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Tunisie: deux candidats anti-système en tête de la Présidentielle

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L'optimisme était de mise chez les partisans de l'homme d'affaires Nabil Karoui. (©KEYSTONE/AP/HASSENE DRIDI)

Deux candidats "anti-système", dont un en prison, ont revendiqué dimanche soir leur qualification au 2e tour de la présidentielle en Tunisie. Le scrutin, riche en suspense, a été marqué par une faible participation.

Selon les instituts de sondage privés tunisiens Sigma Conseil et Emrhod, l'universitaire indépendant Kais Saied est arrivé en tête avec environ 19% des voix devant le publicitaire en prison Nabil Karoui, crédité de quelque 15% des suffrages.

Mais le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, dont le candidat Abdelfattah Mourou est donné troisième par ces sondages (avec 11 à 12,5% des voix), a souligné que "seule l'Instance des élections donne les résultats". "Nos propres résultats diffèrent, mais nous allons attendre d'en être sûrs", a déclaré à la presse le député d'Ennahdha Samir Dilou.

Les résultats officiels seront annoncés mardi au plus tard par l'Instance chargée des élections (Isie).

S'ils se confirment, ces résultats sont un véritable coup de tonnerre qui balaye la classe politique tunisienne au pouvoir depuis la révolution de 2011, et ouvrent une période de grande incertitude dans le pays pionnier du printemps arabe.

Scènes de liesse

Des scènes de liesse se sont déroulées peu après la fermeture des bureaux de vote devant le quartier général de M. Karoui. Sa femme, Salwa Smaoui, a lu une lettre de son époux incarcéré ,saluant "un jour exceptionnel pour la démocratie et pour l'histoire du pays".

"Nous espérons qu'il sera libéré demain et qu'il pourra mener campagne de façon équitable", a ajouté Mme Smaoui.

M. Karoui, 56 ans, est derrière les barreaux depuis le 23 août, sous le coup d'une enquête pour blanchiment et fraude fiscale. Si sa qualification au 2e tour se confirme, il s'agira d'une situation sans précédent dans le monde.

Fondateur de la chaîne privée Nessma, il s'est construit une forte popularité en organisant des opérations caritatives dans les régions défavorisées du pays.

"Robocop"

De son côté, l'universitaire indépendant Kais Saied, 61 ans, surnommé "Robocop" en raison de sa diction rigide et de son visage impassible, a assuré être "le premier du premier tour".

"Si je suis élu président j'appliquerai mon programme", a-t-il déclaré à l'AFP, dans un petit appartement délabré du centre de Tunis, entouré d'une quinzaine de personnes ayant participé à sa campagne.

M. Saied, connu des Tunisiens pour avoir commenté la scène politique sur les plateaux de télévision depuis la révolution de 2011, n'a aucun parti pour le soutenir et n'avait jamais disputé de campagne électorale.

Selon les sondages, le Premier ministre Youssef Chahed réunirait entre 7 et 8,7 % des voix.

Désaffection des jeunes

Sept millions de Tunisiens étaient appelés aux urnes pour le premier tour de ce scrutin, la deuxième élection présidentielle libre depuis la révolution de 2011. La participation a été de 45,02%, a indiqué l'Isie, qui a qualifié ce taux d'"acceptable". En 2014, pour la première élection présidentielle libre en Tunisie, le taux de participation avait atteint 64% au premier tour.

Le scrutin semble avoir été marqué par une désaffection des jeunes, un électorat crucial que le président de l'Isie, Nabil Baffoun, avait exhorté à se rendre aux urnes, dans une déclaration véhémente une heure avant la fin des opérations.

"C'est le signe d'une désaffection très profonde, le ras-le-bol d'une classe politique qui n'a pas répondu aux attentes économiques et sociales", a déclaré à l'AFP le politologue Hamza Meddeb. "Le dégoût de la classe politique semble se traduire par un vote pour des outsiders", a-t-il ajouté, qualifiant M. Karoui comme M. Saied d'"anti-système".

