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Cap sur le Brexit pour Boris Johnson, vainqueur des élections

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Le premier ministre britannique Boris Johnson, ici avec sa compagne Carrie Symonds, a réussi son pari. Il obtient la majorité au parlement. (©KEYSTONE/EPA/WILL OLIVER)

Plus rien ne s'oppose au Brexit. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a réuni jeudi une majorité absolue lui donnant les coudées franches pour sortir son pays de l'Union européenne le 31 janvier, selon les premières estimations.

Les résultats publiés jusqu'au petit matin ont confirmé la tendance donnée par les premières estimations: une majorité écrasante pour les conservateurs, qui n'avaient plus exercé un tel contrôle sur le Parlement britannique depuis Margaret Thatcher.

En raflant des circonscriptions ouvrières détenues depuis des décennies par les travaillistes, les Tories ont les coudées franches pour mettre en oeuvre le Brexit, approuvé à 52% par les Britanniques en 2016 mais dans l'impasse.

Après dépouillement dans 624 circonscriptions sur 650, le parti de Boris Johnson avait déjà remporté 345 sièges à la Chambre des communes, s'assurant d'ores et déjà une confortable majorité absolue qui lui manquait jusqu'à présent. Les travaillistes remportent 202 sièges, selon ce même décompte.

Ce "nouveau mandat fort (...) donne à ce nouveau gouvernement l'occasion de respecter la volonté démocratique du peuple britannique", a souligné Boris Johnson, également réélu dans la circonscription d'Uxbridge et South Ruislip, à l'ouest de Londres.

C'est en revanche une claque pour le Labour et son très gauchisant chef Jeremy Corbyn, 70 ans. "Très déçu", ce dernier, désormais sur un siège éjectable, a annoncé qu'il ne conduirait pas le parti aux prochaines élections, tout en souhaitant voir son parti entamer une "réflexion sur le résultat du scrutin et sur sa future politique". Maigre consolation, il a été élu pour la dixième fois, dans la circonscription londonienne d'Islington nord.

"Clarification"

Chef de l'opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, Jeremy Corbyn a payé sa position ambiguë sur la sortie de l'UE, sur laquelle il a personnellement refusé de se prononcer. Il voulait renégocier un nouvel accord de divorce, plus social, puis le soumettre aux Britanniques avec comme alternative le maintien dans l'UE.

Les résultats ont confirmé un net recul des travaillistes, qui ont perdu des fiefs symboliques, comme la ville de Workington. Un groupe de réflexion avait identifié "l'homme de Workington", un homme blanc, âgé, sans diplôme, pro-Brexit comme l'électeur clé pour remporter le scrutin.

"Les conservateurs représentent désormais de nombreux ménages à faible revenu, des personnes qui travaillent dans les industries manufacturières et traditionnelles du centre et du nord de l'Angleterre et plutôt moins dans les régions riches du sud", a dit à l'AFP le professeur Tony Travers, de la London School of Economics (LSE).

A Bruxelles, où les dirigeants européens sont réunis en sommet, la France a salué une "clarification" du flou dans lequel était plongé le Royaume-Uni.

Accord avant Noël

Arrivé au pouvoir en juillet en se posant comme le sauveur du Brexit, Boris Johnson n'avait pas réussi à faire adopter par le Parlement l'accord de divorce qu'il avait négocié avec Bruxelles, faute de majorité à la Chambre des communes.

Durant la campagne électorale, le dirigeant de 55 ans a promis de soumettre cet accord aux 650 députés nouvellement élus avant Noël avec l'objectif de mettre le Brexit en oeuvre fin janvier. Prévu le 29 mars dernier, le Brexit a été reporté trois fois.

Boris Johnson a bénéficié d'un coup de pouce du Parti du Brexit, emmené par l'europhobe Nigel Farage, qui devrait faire chou blanc après s'être retiré des circonscriptions leur étant acquises pour ne pas diviser le vote pro-Brexit.

Quel rapport avec l'UE?

Réaliser le Brexit doit permettre de tourner la page et de s'atteler aux "priorités" des Britanniques, comme la santé, la sécurité et les infrastructures, avait affirmé le chef de gouvernement durant la campagne.

Mais Boris Johnson devra aussi préciser quel type de relation il veut nouer avec l'Union européenne. Dès le Royaume-Uni sorti de l'UE s'ouvriront de difficiles négociations sur ce sujet, censées être conclues d'ici à la fin 2020. Mission impossible vu la complexité du sujet, estiment bien des analystes.

