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Le coronavirus a fait plus de 3000 morts dans le monde

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(© PIXABAY)
Le bilan de l'épidémie de nouveau coronavirus a dépassé lundi les 3000 morts dans le monde et continue d'avoir de sérieuses conséquences partout à travers la planète. Le nombre de cas a notamment explosé en Italie et en Corée du Sud.

En Chine, les autorités ont annoncé lundi 42 nouveaux décès, portant le bilan de la maladie dans le pays à 2912 morts et celui dans le monde à plus de 3000. Les 202 nouveaux cas signalés lundi en Chine continentale constituent toutefois le plus faible chiffre quotidien depuis fin janvier.

En dehors de la province du Hubei, à l'épicentre de l'épidémie, une reprise de l'activité, paralysée depuis fin janvier, est perceptible dans le pays, avec la réapparition de quelques embouteillages à Pékin aux heures de pointe. L'épidémie de Covid-19 semble faiblir en Chine, où des mesures de quarantaine draconiennes ont visé plus de 50 millions de personnes. Mais elle continue de s'aggraver dans plusieurs autres pays du monde.

Le Louvre fermé

En Italie, quelque 500 nouveaux cas ont été recensés dimanche, un bond spectaculaire qui porte le nombre de contagions à près de 1700 dans le pays. Cinq nouveaux décès ont par ailleurs été rapportés, portant le bilan à 34 morts dans la péninsule, toujours dans trois régions du nord du pays: Lombardie, Emilie-Romagne et Vénétie.

Quant à la Corée du Sud, le deuxième pays le plus touché après la Chine, elle a recensé lundi près de 500 cas supplémentaires et quatre nouveaux décès, pour un total de plus de 4000 contaminations, dont 22 mortels. La France, nouveau foyer aigu de la contamination en Europe, recense 130 cas et deux morts.

Le Musée du Louvre, lieu emblématique du tourisme dans la capitale française qui a accueilli 9,6 millions de visiteurs en 2019, est resté fermé dimanche. Le personnel a invoqué son droit à cesser le travail en cas de danger, a annoncé la direction, sans préciser si l'établissement rouvrirait lundi.

L'écrivain Luis Sepulveda infecté

Le salon Livre Paris, grand rendez-vous de l'édition francophone qui devait se tenir du 20 au 23 mars, a été annulé. Et le célèbre écrivain chilien Luis Sepulveda, qui réside dans le nord de l'Espagne, a contracté le coronavirus, selon les autorités sanitaires du Portugal où il s'est rendu récemment.

L'Allemagne enregistre pour sa part 129 cas. Plus de de la moitié des malades allemands viennent de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest), là où un couple infecté avait participé fin février au carnaval de Heinsberg.

L'Iran a fait état dimanche de 11 nouveaux décès, portant le bilan officiel à 54 morts. Le service en farsi de la BBC évoque cependant un bilan beaucoup plus lourd, au moins 210 morts, un chiffre démenti par les autorités.

Mortalité de 2 à 5%

Un deuxième décès, également dans l'Etat de Washington (nord-ouest), a été annoncé aux Etats-Unis, où 21 cas ont été recensés, auxquels s'ajoutent 47 malades rapatriés dans le pays. Plusieurs patients diagnostiqués ces derniers jours n'avaient aucun lien connu avec un foyer de l'épidémie, ce qui laisse penser que la maladie commence à se propager sur le sol américain, encore très épargné.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a porté en fin de semaine à "très élevé", son niveau de menace le plus élevé. Elle a averti que se croire à l'abri du Covid-19 serait une "erreur fatale".

L'agence des Nations unies a rappelé que les symptômes sont bénins pour la plupart des malades, sérieux (pneumonies) pour 14% d'entre eux, et que 5% des personnes atteintes se trouvent dans un état critique. Le taux de mortalité semble être de 2 à 5%, selon l'OMS, qui a pressé dimanche les pays à travers le monde à s'approvisionner en dispositifs médicaux d'assistance respiratoire, indispensables pour traiter les patients atteints de la forme sévère de la maladie.

L'épidémie est particulièrement inquiétante en ce qui concerne les pays pauvres, mal équipés pour la détecter et la combattre.

