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Économie

France: le manque de compétences coûte 140 milliards d'euros par an

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Selon une étude, la productivité française souffre d'une insuffisance de compétences en mathématiques et sur le plan socio-comportemental. (archives) (© KEYSTONE/EPA/ETIENNE LAURENT)

La croissance de la productivité ralentit plus vite en France qu'en Allemagne et aux Etats-Unis: ce décrochage coûte 140 milliards d'euros (134 milliards de francs) par an, selon une étude publiée jeudi par le Conseil d'analyse économique (CAE).

La raison principale en est une insuffisance de compétences en mathématiques et sur le plan socio-comportemental, c'est-à-dire la capacité à travailler en équipe, à s'organiser et à s'adapter.

Ce décrochage "est un problème économique important" dont on parle peu, tandis que "les compétences et l'orientation des talents vers les filières qui contribuent à la productivité sont un levier central" pour combler ce retard, a expliqué lors d'une présentation à la presse l'économiste Xavier Jaravel, co-auteur de la note.

Par rapport à l'Allemagne, l'écart de productivité s'est soldé par un écart de quatre points de PIB en 15 ans, tandis que les Etats-Unis, qui partaient d'un niveau plus faible que la France, ont gagné six points par rapport à l'hexagone sur la même période, détaille la note du CAE, un organisme rattaché à Matignon chargé d'éclairer le gouvernement sur sa politique économique.

Dans les années 2000, l'Allemagne s'était donné les moyens de combler son propre retard à la suite du "choc PISA" qui avait vu décrocher la première puissance économique européenne dans les classements internationaux de compétences scolaires.

Faire un effort analogue en France conduirait à une "hausse de la croissance annuelle par habitant d'environ 0,2 point", ce qui permettrait de gagner trois points de PIB, soit 75 milliards d'euros par an au bout de 15 ans, ont calculé les auteurs de la note.

Favoriser l'innovation

Centrer l'effort autour des mathématiques et du savoir-être socio-comportemental, appelé soft skills en anglais, est nécessaire dans la mesure où les emplois faisant appel à ces compétences sont de plus en plus nombreux, tandis que la part de ceux qui ne les réclament pas baisse.

Selon les chercheurs qui citent plusieurs travaux sur le sujet, on assiste à "une dégradation continue du niveau moyen des jeunes Français en mathématiques depuis 30 ans, aussi bien parmi les meilleurs élèves que parmi les moins bons".

Pour y remédier, ils préconisent de fixer des "objectifs ambitieux" en maths, les exemples allemand et aussi portugais montrant "qu'il est possible de faire des progrès importants en seulement un quinquennat".

Ils recommandent par ailleurs la mise en place d'un "système d'évaluation régulière des compétences socio-comportementales", aujourd'hui inexistant.

"En France, la formation et la culture générale à l'école ne permettent pas le développement de ces compétences", selon Maria Guadalupe, co-autrice de la note.

Le deuxième levier pour combler le retard français est d'offrir un meilleur accès aux carrières de l'innovation, qui sont aujourd'hui en grande partie l'apanage des hommes de milieux favorisés issus d'un nombre limité de territoires.

Ouvrir davantage ces carrières aux femmes, aux jeunes de milieux moins favorisés et venus de territoires plus nombreux aurait "le potentiel d'augmenter la croissance économique de l'ordre de 0,2 point", c'est-à-dire là aussi d'augmenter le PIB de 75 milliards au bout de 15 ans.

Les chercheurs proposent pour y arriver la création d'une "stratégie nationale d'innovation par tous" pour sensibiliser les jeunes aux carrières de l'innovation et de la science, dotée d'un budget de 100 millions d'euros.

La note veut enfin réorienter le crédit impôt recherche (CIR), qui bénéficie aujourd'hui "de manière disproportionnée aux grandes entreprises", alors que ce sont les PME qui sont "les plus innovantes". A budget constant, le taux de subvention passerait de 30% à 42% et le dispositif serait plafonné à 20 millions, préconisent les économistes.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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Économie

Le patron de Nvidia nie toute friction avec OpenAI

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Le CEO de Nvidia Jensen Huang a nié toute friction avec OpenAI devant la presse. (© KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER)

Le patron du mastodonte américain des puces Nvidia, Jensen Huang, a confirmé samedi devant la presse qu'un investissement "colossal" dans OpenAI était à venir. Il a balayé des informations selon lesquelles il y aurait des doutes en interne au sujet du rapprochement.

A Taipei, il a réagi à des informations publiées par le Wall Street Journal selon lesquelles le projet de Nvidia annoncé en septembre d'injecter 100 milliards de dollars dans OpenAI aurait été gelé.

Ces fonds doivent permettre à OpenAI, le créateur du robot conversationnel ChatGPT, de construire des centres de données pour son IA de nouvelle génération.

Citant des sources anonymes, le Wall Street Journal avait affirmé qu'au sein de Nvidia, des personnes avaient exprimé des doutes quant à cet accord et que les deux parties étaient en train de reconsidérer leur partenariat.

"C'est complètement absurde. Nous allons réaliser un investissement colossal dans OpenAI", a assuré M. Huang aux journalistes qui l'ont interrogé à ce sujet.

Jensen Huang a certifié que Nvidia allait poursuivre son investissement dans OpenAI, "l'une des entreprises les plus importantes de notre époque" selon lui.

