demie environ.

Histoire intellectuelle et culturelle

"Il a fallu d'abord retranscrire les lettres avec des spécialistes de l'écriture cursive allemande de la fin du 19e siècle ("Kurrentschrift"), puis les traduire et enfin établir les notes pour contextualiser chaque lettre", explique le spécialiste. "Le but était de les rendre accessibles à un public qui ne connaît pas forcément l'histoire de la psychanalyse", ajoute-t-il.

Ces échanges épistolaires foisonnent d'informations sur la psychanalyse en général et son introduction en France en particulier, et aussi très personnelles sur Freud et très intimes sur Bonaparte. Ils apportent de nouveaux regards sur la vie et les analyses du célèbre médecin et neurologue.

Mais leur intérêt dépasse le seul domaine du freudisme, car c'est aussi un témoignage original sur les m½urs de la vie bourgeoise à Paris et à Vienne, celles du gotha européen, puis surtout sur la montée du nazisme et la fin d'un monde, ou encore l'évolution des conceptions de la féminité au début du 20e siècle.

Bonaparte fut celle qui grâce à ses relations dans les milieux diplomatiques permit à Freud de quitter Vienne en 1938. Elle paya la fortune réclamée par le régime nazi pour lui établir un visa.

Amitié authentique et profonde

"Une authentique et profonde relation amicale et intellectuelle naît entre eux, qui va dépasser le cadre de l'analyse. Leur complicité est sincère et touchante. Puis Bonaparte prend peu à peu ses aises et un vrai débat intellectuel sur la sexualité de la femme au niveau théorique, moral et pratique s'installe", relève M. Amouroux.

On découvre une dimension "méconnue et surprenante" de "la dernière des Bonaparte", comme elle se qualifiait. "Elle est loin d'être la suiveuse dévote de Freud que l'on a parfois décrite. Elle lui dit vraiment ce qu'elle pense, le bouscule, l'agace, le fatigue parfois, et pointe du doigt ses contradictions", souligne-t-il. Elle questionne notamment les conceptions freudiennes sur la femme à une époque où la quête du plaisir féminin reste profondément subversive.

Alors que Bonaparte revendique une totale liberté amoureuse et sexuelle, Freud l'encourage à dominer ses "pulsions sauvages". Il n'empêche, quels que soient leurs désaccords, Freud verra en elle une élève loyale, appréciant sa grande sincérité, selon l'expert.

Au final, cette correspondance est une authentique réflexion sur le plaisir féminin, la place de la femme dans la société et le regard des hommes sur les femmes", dit M. Amouroux, saluant "une audacieuse liberté de penser". Elle développe une véritable "science" du plaisir sexuel féminin, notamment autour du rôle du clitoris, mêlant biologie et psychanalyse, basée sur des expériences anatomiques.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Un suspect arrêté après le meurtre du rappeur américain Takeoff

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Takeoff a été tué dans un bowling à Houston (archives). (© KEYSTONE/AP/Jordan Strauss)

La police de Houston a annoncé vendredi l'arrestation et l'inculpation d'un suspect dans l'affaire du meurtre le mois dernier du jeune rappeur américain Takeoff. Le chanteur avait été tué le 1er novembre dans un bowling de Houston, au Texas.

Le suspect de 33 ans a été appréhendé jeudi soir, a indiqué le chef de la police de Houston. Un individu de 22 ans avait aussi été arrêté mercredi dans cette affaire pour port illégal d'une arme.

Un responsable de la police a précisé que la fusillade avait eu lieu après une dispute lors d'une soirée privée à laquelle ne participait pas le rappeur. Deux personnes avaient aussi reçu des tirs. L'enquête se poursuit.

Né le 18 juin 1994 dans l'Etat de Géorgie (sud), Takeoff, de son vrai nom Kirshnik Khari Ball, était connu pour sa participation au groupe de rap Migos avec son oncle Quavo et son cousin Offset, qui les a depuis lors quittés.