Election dans le calme

Après une campagne marquée par un regain apparent d'intérêt dans l'unique pays rescapé des printemps arabes de 2011, les électeurs devaient trancher entre 26 candidats.

Le nombre de concurrents, la fragmentation de la scène politique, et un sentiment croissant de rejet des "élites" ont accru l'incertitude entourant le scrutin. Et nombre d'électeurs ont admis auprès de l'AFP ne pas savoir pour qui voter jusqu'au dernier moment.

La tenue de l'élection s'est déroulée dans le calme. Environ 70'000 membres des forces de sécurité étaient mobilisés, et des milliers d'observateurs ont été déployés par les partis et des institutions internationales dans les bureaux de vote.

Les partis vont désormais être placés face au défi de préparer simultanément les législatives du 6 octobre et le second tour de la présidentielle, qui devrait se tenir d'ici le 23 octobre.

Le calendrier a été chamboulé par la mort, le 25 juillet, du chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi, 92 ans, qui a contraint à anticiper un scrutin présidentiel initialement programmé en fin d'année.

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Pluie de roquettes sur Tel-Aviv, frappes d'Israël sur Gaza

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Les tirs croisés de roquettes se poursuivaient dans la nuit de mardi à mercredi entre Israël et le Hamas. (©KEYSTONE/EPA/MOHAMMED SABER).

L'escalade militaire entre le Hamas et Israël se poursuit mercredi matin avec de nouvelles frappes israéliennes sur la bande de Gaza, après une pluie de roquettes lancées par le mouvement islamiste vers plusieurs villes israéliennes, dont la métropole Tel-Aviv.

Après une nuit marquée par des échanges de tirs entre le Hamas et Israël, l'armée israélienne a indiqué avoir achevé mercredi à l'aube une nouvelle et vaste "série de raids, frappant des maisons qui appartenaient à des membres de haut rang de l'organisation terroriste Hamas".

Le mouvement islamiste a indiqué que ces "raids successifs" avaient abouti à la destruction du quartier général de la police, sans préciser s'il y avait eu des victimes.

Ces nouvelles frappes, les plus importantes depuis la guerre de 2014 dans l'enclave selon l'armée, font suite aux centaines de roquettes tirées dans la nuit depuis l'enclave palestinienne vers le sol israélien.

Après une première volée de roquettes en direction de Tel-Aviv mardi soir, le Hamas a indiqué dans la nuit lancer plus de 220 nouveaux missiles vers Tel-Aviv et Beersheva (sud), où les sirènes d'alarme ont retenti. Le Jihad islamique, deuxième groupe armé palestinien de Gaza dont au moins deux commandants ont péri dans des raids israéliens, a annoncé avoir mené tôt mercredi une "frappe puissante contre l'ennemi, avec 100 missiles tirés".

Plus de 40 morts

La communauté internationale a appelé au calme face à cette flambée de violence, la pire depuis des années entre le Hamas et l'Etat hébreu, déclenchée à la suite de heurts à Jérusalem-Est occupée.

Côté palestinien, les attaques israéliennes menées avec des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 35 morts parmi lesquels 12 enfants et au moins 230 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique ont par ailleurs péri dans ces frappes, ont confirmé ces groupes.

En Israël, ce sont cinq personnes qui ont été tuées au total dans les tirs de roquettes et des dizaines d'autres ont été blessées, selon la police et les services de secours.

Plus grandes frappes depuis 2014

Le Hamas a d'abord tiré mardi soir un barrage de roquettes vers Tel-Aviv, après la destruction complète d'un immeuble d'une douzaine d'étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du mouvement avaient leurs bureaux.

Faisant état de la destruction d'un autre immeuble, comportant les locaux d'une télévision locale, des logements et des commerces sur neuf étages, le Hamas a annoncé une nouvelle salve de roquettes.

L'armée a confirmé avoir ciblé un bâtiment dans le centre de Gaza, indiquant qu'il était utilisé par le Hamas pour ses activités de renseignement militaire.

