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L’Italie se dote d’un gouvernement populiste

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L'Italie s'est dotée jeudi soir d'un gouvernement populiste avec la nouvelle désignation de Giuseppe Conte au poste de premier ministre. Le président Sergio Mattarella a cette fois validé la liste de l'équipe gouvernementale âprement négociée par la Ligue et le M5S.

Les dirigeants du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), Luigi Di Maio, et de la Ligue (extrême droite), Matteo Salvini, deviennent vice-premiers ministres. Le premier est chargé du développement économique et le second de la politique intérieure, a annoncé dans la soirée Giuseppe Conte.

Le ministère de l'économie et des finances revient à Giovanni Tria, un professeur d'économie politique proche des idées de la Ligue en particulier sur la baisse radicale et la simplification des impôts, mais résolument en faveur du maintien de l'Italie dans l'euro.

Paolo Savona, l'économiste de 81 ans au départ pressenti pour ce poste, mais qui faisait peur à l'Union européenne parce qu'il prône un "plan B" contre l'euro, est quant à lui ministre des affaires européennes.

Trois mois de tractations

Et c'est le très européen Enzo Moavero Milanesi, qui a travaillé pendant 20 ans à Bruxelles et a été ministre des affaires européennes de Mario Monti et d'Enrico Letta (2011-2014), qui est placé aux affaires étrangères.

"Toutes les conditions sont réunies pour un gouvernement politique M5S/Ligue", avaient annoncé Luigi di Maio (M5S) et Matteo Salvini (Ligue) dans un communiqué transmis par le M5S à l'issue d'une après-midi de discussions venue conclure près de trois mois de tractations.

Dans la foulée, Carlo Cottarelli, qui avait été chargé lundi de former un gouvernement d'experts après l'échec de la première tentative de M. Conte, avait remis son mandat au président jeudi soir, ouvrant la voie à la convocation de M. Conte.

Ce dernier, un juriste de 53 ans novice en politique choisi par MM. Di Maio et Salvini il y a deux semaines, avait encore assuré dans la matinée son cours de droit privé à Florence. Déjà nommé il y a huit jours, il avait jeté l'éponge dimanche soir après le veto du président à la nomination de M. Savona.

Selon des sources à la présidence, la prestation de serment du nouveau gouvernement pourrait avoir lieu dès vendredi matin. Les médias évoquent un discours de politique générale et un vote de confiance lundi et mardi dans les deux chambres du Parlement.

Les Italiens pour l'euro

"Engagement, cohérence, écoute, travail, patience, bon sens, tête et coeur pour le bien des Italiens. Peut-être qu'on y est enfin, après tant d'obstacles, d'attaques, de menaces et de mensonges", s'est réjoui M. Salvini sur Facebook.

Même si le chef du gouvernement sortant, Paolo Gentiloni, est toujours en place, le temps presse. L'Italie aurait besoin d'un premier ministre pour le défilé militaire de samedi, le jour de la fête nationale, et pour le G7 de La Malbaie la semaine prochaine au Canada.

Alors qu'une extrême incertitude a prévalu toute la journée de jeudi, les marchés financiers ont maintenu leurs gains de mercredi. La Bourse de Milan a terminé à l'équilibre, avec une baisse de 0,06% au lendemain d'une hausse de 2%. Le "spread", l'écart très surveillé entre les taux allemand et italien à dix ans qui avait franchi la barre des 300 points mardi, a continué à baisser pour atteindre 238 points.

Selon deux sondages diffusés mercredi par les médias, entre 60 et 72% des Italiens souhaitent un maintien dans l'euro. M. Di Maio répète que le M5S ne souhaite pas un abandon par son pays de la monnaie européenne.

La position de la Ligue est toutefois moins claire. M. Salvini n'envisage pas une sortie unilatérale, mais considère l'euro comme un échec et que l'UE devra tôt ou tard y renoncer.

 

(ATS / KEYSTONE - EPA ANSA - FABIO FRUSTACI)

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Etats-Unis - Joe Biden sera officiellement le candidat démocrate

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(AP Photo/Susan Walsh)
Joe Biden a annoncé vendredi disposer de suffisamment de délégués pour sa nomination comme candidat des démocrates afin d'affronter le président républicain Donald Trump lors de l'élection présidentielle de novembre aux Etats-Unis.

"Ce soir, nous sommes assurés des 1991 délégués nécessaires pour remporter la nomination démocrate", a tweeté l'ancien vice-président. "Je vais consacrer chaque jour à me battre pour obtenir vos voix afin que, ensemble, nous puissions gagner la bataille pour l'âme de notre pays".

