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Moscou poursuit ses frappes et accuse Kiev de crimes de guerre

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L'enquête sur les explosions ayant touché les gazoducs va se poursuivre (archives). (© KEYSTONE/AP Swedish Coast Guard)

Près de la moitié des infrastructures énergétiques d'Ukraine ont été mises "hors d'état de fonctionner" à la suite de frappes russes massives depuis début octobre. Kiev réclame ainsi vendredi un "soutien supplémentaire" de la part de ses alliés européens.

La Russie a, elle, accusé l'Ukraine d'avoir exécuté "brutalement" plus de dix de ses militaires qui avaient été faits prisonniers, dénonçant un "crime de guerre".

Après plus d'un mois et demi de bombardements à l'aide de missiles ou autres drones kamikazes, les dégâts sur le réseau énergétique ukrainien sont importants.

"Près de la moitié de notre système énergétique a été mis hors d'état de fonctionner", a déploré le premier ministre Denys Chmygal lors d'une conférence de presse à Kiev avec le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.

Il a ainsi réclamé "un soutien supplémentaire" de l'UE pour faire face à cette situation, notamment "pour l'achat de volumes supplémentaires de gaz".

De nombreux Ukrainiens doivent affronter le début de l'hiver avec peu ou pas d'électricité et sans eau chaude, alors que la première neige de l'hiver est tombée jeudi sur le pays.

"Des restrictions sur plusieurs heures sont imposées dans toute l'Ukraine pendant la journée", a encore indiqué vendredi l'opérateur électrique national, Ukrenergo, après que le président Volodymyr Zelensky a dit jeudi soir que "dix millions d'Ukrainiens" se trouvaient toujours sans courant.

"Meurtre délibéré"

La Russie a, elle, accusé vendredi l'Ukraine de "crime de guerre", estimant que les troupes de Kiev avaient exécuté "brutalement" plus de dix de ses militaires qui venaient de se rendre aux forces ukrainiennes.

"Personne ne pourra présenter le meurtre délibéré et méthodique de plus de 10 soldats russes qui étaient immobilisés (...), avec des tirs directs dans la tête, comme une 'exception tragique'", a fustigé le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Cette accusation intervient après la publication sur les réseaux sociaux de deux vidéos d'une trentaine de secondes chacune, présentées comme montrant l'exécution de militaires russes par des soldats ukrainiens.

Kiev n'avait en fin d'après-midi pas encore réagi à ces accusations.

Mais l'Ukraine a affirmé à plusieurs reprises que l'armée russe avait commis, selon elle, des "crimes de guerre" et des "atrocités", notamment lors de l'occupation d'une partie de la région de Kiev en mars, mais aussi dans les territoires des régions de Kharkiv (nord-est) et Kherson (sud) récemment repris.

Des deux côtés

Jeudi, le chargé ukrainien au Parlement des droits de l'homme, Dmytro Loubynets, avait indiqué que, selon lui, "l'ampleur" des cas de torture à Kherson, ville du sud libérée il y a une semaine, était "horrible".

Selon le chef adjoint de la présidence, Kyrylo Tymochenko, qui s'est rendu ces derniers jours dans la région, "les Russes n'ont pas seulement tué, miné, mais également volé dans nos villes", a-t-il dénoncé.

Depuis le lancement de l'offensive russe contre l'Ukraine, fin février, les deux camps se sont plusieurs fois accusés d'infliger de mauvais traitements aux prisonniers de guerre.

Dans un rapport publié mardi, l'ONU avait affirmé que de nombreux prisonniers de guerre capturés par les deux parties étaient soumis à la torture et aux mauvais traitements.

Fortifications en Crimée annexée

Après la reprise la semaine dernière d'une partie de la région de Kherson par l'armée ukrainienne, Kiev et Moscou semblaient vouloir consolider leurs positions à l'approche de l'hiver.

La Russie a annoncé effectuer des travaux de fortification dans la péninsule de Crimée annexée, alors que le repli militaire russe à Kherson a permis aux Ukrainiens de rapprocher leurs canons de la région, déjà plusieurs fois ciblée ces derniers mois.

