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Culture

A la quête des disparus dans la Bosnie d'après-guerre

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Le film "The DNA of Dignity" (L'ADN de la dignité" montre le travail des experts médico-légaux de la Commission internationale des personnes disparues (CIPD). (© Jan Baumgartner)

Un jeune cinéaste bernois a accompagné des experts médico-légaux en Bosnie-Herzégovine lors de l'identification d'os provenant de fosses communes. "The DNA of Dignity" est le seul film suisse retenu par la Semaine de la critique à Locarno : à voir dimanche.

Jan Baumgartner s'était déjà penché sur les conséquences de la guerre en Bosnie-Herzégovine dans le court-métrage "Talking Soil" (La terre qui parle), d'abord présenté au Sarajevo Film Festival en 2018, puis dans des festivals suisses. Il y dressait le portrait d'anciens soldats à la recherche de mines enfouies par milliers dans le sol.

Déjà à l'époque, il était conscient "qu'il y a encore tout autre chose qui a disparu sous terre et qui doit être traité", raconte le cinéaste de 35 ans dans un entretien avec Keystone-ATS. Jan Baumgartner s'est efforcé d'obtenir une autorisation de tournage auprès de la Commission internationale pour les personnes disparues (CIPD).

Cette commission soutient les gouvernements, les autorités judiciaires et la société civile dans la recherche et l'identification des personnes disparues. En ex-Yougoslavie, plus de 40'000 personnes ont été portées disparues après la guerre, qui a dévasté le pays entre 1991 et 1999. Jusqu'à présent, seules 70% des victimes ont pu être identifiées.

Toujours 11'000 personnes disparues

Jan Baumgartner et son équipe de tournage ont pu accompagner les experts médico-légaux de la CIPD dans leur mission en Bosnie - de l'excavation minutieuse de fosses communes récemment découvertes à la comparaison ADN assistée par ordinateur en laboratoire en passant par l'assemblage de restes osseux.

"Nous voulions donner une plate-forme à ces personnes qui font un travail important en silence", souligne le cinéaste. Dans la région, 11'000 personnes sont toujours considérées comme disparues.

Alors que le projet de Jan Baumgartner a rencontré un bon écho auprès des experts médico-légaux, son cercle d'amis à Sarajevo a d'abord réagi avec scepticisme. On lui a dit que les gens ne voulaient plus voir des images de fosses communes. Beaucoup voulaient clore ce sujet et oublier la guerre.

Il a essayé de prendre en compte cette critique, "et de relier l'histoire de ces ossements à quelque chose de prometteur", explique le réalisateur. Car pour les familles concernées, l'identification de leurs proches disparus peut être un grand soulagement.

L'équipe de tournage a toutefois délibérément renoncé à mettre en scène les familles présentes lors des fouilles - notamment pour les protéger. L'histoire d'une mère dont les deux fils ont disparu depuis la guerre est racontée dans le film par un personnage fictif. Il ne s'agissait pas non plus pour lui de "poser la question de la culpabilité".

Un emploi dans les soins à domicile

Jan Baumgartner s'est rendu pour la première fois à Sarajevo il y a 20 ans - alors qu'il était encore adolescent pour un échange entre son école Steiner et le lycée local: "je suis tombé amoureux de ce pays". Il s'est ensuite rendu à plusieurs reprises sur place, a appris la langue et a passé en tout six ans en Bosnie pour ses deux derniers projets de films.

"Quand je n'avais plus d'argent, je venais en Suisse pour travailler". Ici, l'infirmier de formation travaille pour Spitex à Berne et s'occupe chaque jour de 12 à 14 patients. Le travail de soignant est difficile et exigeant, mais aussi enrichissant : "chaque patient a sa propre histoire".

Son tout premier film, "Alafia" (2016), documentait le quotidien dans un hôpital du Bénin africain. Les gens doivent généralement parcourir de longues distances - à vélo ou à pied - pour recevoir un traitement médical. Tous n'y parviennent pas à temps.

Autodidacte et teamplayer

Jan Baumgartner est venu au cinéma en autodidacte. Au départ, il voulait devenir photographe de guerre, dit-il. Mais plus il s'intéressait au journalisme de guerre, plus il prenait conscience des difficultés de ce métier au milieu de la violence et de la guerre: "je ne voulais pas que cela me change en tant qu'être humain".

Ses ½uvres sont réalisées en collaboration avec le cameraman Lukas Nicolaus et le cinéaste Daniel Asadi Faezi, qu'il a rencontrés lors de ses voyages. Tous deux sont diplômés de l'école de cinéma de Munich et ont déjà réalisé leurs propres projets de films. Le soutien de ces deux talents est pour lui une "chance énorme".