Les nouveaux députés siégeront dès mardi et Boris Johnson leur déclinera son programme législatif par le biais du traditionnel discours de la reine jeudi.

Référendum écossais

Pour les pro-UE, l'espoir d'empêcher le Brexit s'est évanoui avec la défaite du Labour et l'échec des libéraux-démocrates. Ces derniers avaient fait campagne pour stopper purement et simplement la sortie de l'UE mais n'ont pas réussi à mobiliser et leur cheffe, Jo Swinson, a même perdu dans la bataille le siège qu'elle détenait depuis près de douze ans en Ecosse.

A gauche, les nationalistes écossais du SNP ont bondi de 20 à 55 sièges, selon le sondage de sortie des urnes. Ils comptent s'appuyer sur ce résultat pour demander un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, majoritairement opposée au Brexit, bien que Boris Johnson y soit fermement opposé.

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La Suisse à la pointe des écoles hôtelières, Lausanne en tête

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L'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) confirme sa position de leader mondial parmi les écoles de gestion hôtelière (archives - ©KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Huit des dix meilleures écoles hôtelières du monde se trouvent en Suisse, selon le classement annuel établi par Quacquarelli Symonds (QS). L'Ecole polytechnique fédérale de Zurich (EPFZ) occupe elle la tête dans trois domaines.

Au total, 29 programmes suisses se classent cette année parmi les dix premiers au monde, contre 26 en 2020 et 22 en 2019, relève mercredi QS. Le système d'enseignement supérieur suisse prend ainsi le 3e rang mondial, derrière les Etats-Unis et la Grande-Bretagne. Le classement couvre 51 disciplines et évalue plus de 1400 universités du monde entier.

Dans quatre disciplines, les universités suisses sont même les meilleures du monde. L'Ecole hôtelière de Lausanne (EHL) confirme par exemple sa position de leader parmi les écoles de gestion hôtelière. Au total, huit institutions suisses figurent parmi les dix meilleures mondiales en matière de gestion de l'hôtellerie et des loisirs, dont beaucoup pour la première fois cette année.

C'est le cas de l'Hotel Institute Montreux, qui a fait un bond de la 24e à la 6e place. "L'institut a obtenu de bons résultats en grande partie grâce aux retours positifs des employeurs sur les diplômés", a indiqué à Keystone-ATS Jack Moran, porte-parole de QS. Ce dernier a toujours constaté que la Suisse propose une formation de pointe en matière d'hospitalité.

L'EPFZ parmi les 10 premiers dans 15 disciplines

L'EPFZ a de nouveau obtenu la première place mondiale dans trois branches, à savoir les sciences de la Terre et de la Mer, la géologie et la géophysique. Dans douze autres disciplines, elle se classe parmi les dix premiers au monde, même si elle a reculé de quelques places dans sept de ces branches.

Selon M. Moran, il n'y a aucune raison particulière à ce léger repli de l'EPFZ. Au sommet, où la concurrence est féroce, même des changements minimes dans la "réputation académique", par exemple, peuvent entraîner une note légèrement inférieure, explique-t-il.

L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) se classe quant à elle dans le top 10 en chimie, en Informatique et systèmes d'information, en Génie civil et structurel, ainsi qu'en Génie électrique et électronique. L'Université de Berne se classe 9e en médecine dentaire et la faculté commune Vetsuisse des universités de Berne et de Zurich prennent le 7e rang en médecine vétérinaire.

Quatre facteurs

L'évaluation de QS se base sur quatre facteurs-clés, pondérés différemment selon les matières. D'une part, des académiciens jugent la réputation académique des domaines des différentes hautes écoles. Les employeurs fournissent également une évaluation des diplômés. Par ailleurs, le classement évalue la productivité des chercheurs et la fréquence à laquelle leurs travaux sont cités.

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Hong Kong: troisième jour d'audience pour des dizaines de militants

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Le pouvoir chinois s'est engagé en 2020 dans une reprise en main musclée de Hong Kong, dans la foulée de l'immense mobilisation pour la démocratie qui a secoué le territoire semi-autonome. (© KEYSTONE/EPA/JEROME FAVRE)

Plusieurs dizaines de militants pour la démocratie hongkongais ont de nouveau comparu mercredi, pour le troisième jour d'affilée. Les magistrats sont chargés de les inculper de subversion, des poursuites vues à l'étranger comme un symbole de la répression chinoise.

