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Financement de jeunes pousses: l'effet Covid irrigue les biotechs

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Longtemps considérées trop risquées par les investisseurs institutionnels, les sociétés biotechnologiques jouissent à présent de l'aura des représentants du secteur en pointe dans la lutte contre la pandémie de coronavirus. (archive) (© KEYSTONE/EPA ANSA/RICCARDO ANTIMIANI)

C'est un changement d'époque, qu'on pourrait appeler l'effet Covid: alors que les biotechs ont longtemps été vues comme un pari risqué en Europe, elles voient désormais se délier les cordons de bourses d'investisseurs charmés par leur potentiel.

La pandémie a accéléré un phénomène qui commençait à s'amorcer, soulignent les acteurs du secteur du financement, interrogés par l'AFP. "Il y a un engouement. Les investisseurs institutionnels qui ne voulaient pas toucher à la santé sont beaucoup plus intéressés", explique ainsi Antoine Papiernik, à la tête du fonds de capital risque Sofinnova, spécialisé dans les sciences de la vie.

Pour preuve, sa société vient de lever 472 millions d'euros (504 millions de francs) pour lancer le plus gros fonds dit "early-stage" (la phase d'amorçage) en Europe. En tout, Sofinnova a levé un milliard d'euros depuis un an... en pleine pandémie, qu'il va réinvestir dans des biotechs européennes.

"Aux Etats-Unis, cela fait longtemps que les biotechs sont financées par les fonds de pension américains. L'Europe était plus réservée, avec une forte conscience du risque", souligne le spécialiste, dont la société voit passer 1.500 dossiers par an.

Les lignes bougent: pour le dernier fonds de Sofinnova, "on aurait pu accepter plus d'argent, on a dit non. Il faut que cet argent serve une stratégie", ajoute Antoine Papiernik.

Même son de cloche pour Jeito Capital, société spécialisée dans les biotechnologies de santé, qui a été fondée par Rafaèle Tordjman. Cette dernière a annoncé en septembre que son fonds Jeito 1 avait levé 534 millions d'euros.

La scientifique et entrepreneure estime que la situation avait commencé à s'améliorer un peu avant le Covid.

Mais, reconnaît-elle, "il y a un effet Moderna, dans le sens où l'on voit le succès de certaines biotechs. On voit que la santé n'est pas une bulle: il y a une vraie valeur".

"Ce qui fait peur aux investisseurs non spécialistes", poursuit-elle, "c'est d'investir dans des sociétés qui n'ont pas encore de chiffre d'affaires. La crise du Covid a permis de faire leur éducation, en particulier pour les assureurs", qui abondent traditionnellement les fonds d'investissement.

L'argent du retraité texan

Du côté de la Bourse, l'effet est semblable, note Jamila El Bougrini, spécialiste des biotechs chez l'analyste boursier Invest Securities.

"C'est un tournant en terme d'investissements auprès des investisseurs particuliers, qui ont découvert ou redécouvert le secteur de la santé, mais aussi auprès des investisseurs institutionnels qui pour beaucoup s'en étaient détournés car ils le considéraient trop incertain", dit-elle.

Sans atteindre le niveau de Moderna, qui a vu sa capitalisation boursière exploser, nombre de sociétés, telle la franco-autrichienne Valneva - positionnée sur un vaccin contre le Covid -, ont vu leurs titres progresser fortement sur le marché parisien.

Est-ce que cet engouement permettra de rattraper le retard pris par rapport aux Etats-Unis, la Mecque en termes de biotechnologies et de capitaux?

Pour Antoine Papiernik, l'Europe n'a pas à rougir. "On a maturé. L'Europe a le vent en poupe, il faut en profiter pour accélérer", plaide-t-il.

D'ailleurs, les investisseurs américains ne s'y trompent pas, au point que l'argent des retraités américains vient désormais irriguer les biotechs européennes. Le fonds Jeito 1 a notamment été souscrit par le Teacher's Retirement System of Texas, un fonds de pension texan qui gère 165 milliards de dollars.

Car la science est bien présente en Europe, soulignent les spécialistes, peu adeptes des discours catastrophistes sur l'état de la recherche en France.

"La science en France n'est pas du tout en retard. Il faut une accélération de notre dynamique: qu'on se fasse moins peur et plus confiance", souligne ainsi Rafaèle Tordjman.

"Les investisseurs avaient déjà identifié que l'innovation se fait en Europe. Mais ils avaient des doutes sur le fait que les Européens sauraient faire passer l'étape suivante à leurs start-up", abonde de son côté Denis Ribon, président et fondateur de la société d'investissement ArchiMed, spécialisée dans les PME en santé.

