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Elections américaines : démocrates et femmes sortent gagnants

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Elue dans le Massachussetts, Ayanna Pressley sera la première femme noire à représenter son Etat au Congrès. (©KEYSTONE/EPA/CJ GUNTHER)

Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants tandis que les républicains maintenaient leur contrôle du Sénat au terme des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Notre suivi en continu.

09h35: Nombre record d’élues à la Chambre

Le nombre de femmes qui siégeront à la Chambre des représentants est plus élevé que jamais, ressort-il des résultats provisoires des élections de mi-mandat cités par l’agence Associated Press (AP). Au moins 99 femmes ont été élues à la chambre basse du Congrès, contre 84 dans l’assemblée sortante.

Selon AP, 237 femmes se sont portées candidates à la Chambre cette année. Jamais autant de femmes, ni de femmes issues de minorités, n’ont été élues, surtout du côté démocrate où la colère anti-Trump s’est cristallisée dans un nouveau souffle politique.

07h55: Défaite démocrate en Floride

Les démocrates ont perdu l’une des courses les plus scrutées pour l’un des 36 sièges de gouverneurs mis en jeu mardi: le duel entre le démocrate Andrew Gillum, premier candidat noir à ce poste en Floride, et le républicain Ron DeSantis, un partisan déclaré du président Trump. Malgré des accusations de racisme, M. DeSantis l’a finalement emporté au terme d’un duel très serré.

L’autre scrutin très observé était la bataille en Géorgie entre le républicain Brian Kemp et la démocrate Stacey Abrams, qui pourrait devenir la première gouverneure noire d’un Etat américain. En revanche, dans le très conservateur Kansas, la démocrate Laura Kelly a créé la surprise en battant le favori, Kris Kobach.

07h45: Sanders étrille Trump

L’ancien candidat démocrate à la présidence Bernie Sanders a été réélu au poste de sénateur du Vermont. Il a vivement dénoncé le président Donald Trump et ses « politiques racistes ».

« Nous avons un président des Etats-Unis qui est un menteur pathologique et est en train de faire quelque chose qu’aucun président que j’aie connu n’a jamais fait », a-t-il lancé dans un discours devant ses partisans.

« Au lieu de rassembler le peuple américain, il essaie de nous diviser sur la base de la couleur de notre peau, de notre origine, de notre religion, notre genre, notre identité sexuelle », a-t-il poursuivi. « Notre boulot est de dire à ce président que nous ne tolérerons pas les politiques qui sont racistes, sexistes et homophobes. »

06h50: NBC crédite les démocrates de 229 sièges

D’après les projections de NBC News, les démocrates devraient obtenir 229 sièges contre 206 aux républicains à la Chambre des représentants, dont ils n’avaient plus le contrôle depuis huit ans. Tout au moins, selon les projections des médias américains, les démocrates vont-ils reprendre aux républicains les 23 sièges nécessaires pour leur ravir la majorité. Dans la chambre sortante, les démocrates détenaient 193 sièges, contre 236 aux républicains.

06h10: Appel à l’unité

La cheffe des démocrates à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a promis mardi un nouvel équilibre des pouvoirs aux Etats-Unis. Selon elle, les Américains, qui ont redonné un contrôle partiel du Congrès au parti démocrate, « en ont assez des divisions ».

« Un Congrès démocrate va oeuvrer à des solutions qui nous rassemblent, car nous en avons tous assez des divisions », a déclaré Mme Pelosi, en annonçant la « restauration des pouvoirs et contrepouvoirs constitutionnels ».

05h30: Satisfaction de Donald Trump

Le président américain Donald Trump a revendiqué mardi soir un « immense succès » électoral. Il a remercié ses partisans qui ont permis aux républicains de conserver la majorité au Sénat, même si les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants.

« Immense succès ce soir. Merci à tous! », a tweeté le président, qui s’est pleinement investi dans la campagne de ces élections de mi-mandat largement considérées comme un référendum sur sa personne.