"En réponse à des centaines de roquettes tirées ces dernières 24 heures, l'armée a frappé un certain nombre de cibles terroristes et combattants terroristes à travers la bande de Gaza", a indiqué l'armée, précisant qu'il s'agissait des plus grandes frappes depuis la guerre de 2014 dans l'enclave.

Vers une "guerre à grande échelle"

Israël et le Hamas se dirigent vers une "guerre à grande échelle", a prévenu mardi l'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland, alors que l'escalade des violences ne laisse présager, pour l'instant, aucun signe d'apaisement.

"Il y a encore beaucoup de cibles dans le viseur, ce n'est que le début", a affirmé le ministre de la Défense Benny Gantz, ancien chef de l'armée lors de la dernière guerre de Gaza en 2014, tandis que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que le Hamas "allait se prendre une raclée à laquelle il ne s'attend pas".

Dans une intervention télévisée, le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh s'est lui dit "prêt" à en découdre. "Si (Israël) veut une escalade, la résistance est prête et si (Israël) veut arrêter nous sommes prêts aussi", a-t-il déclaré, en appelant les forces de l'ordre israéliennes à se retirer de l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, troisième lieu saint de l'islam mais théâtre ces derniers jours de heurts entre policiers israéliens et manifestants palestiniens ayant fait plus de 700 blessés.

Trêve ?

La police a arrêté 21 suspects lors des violentes manifestations à Jisr A-Zarqa et Wadi Ara (nord). A Lod, qui jouxte l'aéroport international Ben Gourion où les vols ont été temporairement suspendus, un état d'urgence a été décrété après des "émeutes" de la minorité arabe, d'après la police.

Face aux violences, le Conseil de sécurité de l'ONU tiendra mercredi une nouvelle réunion à huis clos en urgence, la deuxième en trois jours, d'après des sources diplomatiques. La première réunion lundi s'était soldée sans aucune déclaration commune en raison de réticences des Etats-Unis à adopter un texte "à ce stade".

Des sources diplomatiques avaient affirmé lundi à l'AFP que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties "concernées" afin d'obtenir une désescalade. Mais Le Caire a affirmé mardi avoir tenté en vain jusqu'à présent de discuter avec Israël pour apaiser les tensions.

Interrogé sur cette médiation, le porte-parole de l'armée israélienne, Jonathan Conricus a rétorqué mardi: "Je ne crois pas que mes commandants soient au courant ou particulièrement intéressés".

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Nordahl Lelandais condamné à 20 ans de réclusion

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Nordahl Lelandais a été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'Arthur Noyer. (©KEYSTONE/EPA/SEBASTIEN NOGIER - Image d'illustration).

Nordahl Lelandais a été condamné mardi à Chambéry à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre d'Arthur Noyer en 2017 après sept jours d'un procès apaisé malgré sa forte médiatisation.

Lors de l'énoncé du verdict par le président de la cour d'assises, peu avant minuit, Nordahl Lelandais est resté debout, impassible et les mains jointes. Il a échangé avec ses avocats, puis s'est assis dans le box, comme sonné. Sa mère, présente dans la salle, a pu ensuite discuter avec lui.

La cour d'assises de la Savoie n'a que partiellement suivi les réquisitions du ministère public, qui avait demandé le maximum encouru, soit 30 ans de réclusion criminelle. Elle a revanche assorti cette peine d'une période de sûreté des deux tiers, comme réclamé par la procureure générale.

"Nous sommes globalement satisfaits du jugement", a brièvement déclaré Didier Noyer, le père de la victime, à la sortie de l'audience. "On voulait que la société, que le système reconnaisse que c'est un meurtre, que notre fils a été victime. C'est fait."

