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Genève: au fil du Rhône sur le D'Artagnan, barge poubelle des SIG

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Les barges poubelle des SIG évoluent dans une nature sauvage sur 12 km avant d'atteindre l'usine des Cheneviers. (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Depuis près de six décennies, les barges poubelles des SIG transportent au fil du Rhône des milliers de tonnes de déchets ménagers du centre-ville de Genève jusqu'à l'usine des Cheneviers. Une équipe de Keystone-ATS a fait le trajet sur un long fleuve pas toujours tranquille.

A la bucolique pointe de la Jonction, vers 8h30, quelques rares coureurs et un ballet de camions poubelles. Les poids lourds déversent tour à tour les ordures ménagères de la ville de Genève et des communes de la rive gauche dans une barge abritée sous un couvert.

Sous des brumisateurs qui luttent contre les nuages de poussière, les tas de déchets sont égalisés, aplatis. Puis la benne d'une soixantaine de mètres de long, baptisée "D'Artagnan", est fermée par des stores mécaniques pour éviter les odeurs, la dispersion des ordures et d'attirer les gourmands rapaces qui tournoient non loin.

Sur 12 km

"Aujourd'hui, nous avons 165 tonnes, ce qui n'est pas loin du maximum", explique Philippe Riesen, responsable de la réception des marchandises et chef de l'équipe. La barge n'étant pas motorisée, un bateau pousseur, le "Tréville", la tire avec douceur hors du quai de chargement, avant de repousser une benne vide dans le chenal.

Très techniques, les manoeuvres sur le Rhône se déroulent "pile poil à la Jonction, là où le Rhône mange l'Arve", commente le chef d'équipe. Elles permettent de placer D'Artagnan devant le Tréville qui poussera la benne sur douze kilomètres.

Aux manettes de l'imposant convoi, Cédric Bernard, responsable du service de transport fluvial et l'un des cinq pilotes de barges des Services industriels de Genève. La vie à bord serait-elle un long fleuve tranquille? "Cela dépend des périodes", répond-il.

"Les péniches peuvent naviguer par tous les temps, notre seule contrainte, c'est le courant qui peut être très irrégulier. Nous nous sommes fixé une limite à un débit de 650 mètres cubes. En hiver, le brouillard peut perturber la navigation, il faut alors l'aide du radar", poursuit-il.

Tout un système d'alerte

"La période estivale est, elle, particulièrement stressante: le Rhône est envahi de nageurs, d'embarcations et d'objets flottants non identifiés", glisse M. Bernard. "Il faut être hyper vigilant". Et de montrer à une centaine de mètres en avant un canoë qui ignore superbement le coup de corne du bateau, avant de finalement se ranger sur le côté.

Dès le milieu de la matinée, "c'est l'enfer", abonde M. Riesen, "si bien que des mesures ont dû être prises: depuis 2019, une escorte fluviale précède la barge l'après-midi. Elle invite les adeptes de la descente du Rhône à se ranger sur la droite ou à s'arrêter. Banderoles et pancartes lumineuses font de même avant le pont de la Jonction".

"Ce n'est pas pour embêter, mais il est vraiment compliqué d'arrêter un convoi frôlant les 400 tonnes: lorsqu'il part en dérive, il est difficilement rattrapable", note le capitaine.

Nature sauvage

Après deux virages délicats passés de main de maître, le bateau continue sa course paisible dans la nature sauvage, à une "vitesse de pointe de 17 à 18 km/h". Suivant les méandres du fleuve d'un vert émeraude, il se faufile entre les roselières, sous le pont Butin, les tours du Lignon, la passerelle de Chèvres, "la plus complexe à passer, car il faut tenir compte de la dérive", relève M. Bernard qui avoue parfois quelques petites frayeurs.

Descendue à fleur de l'eau verte du fleuve, la barge arrive à bon port à l'usine des Cheneviers à Aire-la-Ville, où sont déchargées et incinérées les ordures ménagères. La descente aura duré 45 minutes. "Il faudra une heure pour le retour, les bennes vides étant plus difficiles à diriger", observe le capitaine.

40% des ordures du centre-ville

Par année, en moyenne 40'000 tonnes de déchets sur les 90'000 produites par le centre de Genève et la rive gauche sont transportées sur le Rhône, soit environ 40%. Les quatre barges - toutes au nom de mousquetaires - réalisent en général neuf allers et retours hebdomadaires, relève Thomas Servant, responsable d'unité, lors de l'arrivée au chenal de l'usine d'incinération.

"Outre le nombre de camions en moins sur les routes, ce moyen de transport doux permet de limiter les émissions de CO2. La capacité d'une benne équivaut à celle d'une petite vingtaine de poids lourds. A titre de comparaison, un camion transporte environ 8 tonnes", illustre-t-il.