Le groupe originaire d'Atlanta s'était notamment fait connaître en 2013 avec son tube "Versace", que le rappeur canadien Drake avait remixé.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Weinstein attend son verdict après un âpre procès à Los Angeles

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Près de 90 femmes, dont Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Rosanna Arquette, ont accusé Harvey Weinstein de harcèlement, d'agressions sexuelles ou de viols. Mais le délai de prescription a été dépassé dans nombre de ces affaires (archives). (© KEYSTONE/AP/Etienne Laurent)

Le sort du magnat déchu d'Hollywood Harvey Weinstein est désormais dans les mains des jurés, partis délibérer vendredi après presque deux mois d'un procès incendiaire à Los Angeles. Combative, sa défense a tenté de décrédibiliser ses accusatrices.

Accusé de viols et d'agressions sexuelles, l'ancien "roi" américain du cinéma de 70 ans a déjà été condamné à New York en 2020 à 23 ans de prison pour des faits similaires. Au cours de ce nouveau procès, quatre femmes témoignant de manière anonyme ont accusé le producteur de les avoir contraintes à des relations sexuelles dans des hôtels de Beverly Hills et de Los Angeles entre 2004 et 2013.

Une cinquième a finalement refusé de témoigner. Après des semaines d'audiences éprouvantes, souvent interrompues par les sanglots des victimes, l'accusation a dépeint M. Weinstein comme un ogre tout-puissant, dont la mainmise sur Hollywood a longtemps empêché ses victimes de parler, par peur de répercussions sur leur carrière.

"Règne de terreur"

"Il n'y a aucun doute qu'Harvey Weinstein était un prédateur", a lancé la procureure dans son réquisitoire. "Et comme tous les prédateurs, il avait une méthode", a-t-elle insisté, en appelant les jurés à "mettre un terme à son règne de terreur".

"Les hôtels étaient son piège. Confinées entre ces murs, les victimes ne pouvaient pas échapper à sa masse imposante", a résumé la procureure, en s'appuyant sur les similarités entre les témoignages.

L'ex-producteur, qui a toujours assuré que toutes ses accusatrices étaient consentantes, a refusé de témoigner pendant l'audience. Pour lui, les enjeux sont de taille. S'il est reconnu coupable, il pourrait être condamné à plus de 100 années supplémentaires derrière les barreaux.

Le verdict de ce nouveau procès à Los Angeles est aussi particulièrement important, car, après un refus initial de la justice, la cour suprême de New York l'a finalement autorisé en août à faire appel de sa condamnation de 2020, qui avait constitué une victoire majeure du mouvement #MeToo.

Au total, près de 90 femmes, dont les actrices Angelina Jolie, Gwyneth Paltrow et Rosanna Arquette, ont accusé Harvey Weinstein de harcèlement, d'agressions sexuelles ou de viols. Mais le délai de prescription a été dépassé dans nombre de ces affaires, certaines remontant à 1977.

L'ex-producteur est également inculpé au Royaume-Uni pour des agressions sexuelles qui remonteraient à 1996.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Le complotiste américain Alex Jones se déclare en faillite

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Le complotiste américain Alex Jones, condamné à verser près de 1,5 milliard de dollars après avoir nié un massacre dans une école, s'est déclaré en faillite personnelle (archives). (© KEYSTONE/AP Pool Hearst Connecticut Media/TYLER SIZEMORE)

Le complotiste américain Alex Jones, condamné à verser près de 1,5 milliard de dollars après avoir nié un massacre dans une école, s'est déclaré en faillite personnelle vendredi, selon des documents judiciaires consultés par l'AFP.

Cette figure de l'extrême droite, qui avait déjà déposé en juillet le bilan pour sa compagnie Free Speech Systems, a transmis une requête en ce sens à un tribunal des faillites situé au Texas.

Si la justice l'avalise, la procédure gèlera ses actifs et empêchera leur saisie.

En 2012, un jeune homme armé d'un fusil semi-automatique avait tué 20 enfants et six adultes dans l'école Sandy Hook de Newton, dans le Connecticut. Alex Jones avait, contre toute évidence, affirmé sur son site Infowars que le massacre n'était qu'une mise en scène pilotée par des opposants aux armes à feu, et les parents éplorés des "acteurs".

Admission tardive

Cette théorie avait essaimé sur internet et plusieurs proches des victimes avaient porté plainte pour diffamation, expliquant être harcelés par des fans d'Alex Jones.