"Il n'y a pas de victoire, il n'y a pas de défaite," a déclaré peu après Alain Jakubowicz, l'avocat de Nordahl Lelandais, pour ses premiers mots à la presse depuis le début du procès. S'il reconnaît "une certaine frustration de ne pas avoir été suivi" dans sa plaidoirie, il a annoncé qu'il ne ferait pas appel. "Je crois qu'objectivement, ce fut un beau moment de justice."

Ombre de Maëlys

Pendant les débats aura plané l'ombre de Maëlys De Araujo, 8 ans, tuée, selon lui involontairement, par ce même Nordahl Lelandais quelques mois seulement après la disparition d'Arthur Noyer. Nordahl Lelandais devra passer par un deuxième procès d'assises, en 2022 à Grenoble, pour cette affaire qui avait ému au-delà des Alpes.

A Chambéry, le verdict de mardi met un terme au moins provisoire à une histoire commencée dans la nuit du 11 au 12 avril 2017: Arthur Noyer, chasseur alpin de 23 ans, disparaissait du centre-ville de Chambéry.

Nordahl Lelandais n'avait été mis en cause qu'en décembre de la même année, alors qu'il était déjà en détention provisoire pour l'affaire Maëlys.

Après trois ans d'enquête et sept longues journées d'audiences, la justice a jugé Nordahl Lelandais coupable du meurtre du militaire. L'accusé s'était depuis le début du procès évertué à défendre sa position: celle d'une bagarre qui a mal tourné, d'une rixe mortelle lors de laquelle il n'avait pas l'intention de tuer.

Le "mythe" du tueur en série

Assurant qu'aucune preuve ne caractérisait l'intention homicide, sa défense, incarnée par Alain Jakubowicz, avait plaidé les violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un crime puni de quinze ans de réclusion criminelle.

"Il n'avait aucune raison de tuer Arthur Noyer", avait-il avancé. "Rien dans sa vie, le 11 avril 2017, ne le prédestine à ça", avait noté l'avocat, en rappelant que son client n'avait été condamné qu'une seule fois, en 2008, pour un incendie volontaire.

"A la question : 'Nordahl Lelandais a-t-il volontairement donné la mort à Arthur Noyer ?', vous répondrez non", avait tonné Me Alain Jakubowicz, à la fin de près de deux heures de plaidoirie. "Jugez fermement, mais jugez justement", avait-t-il exhorté le jury.

Il leur a demandé de se défaire de la "pollution" du "mythe" d'un tueur en série, du monstre, relevant qu'il est "tellement commode (...) de croire que Nordahl Lelandais n'est pas comme nous."

Juger, "ça signifie oublier tout ce que vous avez lu, vu, entendu sur Nordahl Lelandais depuis plus de trois ans, dans le respect des principes fondamentaux du droit", avait abondé mardi matin la procureure générale Thérèse Brunisso dans son réquisitoire.

"Je considère que la gravité du meurtre commis par Nordahl Lelandais, ses actions périphériques, ses éléments de personnalité très défavorables justifient une peine de trente ans de réclusion," avait-elle toutefois lancé.

Intention homicide

Pour le ministère public, pas de doute, l'intention homicide était présente cette nuit-là chez Nordahl Lelandais, même si, sans scène de crime ni corps de la victime, l'enquête n'a pas pu apporter d'éléments irréfutables.

Mais, "la violence extrême" des coups portés à Arthur Noyer - une scène qui a fait l'objet d'une reconstitution lors de l'enquête - "signe l'intention de tuer" de Nordahl Lelandais, avait souligné la magistrate.

"J'ai cherché et recherché quel pouvait être le mobile du meurtre (...). Le seul qui peut être envisagé est celui d'avoir une relation sexuelle avec Arthur Noyer", avait conclu l'avocate générale. Pour elle, l'accusé, qui avait depuis quelques mois des relations homosexuelles, cherchait activement un partenaire ce soir-là.

"So what?" Et alors?, a demandé à la cour Alain Jakubowicz, qui dit ne pas croire à cette thèse. "Ca montre qu'il a envie d'avoir une relation sexuelle. Ca ne montre pas qu'il veut tuer".