05h30: Mitt Romney élu au Sénat

L’ex-candidat conservateur à la présidentielle américaine, Mitt Romney, a été élu au Sénat mardi. Il signe un retour en politique qui lui offre une place de choix à Washington pour critiquer le président Donald Trump, avec qui il a déjà croisé le fer.

« Je m’engage à vous représenter avec dignité, intégrité et d’une façon qui vous rendra fiers », a tweeté Mitt Romney, 71 ans, à l’adresse de ses électeurs. Le républicain a battu la démocrate Jenny Wilson dans l’Etat de l’Utah, où vit une importante population de confession mormone comme lui et qui n’a pas envoyé de démocrate au Sénat depuis plus de 40 ans.

Il s’installera au Sénat début janvier 2019 pour un mandat de six ans. Mitt Romney avait été un féroce détracteur de Donald Trump pendant la campagne présidentielle de 2016. Il l’avait notamment traité de « charlatan ». Il a toutefois tempéré ses déclarations publiques depuis.

04h39: un Congrès américain divisé, à chacun sa chambre

Les démocrates ont pris le contrôle de la Chambre des représentants mardi tandis que les républicains maintenaient leur contrôle du Sénat au terme d’élections législatives américaines perçues comme un référendum sur la présidence de Donald Trump, selon les chaînes Fox et NBC. Les Américains ont élu un Congrès divisé, promesse d’une fin de mandat mouvementé pour le président républicain, les démocrates pouvant désormais entraver une grande partie de son programme à la chambre basse.

Le sénateur du Texas Ted Cruz a été réélu, offrant une victoire majeure au parti républicain à l’issue d’une course serrée face au jeune espoir démocrate Beto O’Rourke, selon les médias américains. Selon des estimations des chaînes ABC et NBC, Ted Cruz ne peut plus être rejoint par son adversaire, un quadragénaire qui faisait jusque-là figure d’étoile montante du parti démocrate. Sa victoire annoncée permet aux républicains de conserver un siège crucial pour garder leur majorité au Sénat

04h28: deux premières femmes musulmanes élues au Congrès

Ilhan Omar et Rashida Tlaib sont devenues les deux premières femmes de confession musulmane à être élues au Congrès américain. Ces deux candidates démocrates, respectivement du Minnesota et du Michigan, ont été élues à la Chambre des représentants. « On a réussi, ensemble. Merci! », a tweeté Ilhan Omar, une réfugiée somalienne, avant d’écrire à l’attention de Rashida Tlaib, née à Détroit de parents immigrés palestiniens: « J’ai hâte de siéger avec toi, inchallah ».

La jeune Hispanique Alexandra Ocasio-Cortez, 29 ans, nouvelle égérie d’une vague de femmes et de minorités qui tirent le parti démocrate vers la gauche, a été élue plus jeune membre du Congrès, selon plusieurs médias américains. Mme Ocasio-Cortez, qui avait causé la surprise en juin en remportant une primaire démocrate face à un poids-lourd du Congrès, Joe Crowley, a battu largement son adversaire républicain Anthony Pappas, 72 ans, dans une circonscription new-yorkaise à cheval entre Queens et le Bronx, acquise aux démocrates.

04h26: un gouverneur gay mais pas de gouverneure transgenre

L’Etat du Colorado a élu un gouverneur ouvertement gay, le démocrate Jared Polis, une première aux Etats-Unis, ont rapporté les médias américains ABC et NBC. Jared Polis, élu à la Chambre des représentants depuis 2008, a battu le républicain Walker Stapleton. En 2015, Kate Brown était devenue la première gouverneure bisexuelle élue dans l’Oregon, et un autre gouverneur, Jim McGreevey, du New Jersey, avait dévoilé son homosexualité avant de démissionner en 2004.

Elle ne sera pas la première gouverneure transgenre des Etats-Unis: la démocrate Christine Hallquist a été battue dans l’Etat du Vermont par le gouverneur sortant et républicain modéré Phil Scott, selon les chaînes ABC et Fox News. Christine Hallquist, 62 ans, ingénieure et militante environnementale qui se faisait encore appeler Dave en 2015, espérait entrer dans l’histoire.