La République Dominicaine, qui partage l'île d'Hispaniola avec Haïti, le pays le plus pauvre des Amériques, est devenue le quatrième pays d'Amérique latine touché par le coronavirus, avec l'annonce d'un premier cas dimanche, un voyageur italien.

La Confédération renforce les mesures pour contrer la propagation du coronavirus.

Elle invite la population à éviter les poignées de mains, à jeter les mouchoirs usagés dans une poubelle fermée et à toujours téléphoner avant d’aller chez le médecin ou aux urgences.

Ces nouvelles recommandations publiées lundi sur le site de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) valent immédiatement. Elles s'ajoutent à celles déjà édictées la semaine passée et font suite à la multiplication des cas confirmés de coronavirus en Suisse.

Jusqu'ici, trois règles d’hygiène étaient déjà en vigueur: se laver soigneusement les mains, tousser et éternuer dans un mouchoir ou dans le creux du coude et en cas de fièvre et de toux, rester à la maison.

La campagne d’information baptisée "Voici comment nous protéger" passe du niveau jaune au niveau rouge, précise encore l'OFSP sur son site. Ce dernier appelle les habitants à prêter attention aux règles d’hygiène et à adopter les bons réflexes en cas de symptômes (par exemple, difficultés respiratoires, toux, fièvre). "Nous pouvons ainsi protéger les autres et nous-mêmes contre une infection au nouveau coronavirus", souligne l'OFSP.

Classes en quarantaine à Bienne

Dimanche en fin de journée, le nombre de cas confirmés annoncés par l'OFSP s'élevait à 24 dans 11 cantons (AG, BE, BL, BS, FR, GE, GR, TI, VD, VS, ZH).

Genève en compte le plus, avec 8 cas confirmés, suivi des Grisons (6). En Suisse romande, quatre cantons sur six sont touchés pour l'heure, à l'exception du Jura et de Neuchâtel. Au total, plus de 1300 cas suspects ont été testés jusqu'ici.

Des mises en quarantaine ont aussi été décidées par les autorités. Quarante-cinq élèves et neuf enseignants dans un lycée technique de Bienne sont mis en quarantaine pendant 15 jours: il s'agit de la première mesure de ce genre prise dans une école.

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"Que se taisent les armes!", lance le pape en Irak

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"Assez de violences, d'extrémismes, d'intolérances", a dit le pape, ici accueilli au palais présidentiel. Assez aussi, de la "corruption". (© KEYSTONE/AP/Andrew Medichini)

"Que se taisent les armes!", a lancé le pape François peu après sa venue "longtemps attendue" en Irak, la première visite papale de l'histoire dans le pays ravagé par les guerres et désormais confronté à la pandémie. Cette visite salue des chrétiens restés malgré tout

Sous haute protection, circulant seul et masqué sous un strict confinement anti-Covid, le souverain pontife de 84 ans est venu en "pèlerin de paix" réconforter l'une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, étiolée par violence et pauvreté.

Au cours de son séjour - qui s'achèvera lundi au terme de 1445 km parcourus principalement par les airs pour éviter les zones où se terrent toujours des djihadistes - le pape tendra également la main aux musulmans en rencontrant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde.

Le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde a évoqué tous les sujets brûlants en Irak devant ses plus hauts responsables, parmi lesquels le président Barham Saleh, qui a envoyé l'invitation officielle pour cette visite sans précédent.

"Assez de violences!"

"Assez de violences, d'extrémismes, d'intolérances", a dit le pape. Assez aussi, de la "corruption", la raison pour laquelle des centaines de milliers d'Irakiens ont manifesté pendant des mois fin 2019. A l'époque déjà, le pape avait exhorté l'Irak à cesser de réprimer ses jeunes en demande de justice.

Il faut "édifier la justice", a-t-il de nouveau martelé. Et que "personne ne soit considéré comme citoyen de deuxième classe", surtout pas les chrétiens - 1% de la population dans ce pays musulman - ni les Yazidis, minorité martyre du groupe Etat islamique (EI) dont des milliers de ses femmes ont été vendues sur les "marchés aux esclaves" des djihadistes.

"Présence très ancienne des chrétiens"

François a dénoncé des "barbaries insensées et inhumaines" perpétrées en Irak, la Mésopotamie antique, "berceau de la civilisation".