Le complotiste avait tardivement admis publiquement la réalité de la tuerie mais a été condamné, à l'issue de deux procès, à verser près de 1,5 milliard de dollars d'amendes ou de dommages-intérêts.

Sur les documents transmis au tribunal texan, il estime avoir des dettes situées entre un et dix milliards, et des actifs compris entre un et dix millions de dollars.

L'étendue exacte de sa fortune a fait l'objet de nombreuses spéculations, les procès ayant montré qu'il avait capitalisé sur sa notoriété dans les cercles complotistes pour vendre toutes sortes de produits sur internet.

Banni de Twitter, mais toujours présent avec Infowars, il continue de défrayer la chronique. Dernier scandale en date: son interview jeudi du rappeur Kanye West, dans laquelle la star s'est livrée à une apologie d'Adolf Hitler.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Lausanne: l'orgue en vedette grâce à un nouveau festival

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Benjamin Righetti, organiste, joue pendant le concert d'ouverture lors de la première édition de la Biennale Organopole dans l'église Saint-Francois à Lausanne. (© Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

La première édition de la Biennale Organopole se déroule en décembre à Lausanne. Pendant tout le mois, le festival propose de nombreux concerts pour promouvoir l’univers de l’orgue, la majorité avec entrée libre. A découvrir à l'église St-François, à la cathédrale, ou encore dans les quartiers.

Lausanne est une cité d’orgues extraordinaire, se réjouit la Fondation Organopole dans un communiqué. La Cathédrale dispose du plus grand instrument loin à la ronde, l’église Saint-François vibre aux sons de quatre orgues et quelques-unes des églises de quartiers sont pourvues de véritables bijoux, parfois méconnus.

Pour découvrir ces précieux instruments, douze concerts sont à l'affiche à l'église St-Francois, la Biennale faisait partie du programme de clôture des festivités de ses 750 ans. Quatre "organic sundays" sont prévus les dimanches à la Cathédrale, ainsi que huit visites dans les quartiers.

Récitals de légende

A l'affiche, des récitals de légendes de l'orgue tel que Leo Van Doeselaar, des concerts pour ch½ur avec Pro Arte, l'Ensemble vocal de Lausanne ou l'Académie vocale de Suisse romande, des concerts avec les étudiants de la HEMU et du Conservatoire, ou encore un ciné-concert sur un film muet historique.

Des improvisations sur des thèmes de Noël feront vivre l'esprit des Fêtes. Des artistes locaux feront découvrir leur passion pour l'orgue, à l'instar de Benjamin Righetti, directeur artistique du festival et Valentin Villard.

Tous les événements de la Biennale sont en entrée libre, à l'exception des concerts des dimanches 4, 11 et 18 décembre à Saint-François, précisent les organisateurs.

https://biennale.organopole.com/

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Lionel Baier troque la caméra pour une scène de théâtre

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Le réalisateur Lionel Baier pose dans le décor de la pièce de théâtre "Foucault en Californie", qu'il met en scène au Théâtre de Vidy à Lausanne, en adaptant le livre de Simeon Wade. La première a lieu vendredi soir. (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Le réalisateur romand Lionel Baier lâche la caméra le temps de monter "Foucault en Californie" au Théâtre Vidy à Lausanne. Le rideau s’ouvre vendredi soir.

Michel Foucault se rend en Californie en 1975. Il se laisse entraîner par un jeune universitaire et son ami musicien dans un road trip sous LSD dans la Vallée de la Mort. Le réalisateur Lionel Baier a choisi cette histoire pour sa première mise en scène au théâtre.

"Foucault dans la Californie des années 70 et vu d’aujourd’hui, c’est un extraterrestre sur la lune", résume le réalisateur. Le verbe vif, l'oeil perçant et malicieux, Lionel Baier porte la veste et la cravate dans une esthétique année 50, comme un clin d'oeil à Godard.

"Il n'y a pas plus éloigné de notre époque que Foucault dans la Californie de 1975", reprend le réalisateur, qui a lu le texte de Simeon Wade pendant le confinement. A un moment où il se demandait ce qu'allait devenir son art, le cinéma, interdit de contacts humains.