Crues plus importantes

Reste que ce type de transport est soumis aux aléas climatiques. L'été dernier, à la suite à de pluies torrentielles, "l'Arve a transporté beaucoup de sable. Un gros volume de sédiments s'est déposé dans le chenal à la Jonction. Conséquence: les coques touchaient le fond et le trafic a été interrompu".

"Le problème des crues est récurrent. Mais force est de constater une accentuation de la gravité de ces épisodes", indique M. Servant.

Le dragage des sédiments fait d'ailleurs partie du travail de l'équipe, deux fois par an. Là aussi, les volumes sont de plus en plus importants. Huit mille mètres cubes vont notamment été retirés à la Jonction lors de la prochaine campagne, de fin août à mi-octobre.

Selon Thomas Servant, "l'activité va rester pérenne encore très longtemps". Et de rappeler qu'elle avait été imaginée par des ingénieurs lors l'ouverture de la première usine d'incinération des Cheneviers en 1966. Le transport fluvial de déchets se pratique ailleurs, notamment en France et aux Pays-Bas, précise le responsable.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Satisfaction des entreprises genevoises au plus bas depuis le Covid

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Le directeur général de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG) Vincent Subilia souhaite un soutien à l'économie genevoise alors qu'une insatisfaction est relayée par les entreprises (archives). (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Le niveau de satisfaction des entreprises genevoises est au plus bas depuis la pandémie de Covid-19, selon l'enquête conjoncturelle de la Chambre de commerce, d'industrie et des services de Genève (CCIG). Elle recommande plusieurs dispositifs d'urgence.

Dévoilée vendredi, l'enquête menée auprès de 456 entreprises montre une augmentation de celles qui subissent une stagnation. Alors que 39% avaient considéré 2024 comme positive, elles ne sont plus que 11% pour 2025.

En termes d'emploi, les prévisions d'embauches reculent largement et les diminutions d'effectifs sont plus fréquentes que prévues. La croissance du chiffre d'affaires ralentit par rapport aux années précédentes, la rentabilité ralentit et les tensions internationales pèsent sur les exportations.

Au total, pour cette année toutefois, seuls 16% anticipent un recul de leur rentabilité. Moins d'un quart des entreprises anticipent une augmentation du nombre de leurs collaborateurs.

Approches "plus agiles"

Face au ralentissement économique, le directeur général de la CCIG Vincent Subilia souhaite des approches "plus agiles" et davantage de collaborations. L'institution recommande de prolonger les réductions des horaires de travail pour éviter les licenciements. Les mécanismes de reconversion doivent également être renforcés.

En termes énergétiques, la CCIG souhaite une accélération des investissements et de la production locale pour sécuriser l'approvisionnement. Un Fonds de soutien industriel est également proposé pour la décarbonation et le recours aux nouvelles technologies comme l'intelligence artificielle (IA).

Pour diminuer la charge pour les entreprises, les délais administratifs doivent être réduits et une simplification est recommandée, a également insisté l'organisation. Le financement de l'innovation doit également être renforcé.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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L'entreprise genevoise Wisekey a augmenté ses pertes en 2025

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Le spécialiste genevois de la cybersécurité Wisekey a accru ses pertes en 2025 (image d'illustration). (© KEYSTONE/DPA/SINA SCHULDT)

Le spécialiste genevois de la cybersécurité Wisekey a augmenté ses pertes en 2025. Pour 2026, l'entreprise est confiante: elle prévoit une croissance du chiffre d'affaire de 50-100%.

La perte nette a atteint 38,2 millions de dollars en 2025, environ un cinquième de plus qu'en 2024, a indiqué jeudi soir la société sur la base de ses chiffres définitifs. Le résultat a notamment été impacté par l'augmentation des dépenses pour la recherche et le développement, le développement de la distribution et du marketing et la consolidation des activités acquises.

Le chiffre d'affaires a augmenté de 62% à 19,3 millions de dollars. C'est à peu près équivalent à la progression de 58% qui avait été annoncée début mars sur la base de données encore provisoires. Rien qu'au quatrième trimestre, le chiffre d'affaires a doublé à 8 millions de dollars.

La croissance est due en particulier à la filiale SEALSQ dont les recettes ont bondi de 66%. Celle-ci représente la plus grosse part du chiffre d'affaires du groupe et profite de l'augmentation de la demande pour des solutions de semi-conducteurs et sécurité, notamment pour les technologies post-quantum.

Au premier trimestre 2026, la société a réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 millions de dollars. Fin avril, Wisekey disposait de liquidités et placements à court terme de plus de 535 millions de dollars. Cela lui fournit de la marge pour des investissements et une croissance supplémentaire. L'entreprise affirme disposer d'un pipeline "bien rempli".