La question semble en voie d'être résolue. Le dernier fonds lancé par ArchiMed a levé courant mai 650 millions d'euros, notamment chez des investisseurs américains. Il a été plus que populaire: d'après Denis Ribon, 1,3 milliard d'euros avaient été proposés.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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Les Etats-Unis "optimistes" pour un accord contre les pandémies

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Les Etats-Unis veulent un accord rapide contre les pandémies mais anticipent un délai d'un ou deux ans à l'Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève (archives). (© Keystone/MARTIAL TREZZINI)

Les Etats-Unis restent "optimistes" pour un accord contre les pandémies à l'Organisation mondiale de la santé (OMS), malgré les divisions. "Les éléments d'un bon arrangement sont sur la table", a affirmé mercredi à Genève le secrétaire à la santé Xavier Becerra.

"Nous ne devrions pas perdre de temps" et "nous avons besoin d'un accord maintenant", a-t-il affirmé à quelques journalistes en marge de l'Assemblée mondiale de la santé. Pour autant, les Etats-Unis, comme la Suisse et les autres pays occidentaux, ne sont pas favorables à la proposition des pays africains de prolonger les négociations jusqu'à la fin de l'année.

Washington estime un délai supplémentaire d'un à deux ans réaliste pour éviter des dommages à la réputation de l'organisation en cas de nouvelle absence de consensus. "Pouvez-vous me donner une avancée internationale qui se soit faite un en jour?", demande-t-il.

Interrogé sur la présidentielle qui pourrait remettre en cause ce calendrier si Donald Trump est élu, le ministre américain ne répond pas directement. "Nous avons accéléré le processus" de négociation, se contente-t-il dire. Il fait aussi remarquer qu'il faudra, comme toujours, passer la difficulté du Sénat américain pour ratifier un éventuel accord.

"La collaboration est sans précédent" entre les pays, estime-t-il. Contrairement à ceux qui trouvent que le projet de texte est dilué sur les garanties d'un accès pour tous les pays aux vaccins et autres technologies contre de futures pandémies, il ajoute que "l'équité est sur la table" et les "Etats feront tout ce qu'ils peuvent" pour maintenir cette approche, dit-il.

Pas d'accord pour le RSI

Selon lui, les divergences ne sont pas aussi importantes que certains veulent bien le dire. Les Etats du Nord et du Sud divergent aussi encore sur les questions de financement ou sur le partage des indications sur les pathogènes.

Washington souhaite au moins que la communauté internationale reparte de l'Assemblée mondiale en fin de semaine avec un accord sur des amendements au Règlement sanitaire international (RSI) de 2005 qui régit la réponse internationale aux crises internationales. Celui-ci avait été largement remis en cause pendant la pandémie de coronavirus.

Malgré un accord de principe sur de nombreuses questions, les membres n'ont pas trouvé un consensus. Mais les discussions se poursuivent activement. Principale innovation, une nouvelle "urgence pandémique" pourrait être décrétée par le directeur général de l'OMS selon des critères communs. Cet ajout permettrait d'activer les dispositifs prévus dans un futur accord contre les pandémies lorsque celui-ci sera en vigueur.

Seul accord validé pour le moment, les membres ont approuvé mardi les grands axes de la politique de l'OMS pour 2025 à 2028. Dotés de 11 milliards de dollars, ceux-ci vont de la réponse aux effets du changement climatique sur la santé aux urgences sanitaires en passant par la santé pour tous, selon l'organisation.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Le Kazakhstan remplace l'Inde

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L'Inde n'accueillera pas de GP en 2024 (© KEYSTONE/AP/MANISH SWARUP)

Le Grand Prix d'Inde de MotoGP, qui devait se tenir du 20 au 22 septembre 2024, a été annulé.

Il sera remplacé par celui du Kazakhstan, ont annoncé mercredi la Fédération internationale (FIM) et la Dorna, promoteur du MotoGP.

La manche kazakhe, prévue du 14 au 16 juin mais qui avait été reportée à une date ultérieure en raison des intempéries touchant la région, "se déroulera désormais du 20 au 22 septembre", ont indiqué les deux instances dans un communiqué.

Annulée en 2023 en raison de travaux d'homologation, l'épreuve du Kazakhstan figure pour la première fois au calendrier du MotoGP cette année sur le circuit de Sokol près de la ville d'Almaty. Elle remplacera la manche indienne, annulée "pour des raisons opérationnelles".