Il a encore rappelé "la présence très ancienne des chrétiens sur cette terre" où est né selon la tradition Abraham, plaidant pour "leur participation à la vie publique" comme "citoyens jouissant pleinement de droits, de liberté et de responsabilité".

Programme ambitieux

Après cette étape politique, le pape va entamer la partie plus spirituelle et populaire de son voyage, celle qu'il préfère de loin.

Le programme est ambitieux. Il va commencer par une prière en la cathédrale Notre-Dame du Perpétuel secours en fin de journée. Cette église catholique du centre de Bagdad avait été le théâtre à la Toussaint 2010 de la prise d'otages la plus sanglante contre des chrétiens d'Irak: 53 morts.

Il ira ensuite à Najaf, Ur, Erbil, Mossoul, Qaraqosh: à chaque fois, il ne verra que quelques centaines de personnes, à l'exception d'une messe dimanche dans un stade d'Erbil au Kurdistan, en présence de plusieurs milliers de fidèles.

Trêve

Bagdad a assuré avoir pris toutes les mesures de sécurité "terrestres et aériennes". Et, signe de détente inespéré dans les tensions irano-américaines toujours latentes en Irak, un des groupuscules qui revendiquent parfois des tirs de roquette sur des Américains a annoncé une trêve le temps de la visite papale.

Au sujet des ingérences étrangères, le pape a appelé "les nations" à ne pas "imposer des intérêts politiques ou idéologiques" à l'Irak.

Chrétiens discriminés

Pour Saad al-Rassam, chrétien à Mossoul, ville toujours en reconstruction après la guerre contre l'EI, ce voyage tombe à point nommé dans ce pays qui a vu son taux de pauvreté doubler à 40% en 2020. "Nous espérons que le pape expliquera au gouvernement qu'il doit aider son peuple", dit-il à l'AFP.

Au-delà des difficultés sécuritaires ou économiques que subissent les 40 millions d'Irakiens, les chrétiens dénoncent des discriminations et le peu d'aide du gouvernement pour récupérer leurs maisons ou leurs terres, souvent accaparées par des miliciens - parfois chrétiens - ou des proches de politiciens.

Retour difficile

Malgré tout, le pape exhorte les chrétiens à rester ou à revenir en Irak où ils sont 400'000, contre 1,5 million il y a vingt ans. Un appel au retour "obligatoire" mais "difficile", reconnaît le cardinal le cardinal Leonardo Sandri, qui chapeaute la "Congrégation pour les églises orientales" au Vatican et accompagne le pape.

Selon la fondation "Aide à l'Eglise en détresse", seuls 36'000 des 102'000 chrétiens partis du nord irakien sont revenus. Parmi eux, un tiers dit prévoir de quitter le pays d'ici 2024 par peur des miliciens et en raison du chômage, de la corruption et des discriminations.

Moment historique samedi quand le pape sera reçu dans la ville sainte de Nadjaf (sud) par le grand ayatollah Ali Sistani, 90 ans et jamais apparu en public. Le souverain pontife participera également à une prière à Ur avec des dignitaires chiites, sunnites, yazidis et sabéens.

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Pékin s'octroie un droit de veto sur les élections à Hong Kong

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La cheffe de l'exécutif de Hong Kong, Carie Lam, participe à la réunion l'Assemblée nationale populaire, réunie depuis vendredi à Pékin. (© KEYSTONE/AP/Andy Wong)

La Chine a accentué vendredi son offensive pour imposer sa volonté à Hong Kong. Avec une réforme électorale qui lui permettra d'écarter des élections les candidats de l'opposition pro démocratie.

Sous les drapeaux rouges du Palais du peuple, le parlement chinois a ouvert sa grand-messe annuelle, la session plénière de l'Assemblée nationale populaire (ANP). Comme chaque année, les quelque 3000 députés approuveront d'ici jeudi comme un seul homme les textes soumis par le Parti communiste au pouvoir (PCC).

La session est traditionnellement l'occasion pour le régime chinois d'afficher ses réalisations. Cette année, dans un discours-fleuve, le Premier ministre Li Keqiang a revendiqué la quasi-éradication du Covid-19, l'élimination de la pauvreté absolue et le redémarrage de l'économie.

