Rejoignez-nous

International

Amazon double ses profits en fin d'année

Publié

,

le

Bien qu'ayant profité d'une forte demande liée à la pandémie, Amazon a pâti des goulets d'étranglement dans sa chaîne d'approvisionnement, de l'inflation et des difficultés à engager du personnel. (archives) (© KEYSTONE/AP/DAVID ZALUBOWSKI)

Amazon a dépassé les attentes des investisseurs pendant la cruciale saison des fêtes, malgré une baisse de sa rentabilité liée à la hausse du coût du travail et aux difficultés sur la chaîne d'approvisionnement.

Le géant du commerce en ligne a réalisé un chiffre d'affaires de 137,4 milliards de dollars (126,4 milliards de francs), conforme à ses prédictions pour le quatrième trimestre, et doublé son bénéfice net à 14,3 milliards de dollars, d'après un communiqué de résultats publié jeudi.

Son bénéfice net a largement profité d'un retour sur investissement, grâce à des participations dans le constructeur automobile Rivian, entré en Bourse en novembre.

Mais le marché n'a pas fait la fine bouche : l'action d'Amazon bondissait de 14% lors des échanges électroniques après la clôture de la Bourse de New York, après une journée en forte baisse.

Le groupe a indiqué avoir connu son "meilleur weekend de shopping" pour la période de soldes qui va de Black Friday à Cyber Monday (le vendredi et le lundi après la fête américaine de Thanksgiving).

"Amazon a réussi à dépasser les attentes aussi bien en matière de revenus que de profits, malgré une saison des fêtes globalement moins tonique pour le e-commerce en général", a commenté Andrew Lipsman, analyste de eMarketer.

"Et l'accélération continue d'AWS (la branche de cloud, ndlr) a aidé à renforcer un bénéfice net qui aurait diminué sans le boost apporté par l'investissement dans Rivian."

Rentabilité en baisse

Le groupe de Seattle a été l'un des grands gagnants de la pandémie.

Les restrictions sanitaires liées à l'épidémie de Covid-19 ont en effet conduit les consommateurs encore réticents à adopter en masse le e-commerce, à commencer par Amazon et ses promesses de livraison ultra rapides, et des services reposant sur le cloud, dont Amazon est le leader mondial.

Et les habitudes prises en 2020 semblent parties pour durer. Sur toute l'année 2021, Amazon a engrangé près de 470 milliards de dollars de revenus (+21%) et plus de 33 milliards de bénéfice net (+57%).

Mais, comme de nombreuses autres enseignes, l'entreprise a été rattrapée par des problèmes sur la chaîne d'approvisionnement, l'inflation élevée et les difficultés à embaucher.

Au quatrième trimestre, son bénéfice opérationnel, indicateur clef de rentabilité, est ressorti à 3,5 milliards de dollars, moitié moins qu'il y a un an.

Le manque de main-d'oeuvre a coûté 4 milliards de dollars au groupe sur cette période, a noté le patron, Andy Jassy, lors de la conférence aux analystes.

Et le variant Omicron pèse sur les capacités des entrepôts: "Beaucoup de gens sont en congé maladie, il faut des remplaçants. (...) Dans certains cas, nous payons le double ou le triple pour la même heure travaillée", a-t-il détaillé.

Mais il a assuré que ces coûts seraient moins élevés dans les prochains mois, et qu'il entendait améliorer l'efficacité et le rythme des opérations pour "livrer plus vite qu'avant la pandémie".

Amazon emploie désormais plus d'1,6 million de personnes dans le monde. L'entreprise a précisé que le salaire à l'embauche pour les employés des entrepôts et centres logistiques dépassait maintenant les 18 dollars de l'heure aux Etats-Unis.

Un argument qu'elle ne manquera pas de faire valoir face aux tentatives de syndicalisation à Staten Island, à New York, et aussi à Bessemer, dans l'Alabama. En cas de victoire, ce serait le premier syndicat dans un entrepôt Amazon aux Etats-Unis.

Cloud porteur

Ce mois-ci, Amazon prévoit d'augmenter aux Etats-Unis le prix de l'abonnement à Prime (à 15 dollars par mois), son offre premium de livraison qui comprend aussi une plateforme de streaming vidéo.