"Des travaux de fortification sont menés sous mon contrôle sur le territoire de la Crimée afin de garantir la sécurité des Criméens", a déclaré Sergueï Aksionov, le gouverneur installé par Moscou.

Depuis son annexion en 2014, Moscou considère que la Crimée fait partie de son territoire, ce qui n'est pas reconnu par la communauté internationale. Kiev a répété plusieurs fois ces derniers mois vouloir reprendre la péninsule.

Train Kiev-Kherson rétabli

L'entreprise nationale ukrainienne des chemins de fer a, de son côté, annoncé la réouverture de la ligne de train entre la capitale Kiev et la ville de Kherson, tout un symbole une semaine jour pour jour après sa libération.

"Nous lançons aujourd'hui notre premier train depuis Kiev vers Kherson", a indiqué à l'AFP Natalia Tourtchak, une porte-parole de Ukrzaliznytsia. Il doit arriver samedi matin à Kherson, avec environ 200 passagers à bord, s'est réjoui sur Facebook un responsable local, Serguiï Khlan.

"Pour le moment, c'est un seul train. Nous verrons ensuite si cela devient une ligne régulière" du réseau ferroviaire ukrainien, a précisé Mme Tourtchak.

Sur le terrain, l'armée russe a affirmé avoir conquis la localité d'Opytné dans la région de Donetsk, dans l'est de l'Ukraine.

En Pologne, des experts ukrainiens travaillaient vendredi sur le site où un missile est tombé mardi pour participer à l'enquête internationale chargée de faire la lumière sur l'origine de cet incident, a indiqué sur Twitter le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba.

Kiev et Moscou se rejettent la responsabilité de cette frappe, Varsovie estimant "hautement probable" que le missile qui a tué deux personnes à la frontière avec l'Ukraine ait été utilisé par la défense ukrainienne. Varsovie qui a par ailleurs interdit l'entrée sur son territoire à une délégation russe pour une réunion de l'OSCE en décembre.

Nord-Stream

La justice suédoise a pour sa part annoncé vendredi que les explosions qui ont touché en septembre les gazoducs Nord Stream 1 et 2 en mer Baltique, construits pour acheminer le gaz russe en Europe, relèvent bien du sabotage. "Les analyses qui ont été réalisées montrent des restes d'explosifs sur plusieurs des objets étrangers découverts", a déclaré dans un communiqué le procureur Mats Ljungqvist.

"La poursuite de l'enquête préliminaire pourra montrer si quelqu'un peut être poursuivi pour crime", a ajouté le parquet.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Cristina Kirchner condamnée à 6 ans de prison et inéligibilité

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La vice-présidente argentine Cristina Kirchner a été condamnée mardi à 6 ans de prison, même si son immunité parlementaire l'en préserve (archives). (© KEYSTONE/EPA/Demian Alday Estévez)

La vice-présidente argentine Cristina Kirchner a été condamnée mardi à 6 ans de prison, même si son immunité parlementaire l'en préserve, et à une inéligibilité à vie, dans un procès pour fraude et corruption durant ses mandats présidentiels de 2007 à 2015.

Dans la foulée, l'ex-cheffe de l'Etat a affirmé qu'elle "ne sera candidate à rien, ni sénatrice, ni vice-présidente, ni présidente" aux élections générales de 2023, paraissant renoncer ainsi à une future immunité. Même si plusieurs niveaux de recours ne devraient pas rendre une sentence effective avant des années.

Cristina Kirchner, 69 ans, a été reconnue coupable "d'administration frauduleuse" au préjudice de l'Etat, dans ce procès portant sur des attributions de marchés publics dans son fief politique de Santa Cruz (sud), pendant ses deux mandats de présidente.

Douze ans de prison, ainsi que l'inéligibilité, avaient été requis en août contre Mme Kirchner. L'ancienne cheffe de l'Etat (centre-gauche), qui sept ans après son départ de la présidence reste une figure incontournable, autant que clivante, de la politique argentine, a toujours nié toute malversation.

