Santé
L'Association suisse des fibromyalgiques appelle à l'aide
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Les personnes atteintes de fibromyalgie souffrent d’un manque de reconnaissance: alors que l'Organisation mondiale de la santé reconnaît la maladie, ce n'est pas le cas de l'Assurance Invalidité en Suisse.
La fibromyalgie touche entre 1 et 5% de la population dans les pays industrialisés occidentaux, et les femmes sont deux à cinq fois plus touchées que les hommes. La maladie provoque notamment des douleurs musculaires, comme l'explique Philippe Schüpbach, président de l’Association suisse des fibromyalgiques.
La fibromyalgie est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé, mais pas par l’Assurance Invalidité en Suisse. Un réel problème, selon Philippe Schüpbach.
Plus d'informations sur le site de l'Association suisse des fibromyalgiques.
Santé
Vous d'abord: L’éco anxiété, un moteur d’action?
Entre sentiment d'impuissance et quête de sens, Mathieu Leveque, psychologue en éco-anxiété met en avant les bienfaits de la thérapie afin de transformer cette détresse en une force d'engagement concrète.
D'après la Revue Médicale Suisse, le terme «d’éco-anxiété» désigne une réaction psychique et émotionnelle que certaines personnes peuvent ressentir face à la crise climatique actuelle. Elle se manifeste par une détresse émotionnelle élevée, pouvant provoquer des crises d’angoisse et bien d’autres symptômes.
Contrairement à l’anxiété, qui est une réaction imminente liée à un problème souvent passager, l’éco-anxiété est une angoisse durable face à une problématique grandissante pour laquelle nous n’avons que très peu de pouvoir.
En revanche, si beaucoup utilisent le terme anxiété, certains, comme le psychologue Mathieu Lévêque spécialisé en éco-anxiété, préfèrent parler d’éco-émotion. En effet, il affirme que ce syndrome a un spectre bien plus large que l’angoisse. Cet état émotionnel se mêle à un sentiment d'impuissance, de colère et de peur.
Le but de cette thérapie n’est pas de faire disparaître l'éco-émotion, mais de la rendre vivable afin de la transformer en force d'engagement. — Mathieu Leveque
Le psychologue affirme que ce syndrome est loin d'être une mode ou un vague mal-être passager, il traduit l'angoisse réelle des jeunes face à un futur flou. Cette incertitude est telle que certains hésitent désormais à avoir des enfants, ne pouvant ignorer la crise climatique et la potentielle précarité de l'avenir qui attend les générations futures.
Si ce syndrome peut être handicapant, il peut également être un moteur d’action pour l'environnement. Dès lors que ces angoisses sont contrôlées et qu’elles n'ont plus un réel impact négatif sur notre vie quotidienne, l’éco-anxiété peut éveiller un esprit d'engagement très fort.
D’après Mathieu Leveque, s’informer et rejoindre des collectifs peuvent devenir un excellent moyen d'apaiser ses angoisses: s'entourer d'une communauté saine, capable de comprendre et de partager ces émotions, constitue une solution pour transformer son inquiétude en force collective.
L'éco-anxiété, bien plus qu'un simple mal-être, est le reflet d'une prise de conscience profonde face aux limites de notre monde. Si elle cristallise les doutes de toute une génération, elle n'est pas une fatalité. En transformant cette détresse en éco-émotion partagée, notamment par l'engagement collectif, l'angoisse devient alors un puissant levier d'action, capable de muer l'impuissance individuelle en une force de changement concrète.
Si vous souhaitez en savoir plus, Mathieu Lévêque, psychologue, était notre invité dans l’émission «Vous d’abord» pour aborder le thème : «L’éco-anxiété, mal du siècle ?»
Santé
Paris sportifs: une addiction «invisible» qui inquiète les cantons
En vue des championnats du monde de hockey et de football, les cantons et des association lancent "Game-Changer". La campagne vise à sensibiliser aux paris sportifs en ligne et rappeler les aides disponibles. Les hommes de 15 à 24 ans sont particulièrement à risque, selon Addiction Suisse.
