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Suisse - UE: Premier feu vert au milliard de cohésion

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Le milliard de cohésion, censé apaiser les relations tendues entre la Suisse et l'Union européenne, a obtenu jeudi le feu vert des sénateurs (© KEYSTONE/PETER SCHNEIDER)

Le nouveau milliard de cohésion devrait enfin être versé à l'Union européenne. Le Conseil des Etats a accepté jeudi de supprimer les conditions à son octroi.

Le sujet cristallise les tensions entre la Suisse et l'Union européenne (UE) depuis des années. Faute d'avancées sur l'accord institutionnel, Bruxelles avait refusé l'équivalence boursière à Berne. En réaction, le Parlement avait conditionné le deuxième milliard de cohésion. Il ne devait être versé que si l'UE s'abstient de toutes mesures discriminatoires.

Le 26 mai a quelque peu changé la donne. Le Conseil fédéral rompt unilatéralement les négociations sur l'accord-cadre. L'UE est fâchée et le fait savoir. Pour l'amadouer, le gouvernement veut débloquer l'enveloppe. Les sénateurs ont suivi, par 30 voix contre 9, après des débats animés.

Déescalader les tensions

"Les mesures prises jusqu'ici pour des raisons tactiques n'ont pas atteint les buts espérés ni d'un côté, ni de l'autre", a constaté Matthias Michel (PLR/ZG) pour la commission. "La pression n'appelle que la pression en retour", a abondé Andrea Gmür-Schönenberger (Centre/LU). "Il est temps de déescalader la situation."

"Il y a urgence à mettre fin aux tensions croissantes. Après la rupture abrupte, unilatérale et catastrophique de l'accord-cadre, il est plus que nécessaire de faire un geste d'apaisement", a également plaidé Carlo Sommaruga (PS/GE), tout en rappelant qu'il s'agit d'un passif à solder. "La Suisse n'a plus payé de contribution depuis 2013."

Sans le versement du milliard de cohésion, la voie bilatérale se détériorerait inévitablement, ont pointé des sénateurs de gauche comme de droite. Aucun nouvel accord n'est pour l'instant signé ou actualisé. "Si la Suisse peut s'en arranger pour le moment, car les accords actuels sont toujours en vigueur, elle en souffrira sur le long terme", a jugé Pirmin Bischof (Centre/SO).

Aucune obligation

La Suisse serait en outre définitivement reléguée au rang d'Etat tiers pour le programme Horizon Europe, a noté Carlo Sommaruga. "L'issue serait désastreuse. Les universités seraient inévitablement déclassées. Leurs acteurs perdraient le droit de postuler à des bourses prestigieuses et de diriger des projets. Ils s'orienteraient vers d'autres pays européens."

"Les chercheurs de nos universités se tournent vers des entreprises, comme Facebook, Google ou Microsoft, qui ne sont pas européennes," a contré Ruedi Noser (PLR/ZH). Le problème actuel n'est pas lié aux programmes de recherche. "Si la Suisse n'y participe plus, ce serait même une chance. Elle pourrait développer ses propres projets."

Pour le Zurichois, trois problèmes existent actuellement: la non-reconnaissance boursière, la non-reconnaissance des produits médicaux et l'obligation d'annonce de huit jours des postes vacants. L'accès au marché européen n'en est pas un. "Il fonctionne à 99%."

Le milliard de cohésion n'a rien à voir avec, a-t-il poursuivi. "Nous devons le débloquer parce que nous le voulons, non pas parce que nous le devons." Olivier Français (PLR/VD) a lui plaidé pour une nouvelle contribution à la cohésion sociale du continent.

Jeu de poker

L'opposition est venue de l'UDC et d'une partie du Centre, qui ont tout simplement refusé d'entrer en matière sur le sujet. "Le Conseil fédéral joue au poker. La Suisse n'a aucune garantie que l'Union européenne arrête ses discriminations si la contribution est débloquée", a relevé Thomas Minder (Ind/SH).