Et elle a dénoncé, depuis le début de la procédure en 2019, un procès "politique", mené par des juges, selon elle, instrumentalisés par l'opposition de droite, en particulier le camp "macriste", en référence a son successeur a la présidence (2015-2019), le libéral Mauricio Macri.

Immunité parlementaire

Sa position de présidente du Sénat, synonyme d'immunité parlementaire lui évite la prison. Immunité a laquelle elle paru renoncer à l'avenir en annonçant qu'elle ne sollicitera pas de mandat en 2023 mais "rentrera chez elle". "Qu'ils me mettent en prison !" a-t-elle lancé, défiante.

Pour autant, une peine - prison comme inéligibilité - ne serait être effective qu'au bout de plusieurs recours, dont un éventuellement devant la Cour suprême, ce qui , estimait cette semaine le politologue Rosendo Fraga pour l'AFP, pourrait prendre six ou sept ans, voire davantage.

En août, le réquisitoire - 12 ans - avait déclenché de larges manifestations de soutien à l'égard de Kirchner, dans plusieurs villes d'Argentine, et plusieurs soirs sous les fenêtres de son domicile à Buenos Aires, donnant lieu à des heurts avec la police.

Mobilisation modeste

Pour autant, l'imminence du verdict n'a engendré jusqu'à présent qu'une mobilisation relativement modeste. Aucune directive forte en ce sens n'a émané ces derniers jours de l'entourage de la vice-présidence, selon des sources proches.

Quelques centaines de partisans - syndicalistes, membres d'organisations péronistes - étaient rassemblés dans le calme dans l'après-midi aux abords du tribunal, cherchant désespérément l'ombre sous une forte chaleur, a constaté l'AFP.

Parmi eux, Marcelo Graziano, un commerçant de 50 ans, a expliqué être venu pour "défendre Cristina, se disant "reconnaissant pour ce qu'elle a donné au peuple et ce qu'elle peut encore donner". Dans la soirée un autre rassemblement de modeste ampleur, se formait calmement aux abords du Parlement.

L'hypothèse de mobilisations importantes avait fait craindre des débordements, comme en août. Tensions qui avaient indirectement créé le contexte pour l'attentat contre Mme Kirchner, le 1er septembre. Le tireur -dont le coup n'était pas parti- s'était faufilé dans une mêlée désordonnée de partisans. Trois suspects, des jeunes un peu perdus, politiquement hostiles à Kirchner, mais sans vaste complot avéré à ce jour, sont en détention.

"La sentence était écrite"

Huit des douze co-accusés de Mme Kirchner au procès, parmi lesquels un entrepreneur du bâtiment, des ex-responsables de l'organisme des chantiers routiers Vialidad, ont été condamnés à des peines de trois ans et demi à six ans de prison. Trois ont été relaxés, un a bénéficié de prescription.

"La sentence était écrite. L'idée était de me condamner", a réagi Mme Kirchner dans une allocution vidéo depuis son bureau du Sénat, peu après le verdict, diffusée sur son compte twitter. Elle a dénoncé "un Etat parallèle", une "mafia judiciaire".

Lundi, elle avait comparé son sort à celui de Luiz Inacio Lula da Silva, président réélu du Brésil, incarcéré en 2018-19 pour corruption, des condamnations finalement annulées pour vice de forme.

Un parallèle jusqu'au come-back ? Techniquement c'eût été possible, jusqu'à son annonce de mardi soir de ne solliciter aucun mandat national. Pour autant, son avenir politique national est aléatoire depuis son départ de la présidence. Son camp péroniste est conscient du rejet qu'elle suscite, au-delà d'un noyau dur de 20 à 25% de partisans.

Et récemment, elle a distillé des signaux suggérant qu'elle ne se projetait plus en mandataire, mais plutôt comme une super-influenceuse. Comme en 2019, quand elle avait adoubé Alberto Fernandez pour la présidence. "La politique, ce n'est pas seulement occuper un poste (...), être président, vice-président, sénateur ou député. C'est le pouvoir de faire passer des idées", déclarait-elle lundi.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Zelensky près du front, nouvelle frappe au drone sur une base russe

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Un soldat ukrainien prend un selfie avec le président Volodymyr Zelensky, qui s'est rendu mardi près du front, non loin de Bakhmout. (© KEYSTONE/AP)

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu mardi près du front, non loin de Bakhmout, le principal champ de bataille de l'Est de l'Ukraine où l'armée ukrainienne résiste depuis des mois à une offensive russe.