La conclusion de l'audience a de nouveau été ajournée mercredi soir et les prévenus renvoyés dans leurs cellules. Les 47 prévenus, parmi lesquels plusieurs figures de proue de la contestation hongkongaise, forment ensemble le groupe le plus important poursuivi à ce jour au nom de la loi draconienne sur la sécurité nationale imposée par Pékin.

Le pouvoir chinois s'est engagé en 2020 dans une reprise en main musclée de Hong Kong dans la foulée de l'immense mobilisation pour la démocratie qui a ébranlé cette région semi-autonome pendant des mois en 2019.

Large spectre d'opposition

Ces 47 Hongkongais déférés devant la justice représentent un spectre très large de l'opposition locale, avec d'anciens députés, des universitaires, des avocats, des travailleurs sociaux et nombre de militants plus jeunes comme Joshua Wong, déjà détenu dans une autre affaire.

Des milliers de personnes ont été arrêtées depuis 2019 dans l'ex-colonie britannique et la justice locale croule sous le poids de ces affaires.

Une réalité illustrée par la durée de l'audience d'inculpation. Les magistrats ont aussi eu fort à faire avec les approximations d'une loi sur la sécurité nationale, draconienne mais aux formulations vagues.

Détention provisoire

Une des grandes nouveautés du texte, qui selon ses détracteurs signe la fin des libertés hongkongaises, est qu'il considère que la mise en liberté sous caution n'est plus automatique dans le cadre de crimes non violents.

Cette nouvelle législation, imposée par Pékin en juin sans débat au parlement hongkongais, postule que les prévenus ne peuvent être libérés sous caution que s'ils persuadent le tribunal qu'ils ne représentent plus une menace pour la sécurité nationale.

A ce jour, toutes les personnes inculpées en vertu de ce texte qui prévoit des peines de prison à perpétuité ont été placés en détention provisoire, même celles qui acceptaient les mesures de contrôle judiciaire comme l'assignation à résidence ou qui s'engageaient à ne plus parler aux médias.

Face aux avocats qui ont plaidé lundi et mardi jusque tard dans la nuit pour la remise en liberté de leurs clients, l'accusation a demandé leur détention provisoire pour trois mois, afin de permettre à la police d'étayer leur dossier.

Les foudres de la Chine

Les prévenus sont poursuivis en lien avec les primaires de l'opposition, auxquelles 600'000 personnes ont participé en juillet, dans l'optique de capitaliser sur l'immense popularité de la mobilisation de 2019 aux législatives de septembre 2020, qui ont finalement été reportées d'un an au prétexte du coronavirus.

Ces primaires avaient déclenché les foudres de la Chine qui les a présentées comme une "grave provocation", une tentative de paralyser le gouvernement de la ville et a prévenu que la campagne pouvait relever de la "subversion" en vertu de la loi sur la sécurité nationale.

La plupart de ces candidats avaient par la suite été disqualifiés par les autorités. Mais les détracteurs des autorités centrales chinoises estiment que leur rejet des primaires signifie in fine que toute forme d'opposition est désormais illégale à Hong Kong.

Des juristes observent que les poursuites contre les 47 constituent la plus grosse affaire de subversion en Chine depuis des décennies. Et qu'elle a été rendue possible par le fait que Pékin a dupliqué à Hong Kong ses propres dispositions en la matière.

"Rétablir la stabilité"

Visant spécifiquement les faits de subversion, sécession, terrorisme et collusion avec les forces étrangères, la loi sur la sécurité nationale est le principal instrument de la sévère politique menée à Hong Kong.

La Chine a balayé toutes les accusations de répression, affirmant qu'elle doit rétablir la stabilité à Hong Kong après la crise politique de 2019 et s'assurer que seuls les "patriotes convaincus" gèrent ce territoire.

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Hong Kong: l'audience des 47 opposants continue mercredi

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Joshua Wong, Wu Chi-wai et Tam Tak-chi (de haut en bas) font partie des 47 militants qui sont poursuivis pour "subversion". (© KEYSTONE/AP/Kin Cheung)

Plusieurs dizaines de militants pro-démocratie hongkongais, poursuivis pour "subversion" ont été renvoyés mardi soir dans leurs cellules. Une troisième journée d'audience visant à leur inculpation formelle aura lieu mercredi.