La démocrate du Kansas Sharice Davids est devenue la première Amérindienne à être élue au Congrès américain, selon des estimations des médias américains. Avocate, férue d’arts martiaux et homosexuelle assumée, Sharice Davids l’a emporté dans les terres conservatrices face au républicain Kevin Yoder, selon les chaînes ABC et NBC.

03h58: un sénateur démocrate gagne dans un Etat pro-Trump

Le démocrate Joe Manchin a sauvé son siège de sénateur de Virginie-Occidentale, un Etat convoité par le président américain Donald Trump, qui s’y était largement imposé en 2016. Les chaînes CNN, NBC et Fox ont estimé que la victoire de M. Manchin était acquise face à son adversaire Patrick Morrisey, après dépouillement de la moitié des bulletins.

Comme d’autres démocrates, il luttait dans des terres que la victoire du milliardaire républicain a fait pencher encore davantage dans le camp conservateur.

03h29: le Sénat semble s’éloigner pour les démocrates

Les républicains ont remporté un siège-clé de sénateur dans l’Indiana, ce qui pourrait leur permettre de conserver le contrôle du Sénat, selon des résultats diffusés par des médias américains. D’après des estimations de CNN et NBC, le démocrate sortant Joe Donnelly ne peut plus revenir sur son adversaire républicain Mike Braun dans cet Etat industriel et agricole remporté par Donald Trump en 2016 et où sa politique économique a séduit les électeurs.

Dans un autre Etat-clé que les démocrates espéraient gagner, le Tennessee, c’est la candidate républicaine Marsha Blackburn qui a remporté l’élection sénatoriale face à son adversaire démocrate Phil Bredesen, rapportent les chaînes MSNBC et CNN. Victoire très importante pour le GOP. Il sera sans doute très difficile pour les démocrates de remporter le Sénat.

Pour la Chambre des représentants, selon des résultats toujours partiels, 31 démocrates sont en tête dans des circonscriptions d’Etat tenus par des républicains. Les chances sont toujours plutôt grandes pour que les démocrates récupèrent la chambre basse.

02h54: les démocrates bien partis à la chambre basse du Congrès

Toujours selon des résultats diffusés par les médias, les démocrates auraient arraché un deuxième siège aux républicains, cette fois-ci dans une circonscription de Floride. Sur les 23 sièges qu’ils doivent reprendre au Grand Old Party (GOP) pour la chambre basse, il en reste donc encore 21 à remporter. Et selon des résultats très partiels, 24 démocrates sont en tête dans des districts d’Etat tenus par des républicains.

Par ailleurs, six sénateurs démocrates devraient être réélus, selon des premiers résultats diffusés par CNN et d’autres médias: Elizabeth Warren (Massachusetts), Sherrod Brown (Ohio), Sheldon Whitehouse (Rhode Island), Chris Murphy (Connecticut), Tom Carper (Delaware) et Ben Cardin (Maryland).

Le suspense est en revanche total en Floride et, surprise, même au Texas, dans la course sénatoriale. Selon le média politique The Hill, le sénateur démocrate sortant du New Jersey, Bob Menendez, accusé de corruption, conserverait, lui, son siège au Sénat.

02h09: un siège démocrate repris aux républicains à la Chambre

Les démocrates ont arraché un premier siège aux républicains à la Chambre des représentants du Congrès, dans une circonscription en Virginie, selon des résultats diffusés par plusieurs médias. Sur les 23 sièges que les démocrates doivent reprendre à leur adversaire pour reconquérir la chambre basse, il en reste donc encore 22 à remporter. Et selon des résultats très partiels, 16 démocrates sont en tête dans des districts d’Etat tenus par des républicains.