M. Biden, 77 ans, a franchi le seuil des 1991 délégués lui permettant de s'assurer de sa nomination par son parti alors que se poursuivait le décompte d'une série de primaires démocrates organisées mardi.

Il était d'ores et déjà considéré comme le candidat présumé après le ralliement en avril à sa candidature du champion de la gauche, Bernie Sanders.

Critique de Trump

Le pays connaît actuellement des manifestations massives de protestation après l'homicide le 25 mai de George Floyd, un homme noir non armé, par un policier blanc.

"Il s'agit d'un moment difficile dans l'histoire de l'Amérique. Et la politique colérique et semeuse de discorde de Donald Trump n'est pas une réponse", a-t-il écrit sur la plateforme Medium après l'annonce du franchissement du seuil décisif du nombre de délégués. "Le pays réclame du leadership à cor et à cri. Un leadership capable de nous réunir. Un leadership qui puisse nous rassembler".

La réaction de M. Biden aux manifestations contraste avec celle de M. Trump qui a menacé de déployer l'armée. M. Biden a multiplié les déclarations, dénonçant à plusieurs reprises le "racisme institutionnel" et promettant de s'y attaquer dès ses 100 premiers jours de pouvoir s'il battait le président républicain Trump sortant le 3 novembre.

Lors d'une rencontre avec des responsables religieux et politiques noirs organisée dimanche dernier, sa première participation à une rencontre publique depuis la mi-mars lorsque la pandémie de coronavirus a soudainement paralysé la campagne présidentielle, M. Biden avait dénoncé la présidence de M. Trump et les problèmes de racisme et d'inégalités qui rongent les Etats-Unis."Le pansement a été arraché par cette pandémie et ce président", avait-il dit.

Plusieurs participants à la rencontre l'ont exhorté à choisir une colistière qui deviendrait la première vice-présidente noire s'il gagnait en novembre. Il leur a répété que "plusieurs candidates afro-américaines" figuraient dans sa liste.

Populaire

Vice-président pendant huit ans de Barack Obama, Joe Biden est très populaire chez les Noirs américains, un électorat clé pour tout démocrate espérant remporter la présidentielle américaine.

Mais il n'échappe pas pour autant aux critiques pour ses positions passées ou des commentaires qui ont provoqué l'indignation. Comme lorsqu'il avait déclaré, en mai, à un animateur de radio qu'il n'était "pas noir" s'il songeait à voter pour Donald Trump. Joe Biden s'était rapidement excusé.

La course à l'investiture démocrate s'était mal engagée pour M. Biden face à M. Sanders mais il avait repris l'avantage fin février à la faveur d'une primaire en Caroline du Sud. Une moyenne des sondages nationaux établie par le site RealClearPolitics attribue actuellement à M. Biden une avance de 7,1 points sur M. Trump pour l'élection.

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Le président Bolsonaro menace de retirer le Brésil de l'OMS

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EPA/Joédson Alves
Le président brésilien Jair Bolsonaro a menacé vendredi de retirer son pays de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour protester contre son "parti pris idéologique". Le coronavirus n'a cependant laissé aucun répit au pays, faisant 1005 morts de plus en un jour.

"Je vous le dis ici, les Etats-Unis sont partis de l'OMS, nous y songeons, à l'avenir [...] soit l'OMS travaille sans parti pris idéologique, soit nous la quittons aussi. Nous n'avons pas besoin de gens de l'extérieur pour donner leur sentiment sur la santé ici", a-t-il déclaré à la presse à Brasilia.

Tout au long de la crise liée au nouveau coronavirus, le président brésilien a imité son homologue américain Donald Trump en minimisant la gravité de la maladie, en exhortant à maintenir une activité normale et en vantant l'efficacité d'un traitement qui divise les scientifiques, l'hydroxychloroquine.

"Bombe à retardement"

Le Brésil est depuis jeudi le troisième pays avec le plus de morts, avec plus de 35'000 décès répertoriés. Dans son dernier bilan publié vendredi soir, le ministère brésilien de la santé a cessé de donner le nombre total de morts, pour ne révéler que celui des dernières 24 heures (1005).

Le pays a recensé plus de 645'000 cas de Covid-19, un nombre que bien des spécialistes considèrent comme largement sous-évalué, faute de tests en nombre suffisant.

La situation brésilienne est décrite comme une "bombe à retardement" par un médecin infectiologue au Paraguay. Ce pays frontalier du Brésil a réaffirmé vendredi son refus de rouvrir sa frontière avec un Etat, où "la situation est assez chaotique", selon son directeur de la veille sanitaire.