"La Californie de 1975 nous manque"

Ce texte racontait aussi une facilité de voyager alors que les frontières étaient fermées. "J'étais en Californie avec un philosophe français à un moment où l'intelligence était sexy: il y avait un plaisir à parler de choses, à discuter. Ce monde avait l'air tellement lointain que j'ai voulu l'invoquer, comme pour l'induire dans le présent. Car la Californie de 1975 nous manque un peu aujourd'hui."

Mais pourquoi faire revenir Foucault sur scène alors que ce genre d'intellectuels à la pensée complexe a disparu? "Lui je pense qu'il nous dirait qu'il n'a rien à nous dire en 2022. Il avait une démarche assez radicale à laquelle je souscris: c'est de dire qu'il écrivait pour ses contemporains."

"Nous par contre nous nous intéressons à la pensée de Foucault. Elle peut nous permettre de comprendre pourquoi nous pensons comme nous le faisons aujourd'hui. Je vois des pistes qu'il a lancées dans les questionnements actuels sur le gender fluid par exemple. Il dit tout aussi de la société de surveillance."

La liberté des corps

Ses interlocuteurs américains attendent sa bonne parole: "Parlez-nous de philosophie Michel Foucault". Il rétorque: "Parlez-moi de vous. Racontez-moi ce que c'est qu'être jeune, Californien."

Car Foucault en 1975, ce sont aussi des jeunes hommes attirés les uns par les autres sous le ciel blanc du désert californien. Qui expérimentent le LSD et la liberté des corps loin du carcan français et européen.

Lionel Baier estime que les années 70 comme les nouvelles générations LGBTQ+ sont plus transgressives que sa propre génération, obsédée par l'intégration et le mariage homo. Et il cite l'exemple de Kim L'Horizon, ce jeune auteur bernois qui vient de gagner le prix allemand et suisse de littérature, portant haut les couleurs queer.

Le LSD fait aussi partie du voyage. "Nous nous sommes demandé ce que nous avions comme expérience partagée avec le public pour parler de cette drogue. En même temps, ce produit a sans doute amusé Foucault sans non plus amener quelque chose de marquant dans sa pensée."

Une comédienne incarne Foucault

Pour éviter l'étouffant huis clos masculin, Lionel Baier a trouvé la parade en choisissant une femme pour incarner le philosophe sur scène, la comédienne Dominique Reymond. "Je savais que je voulais jouer avec elle. Si j'avais monté le Petit Poucet, Les derniers jours d'Hitler ou un opéra, j'aurais pris Dominique Reymond: elle est capable de tout jouer".

Outre cette actrice française née à Genève, Lionel Baier a choisi trois actrices et acteurs, qui ont tous fait un passage à la Manufacture, l'école de théâtre de Suisse romande, basée à Lausanne: Laura Den Hondt, Valerio Scamuffa et Leon David Salazar.

Lionel Baier est passé du plateau de cinéma à la scène de théâtre pour répondre à une invitation que Vincent Baudriller, le directeur du théâtre de Vidy et ancien codirecteur du Festival d'Avignon, lui a lancée il y a au moins 10 ans. Le déclic s'est produit quand il a découvert "Foulcaut en Californie"."Quand vous lisez le livre de Simeon Wade, il y a un effet d'immédiateté qui me semblait propre au théâtre, le lieu du présent absolu."

Repenser sa pratique

Passer par le théâtre lui permet aussi de repenser sa pratique. "Le lâcher-prise est très grand pour un metteur en scène. Au cinéma, vous avez toujours le dernier mot au moment du montage, du mixage."

Ne craint-il pas que Foucault intimide le public? "On n'est pas obligé de tout comprendre: je ne comprends pas Mozart, mais cela ne m'empêche pas de l'apprécier."

"Comme M. Jourdain dans Molière faisait de la prose sans le savoir, on se réfère tous à Foucault sans le savoir quand on parle de caméra de contrôle, quand on est sur son téléphone portable ou son application Covid."

A une semaine du spectacle - l'interview a eu lieu jeudi 24 novembre -, Lionel Baier répond ne pas être prêt. "On n'est jamais prêt. Ce serait même ennuyeux. Tout se jouera le 2 décembre et jusqu'au 17, quand le public sera là."

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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