En matinée, l'avocat de la famille Noyer Bernard Boulloud avait dénoncé un accusé "se terrant dans ses mensonges". "Il ne dira jamais, au grand jamais, la vérité sur les circonstances de la mort d'Arthur Noyer, juste pour sauver sa peau, juste par lâcheté", avait affirmé Me Boulloud, devant un large portrait de la victime posé aux côtés de ses parents, face au box depuis le début du procès.

"Sincères excuses"

"Je présente mes plus sincères excuses, à vous la famille Noyer, à vous la famille Maltet (la mère) et à vous, Arthur", avait déclaré l'accusé regardant en direction des proches de la victime à l'issue des débats de mardi, juste avant que le jury ne parte délibérer vers 16h30.

"Le pardon n'est pas une formule magique pour moi. Il est vraiment nécessaire", a-t-il poursuivi, répétant qu'il n'avait "jamais voulu donner la mort" au chasseur alpin de 23 ans.

Le procès a connu ses moments d'émotion, notamment quand, à son troisième jour, Didier Noyer, le père de la victime, était allé à la rencontre de la famille de Nordahl Lelandais, enlaçant la mère de l'homme qui a tué son fils.

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Journée des soins infirmiers: actions dans toute la Suisse

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Le Conseil international des infirmières craint un exode massif du personnel de soins. (©KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI - Image d'archives).

Le personnel en soins infirmiers est en première ligne pour lutter contre le Covid-19. Sous pression, il quitte souvent la profession. La journée internationale des infirmières mercredi est l'occasion de demander une revalorisation du métier, y compris en Suisse.

C'est la deuxième année consécutive que cette Journée internationale se déroule dans le sillage de la pandémie de Covid. Aujourd'hui, le personnel montre des signes d'épuisement, selon le Conseil international des infirmières (CII). La fédération craint que 3 millions d'infirmières ne quittent la profession.

Burnout, dépression, troubles du sommeil: 80% des associations nationales d'infirmières font état de problèmes de santé chez les infirmiers et infirmières. Outre la surcharge de travail, nombre d'employés de ce secteur sont décédés du virus.

Faible reconnaissance

La fédération a recensé 2700 décès prouvés d'infirmières, mais le nombre réel de victimes est probablement beaucoup plus élevé. Or ces travailleurs souffrent déjà d'un stress élevé, d'une faible rémunération et d'une faible reconnaissance en temps normal,

La fédération met en garde contre un exode massif des infirmières de la profession. La Suisse n'échappe pas à cette menace. Même avant la pandémie, près de la moitié des infirmières formées avaient tourné le dos à la profession, souvent avant leur 35e anniversaire, rappelle l'Association suisse des infirmières et infirmiers (ASI).

Aujourd'hui, "il n'y a toujours pas de suivi des conséquences de la pandémie pour les infirmières en Suisse", déclare Sophie Ley, présidente de l'ASI. "Applaudir ne suffit pas!", renchérit le syndicat Unia pour qui "les salaires ne correspondent pas à la responsabilité qu'ils assument".

Marches et actions

Ce mercredi, plusieurs sections de l'ASI organiseront des marches de protestation ou des actions sur les réseaux sociaux pour attirer l'attention du public. Unia mobilisera aussi ses adhérents dans différentes villes pour demander une meilleure protection des travailleurs et de meilleurs salaires.

Mercredi, l'ASI tiendra en outre son congrès qui sera ouvert par un message vidéo du Président de la Confédération Guy Parmelin. La directrice de l'OFSP, Anne Lévy, parlera de l'importance des soins infirmiers pendant la pandémie.

Occasion ratée

Sur le plan suisse, l'ASI regrette que le Parlement n'ait pas saisi l'opportunité du contre-projet à l'initiative sur les soins infirmiers pour améliorer les conditions de travail du personnel en soins infirmiers. "Il ne suffit pas de former plus d'infirmières, quand elles quittent la profession après quelques années, selon Sophie Ley.