L'entreprise table sur des revenus compris entre 112 et 117 milliards de dollars pour le trimestre en cours, soit une croissance de 3 à 8% sur un an.

Elle pourra compter sur le cloud. Au quatrième trimestre, son service d'informatique à distance a notamment signé des contrats avec le Nasdaq et aussi avec Meta pour ses réseaux et messageries Facebook, Instagram et WhatsApp.

En tout, AWS a généré 17,78 milliards de dollars de revenus sur la période, 40% de plus que l'année dernière.

"Les entreprises dépensent maintenant deux fois plus en services d'informatique à distance que pour leurs propres centres de données", a fait remarquer l'analyste John Dinsdale de Synergy Research Group.

Amazon va devoir défendre ses parts de marché, qui sont actuellement de plus de 32%, d'après ce cabinet. Le numéro 1 du secteur est talonné par Microsoft, désormais à 21%, suivi par Google, qui flirte avec les 10%.

"La croissance de Microsoft est très impressionnante. Le groupe a doublé sa part de marché en 4 ans et demi", a souligné l'analyste.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

Continuer la lecture
Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Football

Granit Xhaka buteur contre Tottenham

Publié

le

La joie de Granit Xhaka après son but. (© KEYSTONE/AP/Kirsty Wigglesworth)

La septième saison de Granit Xhaka à Arsenal s'annonce comme la plus belle. Le capitaine de l'équipe de Suisse l'a démontré avec brio face à Tottenham.

Dans leur antre de l'Emirates, les Gunners se sont imposés 3-1 dans ce derby londonien pour cueillir leur septième victoire en huit journées et pour consolider ainsi leur place de leader. Auteur du 3-1 pour son deuxième but de la saison d'une frappe imparable à la 67e minute, Granit Xhaka a été l'un des grands artisans de cette victoire. Dans un rôle de plus en plus offensif, le Bâlois a su donner le ton juste.

Si Granit Xhaka traverse peut-être la plus belle période de sa carrière à moins de deux mois de la Coupe du monde, Hugo Lloris, en revanche, est dans le dur. Coupable sur le but du 2-1 de Gabriel Jesus à la 49e, le gardien de l'équipe de France, qui relevait de blessure, n'a pas offert toutes les assurances au sein d'une équipe bâtie avant tout pour défendre.

Battu pour la première fois de la saison en Premier League, Tottenham a lâché prise après le repos, trahi à la fois par l'erreur de Lloris et par l'expulsion d'Emerson pour une faute aussi grossière qu'inutile sur Gabriel Martinelli. Le style prôné par Antonio Conte ne peut souffrir de telles bavures.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

Continuer la lecture

International

Rassemblements de solidarité à travers le monde

Publié

le

Les premiers à manifester samedi, décalage horaire oblige, furent les Australiens, comme ici à Sydney. (© KEYSTONE/EPA/ROUNAK AMINI)

Des rassemblements se tiennent samedi dans des dizaines de villes à travers le monde en solidarité avec le mouvement de contestation en Iran. Celui-ci a été déclenché il y a 15 jours par la mort de Mahsa Amini arrêtée par la police des moeurs.

Les manifestations en Iran, dont la répression a fait au moins 83 morts, ont débuté après le décès le 16 septembre de cette Kurde iranienne, trois jours après son arrestation pour infraction au code vestimentaire strict de l'Iran qui oblige notamment les femmes à porter le voile islamique.

Le pouvoir, qui dément toute implication des forces de l'ordre dans la mort de la jeune femme de 22 ans, a fait arrêter des centaines de manifestants, qualifiés d'"émeutiers".

Des manifestations de solidarité, auxquelles participe la diaspora iranienne, se tiennent samedi dans plus de 150 villes du monde, de Tokyo à San Francisco, en passant par Londres ou Genève, selon les organisateurs.

"Nos soeurs iraniennes"

A Rome, un millier de personnes a défilé au rythme des tambours. "Nous demandons justice pour Mahsa Amini et toutes les victimes de la violence brutale et aveugle des autorités, ainsi que la liberté de choix pour nos soeurs iraniennes", a déclaré une participante, responsable du petit parti centriste +Europa, citée par l'agence AGI.

A Tokyo, des manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "We'll not stop" ("On ne s'arrêtera pas") et des photos de femmes brûlant leur voile ou se coupant les cheveux en Iran.