Le patron d'OpenAI, "Sam (Altman) est en train de conclure le tour de table, et nous y participerons sans aucun doute", a-t-il martelé. "Nous allons investir beaucoup d'argent, probablement le plus gros investissement que nous ayons jamais réalisé."

Nvidia, première capitalisation mondiale, fait figure de leader dans le domaine des puces nécessaires à l'entraînement et au fonctionnement des grands modèles de langage (LLM) produisant d'énormes volumes de texte qui alimentent les robots conversationnels tels que ChatGPT ou Google Gemini.

Sa valorisation boursière a ainsi atteint le niveau inédit de 5000 milliards de dollars en octobre 2025. Elle a depuis fondu de 600 milliards de dollars.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Économie

Corriger la pénalisation du mariage sans changement radical

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Pour le président de la CdC, Markus Dieth, les conséquences de la réforme sont incertaines (archives). (© KEYSTONE/PETER KLAUNZER)

La pénalisation du mariage peut être corrigée sans réformer complètement le système, estiment vendredi les cantons. Ils rejettent l'imposition individuelle en votation le 8 mars, jugée trop radicale.

Dix cantons ont saisi référendum cantonal, le deuxième de l’histoire, contre cette réforme. Pour Markus Dieth, président de la Confédérence des gouvernements cantons (CdC), c'est "une preuve de la gravité de la situation. Il ne s'agit pas de questions de détail, mais de réserves fondamentales".

Ce projet est disproportionné, crée de nouvelles inégalités et engendre des coûts importants, estime la CdC. Le changement de système est problématique sur le plan du fédéralisme. Pourtant, une solution pragmatique aurait suffi.

Et de rappeler que les cantons ont déjà trouvé des solutions pour éliminer la pénalisation du mariage.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Économie

La BNS réfute les soupçons US de manipulation des devises

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La Suisse figure depuis juin dernier sur la liste de surveillance de Washington aux côtés de la Chine, du Japon, de la Corée, de Taïwan, de la Thaïlande, de Singapour, du Vietnam, de l'Allemagne et de l'Irlande, méritant "une attention particulière" (archives). (© KEYSTONE/PETER KLAUNZER)

Dans son dernier rapport semestriel, le département américain du Trésor a maintenu la Suisse sur la liste de surveillance des pays susceptibles de manipuler leur monnaie. La Banque nationale suisse (BNS) objecte une quelconque manoeuvre de ce type.

"La BNS ne se livre à aucune manipulation du franc", déclare l'institut d'émission vendredi à AWP dans une prise de position, ajoutant être toujours en contact avec les autorités américaines et helvétiques, afin d'expliquer sa politique monétaire. "Elle ne cherche ni à empêcher des ajustements de la balance des paiements ni à accroître de manière indue la compétitivité de son économie", peut-on encore lire.

Et de renvoyer à la déclaration commune sur des questions relatives à l'économie et aux cours de change adoptée l'automne dernier par la BNS, le Département fédéral des finances (DFF) et le département du Trésor des États-Unis. Dans ce texte, les trois parties avaient souligné que la Suisse n'utilisait pas sa politique monétaire à des fins concurrentielles et que les interventions sur le marché des changes servent à "garantir des conditions monétaires appropriées et assurer ainsi la stabilité des prix".

La Suisse figure depuis juin dernier sur la liste de surveillance de Washington aux côtés de la Chine, du Japon, de la Corée, de Taïwan, de la Thaïlande, de Singapour, du Vietnam, de l'Allemagne et de l'Irlande, méritant "une attention particulière". Dans son rapport, Washington déclare toutefois qu'aucun partenaire commercial majeur ne nécessite de faire l'objet d'une analyse approfondie.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Économie

Les prix de l'immobilier résidentiel ont bondi en 2025

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L'indice suisse des prix de l'immobilier résidentiel (Impi) a progressé en moyenne de 4,6% l'année dernière (archives). (© KEYSTONE/STEFFEN SCHMIDT)

Le renchérissement des prix de l'immobilier s'est poursuivi au 4e trimestre 2025, affectant aussi bien les maisons individuelles que les appartements en propriété. Sur l'ensemble de l'année, la hausse pour ces derniers a largement dépassé l'inflation.

L'indice suisse des prix de l'immobilier résidentiel (Impi) a progressé en moyenne de 4,6% l'année dernière, selon les indications fournies vendredi par l'Office fédéral de la statistique. A titre de comparaison, l'inflation a atteint +0,2%.

Sur le seul quatrième trimestre, l'Impi a pris 0,5% par rapport au partiel précédent et 3,9% sur un an, à 125 points.

Du côté des maisons individuelles, l'augmentation s'est élevée à 0,4% en comparaison trimestrielle et à +5,0% en rythme annuel. Le sous-indice s'est fixé à 125,6 points. Les prix ont connu les plus forte poussées dans les communes urbaines d'une grande agglomération (+1,9%), alors qu'ils ont baissé avant tout dans les communes urbaines d'une agglomération de taille moyenne (-1,6%), précise le communiqué.

Les prix des appartements en propriété ont gonflé dans les communes intermédiaires (+2,4%) et n'ont baissé que dans les communes urbaines d'une grande agglomération (-1,4%). Le sous-indice a gonflé de 0,6% ou de 3,0% sur un an à 124,4 points.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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