Ce déplacement intervient également au moment où la Russie accuse son voisin de multiplier les attaques de drones contre des aérodromes sur son territoire, que Washington a toutefois déclaré "ne pas encourager".

Des frappes que Kiev ne revendique pas, mais qui illustrent les difficultés que rencontre l'invasion déclenchée le 24 février par Vladimir Poutine.

"Nous ne permettons pas à l'Ukraine d'organiser des frappes au-delà de ses frontières, nous n'encourageons pas l'Ukraine à lancer des frappes au-delà de ses frontières", a assuré à la presse, à Washington, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. "Tout ce que nous faisons, tout ce que le monde fait pour soutenir l'Ukraine, vient en soutien à l'indépendance de l'Ukraine".

L'ONU inquiète

Les Ukrainiens continuent quant à eux de subir des coupures de courant, au lendemain d'une nouvelle série de bombardements sur les infrastructures énergétiques de leur pays.

Ces attaques provoquent "un nouveau niveau de besoins" humanitaires pour la population, s'est alarmé à New York le chef de l'agence humanitaire de l'ONU.

"Depuis octobre, les attaques prolongées contre les infrastructures énergétiques de l'Ukraine ont créé un nouveau niveau de besoins qui touche tout le pays et aggrave les besoins provoqués par la guerre", a déclaré Martin Griffiths devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

Pour sa part, le président Volodymyr Zelensky a diffusé trois vidéos de lui dans le Donbass, une région dont Moscou a revendiqué l'annexion en septembre, sans pour autant la contrôler totalement.

Axe du front "le plus difficile"

"L'est de l'Ukraine est l'axe (du front) le plus difficile", a dit M. Zelensky à des militaires, à l'occasion de la journée des forces armées. "Merci pour votre résilience", a-t-il ajouté, avant de remettre des décorations.

Non loin de là, dans le bastion prorusse de Donetsk, six civils ont été tués dans des frappes ukrainiennes, selon les autorités locales.

Volodymyr Zelensky se rend régulièrement près du front, chose que le maître du Kremlin n'a jusqu'ici jamais faite, préférant les visio-conférences de son bureau ou de sa résidence.

Vladimir Poutine n'a effectué que de rares déplacements, comme lundi, en Crimée annexée, où des images l'ont montré en train de conduire un véhicule sur le pont reliant cette péninsule à la Russie, qui avait été partiellement détruit début octobre par une attaque attribuée par Moscou à Kiev.

Le président ukrainien n'était ainsi mardi qu'à 45 kilomètres de Bakhmout, que les forces russes tentent de conquérir depuis l'été au prix de destructions considérables, sans y parvenir pour le moment.

Moscou y a déployé non seulement des soldats, mais aussi le groupe paramilitaire Wagner qui a recruté des repris de justice.

Retraites

La prise de Bakhmout constituerait enfin un succès pour les Russes, qui, depuis l'automne, essuient les revers, forcés à des retraites dans le nord-est et le sud.

Face à la multiplication de ces défaites, le Kremlin a décidé, depuis octobre, de concentrer les attaques sur les installations énergétiques ukrainiennes, privant la population d'électricité, voire d'eau et de chauffage, au moment où l'hiver arrive avec ses températures négatives.

Mardi encore, le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, a expliqué ces "frappes massives" par la nécessité de "réduire le potentiel militaire de l'Ukraine".

Si le Kremlin ne cesse de jurer qu'il viendra à bout de la résistance ukrainienne, les derniers mois se sont avérés très difficiles pour les militaires russes, face à des Ukrainiens motivés et armés par leurs alliés occidentaux.

Attaques au drone

Moscou a en outre dénoncé ces deux derniers jours des attaques ukrainiennes sur des aérodromes militaires, dont deux, ciblés lundi, qui se situent à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière. Kiev n'a pas admis officiellement une quelconque responsabilité dans ces actions.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov les a pour sa part qualifiées de "facteur dangereux", ajoutant, sans fournir de précisions, que "des mesures nécessaires seront prises".