Les autorités renforcent la prévention autour des jeux d’argent en ligne à l’approche des championnats du monde de hockey et de football. Des rendez-vous qui incitent à parier, sans forcément mesurer les risques de dépendance. Cela est particulièrement vrai pour les jeux en ligne : sur smartphone, il est possible de parier à tout moment et partout. Selon l’Enquête suisse sur la santé 2022, environ 10% des hommes de 15 à 24 ans présentent un comportement de jeu problématique. À l’échelle nationale, cela représente plus de 40 000 personnes, soit l'équivalent de la population de la ville de Neuchâtel.
L’illusion de contrôle: le piège des «connaisseurs»
La campagne «Game-Changer», déployée par les cantons suisses et la Principauté du Liechtenstein, s’inscrit volontairement dans l’effervescence des grands rendez-vous sportifs. Le mondial de hockey débute ce vendredi 15 mai, avant que la Coupe du monde de football ne prenne le relais cet été. Contrairement aux loteries traditionnelles, les paris sportifs, et plus particulièrement le «live betting» (paris en direct), reposent sur une «illusion de contrôle» trompeuse.
«Les paris en direct reposent sur une illusion de contrôle»
Comme l’explique Luca Notari, chef de projet de recherche à Addiction Suisse: «Aujourd'hui on joue en live, donc ce qu'on voit c'est qu'ils sont beaucoup plus dangereux. On a l'impression de pouvoir contrôler, de pouvoir gagner facilement de l'argent grâce à ses connaissances [...] mais de là à pouvoir gagner de l'argent, surtout à long terme, c'est pratiquement impossible. »
Une pathologie difficile à détecter
Le constat financier est alarmant: en Suisse, plus de deux milliards de francs ont été perdus en 2024 par les parieurs. Pour ceux qui finissent par solliciter un service de désendettement, la facture moyenne avoisine les 93'000 francs.
«On n'aperçoit que quelque chose ne va pas, mais on n'arrive pas à comprendre quoi»
Pourtant, l’aide intervient souvent trop tard car cette dépendance reste longtemps invisible, faute de symptômes physiques visibles pour l'entourage. Luca Notari souligne la complexité de cette situation pour les proches: «On n'aperçoit que quelque chose ne va pas, mais on n'arrive pas à comprendre quoi. Peut-être la personne elle est nerveuse, elle rentre souvent en conflit, elle cache des choses, ou peut-être on se rend compte qu'elle est tout le temps sur son téléphone, elle joue, mais on ne comprend pas».
La vigilance est donc cruciale face à certains signaux d'alerte: changement d'humeur, nervosité inhabituelle ou des conflits fréquents. Isolement, un repli sur soi et une tendance à cacher ses activités réelles. Un usage constant du téléphone portable, même durant les moments sociaux, pour parier ou suivre des résultats. Mais aussi des difficultés d'argent soudaines, des dettes ou des courriers importants qui restent non ouverts.
Reprendre le contrôle avant le coup de sifflet final
Une nouvelle étude d’Addiction Suisse révèle que la moitié des jeunes de 15 à 29 ans sont régulièrement exposés à des publicités pour les paris sur les réseaux sociaux et les applications. Face à cette pression marketing qui tend à normaliser le jeu, il est essentiel de rappeler que celui-ci doit rester un plaisir et non une charge. Pour ceux qui sentent le contrôle leur échapper, des ressources gratuites et anonymes sont disponibles. Addiction Suisse rappelle que plusieurs plateformes proposent notamment des autotests en ligne pour évaluer sa situation.
Offres d'aide disponibles
Conseil téléphonique : 24h/24, gratuit, anonyme - 0800 040 080
Conseil en ligne : écrit, gratuit, sécurisé et anonyme - SafeZone.ch (avec auto-évaluation)
Services de conseil sur place : répertoire des offres régionales en Suisse Romande
Interview réalisée par Sophie Vassutine
Adaptation web avec IA
Santé
Infertilité masculine: quand le silence pèse sur le parcours médical
À Lausanne, le Centre médical de fertilité (CPMA) accompagne les couples qui rencontrent des difficultés à concevoir un enfant. Un parcours encore perçu comme « une affaire de femmes », alors que l’infertilité concerne aussi les hommes dans 40 % des cas. Un sujet encore tabou, mais dont la parole tend peu à peu à se libérer, selon Laure de Jonckheere, conseillère en santé sexuelle et reproductive.