Pékin a engagé en 2020 une reprise en main musclée de sa région semi-autonome, dans la foulée de l'immense mobilisation pour la démocratie qui a ébranlé l'ex-colonie britannique pendant des mois en 2019.

L'un des principaux outils de cette répression est une loi draconienne sur la sécurité nationale, en vertu de laquelle des poursuites ont été lancées dimanche pour "subversion" contre 47 militants qui ont été présentés lundi au tribunal.

Centaines de partisans

Ils représentent un spectre très large de l'opposition locale, avec d'anciens députés, des universitaires, des avocats, des travailleurs sociaux et nombre de militants plus jeunes comme Joshua Wong, déjà détenu dans une autre affaire.

Des centaines de leurs partisans s'étaient massés lundi aux abords du tribunal de Kowloon, scandant des slogans pro-démocratie, un rassemblement dont l'ampleur n'avait plus été vue à Hong Kong depuis des mois, et qui n'était pas sans rappeler les manifestations de 2019.

En temps normal, les audiences statuant sur le placement en détention provisoire des inculpés sont une affaire de quelques heures.

Texte vague

Mais le tribunal a eu fort à faire avec d'une part la lourdeur du contentieux - 47 prévenus- et de l'autre les approximations d'une loi sur la sécurité nationale qui, aussi draconienne soit-elle, est très vaguement formulée.

Une des grandes nouveautés du texte est qu'il considère que la mise en liberté sous caution n'est plus automatique dans le cadre de crimes non violents.

Lundi, il s'était écoulé pas moins de 15 heures entre le début de l'audience et son ajournement. Les débats avaient finalement été suspendus après l'évanouissement d'une inculpée. Trois autres ont été emmenés à l'hôpital en ambulance.

La deuxième journée d'audience, mardi, s'est également terminée dans la nuit sans que la procédure ait pu être menée à son terme, et l'examen des charges reprendra mercredi.

Primaires de l'opposition

Les prévenus sont poursuivis en lien avec les primaires de l'opposition, auxquelles 600'000 personnes ont participé en juillet, dans l'optique de capitaliser sur l'immense popularité de la mobilisation de 2019 aux législatives de septembre - finalement reportées d'un an au prétexte du coronavirus.

Ces primaires avaient déclenché les foudres de la Chine qui les a présentées comme une "grave provocation", une tentative de paralyser le gouvernement de la ville, et a prévenu que la campagne pouvait relever de la "subversion" en vertu de la loi sur la sécurité nationale. La plupart de ces candidats avaient par la suite été disqualifiés par les autorités.

Mais les détracteurs de Pékin estiment que son rejet des primaires signifie au final que toute forme d'opposition est désormais illégale à Hong Kong.

La subversion est, avec la sécession, le terrorisme et la collusion avec les forces étrangères, un des quatre crimes visés par la loi sur la sécurité nationale que Pékin a imposée fin juin 2020 et qui prévoit des peines de prison à vie.

"Rien à voir avec le droit"

"Ce procès n'a rien à voir avec le droit. Il ne fait que montrer comment le Parti communiste chinois abuse ouvertement de son pouvoir et utilise les tribunaux pour exhiber ce pouvoir", a dénoncé sur Facebook le militant Nathan Law, qui s'est exilé l'année dernière en Grande-Bretagne.

"La participation au processus politique ne devrait jamais être un crime", a déclaré de son côté le porte-parole du Département d'Etat américain Ned Price. "C'est un autre exemple de la façon dont la loi sur la sécurité nationale est utilisée pour museler la dissidence, et non pour améliorer la sécurité", a-t-il estimé.

La Chine a balayé toutes les accusations de répression à Hong Kong, affirmant qu'elle doit restaurer la stabilité dans sa région après la crise politique de 2019 et s'assurer que seuls les "patriotes convaincus" gèrent la ville.

Le gouvernement de Hong Kong a quant à lui rejeté mardi toute critique, y voyant un "irrespect à l'égard de notre système judiciaire".

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Navalny: sanctions américaines contre des responsables russes

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Les Etats-Unis ont aussi des preuves de l'empoisonnement d'Alexei Navalny, l'opposant actuellement en prison. (© KEYSTONE/AP/Alexander Zemlianichenko)

Les Etats-Unis ont annoncé mardi des sanctions à l'encontre de plusieurs hauts responsables russes. Washington répond ainsi à l'empoisonnement et à l'emprisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny.