Le contre-projet indirect a été adopté à la dernière session de mars. Il prévoit l'extension des compétences des infirmiers et veut encourager la formation.

L'initiative populaire veut elle revaloriser le métier. Elle réclame des conditions plus attrayantes et des salaires appropriés surtout lors de la formation. Le texte a été rejeté tant par le Conseil fédéral que le Parlement.

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Escalade meurtrière entre le Hamas et Israël sur fond de heurts

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Le mouvement islamiste Hamas et Israël ont échangé des centaines de tirs dans la nuit de lundi à mardi, tuant plus de 20 Palestiniens à Gaza. En photo, une attaque de la veille, des missiles tirés depuis Gaza sur Israël. (© KEYSTONE/AP/Khalil Hamra)

Le mouvement islamiste Hamas et Israël ont échangé des centaines de tirs dans la nuit de lundi à mardi, tuant plus de 20 Palestiniens à Gaza, dans la pire escalade depuis des années déclenchée par des violences à Jérusalem-Est occupée.

Les autorités du Hamas, mouvement islamiste au pouvoir dans l'enclave palestinienne, ont fait état de 22 morts, dont neuf enfants, dans les frappes israéliennes menées en riposte à des salves de roquettes tirées depuis l'enclave palestinienne, en plus de 106 blessés.

"Nous sommes dans la phase initiale de notre riposte contre des cibles militaires à Gaza", a prévenu mardi matin le porte-parole de l'armée Jonathan Conricus, faisant état de la mort de 15 membres du Hamas et du Jihad islamique, un autre groupe armé.

L'armée israélienne a frappé 130 cibles militaires, appartenant pour la plupart au Hamas, a précisé M. Conricus.

Sirènes à Jérusalem

Les salves de roquettes tirées depuis la bande de Gaza constituent "une agression grave à l'encontre d'Israël, à laquelle nous ne pouvons pas ne pas répliquer", a-t-il estimé.

Le Hamas avait menacé lundi après-midi l'Etat hébreu d'une nouvelle escalade militaire si ses forces ne se retiraient pas de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, où des heurts quotidiens opposant des Palestiniens à la police israélienne ont fait des centaines de blessés depuis vendredi.

Fait rare, les sirènes d'alarme des autorités israéliennes ont retenti lundi à Jérusalem même.

Des dégâts matériels ont été constatés dans deux localités touchées par des roquettes à une quinzaine de km de Jérusalem. Les secouristes israéliens ont fait état d'une trentaine de blessés, pour la plupart à Ashkelon, ville israélienne toute proche de la bande de Gaza.

Selon un dernier bilan de l'armée, 200 roquettes ont été tirées de Gaza vers Israël depuis lundi, dont plus de 90% ont été interceptées par le bouclier antimissile "Dôme de fer". De nombreuses autres roquettes sont tombées à l'intérieur de la bande de Gaza.

Alors que d'autres roquettes ont été lancées mardi matin, la branche armée du Hamas a promis de faire de faire d'Ashkelon un "enfer" si les frappes israéliennes faisaient des victimes civiles dans l'enclave.

"A la fin, les Palestiniens gagneront", a affirmé le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, dans un communiqué.

Les frappes israéliennes sur Gaza sont les plus importantes depuis novembre 2019.

"Israël réagira avec force (...), celui qui attaque en paiera le prix fort. Je vous le dis, citoyens d'Israël, le conflit actuel pourrait durer un certain temps", a prévenu tard lundi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, estimant qu'une "ligne rouge" avait été franchie avec les tirs de roquettes en direction de Jérusalem.

Enclave paupérisée de deux millions d'habitants, la bande de Gaza est soumise à un blocus israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007. Depuis, le Hamas et Israël se sont affrontés dans trois guerres (2008, 2012, 2014).

Les nouvelles frappes et salves de roquettes interviennent sur fond de violences à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville illégalement occupé et annexé par Israël selon le droit international.