"Nos réussites, qui ont reçu l'approbation de notre peuple et une reconnaissance mondiale, entreront dans l'Histoire", a-t-il assuré, avant d'annoncer une croissance économique d'au moins 6% pour le géant asiatique en 2021.

Dernier clou dans le cercueil

L'an dernier, la session parlementaire avait été dominée par la question de Hong Kong, l'ex-colonie britannique secouée en 2019 par des manifestations monstres contre l'emprise de Pékin. Le parlement chinois avait alors imposé à la région autonome une loi sur la sécurité nationale qui a étouffé la contestation.

Cette semaine, 47 militants démocrates ont été emprisonnés sous l'accusation de "subversion" prévue par cette loi. Hong Kong retrouve le devant de la scène, avec un projet de réforme électorale qui devrait être voté jeudi par les députés chinois.

Les opposants au régime communiste y voient le dernier clou dans le cercueil de la démocratie à Hong Kong. "Si ces mesures sont adoptées, et elles le seront certainement, la voix de l'opposition sera bâillonnée", observe le sinologue Willy Lam, de l'Université chinoise de Hong Kong. "Cela éliminera ce qui reste de l'opposition".

Termes de la rétrocession violés

Malgré les critiques et les sanctions des pays occidentaux, Pékin n'a pas renoncé à remettre Hong Kong au pas. De Londres à Washington, Pékin est accusé de violer les termes de la rétrocession de 1997. Ceux-ci sont censés garantir un fonctionnement démocratique à Hong Kong jusqu'en 2047.

Le projet de loi n'a pas été rendu public, mais d'après un haut responsable du parlement, il consiste à modifier l'élection du Conseil législatif (Legco), le parlement hongkongais. Cet organe compte actuellement 70 députés, dont seuls la moitié sont élus démocratiquement et l'autre moitié désignés par un "comité électoral" inféodé à Pékin.

Ce dispositif a permis au pouvoir chinois de s'assurer des majorités favorables à Hong Kong depuis la rétrocession du territoire britannique à la Chine en 1997.

Candidats sélectionnés

La réforme en préparation accroîtrait le nombre de députés désignés par le comité électoral, qui se verrait en outre habilité à sélectionner les candidats autorisés à se présenter au scrutin démocratique.

Le comité électoral aura pour tâche "d'élire une grande partie des membres du Conseil législatif et de participer directement à la nomination de tous les candidats", a déclaré devant la presse Wang Chen, vice-président du Comité permanent de l'ANP.

Seulement des "patriotes"

A l'approche des élections législatives hongkongaises prévues en principe en septembre, Pékin a déjà fait savoir qu'il entendait faire en sorte que seuls des "patriotes" puissent diriger la métropole financière de 7 millions d'habitants.

En d'autres termes, la réforme donnerait au pouvoir un droit de veto sur les candidats qui seraient insuffisamment pro régime aux yeux de Pékin. Le dispositif autorisera la cheffe de l'exécutif Carrie Lam et les autorités de Pékin "à disqualifier tous les éléments pro démocratie", résume Willy Lam.

Eviter un nouvel affront

L'élection des conseillers de district, fin 2019, avait été largement remportée par l'opposition. Pékin semble redouter que l'affront se répète.

Selon la presse locale, les élections législatives, qui auraient déjà dû se tenir l'an dernier, mais ont été reportées pour cause d'épidémie, pourraient à nouveau être repoussées d'un an,

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Le pape François se rend pour une visite historique en Irak

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Le pape s'est envolé vendredi matin de Rome pour une visite historique en Irak. Il s'agit de son tout premier déplacement à l'étranger depuis la pandémie du coronavirus. (©KEYSTONE/AP/GREGORIO BORGIA).

Le pape François arrive vendredi en Irak pour un voyage historique sous très haute protection et malgré la pandémie, dans un pays martyrisé où il entend réconforter l'une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde, anéantie par conflits et persécutions.

Son avion a décollé vers 06H45 GMT de Fiumicino, principal aéroport de Rome, et doit arriver aux alentours de 11H00 GMT à Bagdad.

Le souverain pontife de 84 ans, qui a déclaré qu'il effectuerait la toute première visite papale en Irak en tant que "pèlerin de la paix", tendra la main aux musulmans chiites en rencontrant le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité pour de nombreux chiites d'Irak et du monde.