Il s'agit des premières sanctions contre la Russie annoncées par Joe Biden qui, depuis son arrivée au pouvoir, le 20 janvier, a adopté un ton beaucoup plus ferme à l'égard du Kremlin que son prédécesseur républicain Donald Trump.

Les sanctions, qui visent en particulier sept hauts responsables dont les noms n'ont pas été annoncés dans l'immédiat, ont été prises "en concertation étroite avec nos partenaires de l'UE" et sont "un signal clair" envoyé à Moscou, a indiqué un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Fermeté "chaque fois que nécessaire"

"Nous ne cherchons ni une remise à plat, ni une escalade", a souligné cette source, soulignant que les Etats-Unis n'hésiteraient pas à faire preuve de fermeté à chaque fois qu'ils l'estimeront nécessaire. Pour les Etats-Unis, il n'y a aucun doute: Moscou est bien derrière la "tentative d'assassinat" du célèbre opposant russe.

"La communauté du renseignement estime avec un haut degré de confiance que des responsables des services de sécurité russes (FSB) ont utilisé un agent innervant connu sous le nom de Novitchok pour empoisonner le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny le 20 août 2020", a indiqué un responsable.

"Appel à libération immédiate"

"Nous réitérons notre appel à une libération immédiate et sans conditions de M. Navalny", a-t-il ajouté.

Quelques heures avant cette annonce américaine, qui fait suite à une décision similaire de l'UE, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait assuré que Moscou répondrait aux sanctions occidentales.

"Personne n'a annulé les règles de la diplomatie et une de ces règles est le principe de réciprocité", a-t-il affirmé. L'opposant de 44 ans est visé par de multiples procédures judiciaires depuis son retour en Russie après cinq mois de convalescence en Allemagne, où il se remettait de son empoisonnement.

Il est arrivé dimanche dans une colonie pénitentiaire à 200 kilomètres à l'est de Moscou pour y purger une peine de deux ans et demi de prison, que lui et ses soutiens dénoncent comme politique. La justice russe a transformé en janvier dernier en prison ferme une peine avec sursis à laquelle il avait été condamné en 2014.

Importantes manifestations

Son arrestation le 17 janvier a provoqué en Russie d'importantes manifestations, auxquelles les autorités ont répondu par plus de 11'000 arrestations, suivies généralement d'amendes et de courtes peines de prison.

Des experts des Nations unies ont réclamé lundi une enquête internationale sur l'empoisonnement de l'opposant.

A Bruxelles, les Etats membres de l'UE ont de leur côté officialisé lundi des sanctions contre quatre hauts fonctionnaires russes impliqués dans les procédures judiciaires engagées contre M. Navalny, et dans la répression menée contre ses partisans.

Selon deux sources européennes, les personnalités sanctionnées sont Alexandre Kalachnikov, directeur des services pénitenciers, Alexandre Bastrykine, responsable du Comité d'enquête russe, Igor Krasnov, procureur général, et Viktor Zolotov, chef de la Garde nationale de Russie. Leurs noms doivent être publiés mardi au Journal officiel de l'UE.

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Nicolas Sarkozy condamné pour corruption et trafic d'influence

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L'ancien chef de l'Etat à son arrivée au tribunal à Paris. Nicolas Sarkozy a écopé de trois ans de prison, dont un ferme, pour corruption et trafic d'influence. (©KEYSTONE/AP/MICHEL EULER).

Une décision sans précédent: Nicolas Sarkozy est devenu lundi le premier ancien président de la Ve République condamné pour corruption, à trois ans de prison dont un ferme, dans l'affaire dite des "écoutes". Il fera appel.

Pas de prison néanmoins pour M. Sarkozy, âgé de 66 ans, la peine avait été aménagée par le tribunal en détention à domicile sous bracelet électronique. Par ailleurs, l'appel est suspensif.

Président de 2007 à 2012, aujourd'hui consultant et conférencier, M. Sarkozy a écouté le prononcé de la peine debout face au tribunal, semblant impassible, et ne s'est pas exprimé à la sortie.