Pour la 15ème nuit consécutive de manifestations, des Iraniens sont sortis vendredi soir dans la ville de Saqez, dans la province iranienne du Kurdistan, dont est originaire Mahsa Amini, selon des images diffusées par l'ONG Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo.

"Femmes, vie, liberté", a lancé un groupe d'hommes et de femmes au milieu d'une rue en tapant des mains, reprenant un des slogans phare du mouvement de contestation.

Plus de 1200 arrestations

Depuis le début des manifestations, des ONG dénoncent la répression des forces de l'ordre ainsi qu'une vague d'arrestations.

Selon l'agence de presse iranienne Fars, environ 60 personnes ont été tuées depuis le 16 septembre, tandis qu'Iran Human Rights a fait état d'au moins 83 morts.

Un bilan officiel a fait état de l'arrestation de plus de 1200 manifestants. Des militants, des avocats et des journalistes ont également été interpellés, d'après des ONG.

A Téhéran, de nombreux policiers anti-émeute ont pris position samedi à différents carrefours de la capitale, selon des témoins, alors que des informations circulent sur des manifestations à l'université pour réclamer la libération d'étudiants.

Sur les réseaux sociaux, la chaîne 1500tasvir a partagé une vidéo montrant d'importantes manifestations dans des universités à Téhéran, à Mashhad (nord) et Kermanshah (nord-ouest).

Amnesty International a dénoncé une violence "impitoyable" à laquelle se livrent les forces de l'ordre contre le mouvement de contestation, notant le recours à des balles réelles et billes de plomb, des passages à tabac et des violences sexuelles à l'encontre des femmes.

Les autorités accusent, elles, les manifestants de semer le "chaos" et des forces à l'étranger, parmi lesquelles les Etats-Unis, leur ennemi juré, d'être derrière les rassemblements ou de les attiser.

Arrestation d'étrangers

Vendredi, elles ont annoncé l'arrestation de "neuf ressortissants d'Allemagne, de Pologne, d'Italie, de France, des Pays-Bas, de Suède, etc". Selon Téhéran, ils ont été interpellés "sur les lieux d'émeutes ou y ont été mêlés". Le ministère néerlandais des Affaires étrangères a indiqué samedi avoir demandé à Téhéran d'avoir accès à un ressortissant néerlandais arrêté.

A l'étranger, des médias d'opposition diffusent de leur côté des images des rassemblements, comme Iran International, une chaîne de télévision en persan basée à Londres, qui a posté vendredi plusieurs vidéos que l'AFP ne pouvait pas dans l'immédiat authentifier.

D'après l'une d'elle, des hommes ont essuyé des tirs alors qu'ils jetaient des pierres sur un commissariat à Zahedan, capitale de la province du Sistan-Baloutchistan (sud-est), frontalière du Pakistan et de l'Afghanistan et théâtre fréquent d'attentats ou d'accrochages entre forces de l'ordre et groupes armés.

Le chef de la police du Sistan-Baloutchistan a indiqué à la TV officielle que trois commissariats de la province avaient été attaqués, sans donner de bilan. L'agence de presse Tasnim a rapporté samedi que le groupe rebelle sunnite de Jaish al-Adl avait revendiqué l'attaque d'un commissariat.

Le gouverneur régional, Hossein Khiabani, a lui indiqué vendredi à la télévision d'Etat que 19 personnes, dont un colonel des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique iranienne, avaient été tuées dans des "incidents" dans cette même province. Les Gardiens ont fait état samedi de la mort d'un autre colonel dans des affrontements avec des "terroristes".

Il n'était pas clair dans l'immédiat si ces violences étaient liées aux manifestations.

Celles-ci sont les plus importantes depuis celles de novembre 2019, provoquées par la hausse des prix de l'essence, qui avaient été sévèrement réprimées.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

International

Situation trouble, condamnations internationales

Publié

le

Une quinzaine de soldats en treillis et pour certains encagoulés ont pris la parole peu avant 20h00 sur le plateau de la radiotélévision nationale burkinabè. (© KEYSTONE/AP)

Des militaires étaient déployés samedi à Ouagadougou après de nouveaux tirs, un regain de tension au lendemain d'un coup d'Etat, le deuxième en huit mois. Ces troubles traduisent une profonde crise au sein de l'armée du Burkina, pays miné par les violences jihadistes.

Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, lui-même arrivé au pouvoir en janvier par un putsch, a été démis de ses fonctions par des militaires vendredi soir et remplacé à la tête de la junte par Ibrahim Traoré, un jeune capitaine de 34 ans.

Après une nuit et une matinée calmes, plusieurs témoins ont rapporté à l'AFP avoir entendu une rafale de tirs aux alentours du rond-point des Nations Unies, dans le centre-ville, vers midi.

Des militaires ont alors, comme vendredi, repris leurs positions pour bloquer les principaux axes de la ville et notamment le quartier de Ouaga 2000 qui abrite notamment la présidence, et des hélicoptères survolaient le centre-ville, selon un journaliste de l'AFP.

Départs

Les commerçants qui avaient rouvert leurs magasins dans la matinée de samedi alors que le calme était revenu ont fermé boutique et s'empressaient de quitter le centre-ville.

Vendredi soir, après une journée émaillée de tirs dans le quartier de la présidence à Ouagadougou, une quinzaine de soldats en treillis et pour certains encagoulés ont pris la parole, peu avant 22h00 (heure suisse) sur le plateau de la radiotélévision nationale.

Ils ont démis de ses fonctions le colonel Damiba - dont le sort restait inconnu samedi - et annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes ainsi que la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée législative de transition. Un couvre-feu a également été mis en place durant la nuit.

Les militaires invoquent "la dégradation continue de la situation sécuritaire" dans le pays.

Armée divisée

Le nouveau chef de la junte, le capitaine Traoré, était jusqu'à présent le chef de corps du Régiment d'artillerie de Kaya, dans le nord du pays, particulièrement touché par les attaques jihadistes.

Selon plusieurs sources sécuritaires, ce coup de force révèle de profonds désaccords au sein de l'armée, l'unité d'élite des "Cobras" déployée dans la lutte antijihadiste reprochant notamment au président Damiba de ne pas mobiliser toutes les forces sur le terrain.

"Ce sont les mêmes jeunes officiers qui étaient déjà aux manoeuvres lors du premier coup d'Etat en janvier. C'est un coup de force intra-muros. Damiba a été lâché par sa base qui s'est sentie trahie. Les choses devront être recentrées sur la lutte antijihadiste", décrypte l'analyste politique Drissa Traoré.

UE et UA condamnent

Dans les rues samedi matin, plusieurs habitants accueillaient de manière plutôt positive ce nouveau putsch.

"Damiba a échoué. Depuis son arrivée au pouvoir, des zones qui étaient en paix ont été assiégées. Il a pris le pouvoir, puis il nous a trahis", estimait Habibata Rouamba, commerçante et militante de la société civile.

"Sur le plan sécuritaire rien ne va, il n'y a pas de résultats. Depuis que Damiba a pris le pouvoir ça ne fait qu'empirer", abonde Honoré Yonli, un responsable d'une organisation de jeunes entrepreneurs.

La communauté internationale était de son côté beaucoup moins enthousiaste.

Dès vendredi soir, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) -dont le Burkina est suspendu des instances depuis le coup d'Etat de janvier- a "condamné avec la plus grande fermeté la prise de pouvoir par la force qui vient de s'opérer".

La Cedeao trouve "inopportun ce nouveau coup de force au moment où des progrès ont été réalisés (...) pour un retour à l'ordre constitutionnel au plus tard le 1er juillet 2024".

Pour l'heure, les nouveaux putschistes n'ont pas indiqué s'ils comptaient respecter ce calendrier de transition.

Samedi, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), le Tchadien Moussa Faki Mahamat, a condamné "le changement anticonstitutionnel de gouvernement" et appelé également à un retour à l'ordre constitutionnel pour juillet 2024.

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a de son côté estimé que ce coup de force "met en danger les efforts engagés depuis plusieurs mois" au sujet de la transition.

Nouveaux partenaires ?

La présence de drapeaux russes dans une manifestation de plusieurs centaines de personnes vendredi après-midi pour demander le départ de M. Damiba soulevait aussi des questions sur l'influence de Moscou dans ce nouveau putsch.