Le championnat du monde reviendra sur le circuit indien de Buddh en mars 2025, "lorsque les conditions météorologiques devraient être optimales pour les spectateurs et les pilotes", ont expliqué mercredi la FIM et la Dorna. Pour la première édition du GP d'Inde en septembre 2023, la chaleur écrasante avait mis les organismes à rude épreuve, avec un ressenti bien supérieur à 40 degrés.

Avec l'annulation du GP d'Argentine début avril, le calendrier MotoGP compte actuellement 20 épreuves confirmées dont six ont déjà eu lieu.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Noah nouveau capitaine de l'équipe Europe en 2025

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Yannick Noah reprend du service comme capitaine (© KEYSTONE/AP/Anne-Christine Poujoulat)

Yannick Noah remplacera à partir de 2025 le Suédois Björn Borg comme capitaine de l'équipe Europe de Laver Cup, ont annoncé les organisateurs mardi.

Cette compétition initiée par Roger Federer oppose chaque année une sélection de joueurs européens à une autre de joueurs du reste du monde.

Noah, ancien no 3 mondial et dernier vainqueur français de Roland-Garros chez les hommes (1983), a remporté trois fois la Coupe Davis avec la France en tant que capitaine, notamment en 1991 lorsque les Bleus emmenés par Henri Leconte et Guy Forget avaient battu en finale les Etats-Unis de Pete Sampras et Andre Agassi.

Le capitaine de l'équipe américaine de Coupe Davis était alors John McEnroe, qui sera lui-même remplacé à la tête de l'équipe Monde de Laver Cup à partir de 2025 par Agassi.

"Je suis très honoré qu'on m'ait demandé d'être le capitaine de l'équipe Europe de Laver Cup", déclare Noah dans le communiqué de l'organisation. "Cela fait quelque temps que je ne suis plus dans le jeu, que je fais ma musique, mais je suis très heureux de cette nouvelle aventure. J'adore les compétitions par équipes, les émotions qu'elles créent, apprendre à connaître les gars, comment ils sont, en tant que personne sur et hors du court."

McEnroe et Borg étaient capitaines en Laver Cup depuis la création en 2017 de cette compétition de tennis. L'édition 2024 de la Laver Cup, la dernière pour Borg et McEnroe, est programmée du 20 au 22 septembre à Berlin. L'édition 2025 se déroulera à San Francisco.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Après l'athlétisme, la boxe promet des primes à ses médaillés

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Les médaillés de la boxe auront droit à des primes (© KEYSTONE/AP/FRANK FRANKLIN II)

La fédération internationale de boxe IBA, pourtant exclue du mouvement olympique, a promis mercredi des primes aux médaillés des Jeux de Paris (26 juillet-11 août).

Elle est la première instance à imiter la démarche controversée de World Athletics.

Présidée par le Russe Umar Kremlev et notamment financée par le géant gazier Gazprom, l'IBA va encore plus loin que la fédération d'athlétisme, qui avait promis en avril des primes de 50'000 dollars à chaque futur champion olympique: elle va récompenser chaque médaillé, son entraîneur et sa fédération, ainsi que les quarts de finaliste.

Dans le détail, l'instance compte respectivement doter chaque médaille d'or, d'argent et de bronze de 100'000 dollars, 50'000 dollars et 25'000 dollars. Dans les trois cas, le boxeur percevra la moitié de cette somme et l'entraîneur et la fédération nationale se partageront à égalité l'autre moitié.

"Par ailleurs, les athlètes défaits en quarts de finale et qui ont fini cinquièmes toucheront chacun 10'000 dollars, ce qui porte l'enveloppe globale à 3,1 millions de dollars distribués à plus de 100 boxeurs", ajoute Umar Kremlev dans un communiqué.

Non seulement ce montant dépasse la dotation globale de World Athletics - 2,4 millions de dollars -, mais surtout l'IBA n'est même pas organisatrice du tournoi olympique de Paris, tout comme elle avait été privée de celui des JO 2020 de Tokyo par décision du Comité international olympique.

Le CIO avait suspendu en juin 2019 la reconnaissance olympique de l'IBA, en raison de scandales d'arbitrage à répétition, d'une dette abyssale et de problèmes de gouvernance - notamment en raison d'un ex-dirigeant considéré par les Etats-Unis comme "l'un des leaders du crime organisé ouzbek".

Après quatre ans de bras de fer et des réformes jugées insuffisantes, l'instance olympique a "retiré" cette reconnaissance en juin 2023, laissant en suspens l'avenir olympique de la boxe à compter des JO 2028 de Los Angeles.

La toute jeune instance World Boxing, lancée sur initiative américaine, peine toujours à séduire massivement les fédérations nationales et a entamé en mai dernier des discussions avec le CIO pour espérer reprendre, à terme, le rôle de l'IBA.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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