Stupéfaction à droite

C'est son avocate, Me Jacqueline Laffont, qui a pris la parole quelques heures plus tard pour annoncer que son client faisait appel et dénoncer un "jugement extrêmement sévère", "totalement infondé et injustifié".

Ses partisans ont fait part de leur "stupéfaction" et de leur "tristesse", et son épouse, l'ancienne mannequin et chanteuse Carla Bruni, a dénoncé "un acharnement insensé" sur Instagram.

"La sévérité de la peine retenue est absolument disproportionnée et révélatrice de l'acharnement judiciaire d'une institution déjà très contestée. Toute la lumière devra être faite sur les méthodes et l'indépendance du PNF" (parquet national financier), a affirmé sur Twitter le président du parti Les Républicains Christian Jacob.

Côté Rassemblement national, le vice-président Jordan Bardella a ironisé sur "la République des Juges" et "leurs procédés très contestables".

"Pacte de corruption"

Les deux co-accusés de M. Sarkozy, l'ancien haut-magistrat Gilbert Azibert et l'avocat historique de l'ex-président, Thierry Herzog, ont été condamnés à la même peine, avec 5 ans d'interdiction professionnelle pour ce dernier, qui va aussi faire appel.

Le tribunal correctionnel a estimé qu'un "pacte de corruption" avait été conclu entre les trois hommes. Il est cependant resté en-deçà des réquisitions du parquet national financier (PNF), qui avait demandé les mêmes peines de quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme à l'encontre des trois prévenus, estimant que l'image présidentielle avait été "abîmée" par cette affaire "aux effets dévastateurs".

Autre procès en vue

Cette première condamnation pour Nicolas Sarkozy intervient alors qu'il doit faire face à nouveau à des juges, dès le 17 mars, au procès de l'affaire "Bygmalion", portant sur les frais de sa campagne présidentielle de 2012.

Retiré de la politique depuis 2016 mais toujours très populaire et très écouté à droite, un an avant le prochain scrutin présidentiel, Nicolas Sarkozy est sous forte pression judiciaire. Il est mis en cause dans plusieurs dossiers, dont celui des soupçons de financement libyen de sa campagne victorieuse de 2007.

C'est dans le cadre de cette dernière affaire qu'il avait été placé sur écoute en 2013.

Les juges découvrent alors que Nicolas Sarkozy utilise une ligne téléphonique secrète, ouverte sous l'alias de "Paul Bismuth", pour communiquer avec son avocat Thierry Herzog.

Une dizaine de leurs conversations ont été retranscrites.

Informations privilégiées

Les juges ont estimé que l'ex-président s'était rendu coupable de corruption, en promettant d'appuyer la candidature de M. Azibert pour un poste de prestige à Monaco, en échange d'informations privilégiées, voire d'une influence sur un pourvoi en cassation qu'il a formé.

L'ancien locataire de l'Elysée voulait alors faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels après avoir obtenu un non-lieu dans l'affaire Bettencourt. Gilbert Azibert, avocat général dans une chambre civile, n'intervenait pas directement dans ce dossier mais il a selon le tribunal joué de ses relations.

Lors du procès qui s'est achevé le 10 décembre, la défense s'était insurgée contre un dossier basé sur des "fantasmes" et des "hypothèses" et avait plaidé à l'unisson la relaxe des prévenus.

Elle avait fait valoir qu'in fine, Nicolas Sarkozy n'a pas eu gain de cause devant la haute juridiction et que Gilbert Azibert n'a jamais eu de poste à Monaco. Selon la loi, il n'est cependant pas nécessaire que la contrepartie ait été obtenue, ni que l'influence soit réelle, pour caractériser les délits de corruption et de trafic d'influence.

Ambiance houleuse

Tout au long du procès, dans une ambiance houleuse, la défense avait pilonné un dossier "poubelle", réclamant l'annulation de la totalité de la procédure, basée selon elle sur des écoutes "illégales" car violant le secret des échanges entre un avocat et son client.

Dans ce contexte tendu, le patron de ce parquet financier, Jean-François Bohnert était venu en personne le jour du réquisitoire pour défendre son institution, et assurer: "Personne ici ne cherche à se venger d'un ancien président de la République".

Avec cette condamnation, Nicolas Sarkozy devient le deuxième ex-chef de l'Etat à être sanctionné par la justice, après son ancien mentor Jacques Chirac, condamné en décembre 2011 à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics et prise illégale d'intérêts.

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