01h20: Bernie Sanders et Tim Kaine réélus, selon CNN

Sans grande surprise, l’actuel sénateur indépendant du Vermont et ancien candidat à la primaire démocrate de 2016, Bernie Sanders, ainsi que l’actuel sénateur démocrate de Virginie et ancien colistier d’Hillary Clinton pour la présidentielle de 2016, Tim Kaine, sont donnés réélus, selon les projections de CNN.

00h10: fermeture des premiers bureaux de vote

Les premiers bureaux de vote ont fermé mardi à 18h00 locales (00h00 suisse mercredi) dans une grande partie des bureaux de vote de l’Indiana, où se tient une élection clé pour le contrôle du Sénat, et la moitié du Kentucky.

Le département américain de la Sécurité intérieure a fait état de problèmes techniques « isolés » survenus sur des machines à voter utilisées dans le cadre des élections de mi-mandat. Mais selon un responsable de ce ministère, ces difficultés n’ont pas eu d’impact significatif sur la participation électorale.

00h00: l’enjeu de ce scrutin de mi-mandat

Les Américains se pressaient en nombre mardi dans les bureaux de vote pour les élections de mi-mandat à l’issue incertaine. Le nombre de votants n’est pas centralisé par une autorité électorale unique aux Etats-Unis, mais au Texas, à New York ou dans le Maryland, électeurs et scrutateurs interrogés par l’AFP semblaient surpris par l’affluence.

La totalité de la chambre basse du Congrès américain, la Chambre des représentants (435 élus), sera renouvelée ainsi qu’un tiers du Sénat (35 sièges sur 100), mais aussi 36 des 50 gouverneurs et des milliers d’élus locaux à divers niveaux. Les républicains ont actuellement la majorité au Congrès.

Les démocrates sont donnés favoris par les sondages pour emporter la majorité à la Chambre, tandis que les républicains devraient conserver le contrôle du Sénat. Mais l’incertitude est réelle. Et les enquêtes sont trop serrées dans une vingtaine de circonscriptions pour pouvoir prédire le vainqueur, mettent en garde les sondeurs, échaudés par la « surprise » Trump en 2016.

 

(KEYSTONE-ATS / EPA / PHOTO : CJ GUNTHER)

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Trêve conclue en Syrie avec la Turquie

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Le vice-président américain Mike Pence s'est longuement entretenu avec le président turc Recep Tayyip Erdogan. (©KEYSTONE/AP Pool Presidential Press Service)

La Turquie a accepté jeudi de suspendre son offensive dans le nord-est de la Syrie au terme d’un accord arraché à Ankara par le vice-président américain Mike Pence. Ankara est d’accord d’y mettre fin définitivement si les forces kurdes s’en retirent sous cinq jours.

Pour permettre un retrait des forces kurdes « sous 120 heures, toutes les opérations militaires dans le cadre de l’opération ‘source de paix’ vont être suspendues et l’opération sera complètement arrêtée une fois ce retrait achevé », a déclaré M. Pence à l’issue de plus de quatre heures d’entretiens avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Les forces kurdes se sont déclarées prêtes, par la voix d’un de leurs commandants, à respecter « le cessez-le-feu » avec la Turquie. Selon l’accord annoncé par M. Pence, ces forces devront se retirer d’un secteur d’une profondeur de 32 km censé se transformer à terme en « zone de sécurité », en faveur de laquelle la Turquie milite depuis des mois.

« Source de paix »

Baptisée « source de paix », l’offensive turque contre les forces kurdes des YPG dans le nord-ouest de la Syrie, lancée le 9 octobre, a suscité un tollé international en raison du rôle de premier plan joué par les Kurdes dans la lutte contre l’EI. Ankara les qualifie de « terroristes » en raison de leurs liens avec le parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui mène une guérilla sanglante en Turquie depuis 1984.

Le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu a confirmé cet accord. « Nous suspendons l’opération. Nous ne l’arrêtons pas », a-t-il déclaré. « Nous pourrons arrêter l’opération seulement lorsque [les forces kurdes, ndlr] se seront retirées complètement de la région », a-t-il ajouté, refusant toutefois de parler d’un cessez-le-feu.