Le journal russe Kommersant écrit que l'Ukraine a utilisé des drones soviétiques TU-141 pour frapper notamment, lundi, la base d'Engels, abritant des bombardiers stratégiques et située à 500 km de la frontière ukrainienne la plus proche.

Le ministère britannique de la Défense a estimé mardi que si Kiev avait pu mener une telle opération, Moscou doit la considérer comme "l'échec stratégique le plus significatif de protection de ses forces depuis l'invasion de l'Ukraine".

De plus, mardi matin, une autre attaque au drone, dans la zone de l'aérodrome de Koursk, près de la frontière ukrainienne cette fois-ci, a mis le feu à un réservoir de carburant.

Enfin, Kiev et Moscou ont procédé à un nouvel échange de prisonniers, a annoncé le ministère russe de la Défense, notant dans un communiqué que "60 militaires russes" avaient dans ce cadre été libérés mardi.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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International

L'humanité une "arme de destruction massive" (chef de l'ONU)

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L'humanité est devenue une "arme d'extinction massive" de la nature, a estimé mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, à la veille de la COP15 sur la biodiversité à Montréal (archives). (© KEYSTONE/EPA LUSA/MIGUEL A. LOPES)

L'humanité est devenue une "arme d'extinction massive" de la nature que "nous traitons comme des toilettes", a déclaré mardi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'une cérémonie à Montréal à la veille de la COP15 sur la biodiversité.

"Avec notre appétit sans limite pour une croissance économique incontrôlée et inégale, l'humanité est devenue une arme d'extinction massive", a-t-il martelé lors du lever de rideau de cette conférence, qu'il voit comme "notre chance d'arrêter cette orgie de destruction".

Depuis sa prise de fonction en 2017, Antonio Guterres, ancien Premier ministre portugais, a fait du changement climatique son cheval de bataille. Ses dénonciations enflammées lors de l'ouverture solennelle de la réunion COP15 montrent que le sort des plantes et des animaux menacés de la planète - une crise interconnectée - lui tient également à coeur.

Génocide des autochtones

Il s'exprimait dans la foulée du Premier ministre canadien, Justin Trudeau, dont l'intervention a été interrompue quelques minutes par une dizaine de représentants d'un peuple autochtone. Brandissant une banderole où l'on lisait "Génocide des autochtones = écocide", ils ont été raccompagnés calmement à la sortie, recevant des applaudissements de soutien d'une partie de la salle.

Les défis de la COP15 à relever sont considérables: un million d'espèces sont menacées d'extinction, un tiers des terres sont gravement dégradées et les sols fertiles disparaissent, tandis que la pollution et le changement climatique accélèrent la dégradation des océans.

Les produits chimiques, les plastiques et la pollution atmosphérique étouffent la terre, l'eau et l'air, tandis que le réchauffement de la planète dû à la combustion des énergies fossiles provoque un chaos climatique - des vagues de chaleur et des feux de forêt aux sécheresses et aux inondations.

Près de 200 pays se réunissent du 7 au 19 décembre pour tenter de sceller un pacte décennal pour la nature et éviter ainsi une sixième extinction de masse. Mais l'issue des négociations, portant sur une vingtaine d'objectifs destinés à sauvegarder les écosystèmes d'ici 2030, reste incertaine.

"Cacophonie du chaos"

"Aujourd'hui nous ne sommes pas en harmonie avec la nature, au contraire nous jouons une mélodie bien différente", une "cacophonie du chaos jouée avec des instruments de destructions", a résumé le secrétaire général de l'ONU.

"Et en fin de compte, nous nous suicidons par procuration", a-t-il ajouté, avec des répercussions sur l'emploi, la faim, la maladie et la mort. Les pertes économiques dues à la dégradation des écosystèmes, quant à elles, sont estimées à 3000 milliards de dollars par an à partir de 2030.