Crise "largement surmontée"

Plus au nord, le président américain a assuré que les Etats-Unis avaient "largement surmonté" la crise, en se basant sur les bons chiffres de l'emploi. Commentant les chiffres du chômage en mai (13,3%), il a vanté la "force" de l'économie américaine. "Cette force nous a permis de surmonter cette horrible pandémie, nous l'avons largement surmontée", a-t-il lancé.

Le nouveau coronavirus a cependant encore fait 922 décès supplémentaires en 24 heures aux Etats-Unis, portant à plus de 109'000 le total des morts dans le pays. Plus de 1'894'000 cas de Covid-19 y ont été enregistrés, d'après l'université Johns-Hopkins.

En valeur absolue, le pays est de loin le plus touché par la pandémie, tant en nombre de décès que de cas diagnostiqués. Mais rapporté à la population, plusieurs Etats européens, dont la France, l'Italie ou l'Espagne, comptent plus de morts par habitant.

S'ils ont déploré jusqu'à plus de 3000 morts en une journée à la mi-avril, les Etats-Unis enregistrent actuellement encore autour de 1000 morts et 20'000 nouveaux cas chaque jour.

Tournages autorisés

Selon une moyenne de neuf modèles épidémiologiques réalisée par des chercheurs de l'université du Massachusetts, le nombre de décès du Covid-19 devrait avoisiner les 127'000 morts dans le pays d'ici au 27 juin.

Même si la pandémie ralentit dans le pays depuis le pic atteint à la mi-avril, les professionnels de santé s'inquiètent, avec les manifestations actuelles contre la brutalité policière et le racisme, d'une résurgence dans les semaines à venir.

Écartant ces inquiétudes, les autorités de Californie ont autorisé la reprise des tournages de cinéma et de télévision à partir du 12 juin. Des mesures sanitaires strictes devront toutefois être mises en place, ont annoncé les services du gouverneur.

Rien ne dit toutefois que les grands studios d'Hollywood pourront relancer les productions dès la semaine prochaine, car Los Angeles et sa région sont l'un des principaux foyers de Covid-19 dans l'Etat, avec environ la moitié des cas et décès recensés. À ce jour, plus de 125'000 cas et 4500 décès ont été confirmés en Californie.

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Mort de George Floyd requalifiée en "meurtre", 4 policiers inculpés

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Le mouvement de protestation historique aux Etats-Unis continue à travers tout le pays, comme ici à Los Angeles le mercredi 3 juin 2020. Des centaines de milliers de personnes descendent encore dans les rues jours après jours pour dénoncer le racisme et les brutalités policières. (AP Photo/Marcio Jose Sanchez)
Le procureur enquêtant sur la mort de George Floyd à Minneapolis a requalifié les faits en homicide volontaire. Il a inculpé de "meurtre non prémédité" le policier qui a asphyxié le Noir américain et de complicité les trois autres agents présents.

L'agent Derek Chauvin, renvoyé de la police comme ses trois collègues, encourt donc une peine maximale de 40 années de réclusion pour ce chef d'accusation, selon l'acte d'inculpation enregistré au tribunal. La famille de la victime, décédée le 25 mai, s'est félicitée de l'aggravation de ces poursuites, dans un communiqué transmis par son avocat, Ben Crump.

"C'est un pas important sur la voie de la justice", a-t-elle commenté, neuf jours après la bavure enregistrée sur une vidéo qui a choqué la société américaine et jusqu'au-delà des frontières du pays. La mort de George Floyd, à l'âge de 46 ans, a généré un mouvement de protestation historique aux Etats-Unis, des centaines de milliers de personnes descendant dans les rues jour après jour pour dénoncer le racisme et les brutalités policières.

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La BCE renforce ses soutiens à l'économie face à la crise

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EPA/BORIS ROESSLER
La Banque centrale européenne (BCE) a comme attendu renforcé jeudi son imposant dispositif de soutien à l'économie en zone euro, minée par la pandémie du coronavirus, tout en maintenant ses taux à leur plus bas historique. L'institut d'émission a laissé inchangé ses taux à leur plus bas niveau.

Le programme d'urgence "PEPP", visant à limiter les effets de la crise sanitaire et doté à la mi-mars de 750 milliards d'euros pour racheter des obligations publiques et privées, a été gonflé de 600 milliards d'euros. Ce bazooka inédit, qui devait prendre fin en décembre, a en outre été prolongé jusqu'en juin 2021.