"Il est évident que les partisans russes sont de plus en nombreux. Au sein de l'armée et des populations, des voix s'élèvent pour demander un partenariat avec la Russie. Mais cela reste au stade de la théorie. Il ne faut pas s'attendre à une rupture avec la France mais peut-être une coopération plus accrue avec d'autres partenaires comme la Russie", tempère l'analyste Drissa Traoré.

Le colonel Damiba était arrivé au pouvoir en janvier par un coup d'État qui avait renversé le président Roch Marc Christian Kaboré, discrédité par la hausse des violences.

Mais ces derniers mois, des attaques frappant des dizaines de civils et de soldats se sont multipliées dans le nord et l'est, où des villes sont désormais soumises à un blocus des jihadistes, qui font sauter des ponts à la dynamite et attaquent les convois de ravitaillement qui circulent dans la zone.

Depuis 2015, les attaques récurrentes de mouvements armés affiliés aux jihadistes d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique, principalement dans le nord et l'est du pays, ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de quelque deux millions de personnes.

Avec les deux putschs au Mali en août 2020 et mai 2021 et celui en Guinée en septembre 2021, c'est le cinquième coup d'Etat en Afrique de l'Ouest depuis 2020.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

International

Deuxième coup d'Etat en huit mois, le chef de la junte démis

Publié

le

Une quinzaine de soldats en treillis ont annoncé la nouvelle sur le plateau de la radiotélévision nationale. (© KEYSTONE/AP)

Le Burkina Faso a connu vendredi un second coup d'Etat en huit mois. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, arrivé au pouvoir par un putsch fin janvier, a été à son tour démis de ses fonctions par des militaires.

En ajoutant les deux putschs au Mali et celui en Guinée, c'est le cinquième coup d'Etat en Afrique de l'Ouest depuis 2020. Après une journée émaillée de tirs dans le quartier de la présidence à Ouagadougou, une quinzaine de soldats en treillis et pour certains encagoulés ont pris la parole, peu avant 20h00 (22h00 en Suisse) sur le plateau de la radiotélévision nationale.

"Le lieutenant-colonel Damiba est démis de ses fonctions de président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration" (MPSR, organe dirigeant de la junte), ont déclaré les militaires dans un communiqué lu par un capitaine. Le nouvel homme fort du pays, désigné président du MPSR, est désormais le capitaine Ibrahim Traoré, a-t-il affirmé.

M. Traoré, 34 ans, était jusqu'à présent le chef de l'unité des forces spéciales antidjihadistes "Cobra" dans la région de Kaya (nord). Le sort de M. Damiba restait inconnu vendredi soir.

Les putschistes ont également annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes du pays à partir de minuit, ainsi que la suspension de la Constitution et la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée législative de transition. Un couvre-feu de 21h00 à 05h00 est aussi mis en place.

"Idéal trahi"

Les militaires invoquent "la dégradation continue de la situation sécuritaire" dans le pays. "Nous avons décidé de prendre nos responsabilités, animés d'un seul idéal, la restauration de la sécurité et de l'intégrité de notre territoire", ont-ils poursuivi.

"Notre idéal commun de départ a été trahi par notre leader en qui nous avions placé toute notre confiance. Loin de libérer les territoires occupés, les zones jadis paisibles sont passées sous contrôle terroriste", ont-ils encore affirmé.

A son arrivée au pouvoir le 24 janvier, lui aussi par un communiqué lu par des hommes en armes à la télévision, M. Damiba avait promis de faire de la sécurité sa priorité, dans ce pays miné depuis des années par de sanglantes attaques jihadistes. Mais celles-ci se sont multipliées ces derniers mois, notamment dans le Nord.

Les putschistes ont promis de convoquer "incessamment les forces vives de la Nation" afin de désigner un "nouveau président du Faso, civil ou militaire". Dans un communiqué, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) - dont le Burkina est suspendu des instances depuis le coup d'Etat de janvier - a "condamné avec la plus grande fermeté la prise de pouvoir par la force qui vient de s'opérer".

"Extrêmement inquiets"

La Cedeao trouve "inopportun ce nouveau coup de force au moment où des progrès ont été réalisés (...) pour un retour à l'ordre constitutionnel au plus tard le 1er juillet 2024". L'Union européenne a exprimé ses "inquiétudes", même sentiment du côté des Etats-Unis qui se sont dits "extrêmement inquiets" par la situation à Ouagadougou et qui ont appelés leurs citoyens à limiter leurs déplacements.