Au cours de cette visite de trois jours, le pape devrait souvent être seul sur les routes, refaites pour l'occasion, en raison d'un confinement total décrété dans ce pays où le nombre de contaminations a battu cette semaine un record depuis le début de la pandémie de Covid-19, avec plus de 5.000 cas par jour.

Le chef des 1,3 milliard de catholiques du monde, qui s'était dit "en cage" ces derniers mois au Vatican tournant au ralenti, entamera en voiture blindée un voyage sans bains de foule, "virtuel" pour les Irakiens qui le suivront à la télévision et principalement par les airs pour le pape dont l'hélicoptère ou l'avion survolera parfois des zones où se terrent encore des jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Ses étapes rassembleront quelques centaines de personnes seulement, à l'exception d'une messe dimanche dans un stade d'Erbil au Kurdistan, en présence de plusieurs milliers de fidèles.

Le programme est ambitieux. Bagdad, Najaf, Ur, Erbil, Mossoul, Qaraqosh: de vendredi à lundi, il parcourra 1.445 km dans un pays encore frappé mercredi par des tirs de roquettes meurtriers, dernier épisode en date des tensions irano-américaines toujours latentes.

"Tout laisser, sauf sa foi"

Ce premier voyage à l'étranger en quinze mois permettra au pape d'aller à la rencontre d'une petite communauté de fidèles aux "périphéries" de la planète, de loin ce qu'il préfère.

Pour Saad al-Rassam, chrétien à Mossoul, toujours en reconstruction après la guerre contre l'EI, ce voyage tombe à point nommé dans ce pays qui a vu son taux de pauvreté doubler à 40% en 2020. "Nous espérons que le pape expliquera au gouvernement qu'il doit aider son peuple", dit-il à l'AFP.

Comme à chaque fois, François commencera vendredi par un discours devant les dirigeants irakiens. Au-delà des difficultés sécuritaires ou économiques que subissent les 40 millions d'Irakiens, ils évoqueront sûrement le traumatisme supplémentaire des chrétiens.

Quand en 2014, l'EI a pris la plaine de Ninive, bastion chrétien du nord, des dizaines de milliers d'habitants ont fui et peu font désormais confiance à des forces de l'ordre qui les avaient alors abandonnés, disent-ils.

"Certains ont eu quelques minutes pour décider s'ils voulaient partir ou être décapités", rappelle le père Karam Qacha.

"On a dû tout laisser, sauf notre foi", résume ce prêtre chaldéen à Ninive, dénonçant le peu d'aide du gouvernement aux chrétiens pour récupérer leurs maisons ou leurs terres, souvent accaparées par des miliciens -- parfois chrétiens eux-mêmes -- ou des proches de politiciens.

Main tendue au chiisme

Mais, se lamente le cardinal Leonardo Sandri, qui chapeaute la "Congrégation pour les églises orientales" au Vatican et accompagne le pape, "un Moyen-Orient sans les chrétiens, c'est un Moyen-Orient qui a la farine mais pas le levain et le sel".

C'est pour cela, dit-il, que le pape François ne manquera pas de les appeler à rester ou à revenir en Irak où ils sont 400.000, contre 1,5 million il y a vingt ans.

Un appel au retour "obligatoire" mais "difficile", convient le cardinal Sandri, tant l'Irak va depuis 40 ans de guerre en crise politique ou économique.

Selon la fondation "Aide à l'Eglise en détresse", seuls 36.000 des 102.000 chrétiens partis de Ninive sont revenus. Parmi eux, un tiers dit prévoir de quitter le pays d'ici 2024 par peur des miliciens et en raison du chômage, de la corruption et des discriminations.

Samedi, pour la première fois de l'histoire, le pape sera reçu dans la ville sainte de Najaf (sud) par le grand ayatollah Ali Sistani en personne, un homme frêle de 90 ans jamais apparu en public.

Le pape participera également à une prière à Ur, berceau d'Abraham dans le sud tribal et rural, avec des dignitaires chiites, sunnites, yazidis et sabéens.

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Nouvelles manifestations en Birmanie malgré la répression

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Les manifestants ont poursuivi leur mobilisation jeudi, malgré la répression de la veille. (©KEYSTONE/AP/STR).