Le président américain Donald Trump avait paru donner son feu vert à l’offensive turque avant, face au tollé dans les pays occidentaux et au sein de son camp, d’exhorter Ankara à y mettre fin et d’autoriser des sanctions contre la Turquie.

M. Pence a annoncé que ces sanctions seraient levées dès que la Turquie aura mis fin à son offensive.

« Un grand jour »

M. Trump a évoqué un « grand jour » pour la Turquie et pour les Kurdes. « Nous avons un cessez-le-feu de cinq jours », a-t-il déclaré au Texas. « Les Kurdes sont incroyablement heureux de cette solution », a-t-il ajouté, se disant particulièrement satisfait que les négociations aient abouti « aussi vite ».

M. Pence, qui a pour sa part parlé à plusieurs reprises d’un « cessez-le-feu », a affirmé que Washington avait d’ores et déjà commencé à « faciliter le retrait [des forces kurdes, ndlr] de cette zone de près 20 miles [32 km, ndlr] en Syrie au sud de la frontière turque ».

Il n’a pas précisé la longueur prévue de cette zone, qui selon la « déclaration turco-américaine conjointe » sera mise en oeuvre principalement par l’armée turque. M. Erdogan avait déclaré le 13 octobre que cette zone devrait s’étirer, à terme, du fleuve Euphrate à la frontière irakienne, soit une longueur de 480 km.

Selon M. Pence, Ankara s’est aussi engagé à ne pas mener d’opération militaire dans la ville de Kobané,, d’où les YPG avaient délogé l’EI en 2015 à l’issue d’une bataille hautement symbolique.

Inflexibilité

L’offensive turque a fait près de 500 morts, dont une centaine de civils, et provoqué le déplacement de 300’000 personnes depuis son lancement le 9 octobre, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), une ONG proche des rebelles.

L’accord turco-américain survient alors que les combats avaient fait rage dans la journée, en particulier à Ras al-Aïn, ville frontalière dont l’armée turque et ses supplétifs syriens contrôlent désormais près de la moitié, selon l’OSDH.

Une correspondante de l’AFP côté turc du front de Ras al-Aïn a entendu sans discontinuer des frappes aériennes, des tirs d’artillerie et des tirs d’armes automatiques. Les autorités kurdes ont réclamé un « couloir humanitaire » pour évacuer civils et blessés.

Les forces pro-Ankara avaient pris aux miliciens kurdes le 13 octobre une autre ville frontalière, Tal Abyad.

L’opération turque a aussi rebattu les cartes dans le nord de la Syrie. A la faveur d’un accord avec les forces kurdes, le régime de Damas est en effet revenu dans des régions qui lui échappaient depuis des années et Moscou a commencé à remplir le vide laissé par le retrait des forces américaines.

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Un accord sur le Brexit annoncé

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Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont annoncé jeudi à la mi-journée un nouvel accord sur le Brexit. (©KEYSTONE/AP Pool/FRANCISCO SECO)

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le Premier ministre britannique Boris Johnson ont annoncé jeudi à la mi-journée un accord sur le Brexit via leurs comptes Twitter respectifs. Les unionistes nord-irlandais ont déjà rejeté ce compromis.

Le dirigeant conservateur a même fait état sur son fil Twitter d’un « excellent nouvel accord qui reprend le contrôle », faisant référence aux promesses du camp « Leave » lors du référendum de juin 2016 de reprendre le contrôle de ses lois et de sa politique commerciale. Il a appelé les députés britanniques à approuver l’accord lors d’une séance parlementaire exceptionnelle samedi.

« Là où il y a de la volonté, il y a un accord – nous en tenons un! C’est un accord équilibré et juste pour le Royaume-Uni et l’UE. Il démontre notre engagement à trouver des solutions. Je recommande au Conseil européen de l’approuver », a tweeté pour sa part M. Juncker.