Les derniers évènements indiquent même le contraire, a estimé Daniel Fässler (Centre/AR). Et Jakob Stark (UDC/TG) d'énumérer une série de blocages sur l'équivalence boursière, l'électricité, les produits médicaux ou encore différents programmes de recherche ou de culture.

"Les accords bilatéraux sont dans l'intérêt des deux partenaires. Les adapter ou trouver de nouvelles solutions l'est aussi", a pointé Heidi Z’Graggen (Centre/UR). Débloquer le milliard de cohésion sans condition serait, selon eux, une "capitulation", une "servilité" et une "abnégation de soi-même". Une nouvelle stratégie doit être esquissée. Il en va de la crédibilité de la Suisse.

Sortir de la spirale négative

Ignazio Cassis a lui estimé qu'il s'agissait d'un signe de bonne volonté. "La Suisse montre ainsi qu'elle demeure un partenaire fiable", a argumenté le ministre des affaires étrangères. Tout lien entre des projets différents n'a pas lieu d'être. "Il faut sortir de cette spirale négative."

D'autant plus que l'Union européenne a déjà fait un pas important: elle a nommé une personne en charge du dossier, a pointé le Tessinois. La prochaine étape sera l'institution d'un dialogue politique, permettant de clarifier les souhaits de chacun.

Poursuite des débats au National

Au total, 1,302 milliard de francs doivent être libérés. Le crédit-cadre pour la cohésion de 1,047 milliard doit aider à réduire les disparités économiques et sociales dans l'Europe élargie. L'accent doit notamment être mis sur la formation professionnelle.

Les fonds de cette enveloppe ne peuvent être engagés que d’ici au 3 décembre 2024. Ils ne sont pas directement versés aux pays partenaires mais affectés à des projets et à des programmes spécifiques. Un processus qui peut durer trois ans, a rappelé Ignazio Cassis. Le temps presse.

Le crédit pour la migration de 190 millions doit lui permettre de soutenir les pays d'Europe du Sud. Il porte sur dix ans. Les quelques 65 millions restants doivent servir pour les charges propres de l'administration fédérale.

L'enveloppe doit encore être examinée par le National. Elle occupera une grande partie des débats de l'après-midi, voire de la soirée. Si les députés suivent leur commission, qui veut lier le milliard de cohésion au message sur Erasmus+, les parlementaires devront replancher sur le sujet à la session d'hiver.

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Football

Une trop lourde défaite pour le Lausanne-Sport

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Pius Dorn ne laisse aucune chance à Karlo Letica pour le 3-0. (© KEYSTONE/PHILIPP SCHMIDLI)

La fin de saison du Lausanne-Sport s’apparentera-t-elle à un hiver sans fin ? Une semaine après leur défaite 2-0 à domicile devant les Young Boys, les Vaudois ont coulé à Lucerne.

Ils se sont inclinés 4-0 contre une équipe qui, elle aussi, n’a plus rien à jouer dans ce championnat. Les largesses défensives des Lausannois n’ont pas pardonné face à un adversaire qui possédait dans ses rangs deux joueurs, Matteo Di Giusto et Pius Dorn, un ton au-dessus des autres.

Nul au Wankdorf

Au Wankdorf, les débats furent, heureusement, beaucoup plus indécis entre les Young Boys et le FC Lugano. Ce partage des points (1-1) qui a très bien reflété la physionomie de la rencontre, fait l’affaire du FC Bâle et du FC Sion dans la course à l’Europe.

Alvyn Sanches et David von Ballmoos furent les hommes de cette rencontre. Le Vaudois a ouvert le score à la 5e avant de commettre une erreur qui a entraîné le penalty d’Anto Grgic pour l’égalisation de la 65e.