"L'expansion du PEPP assouplira davantage l'orientation générale de la politique monétaire, soutenant les conditions de financement dans l'économie réelle, en particulier pour les entreprises et les ménages", explique la BCE dans un communiqué.

La BCE a aussi indiqué qu'elle allait réinvestir à leur échéance les titres participant au PEPP et ce "au moins jusqu'à la fin 2022". Elle pourra aussi piloter ce stock d'actifs sur le long terme, comme elle le fait déjà pour son programme "QE" de rachats de dette mis en place en mars 2015.

Ce programme, qui était la principale arme anti-crise de l'institut jusqu'à la pandémie, a lui été confirmé à raison de 20 milliards d'euros par mois, auxquels s'ajoutent 120 milliards d'euros supplémentaires prévus en 2020.

Comme attendu, le principal taux d'intérêt a été maintenu à zéro, tandis que les banques se verront appliquer un prélèvement de 0,50% sur une fraction des dépôts qu'elles confient à la banque centrale au lieu de les prêter à leurs clients.

La BCE dévoilera un nouveau jeu de prévisions macroéconomiques courant jusqu'en 2022 lors d'une conférence de presse virtuelle attendue à 12H30 GMT.

La présidente de l'institution, Christine Lagarde, a déjà tablé sur un recul du produit intérieur brut de la zone euro compris entre 8 et 12% cette année, avant une reprise aux contours incertains.

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Le WEF organisera un sommet pour changer la société en janvier 2021

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Klaus Schwab, le fondateur du Forum économique mondial (WEF), annonce un sommet en janvier prochain pour « changer la société après la crise liée au coronavirus ». Archives (KEYSTONE/Gian Ehrenzeller)
Le Forum économique mondial (WEF) annonce un sommet en janvier pour changer la société après la crise liée au coronavirus. La réunion est prévue comme chaque année à Davos (GR) mais aussi en liaison avec des jeunes de 400 villes, a dit mercredi l'organisation.

Le WEF estime que la situation actuelle demande un "système économique et social" qui contribue à un avenir plus équitable, plus durable et "plus résistant". Si dirigeants mondiaux et chefs d'entreprises feront le déplacement de Davos, un dialogue en ligne sera établi entre ces participants et des acteurs de centaines de villes, notamment des jeunes.

Un format "sans précédent" pour cette 51e édition de la réunion annuelle, ajoute le WEF. L'institution affirme encore que davantage d'emplois décents doivent être lancés et la croissance économique ne doit pas diminuer les avancées de la société.

"Nous savons que le changement climatique pourrait être le prochain désastre mondial", explique le fondateur du WEF Klaus Schwab qui appelle à "décarboniser l'économie" rapidement. Lors d'une discussion dans l'après-midi, il a estimé que "la crise nous a montrés que nos vieux systèmes ne sont pas adaptés au 21e siècle".

Face à la montée des tensions et des nationalismes, une augmentation des émeutes sociales n'est pas à exclure. Les efforts de tous les citoyens seront requis pour la nouvelle collaboration internationale que le WEF souhaite, affirme également M. Schwab.

Appel à dialoguer avec tous les citoyens

Ce réaménagement doit mettre les êtres humains et les écosystèmes naturels au centre des activités économiques, a aussi renchéri le prince Charles, qui demande d'oeuvrer sans tarder face à cette "menace mondiale sans précédent". Les investissements doivent favoriser davantage vers les technologies vertes, a encore fait remarquer le membre de la famille royale britannique.

Et d'en appeler au secteur privé dont le rôle sera crucial pour une reprise plus durable. Le Fonds monétaire international (FMI) souhaite lui l'élimination de toute subvention aux énergies non renouvelables mais également que les conditions de la reprise économique soient lancées sans attendre.

De son côté, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres salue dans ce sommet la reconnaissance qu'il faut "se réveiller" après la crise du Covid. Les économies et les sociétés doivent être "plus équitables", "plus durables" et "plus résistantes" aux pandémies, au changement climatique et aux "nombreux autres défis mondiaux", ajoute-t-il.

Selon M. Schwab, la crise a révélé le problème du manque de cohésion sociale, des inégalités et des discriminations. "Nous devons être certains" que les nouvelles technologies mettent les êtres humains "au centre" et garantissent un accès équitable.

Avec le format choisi pour la rencontre de 2021, tous les citoyens pourront dialoguer avec les participants de Davos. La réunion sera "très ouverte", affirme M. Schwab. Plusieurs discussions seront aussi menées en ligne avant le sommet et des centres numériques permettront d'établir ce mécanisme de dialogue.

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