Mais si le constat scientifique est peu discuté, les points de friction restent nombreux entre les membres de la Convention pour la diversité biologique (CDB) de l'ONU (195 Etats et l'Union européenne, mais sans les Etats-Unis, toutefois observateurs influents).

"Pour que l'accord de Paris réussisse, la biodiversité doit également réussir. Pour que le climat réussisse, la nature doit réussir, et c'est pourquoi nous devons les traiter ensemble", a affirmé à l'AFP la cheffe de la CDB il y a quelques jours.

30% du globe sous protection

Parmi la vingtaine d'objectifs en discussions, l'ambition phare, surnommée 30x30, vise à placer au moins 30% des terres et des mers du globe sous une protection juridique minimale d'ici 2030. Contre respectivement 17% et 10% dans l'accord précédent de 2010.

Il sera aussi question des subventions néfastes à la pêche et à l'agriculture, de lutter contre les espèces invasives et de la réduction des pesticides.

Mais une fois encore, la question du financement de ces mesures pourrait être un point de blocage: des pays en développement demandant la création d'un fonds, comme celui décidé pour le climat.

En dehors du Premier ministre canadien, aucun chef d'État ou de gouvernement n'est d'ailleurs attendu à Montréal, alors qu'ils étaient plus de 110 en Egypte.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Mort de Shireen Abu Akleh: Al Jazeera soumet l'affaire à la CPI

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Rodney Dixon, avocat de la chaîne qatarie Al Jazeera, et Lina Abu Akleh, nièce de Shireen Abu Akleh, ont soumis au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) un dossier sur la mort par balle de la journaliste américano-palestinienne. (© KEYSTONE/AP/Peter Dejong)

La chaîne de télévision qatarie Al Jazeera a annoncé mardi avoir soumis au procureur de la Cour pénale internationale (CPI) un dossier accusant l'armée israélienne d'avoir délibérément tué la journaliste américano-palestinienne Shireen Abu Akleh en mai.

Israël et les Etats-Unis ont tous les deux exprimé mardi leur opposition à cette saisine.

Al Jazeera soutient que les éléments transmis à la CPI mettent en évidence "de nouvelles preuves et des images vidéo montrant clairement que Shireen Abu Akleh et ses collègues se sont fait tirer directement dessus par les forces d'occupation israéliennes" le 11 mai.

Ce jour-là, la journaliste vedette d'Al Jazeera avait été tuée d'une balle à la tête lors d'un raid de l'armée israélienne dans le camp de réfugiés de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie occupée.

"Ma famille ne sait toujours pas qui a tiré la balle mortelle et qui était dans la chaîne de commandement qui a tué ma tante", a déclaré lors d'une conférence de presse à La Haye Lina Abu Akleh, nièce de la journaliste.

Décision indépendante

Après avoir reçu des plaintes d'individus ou de groupes d'individus, le procureur décide de façon indépendante des affaires qu'il compte soumettre aux juges de la Cour.

C'est à ces juges qu'il revient alors de décider si le procureur doit ou non ouvrir une enquête préliminaire, laquelle peut être suivie d'une enquête en bonne et due forme et, le cas échéant, d'une ou plusieurs inculpations.

La CPI, créée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde, a ouvert en 2021 une enquête sur des crimes de guerre présumés dans les Territoires palestiniens. Mais Israël n'est pas membre de la CPI, et a déclaré qu'il ne coopérerait à aucune enquête externe sur la mort de la journaliste.

"Personne n'enquêtera sur les soldats de Tsahal (l'armée israélienne) et personne ne nous prêchera la morale dans la guerre, certainement pas Al Jazeera", a déclaré le Premier ministre israélien Yaïr Lapid dans un communiqué.

"Nous nous y opposons", a lui aussi affirmé à la presse le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. "La Cour pénale internationale doit se concentrer sur sa mission principale", consistant selon lui à être "le tribunal de dernier recours pour punir et dissuader les crimes atroces", a précisé le porte-parole du département d'Etat à Washington.

Le bureau du procureur de la CPI a pour sa part confirmé qu'il "a reçu la communication" d'Al Jazeera mais qu'il ne commente pas les soumissions individuelles.