Quant au négociateur de l’Union européenne Michel Barnier, il s’est félicité d’un accord « juste et raisonnable ». Selon lui, M. Johnson s’est montré confiant dans sa capacité à obtenir le soutien de son Parlement. Le compromis intervient après plusieurs jours d’intenses tractations, à quelques heures du sommet européen devant sceller le sort du départ du Royaume-Uni de l’UE, prévu dans deux semaines.

Unionistes opposés

De son côté, le parti unioniste nord-irlandais DUP, allié au Parlement britannique des conservateurs de Boris Johnson, a réaffirmé son opposition à l’accord. Une posture qui rend très incertaine son adoption par les députés. D’autant plus que le chef de l’opposition travailliste a appelé les députés à le « rejeter ».

Un communiqué publié plus tôt dans la matinée et faisant état de l’opposition de cette formation au compromis en préparation « reste notre position », a indiqué à l’AFP une source au sein du DUP.

Le texte agréé par les deux parties devrait rapidement être transmis aux dirigeants de l’UE, afin qu’ils puissent l’étudier et éventuellement l’approuver dès ce jeudi après-midi lors de leur sommet à Bruxelles. Si cet accord passe la rampe du Conseil européen, il devra ensuite être ratifié par les parlements britannique et européen.

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Nobel de la paix : un Prix d’encouragement à Abiy Ahmed

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Abiy Ahmed (à gauche) et le président érythréen Isaias Afwerki (à droite) s'étaient rencontrés en juillet 2018 pour la réouverture de l'ambassade érythréenne à Addis Abeba (archives). (©KEYSTONE/EPA/STRINGER)

Le Prix Nobel de la paix a été attribué vendredi à Abiy Ahmed. Le premier ministre éthiopien est l’artisan d’une réconciliation spectaculaire avec l’Erythrée et le père de réformes susceptibles de transformer en profondeur un pays longtemps livré à l’autoritarisme.

Ce prix est un coup de pouce bienvenu pour le dirigeant de 43 ans qui fait face à une inquiétante flambée des violences intercommunautaires dans son pays, où des élections législatives sont censées avoir lieu en mai 2020.

M. Abiy est récompensé « pour ses efforts en vue d’arriver à la paix et en faveur de la coopération internationale, en particulier pour son initiative déterminante visant à résoudre le conflit frontalier avec l’Erythrée voisine », a déclaré la présidente du comité Nobel norvégien, Berit Reiss-Andersen.

Au pas de charge

Depuis son arrivée au pouvoir en avril 2018 après plusieurs années de protestations anti-gouvernementales, Abiy Ahmed a initié un rapprochement au pas de charge avec l’Erythrée. A l’issue d’une rencontre historique le 9 juillet 2018 à Asmara, le président érythréen Issaias Afeworki et lui-même ont mis fin à vingt ans d’état de guerre entre les deux frères ennemis.

Réouverture d’ambassades et de postes-frontières, rétablissement des liaisons aériennes, multiplication des rencontres…: la réconciliation a été menée tambour battant.

Salué comme visionnaire et réformateur, le jeune dirigeant, issu d’une famille pauvre, a ainsi insufflé un certain optimisme dans une région du globe où celui-ci est une denrée rare. « Un vent d’espoir souffle sur la Corne de l’Afrique », estimait le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres en septembre 2018, alors que l’ONU a ont immédiatement félicité vendredi devant la presse à Genève le premier ministre éthiopien.

« Reconnaissance et encouragement »

Mais l’enthousiasme a vite fait place à la frustration. La frontière entre les deux pays est à nouveau fermée, la signature d’accords commerciaux se fait attendre et l’Ethiopie, pays enclavé, n’a toujours pas accès aux ports érythréens.

Le chemin à parcourir avant une paix ferme et définitive est encore long, estiment les analystes. « Le comité Nobel norvégien espère que le prix Nobel de la paix renforcera le Premier ministre Abiy dans son travail important pour la paix et la réconciliation » », a dit Mme Reiss-Andersen.

« C’est à la fois une reconnaissance et un encouragement de ses efforts », a-t-elle souligné. « Nous sommes conscients que beaucoup de travail demeure ».