Les Birmans ont de nouveau manifesté jeudi pour réclamer le rétablissement de la démocratie. La peur était toutefois présente dans tous les esprits au lendemain de la répression la plus meurtrière depuis le coup d'Etat du 1er février.

Au moins 38 personnes, d'après les Nations unies, ont été tuées mercredi par les forces de sécurité, qui ont tiré à balles réelles sur des rassemblements de contestataires, suscitant de nouvelles protestations internationales.

Dans un rapport rendu public jeudi, Thomas Andrews, un expert indépendant mandaté par l'ONU, souligne que "même si l'avenir de la Birmanie est déterminé par son peuple, la communauté internationale doit agir de manière urgente et décisive pour le soutenir".

Sanctions commerciales

Le rapporteur spécial des Nations unies recommande en conséquence au Conseil de sécurité, qui se réunit vendredi à huis clos pour discuter de la situation dans ce pays, de lui "imposer un embargo mondial sur les armes", comme le font déjà, selon lui, les Européens et le Canada, appelant en outre à "des sanctions économiques ciblées" contre les généraux birmans.

Dans la foulée, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions commerciales contre la Birmanie "en réponse au coup d'Etat militaire et à l'escalade de la violence contre les manifestants pacifiques".

Le ministère américain du Commerce a précisé dans un communiqué avoir imposé de "nouvelles restrictions aux exportations" vers le pays en crise et avoir inscrit sur sa liste noire les ministères birmans de la Défense et de l'Intérieur, "responsables du coup d'Etat", ainsi que "deux entités commerciales détenues et gérées par le ministère de la Défense".

L'armée doit cesser d'"assassiner et (d') emprisonner les manifestants", a quant à elle exhorté Michelle Bachelet, la Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, "consternée par les attaques documentées contre le personnel médical d'urgence et les ambulances qui tentent de prodiguer des soins aux personnes blessées".

"Nous sommes unis"

Malgré la crainte des représailles, plusieurs manifestations ont eu lieu jeudi, notamment à Rangoun, la capitale économique. "Nous sommes unis !", ont scandé des contestataires derrière des barricades faites de vieux pneus, de briques, de sacs de sable et de fil de fer barbelé.

Non loin de là, des commerçants se dépêchaient d'écouler leurs marchandises. "C'est dangereux de rester ici. La police et l'armée tirent aussi dans les rues. Il vaut mieux rentrer à la maison et revenir le soir", a raconté un vendeur ambulant.

Certains rassemblements ont été dispersés avec du gaz lacrymogène, d'après un média.

Dans le quartier de San Chaung, théâtre d'importantes violences ces derniers jours, des images du chef de la junte, Min Aung Hlaing, ont été placardées au sol pour que les piétons puissent les piétiner, une ruse pour gêner l'armée et la police qui n'oseront pas faire de même.

Au moins 54 civils tués

La junte semble plus déterminée que jamais à éteindre le vent de fronde soufflant sur la Birmanie depuis le putsch qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi. Mercredi, des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des manifestants couverts de sang et blessés par balle à la tête.

La télévision d'Etat a de son côté assuré que les forces de sécurité n'utilisaient que "des armes destinées au contrôle des foules afin de minimiser les blessures". Au moins 54 civils ont été tués depuis le coup d'Etat, selon l'ONU. Parmi eux, quatre mineurs, dont un adolescent de 14 ans, d'après l'ONG Save the Children. On compte aussi des dizaines de blessés.

L'armée a fait état pour sa part de la mort d'un policier. Sollicitée, elle n'a pas répondu aux multiples requêtes de l'AFP.

Appels internationaux

Le président français Emmanuel Macron a demandé "l'arrêt immédiat de la répression", tandis que le département d'Etat américain a exhorté la Chine à "user de son influence" auprès des généraux birmans. Boris Johnson, le Premier ministre du Royaume-Uni, l'ancienne puissance coloniale, a "appelé à la fin de la répression militaire".

De son côté, celui qui avait été désigné mardi en qualité de nouvel ambassadeur de la Birmanie auprès de l'ONU par la junte après le limogeage du titulaire de ce poste a démissionné, assurant que son prédécesseur continuait à représenter son pays.