"Dissimulation"

Le jour de sa mort, à 51 ans, la journaliste couvrait des affrontements armés déclenchés par une opération militaire israélienne dans le camp de Jénine, bastion des factions armées palestiniennes, où une unité spéciale tentait d'appréhender des suspects.

La journaliste, chrétienne, était équipée d'un gilet pare-balles avec la mention "presse" et d'un casque, et l'Autorité palestinienne et Al Jazeera ont immédiatement accusé l'armée israélienne de l'avoir tuée.

Les preuves montrent également selon la chaîne qu'il n'y avait pas eu de tirs dans la zone, sauf ceux des soldats israéliens. Les journalistes étaient "en pleine vue" et marchaient lentement le long d'une route déserte.

L'armée israélienne, qui occupe la Cisjordanie depuis 1967, a reconnu pour la première fois en septembre qu'il y avait "une forte possibilité" pour que Shireen Abu Akleh ait été tuée par l'un de ses soldats, mais certainement pas de façon délibérée.

"L'affirmation des autorités israéliennes selon laquelle Shireen a été tuée par erreur dans un échange de tirs est totalement infondée", selon Al Jazeera, affirmant que les forces israéliennes ont "directement tiré" sur les journalistes.

Rodney Dixon, l'avocat mandaté par Al Jazeera, a estimé qu'il y avait une "tentative de dissimulation complète" des circonstances de la mort de la journaliste de la part d'Israël.

La mort de la journaliste procède "d'une campagne systématique et à grande échelle" d'Israël contre Al Jazeera, a-t-il affirmé, faisant aussi référence à la destruction de l'immeuble qui abritait le bureau de la chaîne à Gaza lors d'un bombardement israélien en 2021.

"Il y a clairement une tentative de fermer Al Jazeera et de la réduire au silence", a-t-il ajouté.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Annie Ernaux s'apprête à recevoir le Nobel à Stockholm

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L'écrivaine française Annie Ernaux s'est exprimée mardi devant la presse à Stockholm avant de recevoir le Nobel de littérature samedi. (© KEYSTONE/EPA/ANDERS WIKLUND)

La lauréate française du prestigieux prix de littérature, Annie Ernaux, voit son désir d'écrire renforcer par cette récompense. Sur place à Stockholm, elle prend la mesure de cette distinction.

Couronnée pour "le courage et l'acuité clinique" de son oeuvre en grande partie autobiographique, Annie Ernaux est la première femme française à recevoir la récompense en littérature et la 17e femme à décrocher un Nobel dans cette catégorie depuis la fondation des célèbres récompenses en 1901.

Cette figure du féminisme engagée à gauche veut dédier son prix à "tous ceux qui souffrent (...) et à tous ceux qui luttent et qui ne sont pas reconnus", a déclaré mardi Annie Ernaux, dans un entretien avec l'AFP.

La récompense a également renforcé son désir d'écrire. Désormais, elle entend "continuer à écrire et en même temps (...) profiter de [s]a vieillesse". "Je pense que c'est un âge où on peut réfléchir à beaucoup de choses et donc pour moi, ça veut dire aussi les écrire bien sûr", a-t-elle souligné.

Pour une réforme du Nobel

D'après l'octogénaire, "c'est dur à dire mais je pense que oui", les Nobel doivent changer. Pour dépoussiérer l'institution, "est-ce qu'on peut imaginer qu'il y ait moins de faste, moins de robes longues et de queues de pie ?", a suggéré Mme Ernaux dans un sourire, évoquant la cérémonie de remise des prix suivie d'un banquet de gala.

Depuis son arrivée à Stockholm, elle s'est trouvée confrontée à "la solennité, au faste aussi du prix", prenant conscience de "l'ampleur et du rôle" qu'il implique alors qu'elle assure n'avoir "vraiment aucun désir de distinction".

Elle estime toutefois que le Nobel est une institution "pour les hommes. Cela se manifeste par ce goût d'une tradition, dans les costumes. Il me semble que l'attachement aux traditions, c'est peut-être plus masculin, au fond, on se transmet le pouvoir comme ça", a dit l'écrivaine de 82 ans qui reçoit samedi son prix à Stockholm.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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