Jan Baumgartner a également produit lui-même "The DNA of Dignity" et l'a financé en grande partie par ses propres moyens, à l'exception d'une somme de 20'000 francs qu'il a reçue de fondations.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Le Venoge Festival dévoile le programme de sa 30e édition

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Pour sa 30e édition, plus de 40 artistes se produiront sur les trois scènes de l'open air du Gros-de-Vaud, le Venoge Festival (archives). (© Keystone/LAURENT GILLIERON)

Le Venoge Festival a dévoilé l'affiche de sa prochaine édition, programmée du 12 au 15 août à Penthaz (VD). Outre la venue déjà annoncée de David Guetta, l'open air s'offre aussi PLK, Josman, Lisa Stansfield, Magic System, Damso, Rilès, Suzane, Mosimann ou encore Sabrina et Ophélie Winter pour sa 30e édition.

Ce sont plus de 40 artistes qui se produiront sur les trois scènes de l'open air du Gros-de-Vaud, dont le budget atteint cette année 6,5 millions de francs (contre 5,5 millions l'an dernier), ont annoncé jeudi les organisateurs.

L'été dernier, le Venoge Festival a connu une affluence record. La manifestation a attiré 50'000 personnes grâce notamment à deux soirées à guichets fermés. Elle avait attiré 42'000 spectateurs en 2024.

Guetta aime la Romandie

C'est d'abord un cadeau en or que s'offre le Venoge Festival pour sa 30e édition: la star des DJs David Guetta. Le Français est programmé pour une soirée supplémentaire inédite, le mardi 11 août, en prologue de l'édition 2026. En exclusivité suisse cette année, il se produira sur la grande scène dans le cadre de son "Monolith Tour".

La figure majeure de la scène électro mondiale succédera cette soirée-là à Synapson et Afrojack. Quelques jours auparavant, il se sera produit trois soirs consécutifs au Stade de France à Paris devant 80'000 spectateurs. Pour mémoire, David Guetta a déjà clôturé trois fois le Paléo Festival à Nyon, en 2012, 2015 et 2025.

Le reste de l'affiche 2026 du Venoge Festival n'en est pas moins riche en surprises, fidèle à son identité: "Une programmation populaire, singulière et fédératrice, pensée pour rassembler toutes les générations autour d'expériences musicales fortes", aime à rappeler les organisateurs.

Musiques actuelles et "revival"

Le mercredi fera une nouvelle fois honneur à la scène urbaine. PLK, Josman, L2B, La Mano 1.9, Genezio ou encore Nono La Grinta se produiront ce soir-là sur les deux scènes principales. Vendredi et samedi, Damso, Rilès, Suzane, Yuston XIII, Mosimann, Claudio Capéo, Gaëtan Roussel et Marguerite tiendront le haut de l'affiche.

Jeudi, avec "Made in Venoge", place à la traditionnelle soirée "revival" qui se veut festive et intergénérationnelle. Elle réunira d'abord trois têtes d'affiche, Lisa Stansfield, Magic System et Fatal Bazooka.

Le show "Remeber Me" - imaginé, produit et monté spécialement pour et par le Venoge Festival - rassemblera, lui, Gala, K.Maro, Haddaway, Reel 2 Real, Sabrina, Worlds Apart, Dr. Alban ou encore Ophélie Winter et Helmut Fritz. Le même soir, hommage à la variété française des années 80 avec Jean-Pierre Mader, Patrick Hernandez, Emile (ex-Gold) et Début de Soirée.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Décès à Nice de l'ancienne star de téléréalité Loana

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Loana, ici à droite lors du festival de Cannes en 2009, a été retrouvée morte mercredi (archives). (© KEYSTONE/EPA/CAROLINE BLUMBERG)

L'ex-star de téléréalité Loana a été retrouvée morte mercredi à son domicile de Nice, a-t-on appris auprès du procureur de Nice, Damien Martinelli, confirmant une information de Paris-Match

Le corps de Loana Petrucciani, 48 ans, ancienne vedette de "Loft Story", a été retrouvé en fin de journée, a précisé à l'AFP le magistrat, indiquant qu'une enquête avait été ouverte "en recherche des causes de la mort".

Première vedette de la télé-réalité en France, Loana a connu la gloire en 2001 grâce à sa participation à "Loft Story", mais aussi de nombreux déboires, entre drogues, dépressions et tentatives de suicide.