Tentatives de médiation

Mardi matin, un calme précaire semblait être revenu dans la Vieille ville de Jérusalem et ses abords, ont constaté des journalistes de l'AFP.

La veille, quelque 520 Palestiniens et 32 policiers israéliens ont été blessés dans de nouveaux heurts avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam et site le plus sacré du judaïsme, et dans d'autres lieux de Jérusalem-Est.

Ces accrochages, les plus violents depuis 2017 à Jérusalem-Est, ont coïncidé avec la "Journée de Jérusalem", qui marque selon le calendrier hébraïque la prise de la partie orientale, peuplée de Palestiniens, de la Ville sainte par l'armée israélienne en 1967.

Ils interviennent aussi après des semaines de tensions à Jérusalem.

La situation a suscité de nombreuses réactions à l'étranger, de l'appel de Washington à la "désescalade" à la condamnation d'Israël par des pays arabes.

Lundi soir, des sources diplomatiques ont affirmé à l'AFP que l'ONU, avec l'aide du Qatar et de l'Egypte, avait amorcé une médiation auprès des parties "concernées" afin d'obtenir une désescalade.

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Hausse de 5,38% de la population en 10 ans

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Depuis 2017, le taux de natalité en Chine est en baisse régulière, en dépit de l'assouplissement l'année précédente de la politique de l'enfant unique, autorisant la naissance d'un deuxième enfant. (©KEYSTONE/AP/NG HAN GUAN - Image d'illustration).

La population de la Chine s'élevait l'an dernier à 1,411 milliard d'habitants, a annoncé mardi le pays le plus peuplé du monde. Il présentait les résultats de son recensement décennal.

Par rapport au précédent recensement effectué en 2010, la population de la Chine a progressé de 72 millions d'habitants, soit une hausse de 5,38% en 10 ans, a précisé devant la presse le Bureau national des statistiques (BNS).

La publication des résultats de ce recensement, attendus début avril, a été retardée de plusieurs semaines, alimentant l'idée selon laquelle les chiffres seraient embarrassants pour le régime communiste.

Fin avril, le pouvoir a démenti des informations de presse affirmant que la Chine s'apprêtait à annoncer sa première baisse de la population depuis la grande famine de la fin des années 1950, qui avait causé la mort de dizaines de millions de personnes.

Jusqu'à présent, la Chine prévoyait que la courbe de croissance de sa population atteigne un pic en 2027, lorsque l'Inde la devancerait pour devenir le pays le plus peuplé du monde. La population chinoise commencerait alors à reculer pour atteindre 1,32 milliard d'habitants en 2050.

Natalité en baisse

Le recensement décennal s'est achevé en décembre dernier avec l'aide de 7 millions de volontaires qui ont fait du porte-à-porte dans l'ensemble du pays. Ses résultats sont donc considérés comme plus fiables que les enquêtes démographiques annuelles, fondées sur des estimations.

Depuis 2017, le taux de natalité est en baisse régulière, en dépit de l'assouplissement l'année précédente de la politique de l'enfant unique, autorisant la naissance d'un deuxième enfant. Le taux de natalité est tombé en 2019 à 10,48 pour 1000 habitants, soit son niveau le plus faible depuis la fondation de la Chine communiste en 1949.

Les Chinois restent généralement soumis à une limite de deux enfants par famille et des voix s'élèvent pour supprimer cette barrière afin d'encourager la natalité.

Les raisons de la baisse de la natalité sont multiples: baisse du nombre de mariages, coût du logement et de l'éducation, fertilité plus tardive pour les femmes qui privilégient davantage leur carrière...

Des démographes ont mis le pays en garde contre une évolution à la japonaise ou à la sud-coréenne, avec une baisse de la population et un excès de personnes âgées par rapport aux jeunes et aux actifs. En mars, le Parlement a adopté un projet de relèvement progressif de l'âge de la retraite au cours des cinq prochaines années, au grand dam d'une bonne partie de l'opinion publique.

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