« Ce prix reconnaît le travail crucial du gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed pour commencer des réformes pour les droits humains en Ethiopie après des décennies de répression à grande échelle », a de son côté commenté l’ONG Amnesty International.

« Cependant, le travail d’Abiy Ahmed est loin d’être fini ». Ce Prix Nobel doit l’encourager à entreprendre « plus de réformes pour les droits humains », a-t-elle ajouté.

Obstacles intérieurs

Sur le plan intérieur, M. Abiy a rompu avec l’autoritarisme de ses prédécesseurs, libéré des milliers de prisonniers politiques, créé une commission de réconciliation nationale et levé l’interdiction pesant sur certains partis politiques.

Mais ses efforts se heurtent là aussi à des obstacles. Beaucoup doutent de sa capacité à tenir sa promesse d’organiser des élections « libres », « justes » et « démocratiques » en mai 2020 en raison des violences intercommunautaires qui déchirent le pays et compliquent un recensement, toujours hypothétique.

Ces violences sont le plus souvent motivées par des différends politiques ou fonciers. Certains groupes ethniques comme les Sidama revendiquent de pouvoir former leur propre région au sein d’un Etat fédéral qui en compte aujourd’hui neuf. L’insécurité a déplacé plus de deux millions de personnes en 2018 au plus fort de la crise.

L’agenda réformateur du Premier ministre lui a attiré de solides inimitiés au sein de la vieille garde de l’ancien régime, dont il est pourtant un pur produit. M. Abiy a déjà été victime d’au moins une tentative d’assassinat depuis son arrivée au pouvoir.

L’Ethiopie languit toujours à la 128e place dans l’indice de démocratie 2018 de The Economist.

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Les Kurdes luttent contre l’attaque turque

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Des civils fuient les attaques turques à Ras al-Aïn. (©KEYSTONE/AP)

L’offensive d’Ankara contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie a provoqué jeudi la fuite de milliers de civils face à l’avancée des forces turques. Elle suscite aussi un tollé international.

Donald Trump a évoqué dans ce contexte la possibilité d’une médiation américaine dans le conflit entre la Turquie et les Kurdes.

« Nous avons un des trois choix suivants: envoyer des milliers de soldats pour gagner militairement, frapper la Turquie très dur financièrement et avec des sanctions, et jouer les médiateurs en vue d’un accord entre la Turquie et les Kurdes », a écrit le locataire de la Maison Blanche dans un tweet.

Accusé d’avoir trahi ses alliés kurdes en ordonnant le retrait de soldats américains de certaines zones frontalières en Syrie, Donald Trump avait auparavant a espéré que son homologue turc agirait de manière « rationnelle » et « humaine » en Syrie.

A New York, à l’issue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, les cinq pays européens y siégeant – Paris, Berlin, Bruxelles, Londres, Varsovie – ont eux exigé l’arrêt de l' »action militaire unilatérale » de la Turquie. De son côté, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a exprimé sa « profonde inquiétude ».

« Désastre humanitaire imminent »

Depuis mercredi soir, Ankara a lancé la phase terrestre de son offensive, concentrant ses attaques dans les secteurs frontaliers de Ras al-Aïn et de Tal Abyad, contrôlés par les forces kurdes. Les forces turques ont conquis 11 villages près de ces deux villes, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui rapporte aussi des raids aériens turcs.

Au moins 29 combattants des forces kurdes et 10 civils ont été tués par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie de l’armée turque depuis mercredi, selon l’OSDH. La Turquie affirme de son côté qu’au moins six civils ont été tués et des dizaines blessés par des projectiles tirés sur des villes frontalières turques par les Kurdes qu’elle a attaqués.

L’opération a déjà provoqué la fuite depuis mercredi de plus de 60’000 personnes, d’après l’OSDH. L’ONG Save The Children a mis en garde contre « un désastre humanitaire imminent ».