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Incendie au Fief-de-Chapitre à Lancy: un suspect arrêté

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Les pompiers sont intervenus mardi dans un immeuble de Lancy pour un incendie qui a ravagé deux cabines d'ascenseur (image d'illustration). (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Un homme âgé de 42 ans a été arrêté suite à l'incendie qui s'est déclaré mardi matin dans un immeuble situé au chemin du Fief-de-Chapitre à Lancy, annonce jeudi le Ministère public genevois. Une femme de 48 ans, qui avait été retrouvée inanimée dans un ascenseur, est toujours hospitalisée avec un pronostic vital fortement engagé.

L'individu a été interpellé peu après les faits, selon un communiqué du Ministère public. Entendu mercredi, il a admis être à l'origine de l'incendie. Le quadragénaire, qui est présumé innocent, est prévenu de tentative de meurtre et d'incendie intentionnel. Il a été mis en détention provisoire.

A l'arrivée des pompiers sur place mardi matin, l’incendie était en plein développement. Des dommages importants ont été constatés dans les couloirs de l’immeuble et les deux cabines d'ascenseur ont été complètement détruites. La femme, qui a été grièvement blessée, était prise au piège dans une des cabines en flammes.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Plusieurs avancées pour l'employabilité à Genève

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Julien Garda est le nouveau directeur de l'Office cantonal de l'emploi (OCE) à Genève. Il est en poste depuis trois mois. (© Keystone/GAETAN BALLY)

Plusieurs avancées ont été observées à Genève dans l'employabilité des personnes en recherche d'emploi. Le canton a dévoilé jeudi les premiers effets de son plan directeur, alors que le taux de chômage moyen a augmenté de 4,2 à 4,7% l'année dernière.

Au total, 50 millions de francs ont été injectés dans 156 mesures auxquelles peuvent recourir les demandeurs d'emploi. "Ce n'est pas rien. On investit beaucoup", affirmé à la presse la conseillère d'Etat Delphine Bachmann.

Parmi les indicateurs, le nombre de personnes qui ont pu entamer une reconversion professionnelle grâce à une allocation de formation a progressé en 2025. Au total, 61 de plus de 30 ans ont démarré un CFC, contre 47 l'année précédente.

Les emplois de solidarité, lancés en 2008 pour mieux réintégrer dans le marché du travail les personnes en fin de droit, ont été repensés. Avec un taux de retour au travail de moins de 25% en 15 ans, "on estime que les objectifs n'ont pas été entièrement atteints", ajoute la cheffe du Département de l'économie, de l'emploi et de l'énergie (DEE).

Parmi les innovations, le recours à l'intelligence artificielle (IA) offre des analyses personnalisées pour les demandeurs. L'objectif du canton est de rendre leur profil professionnel davantage compatible avec les besoins des entreprises. D'autant plus que certaines branches font face à une pénurie de main d'oeuvre.

Davantage de collaborateurs

L'Office cantonal de l'emploi (OCE) veut aussi être davantage à l'écoute des chômeurs. Des ateliers ont été menés avec 50 d'entre eux pour comprendre leurs attentes à l'égard de leur conseiller.

"Nous voulons mener une politique plus humaine", insiste le nouveau directeur général Julien Garda. "Nous avons entendu les critiques", insiste-t-il, ajoutant toutefois ne pas avoir observé d'"agressivité" à l'égard du personnel.

Une augmentation de 15% des effectifs a été décidée. Chaque conseiller doit prendre en charge environ 150 personnes. "C'est trop", ajoute M. Garda. Le nombre va être ramené près du chiffre optimal de 130. Autre chantier, la collaboration avec les entreprises est renforcée.

La situation de l'emploi continue de se détériorer dans le canton. La restauration et le nettoyage et le commerce de détail restent les plus affectés.

Amélioration avec l'outil du SECO

L'augmentation la plus significative du chômage en 2025 a toutefois été observée dans l'horlogerie, l'hôtellerie et les banques. Environ 200 employés de la Genève internationale seulement se sont annoncés à l'OCE.

Un demandeur sur deux retrouve une activité dans les six mois. Et près de la moitié des personnes sorties des statistiques de l'OCE l'année dernière ont dit avoir retrouvé un emploi. Ces chiffres montrent que le chômage n'est pas une "fatalité", estime Mme Bachmann.

La situation s'améliore avec l'outil informatique du Secrétariat d'Etat à l'économie (SECO). "On espère qu'on aura d'ici juin quelque chose qui fonctionne de manière opérationnelle", précise la conseillère d'Etat.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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