"Nous appelons à un retour au calme et à la retenue de la part de toutes les parties", a indiqué un porte-parole du Département d'Etat. Le ministère français des Affaires étrangères a demandé à ses ressortissants à Ouagadougou, estimés entre 4000 et 5000, de rester chez eux.

La journée de vendredi a été très tendue dans la capitale burkinabè, des tirs ayant été entendus avant l'aube dans le quartier abritant la présidence et le QG de la junte, selon plusieurs témoins, puis à nouveau en début d'après-midi. Plusieurs axes de la ville ont été barrés toute la journée par des militaires postés sur les principaux carrefours de la ville, notamment devant le siège de la télévision nationale.

Vendredi soir, peu avant l'annonce télévisée, un important dispositif militaire s'est déployé dans certains quartiers de la capitale, ont constaté des journalistes de l'AFP. Dans la journée, le porte-parole du gouvernement Lionel Bilgo avait évoqué "une crise militaire" sur des "revendications liées à des primes".

Manifestation pro-russe

Dans l'après-midi, plusieurs centaines de personnes, dont certaines brandissaient des drapeaux russes, se sont rassemblées sur la grande place de la Nation à Ouagadougou pour réclamer une coopération militaire avec la Russie, rejeter la présence militaire française au Sahel et exiger le départ du lieutenant-colonel Damiba, a constaté une journaliste de l'AFP.

L'influence de Moscou ne cesse de croître dans plusieurs pays d'Afrique francophone ces dernières années et il n'est pas rare de voir des drapeaux russes dans de telles manifestations. Le coup d'Etat mené en janvier par le lieutenant-colonel Damiba avait renversé le président élu Roch Marc Christian Kaboré, déjà impopulaire face à la hausse des attaques djihadistes.

Mais ces derniers mois, des attaques meurtrières, touchant des dizaines de civils et de soldats, se sont multipliées dans le nord et l'est, où des villes sont désormais soumises à un blocus des djihadistes, qui font sauter des ponts à la dynamite et attaquent les convois de ravitaillement qui circulent dans la zone.

Deux de ces convois ont notamment été attaqués en septembre, avec à chaque fois un bilan lourd. Trente-cinq civils, dont de nombreux enfants, sont morts dans l'explosion d'un engin improvisé le 5 septembre. Et lundi, onze soldats ont été tués et 50 civils portés disparus dans l'attaque de leur convoi.

Le 13 septembre, le lieutenant-colonel Damiba avait limogé son ministre de la Défense pour assumer lui-même ce rôle. D'autres attaques ont particulièrement marqué l'opinion publique, comme le massacre de Seytenga (nord) en juin, au cours duquel 86 civils ont été tués.

Depuis 2015, les attaques récurrentes de mouvements armés affiliés aux djihadistes d'Al-Qaïda et du groupe Etat islamique, principalement dans le nord et l'est du pays, ont fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de quelque deux millions de personnes.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Climat

Ian, devenu tempête post-tropicale, s'abat sur la Caroline du Sud

Publié

le

L'ouragan devenu tempête a dévasté de nombreuses habitations en Floride. (© KEYSTONE/AP/Rebecca Blackwell)

La tempête Ian continue à s'affaiblir samedi dans le sud-est des Etats-Unis. Elle devrait se dissiper au cours de la nuit prochaine, après avoir provoqué des inondations en Caroline du Sud et dévasté de vastes pans de la Floride, y faisant des dizaines de victimes.

Les autorités de cet Etat du sud-est des Etats-Unis ont confirmé vendredi dans la soirée un nouveau bilan de 23 victimes, la plupart par noyade et dans leur grande majorité des personnes âgées. Certains médias américains évoquent un bilan humain encore plus lourd, la chaîne de télévision CNN évoquant 45 décès.

Après avoir ravagé la Floride, Ian s'est dirigé vers la Caroline du Sud, où il a touché terre en début d'après-midi près de Georgetown en tant qu'ouragan de catégorie 1, accompagné par des vents soufflant jusqu'à 140 km/h, selon le Centre national des ouragans (NHC) basé à Miami.