Quant à von Ballmoos, il a réussi deux miracles devant Sanches et Edimilson Fernandes en fin de match pour marquer de son empreinte son grand retour au Wankdorf. L’ancien capitaine des Young Boys qui a été poussé vers la porte de sortie un peu brutalement a tenu à rappeler qu’il demeurait un excellent gardien.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Le Salon du livre de Genève a accueilli 60'000 personnes

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La 40e édition du Salon du Livre de Genève avait débuté mercredi pour se terminer dimanche. (© Keystone/MARTIAL TREZZINI)

Le Salon du livre de Genève, qui a fermé ses portes dimanche et fêtait ses 40 ans, a attiré 60'00 visiteurs en cinq jours. Les organisateurs se félicitent de cette très belle édition anniversaire, qui a accueilli près de 800 auteurs et quelque 250 exposants.

"Au-delà d'un très beau succès de fréquentation, cet anniversaire confirme la capacité du salon à rassembler et à faire vivre, année après année, un rendez-vous culturel majeur en Suisse romande", ont indiqué dimanche après-midi les organisateurs dans un communiqué. L'édition 2025 avait aussi attiré quelque 60'000 visiteurs.

"Scènes combles, attention palpable et longues files de dédicaces: cette 40e édition a confirmé le lien profond qui unit le public au salon et son désir intact de rencontres incarnées", écrivent-ils.

Les responsables saluent aussi l'approche plurielle de la francophonie du Salon. "D'une maison d'édition indépendante ancrée dans son territoire à des éditeurs venus de France, de Belgique, du Québec ou du continent africain, d’auteurs et autrices confirmés à des voix émergentes, des genres les plus populaires aux écritures les plus audacieuses, cette édition a donné à voir la vitalité et la richesse du monde du livre", soulignent-ils.

Du beau monde

Pour cette édition anniversaire, les quatre invités d'honneur étaient Laure Adler, Patrick Chappatte, Hélène Dorion et Douglas Kennedy. Durant cinq jours, la manifestation gratuite a célébré la littérature comme une expérience culturelle et collective en faisant dialoguer les formes, les genres et les générations.

Pour marquer et lancer symboliquement cette 40e édition, neuf librairies genevoises ont accueilli chacune, le jeudi en fin de journée, une personnalité du cru pour partager son rapport intime aux livres et à la lecture.

Un espace dédié à cet anniversaire a proposé une exposition et des oeuvres immersives. Deux tables rondes sont revenues sur l'histoire du salon tout en se penchant sur son avenir, tandis que des moments musicaux ont ponctué les fins de journées.

Parmi les auteurs et autrices invités ont notamment figuré Laurent Mauvignier, Laurent Gaudé, Marie-Hélène Lafon, Laura Vasquez, Mélissa Da Costa, Gaëlle Josse, Nancy Huston, Pascal Bruckner, Nicolas Feuz, Christine Ockrent, Pierre Assouline, Akira Mizubayashi ou encore Mikhaïl Chichkine. La jeunesse n'a pas été en reste avec un focus sur le manga et les 75 ans de Petzi.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Football

Le FC Bâle sur le podium

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Bénie Traoré: une frappe imparable pour le 2-0. (© KEYSTONE/ANDREAS BECKER)

Quatrième victoire en cinq matches pour le FC Bâle de Stephan Lichtsteiner ! Le champion en titre a donné une leçon de réalisme pour s’imposer 2-0 à Winterthour.

Souvent malmenés par la "lanterne rouge", les Rhénans ont frappé par Ibrahim Salah à la 15e et par Bénie Traoré à la 71e. Avec un but et un assist, Traoré fut bien l’homme du match. L’Ivoirien s’avance comme l’atout maître du FCB alors que Xherdan Shaqiri a commencé la rencontre sur le banc avant d’être introduit après la pause.

Avec cette nouvelle victoire, le FC Bâle se hisse provisoirement à la 3e place du classement avant le déplacement de Lugano à Berne. Quant à Winterthour, qui était invaincu lors de ses trois derniers matches, il accuse toujours 5 points de retard sur les Grasshoppers.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Paris: le Centre culturel suisse rouvre après quatre ans de travaux

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L’exposition de Thomas Hirschhorn "Swiss Swiss Democracy" (2004) à Paris avait suscité la controverse en raison de son attaque contre le conseiller fédéral Christoph Blocher - dont l’affiche apparaît au premier plan - ainsi que contre le système suisse de démocratie directe (archives). (© Keystone/AP/JACQUES BRINON)

Après quatre ans de rénovation, le Centre culturel suisse (CCS) rouvre ses portes le 26 mars dans le Marais à Paris. Créé en 1985 pour promouvoir la création helvétique, ce lieu emblématique a aussi été marqué par des débats politiques.