A Genève, le Haut-Commissariat pour les réfugiés a appelé à un accès humanitaire sans entraves auprès des déplacés. Il demande encore aux parties au conflit d’honorer le droit international humanitaire. De son côté, la Commission d’enquête internationale sur la Syrie s’est dite « gravement préoccupée ». Elle appelle à la « retenue ».

« Zone de sécurité »

D’après les médias turcs, la Turquie envisage de prendre le contrôle de la bande entre Ras al-Aïn et Tal Abyad, longue de 120 kilomètres et profonde d’une trentaine de kilomètres, et d’ainsi éloigner de la frontière la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Partenaires des Occidentaux dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI), les YPG sont considérées comme une organisation « terroriste » par Ankara pour leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Erdogan menace l’Europe

Pour Ankara, l’offensive doit permettre la création d’une « zone de sécurité » où pourront être installés une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant sur son territoire. Face aux critiques européennes, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé d’ouvrir les portes du continent à des millions de réfugiés.

L’offensive est la troisième de la Turquie en Syrie depuis 2016. Sans aviation, il semble difficile pour les FDS de résister à l’armée turque. « La vraie interrogation, c’est jusqu’où peut aller la progression de la Turquie avant son arrêt par des acteurs régionaux ou internationaux », estime Nicholas Heras, analyste au centre de réflexion Center for New American Security.

Prisonniers djihadistes

La Norvège, pays allié de la Turquie au sein de l’Otan, a annoncé la suspension de toute nouvelle exportation d’armements vers Ankara.

L’offensive a été condamnée par plusieurs pays occidentaux, qui craignent l’incertitude quant au sort des milliers de djihadistes prisonniers des FDS. Selon l’administration semi-autonome kurde, des bombardements turcs ont touché mercredi une prison abritant des djihadistes étrangers.

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Double Prix Nobel de littérature

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Le prix Nobel de littérature a été attribué à la Polonaise Olga Tokarczuk (en photo) pour l'édition 2018, reportée d'un an après un scandale d'agression sexuelle, et à l'Autrichien Peter Handke pour 2019 (archives). (©KEYSTONE/EPA/GUILLAUME HORCAJUELO)

Le prix Nobel de littérature a été attribué à la Polonaise Olga Tokarczuk pour l’édition 2018, reportée d’un an après un scandale d’agression sexuelle, et à l’Autrichien Peter Handke pour 2019, a annoncé jeudi l’Académie suédoise.

Olga Tokarczuk est récompensée pour « une imagination narrative qui, avec une passion encyclopédique, symbolise le dépassement des frontières comme forme de vie », a déclaré le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise, Mats Malm.

Peter Handke est dinstingué pour une oeuvre qui « forte d’ingénuité linguistique, a exploré la périphérie et la singularité de l’expérience humaine », a-t-il ajouté.

Auteur d’une douzaine d’ouvrages, Olga Tokarczuk, 57 ans, est considérée comme la plus douée des romanciers de sa génération en Pologne.

Son oeuvre, extrêmement variée et traduite dans plus de 25 langues, va d’un conte philosophique « Les Enfants verts » (2016), à un roman policier écologiste engagé et métaphysique « Sur les ossements des morts » (2010), et à un roman historique de 900 pages « Les livres de Jakob (2014) ».

Engagée politiquement à gauche, écologiste et végétarienne, l’écrivaine, la tête toujours couverte de dreadlocks, n’hésite pas à critiquer la politique de l’actuel gouvernement conservateur nationaliste de Droit et Justice (PiS).

Peter Handke, 76 ans, qui a publié plus de 80 ouvrages, est un des auteurs de langue allemande les plus lus et les plus joués dans le monde.

Il publie son premier roman, « Les frelons », en 1966, avant d’accéder à la notoriété avec « L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty », en 1970, puis « Le malheur indifférent » (1972), bouleversant requiem dédié à sa mère.

Le Nobel de littérature ? « Il faudrait enfin le supprimer. C’est une fausse canonisation » qui « n’apporte rien au lecteur », a-t-il un jour déclaré.

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