Après avoir remporté "Loft Story", elle avait participé en 2006 à une autre émission de télé-réalité dans la jungle brésilienne, "Je suis une célébrité : sortez moi de là !", dont elle avait fini troisième, le cycliste Richard Virenque ayant terminé à la première place.

Tout en multipliant les projets, dont un album, la jeune femme avait alors commencé à faire la Une de la rubrique faits divers: découverte inanimée à son domicile en 2009, elle avait dit avoir été agressée par deux hommes.

Quatre ans plus tard, elle était hospitalisée et plongée dans le coma après une tentative de suicide, son entourage révélant alors qu'elle avait déjà tenté plusieurs fois de mettre fin à ses jours.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Le rappeur Gims en garde à vue dans une affaire de blanchiment

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Le rappeur Gims, ici au Paleo Festival à Nyon en 2024, a été placé en garde à vue mercredi (archives). (© KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD)

Le chanteur et rappeur Gims a été placé en garde à vue pour être entendu dans une affaire de blanchiment en bande organisée, a-t-on appris mercredi auprès du parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco).

L'artiste congolais de 39 ans est entendu dans le cadre d'une "commission rogatoire de juges d'instruction", suivie par ce parquet parisien spécialisé, a précisé cette source, après une information du site Africa Intelligence.

Contacté par l'AFP, l'avocat du plus gros vendeur de disques de l'année 2025 en France, Me David-Olivier Kaminski, n'a pas souhaité réagir dans l'immédiat.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Houellebecq en vedette au festival Eventi Letterari au Tessin

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Le public pourra rencontrer l'écrivain français Michel Houellebecq au Monte Verità dimanche autour du thème "Un doux requiem pour l’humanité", entre mélancolie et regard critique sur le monde contemporain. (archives) (© KEYSTONE/AP/THIBAULT CAMUS)

Le romancier Michel Houellebecq sera l’invité phare du festival "Eventi Letterari" au Monte Verità, au-dessus d'Ascona, du 26 au 29 mars. Inspirée par Leonard Cohen, cette édition fait écho à une ½uvre marquée par le pessimisme, que l’auteur assume face aux critiques.

Avant ses dix concerts à La Scala à Paris en avril, Michel Houellebecq fait escale au Monte Verità. Le slogan de cette édition, "Dance Me to the End of Love", un titre de Leonard Cohen, trouve un écho dans ses livres.

L’écrivain français, également auteur de l’album, qui vient de sortir "Souvenez-vous de l’homme" avec Frédéric Lo, décrit ses textes comme traversés par "le désir, la solitude et la compétition", constituant "une forme de diagnostic du présent". "Je décris simplement le monde tel qu’il est", affirme Michel Houellebecq, lors d'un récent passage à la RTS.

Cette année, il revient à la chanson. "Oui, comme beaucoup de gens qui écrivent des poèmes, je suis pour la poésie orale", explique-t-il, soulignant le lien entre écriture et voix. Sur la mise en musique, il précise que "certains poèmes, on sent que ça peut marcher, d’autres ce n’est pas la peine d’essayer".

Son collaborateur le musicien Frédéric Lo évoque une rencontre artistique "évidente" et un travail fondé sur "le thème, mais aussi la musicalité des mots". Le compositeur dit avoir été "très fier et honoré" de concevoir cet album commun, fruit d’une confiance progressive.

La fin de l’homme sans être la fin du monde

L’univers de Michel Houellebecq, qui suscite débats et controverses depuis plus de trente ans, explore aussi des thèmes comme l’intelligence artificielle ou la fin possible de l’humanité. "Ça peut être la fin de l’homme sans être la fin du monde", estime-t-il, ajoutant que ces évolutions sont "non arrêtables", indépendamment des craintes qu’elles suscitent.

Sur le rôle de la musique, l’écrivain reste nuancé. "Est-ce que ça peut aider à attendre la fin du monde ? Oui sûrement", dit-il, tout en refusant d’y voir un refuge: "Je reste très perméable aux choses". À l’inverse, Frédéric Lo confie pouvoir "se réfugier dans la musique, comme dans le cinéma ou la littérature".

Le festival "Eventi Letterari", qui se tient pendant trois jours à Ascona et Locarno, accueillera également la sociologue Eva Illouz et l’écrivain suisse Lukas Bärfuss.

*La rencontre sold-out avec Michel Houellebecq, intitulée "Un doux requiem pour l’humanité", pourra être suivie dimanche 29 mars à 18h00 en streaming en direct sur le site du festival: https://eventiletterari.ch/it/program/

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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