Il s'est ensuite affaibli en tempête post-tropicale. Samedi matin (11h00 suisses), ses vents ne soufflaient plus qu'à environ 50km/h au moment de sa traversée de la Caroline du Nord, a relevé le NHC.

Bien que les risques de pluies diluviennes et d'inondations "modérées" demeurent dans la zone des Appalaches centrales et du nord-est des Etats-Unis, Ian "devrait se dissiper au-dessus du sud-central de la Virginie" dans la nuit de samedi à dimanche, a prédit le centre.

"L'erreur humaine, le plus dangereux"

Le président Joe Biden a exhorté les habitants à écouter les appels à la prudence des autorités locales. En Caroline du Sud, elles avaient notamment pressé la population de ne pas conduire sur les routes envahies par les eaux.

"C'est une tempête dangereuse qui apportera des vents violents et beaucoup d'eau, mais le plus dangereux, ce sera l'erreur humaine. Soyez intelligents, prenez de bonnes décisions, prenez des nouvelles de vos proches et restez en sécurité", a tweeté le gouverneur, Henry McMaster.

Ian devrait "continuer de s'affaiblir dans la nuit et se dissiper au-dessus de l'ouest de la Caroline du Nord ou de la Virginie tard demain", samedi, selon le Centre des ouragans. Quelque 575'000 foyers et commerces étaient déjà sans courant vendredi soir en Caroline du Sud, Caroline du Nord et Virginie, selon le site spécialisé PowerOutage.

Dégâts "historiques" en Floride

En Floride, outre le lourd bilan humain, les dégâts matériels sont "historiques", le niveau atteint par la montée des eaux ayant été sans précédent, selon le gouverneur Ron DeSantis.

Des rues et des maisons ont été envahies par les eaux et des bateaux amarrés dans des marinas ont été projetés sur la terre ferme par la tempête. Vendredi, à Kissimmee, non loin d'Orlando, les autorités traversaient les zones inondées dans des embarcations pour secourir les résidents piégés chez eux.

Dans cet Etat, "nous commençons tout juste à voir l'étendue des destructions", "susceptible de se classer parmi les pires" de l'histoire des Etats-Unis, a dit Joe Biden lors d'une allocution.

"Il va falloir des mois, des années pour reconstruire", a-t-il déploré. Vendredi soir, plus de 1,4 million de clients y restaient privés d'électricité deux jours après le passage d'Ian, selon PowerOutage.

Terrasses

Dans la ville côtière de Fort Myers, qualifiée d'"épicentre" par Ron DeSantis, une poignée de restaurants et de bars avaient rouvert et des dizaines de personnes étaient assises en terrasse, offrant un semblant de normalité aux habitants entre les arbres cassés et les façades détruites.

"C'était assez terrible, mais on a tenu le coup. Le toit de notre maison s'est envolé, un grand arbre s'est effondré sur nos voitures, notre jardin a été inondé, mais à part ça, ça va", dit Dylan Gamber, 23 ans, en se félicitant de la solidarité qui a régné entre voisins.

Selon de premières estimations, le passage de l'ouragan Ian pourrait coûter aux assureurs des dizaines de milliards de dollars et va peser sur la croissance américaine, en raison notamment des annulations de vols et des dégâts sur la production agricole. Parallèlement, les recherches se poursuivaient pour retrouver 17 passagers d'un bateau de migrants qui a chaviré mercredi près de l'archipel des Keys.

Selon une première étude rapide de scientifiques américains rendue publique vendredi, les pluies liées à l'ouragan Ian ont été accrues d'au moins 10% en raison du changement climatique.

"Le changement climatique n'a pas causé l'ouragan, mais il l'a rendu plus humide," a expliqué Michael Wehner, du Laboratoire National Lawrence Berkeley, dépendant du département fédéral américain de l'énergie, un des scientifiques ayant participé à cette étude. Avant la Floride, Ian avait frappé Cuba, y faisant trois morts et d'importants dégâts et laissant de nombreux foyers sans électricité.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

Continuer la lecture

Derniers titres

Les 2 derniers titres

Votre Horoscope

Poissons

Sous le poids des soucis personnels, vous avez perdu de vue vos objectifs… Retrouvez la bonne direction en faisant preuve de discernement !

Les Sujets à la Une

X