Le parcours d’infertilité est rarement un long fleuve tranquille. Pour de nombreux couples vaudois, l’aventure commence bien avant de pousser la porte d’une clinique spécialisée. « Un parcours d'infertilité peut déjà commencer avant de venir dans le parcours médical. C'est souvent des couples qui ont déjà essayé par eux-mêmes » explique Laure de Jonckheere, conseillère en santé sexuelle et reproductive au CPMA de Lausanne.
Une parole plus libre malgré la pudeur
En vingt ans de pratique au sein de la capitale vaudoise, Laure de Jonckheere a vu les mentalités évoluer. Aujourd'hui, les médias et les podcasts permettent aux patients de se sentir moins isolés. La sexothérapeute accompagne les couples dans ces parcours et anime des groupes de parole. Si pour elle le sujet reste encore tabou en Suisse, la parole tend à se libérer.
Cette pudeur masculine se reflète également dans la difficulté à exprimer ses émotions auprès de son entourage. Si les femmes cherchent plus facilement un soutien amical, les hommes restent souvent prisonniers de certains schémas éducatifs.
L’homme, ce « second plan » des investigations
L'un des points de friction majeurs réside dans la prise en charge médicale elle-même. Historiquement, les investigations ont été largement tournées autour du corps de la femme, laissant parfois le partenaire au second plan. Au CPMA, l'accent est mis sur l'intégration du conjoint, même si la démarche n'est pas toujours évidente pour les futurs pères.
Le parcours est aussi jalonné de questions éthiques. En Suisse, si le don de sperme est autorisé et encadré, le don d'ovocytes demeure interdit. Cette asymétrie législative s'ajoute aux nuances techniques entre "infertilité" (difficulté à concevoir) et "stérilité" (diagnostic définitif nécessitant souvent un don). Laure de Jonckheere conseille de continuer à cultiver le dialogue et préserver des moments de bien-être au sein du couple pour ne pas laisser le parcours médical envahir la relation.
Interview réalisée par Sophie Vassutine
Adaptation web avec IA
Santé
La réalité virtuelle peut déclencher une réponse immunitaire chez l’être humain
Le cerveau peut activer notre système immunitaire de manière préventive. C’est ce que montre une étude réalisée sur 250 participants par des chercheurs du CHUV et de l’Université de Genève grâce à la réalité virtuelle. Résultat: un avatar malade suffit à déclencher une réponse immunitaire chez l’être humain.
Un avatar malade suffit à déclencher une réponse immunitaire chez l’être humain. C’est qu’ont démontré des chercheurs du CHUV et de l’Université de Genève. Le cerveau, confronté à une personne qui a l’air malade, active une réponse immunitaire de manière préventive. Différentes expériences ont été menées sur 250 participants par le biais de la réalité virtuelle. Les volontaires ont été confrontés à plusieurs visages de personnes "malades" qui présentaient des signes visuels d’infections, et d’autres neutres. Les explications du Professeur Andrea Serino qui a dirigé l’étude.
Résultat : des marqueurs immunitaires apparaissent dans le sang, comme si le corps faisait face à un vrai agent infectieux. Confrontés à ses images, l’analyse a montré que le cerveau active des zones liées à la détection d’une menace avant même qu’un agent pathogène réel n’intervienne, donc par seule anticipation. Cela montre un dialogue jusqu’ici inconnu entre le cerveau et le système immunitaire comme l'explique Andrea Serino.
Selon les chercheurs, ces découvertes ouvrent des pistes prometteuses notamment pour la recherche sur les effets placebo ou les troubles psychosomatiques.
Les résultats de l'études "ouvrent plusieurs pistes pour l’avenir", selon le professeur qui a dirigé l’étude. On le retrouve.
La réaction des volontaires a été monitorée par plusieurs biais dont l’électroencéphalogramme, l’IRM et l’analyse sanguine.
L'étude a fait la couverture de Nature Neuroscience de septembre 2025.
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