La Chine et la Russie, des alliées traditionnelles de l'armée birmane, n'ont quant à elles pas officiellement condamné le coup d'Etat, considérant la crise comme "une affaire intérieure". La répression se poursuit aussi sur le terrain judiciaire.

Aung San Suu Kyi, tenue au secret par l'armée, est désormais visée par quatre chefs d'inculpation, dont "incitation à des troubles publics", tandis que l'ex-président Win Myint est notamment accusé d'avoir enfreint la Constitution.

Plus de 1700 personnes ont été arrêtées depuis le 1er février, d'après l'ONU. Les précédents soulèvements populaires de 1988 et de 2007 avaient été réprimés dans le sang par les militaires.

L'armée, qui conteste le résultat des élections législatives de novembre massivement remportées par le parti d'Aung San Suu Kyi, a promis d'organiser un nouveau scrutin, sans toutefois donner aucune date.

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Près de 20% de la nourriture gaspillée dans le monde

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Environ 931 millions de tonnes d'aliments sont jetés par an (Archives © KEYSTONE/EPA/ROLEX DELA PENA)

Près d'un milliard de tonnes, ou sept fois le tour de la Terre par des camions de 40 tonnes mis bout à bout: c'est la nourriture gaspillée chaque année dans le monde, près de 20% des aliments disponibles pour les habitants du globe, selon un rapport de l'ONU.

"Le problème est immense. C'est coûteux aux niveaux environnemental, social et économique," a déclaré jeudi à l'AFP Richard Swannel, directeur du développement de l'ONG britannique Wrap, co-auteur du "rapport sur l'indice du gaspillage alimentaire", publié par le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE).

Selon ses auteurs, "le rapport présente la collecte, l'analyse et la modélisation des données sur le gaspillage alimentaire les plus complètes à ce jour". Des données (pour l'année 2019) ont été recueillies dans 54 pays, développés comme à bas revenus, concernant la vente au détail, les restaurants et les foyers.

931 millions de tonnes jetés

Résultat des compilations, modélisées ensuite à l'échelle mondiale: 931 millions de tonnes d'aliments jetés par an (le rapport prend en compte les parties comestibles et non - os, coquilles).

Et contrairement à une idée reçue, ces données montrent que le phénomène touche tous les pays, quels que soient leurs niveaux de revenus, alors même que, selon l'ONU, près de 700 millions de personnes à travers le monde souffrent de la faim et que trois milliards n'ont pas accès à une alimentation saine, pour une population mondiale estimée à 7,8 milliards.

"Jusqu'à présent, le gaspillage alimentaire était considéré comme un problème de pays riches, a déclaré à l'AFP Clementine O'Connor, du PNUE, co-auteure. "Mais notre rapport montre que dans chaque pays l'ayant mesuré, le gaspillage domestique est un problème".

Pour 121 kilos d'aliments gaspillés chaque année par habitant de la Terre, 74 kilos, soit bien plus que la moitié, le sont au niveau du foyer.

Réparer le système

En pourcentage du total disponible pour les consommateurs, 11% est jeté au niveau des ménages, 5% de la restauration et 2% des points de vente au détail.

L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), compile de son côté un rapport sur les "pertes" alimentaires, mesurées au niveau de la production agricole et de la distribution.

Selon ces chiffres, environ 14% des aliments produits dans le monde sont perdus avant même de parvenir sur le marché, soit un montant de quelque 400 milliards de dollars par an, à peu près le PIB de l'Autriche.

"Si le gaspillage et les pertes alimentaires étaient un pays, il serait le troisième émetteur au monde de gaz à effet de serre," relève Richard Swannel. "Il faut réparer le système alimentaire si on veut s'attaquer au changement climatique, et une des priorités c'est de s'occuper des déchets".

Les auteurs de l'étude de jeudi soulignent qu'il ne faut surtout pas qu'ils finissent en décharge, où ils ne sont pas valorisés et où leur processus de décomposition émet du méthane, puissant gaz à effet de serre.

Réduction de moitié

Un des Objectifs de développement durable (ODD) de l'ONU prévoit une réduction de moitié du gaspillage alimentaire au niveau des consommateurs et du commerce de détail d'ici 2030.

Les Nations unies doivent d'ailleurs organiser à l'automne le tout premier "sommet sur les systèmes alimentaires", visant à des modes de production et de consommation plus "sains, durables et équitables".

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