Installé dans un hôtel particulier du XVIIe siècle situé rue des Francs-Bourgeois, le Centre culturel suisse s’est imposé comme une vitrine de l’art contemporain helvétique à Paris.

Cette rénovation "était une nécessité pour moderniser les installations techniques et rendre le bâtiment accessible à tous", explique Jean-Marc Diébold, le directeur du Centre culturel suisse, à Keystone-ATS. Le CCS est la première antenne ouverte à l’étranger par Pro Helvetia et il n’avait jamais été rénové.

Les travaux ont permis de repenser la circulation entre les espaces et de rendre les salles modulables. "Nous voulions un outil capable d’accueillir toutes les disciplines artistiques, de la musique au spectacle vivant, en passant par les arts visuels et la littérature", précise le directeur. Selon lui, ces espaces restent "petits mais performants", à l’image de la Suisse.

Une vitrine suisse à Paris

Sous la direction de Jean-Marc Diébold en poste depuis 2019, le centre avait déjà amorcé une transformation avant sa fermeture, notamment dans le développement de partenariats tous azimuts pour le faire sortir du Marais. Durant les années de rénovation, l’institution a poursuivi ses activités hors les murs dans plusieurs villes françaises, de Dunkerque à la Guadeloupe.

Le CCS, sur un marché "ultra-concurrentiel" avec mille propositions artistiques chaque jour à Paris, constitue un atout stratégique pour tout le spectacle vivant helvétique, qu’il provienne de Suisse romande, alémanique ou tessinoise. " Si on ajoute le réseau constitué lors du On Tour et des initiatives comme la Sélection suisse à Avignon (théâtre), les artistes disposent de belles vitrines et de bons outils", estime le Franco-Suisse.

Cette mission s’étend aux arts visuels, à la musique et à la littérature. "Exister à l’international est une nécessité vitale pour les artistes suisses. Le marché et le réseau suisse sont trop petits. La Suisse doit se doter d’une politique culturelle internationale ambitieuse avec les moyens appropriés", estime-Jean-Marc Diébold.

Un lieu marqué par les débats

Depuis sa création, le centre n’a pas échappé aux controverses et aux provocations artistiques, qui accompagnent parfois l’art contemporain.

L'une des plus célèbres remonte à 2004 avec l’exposition "Swiss-Swiss Democracy" de Thomas Hirschhorn, qui critiquait l’élection au Conseil fédéral du leader de l’UDC Christoph Blocher. "A l’époque, Blocher avait publiquement critiqué l’exposition. Cela a montré combien il est important de préserver la liberté artistique face aux pressions politiques", souligne Jean-Marc Diébold.

Le Parlement avait même décidé, dans la foulée du scandale, de réduire le budget de la fondation d’un million de francs pour l’année suivante.

Pour Jean-Marc Diébold, l'indépendance artistique du Centre culturel suisse est garantie par Pro Helvetia. "Nous ne dépendons pas du Département fédéral des Affaires étrangères. Cela nous assure une liberté de programmation et nous protège des influences politiques ou de stratégies de diplomatie culturelle", ajoute-t-il.

Faire bouger les lignes

"Et puis n’est-ce pas le rôle de l’art de bouger les lignes. La liberté de création est un principe fondamental pour moi", affirme le directeur.

Pour sa réouverture, le Centre culturel suisse organise une grande fête, du 26 au 29 mars, mêlant concerts, performances, projections et expositions. Un signal que "le CCS se veut un lieu d’art comme de vie au c½ur de Paris, fréquenté de jour comme de nuit pour voir une exposition, écouter un concert ou simplement se retrouver dans la cour".

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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