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Le Festival du film de Locarno fait un saut à Lausanne

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Giona Nazzaro, le directeur artistique du festival du film de Locarno, a ouvert un open air d'une semaine à Lausanne mardi soir. (© KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD)

A trois semaines du début du Festival de Locarno, des films sont à voir sur la Piazza Picola à Lausanne. Giona Nazzaro, le directeur artistique du rendez-vous tessinois, a fait le déplacement dans la capitale vaudoise, l'occasion d'évoquer la prochaine édition.

Depuis trois ans, Giona Nazzaro vient à Lausanne lancer un open air sur l'esplanade du quartier des arts, Plateforme 10. Mardi soir, 425 personnes, selon un porte-parole, ont pu voir "The Old Oak", un film du cinéaste britannique Ken Loach.

"Voir ou revoir un film, ce n'est pas le luxe d'une minorité bourgeoise. C'est l'idée que la culture, la rencontre et le dialogue nous permettent d'éviter de faire la guerre", a dit le directeur artistique à Keystone-ATS.

Pas de blockbuster cette année

A Locarno, la menace d'une nouvelle grève à Hollywood, qui avait pesé l'an dernier sur le festival, semble s'éloigner. L'absence de blockbuster cette année sur la Piazza Grande n'a pas de lien, souligne-t-il. "Il sort moins de grands films américains, sur qui repose tout le poids de l'industrie, surtout pendant l'été."

L'échec commercial du dernier film de George Miller "Furiosa" a créé la panique à Hollywood. Le prequel de "A Quiet Place" a ensuite bien marché. Suivi d'un nouvel échec, celui d' "Horizon"de Kevin Costner. La deuxième et la troisième partie vont du reste sortir directement en streaming.

"On partage des enthousiasmes"

L'édition 2024 est la première depuis l'arrivée de Maja Hoffmann à la présidence du festival. "On partage des enthousiasmes", a résumé Giona Nazzaro tout en soulignant qu'elle laisse la même autonomie à la direction artistique qu'auparavant.

"Quand j'ai essayé de convaincre le réalisateur britannique Ben Rivers de venir à Locarno, je l'ai tenue au courant de nos échanges. Elle a été ravie d'apprendre que le cinéaste chinois Wang Bing avait donné son feu vert. Sachant que j'avais envie de faire venir le réalisateur mexicain Alfonso Cuaron, elle lui en a parlé lors d'une rencontre à Londres."

Locarno fait la part belle aux films suisses cette année, avec une quarantaine qui ont été retenus. "Der Spatz im Kamin" ("Le moineau dans la cheminée") du réalisateur bernois de 42 ans Ramon Zürcher concourt en compétition internationale pour un Léopard d'Or, avec seize autres cinéastes.

Quatre films suisses seront projetés sur la Piazza Grande, dont, hors sélection, les premières suisses de deux longs métrages romands dévoilés à Cannes en mai dernier, "Sauvages" de Claude Barras et "Le Procès du chien" de Laetitia Dosch.

Effervescence et résistance

Pour Giona Nazzaro, le cinéma suisse vit un moment d'effervescence particulier : "De nombreux films tournés en Suisse ont l'ambition d'être vus par un public international et y parviennent".

L'an dernier, le Festival de Locarno avait primé un film iranien "Critical Zone" du réalisateur Ali Ahmadzadeh. Autre film iranien découvert sur la Croisette, "Les Graines du figuier sauvage", de Mohammad Rasoulof, sera projeté cette année en plein air : "Dans le cinéma iranien, il y a évidemment une nécessité. Il donne à voir cette force de résistance quand la liberté manque".

Plusieurs premiers films de réalisatrices

Si on revient à la sélection officielle, la moitié des films retenus ont été réalisés par des femmes, dont quatre premières oeuvres, le résultat d'un choix volontariste. "Il y a un déséquilibre structurel, que l'industrie du cinéma et de l'audiovisuel devrait affronter d'une façon non idéologique. Car ce n'est pas quelque chose qu'on peut ressoudre avec des conférences, avec des séminaires."

En choisissant plusieurs premiers films de réalisatrices, il s'agit d'une déclaration de principe : "Elles ne devront pas faire un deuxième ou troisième film - souvent plus difficile à réaliser que le premier - pour être en compétition, car elles y sont déjà." Et de citer les films lituanien "Toxic" et libanais "Green Line".

Pour clore cet entretien, Keystone-ATS a demandé au directeur artistique ce qui le réjouit particulièrement lors de cette prochaine édition : "De pouvoir proposer des films de la méga star indienne Shah Rukh Khan comme du cinéaste expérimental américain Stan Brakage (1933-2003). Il rêve que le public de l'un découvre les films du second et vice versa.

La venue de Shah Rukh Khan à Locarno mobilise d'ailleurs déjà ses nombreux fans, ce qui présage d'un casse-tête pour les organisateurs de la manifestation.

Le Festival du film de Locarno se déroule du 7 au 17 août.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Venise: Aragno explore un film de Godard de manière immersive

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Le cinéaste neuchâtelois Fabrice Aragno expose à la Biennale d’art de Venise cette année. (Archives) (© Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Le cinéaste neuchâtelois Fabrice Aragno présente à la Biennale de Venise une installation inspirée du "Livre d'image" de Jean-Luc Godard. Intitulée "Sentiments Signes Passions", l'½uvre prolonge un travail de vingt ans avec le réalisateur de la Nouvelle Vague.

"Nous avons exploré ensemble de nouvelles formes d'image, de son, de montage et de dispositifs numériques", explique Fabrice Aragno à Keystone-ATS depuis un hôtel à Modène (I), où son film "Le lac" a été sélectionné.

Le projet "Sentiments Signes Passions" prend pour point de départ le "Livre d'image", dernier long-métrage de Godard, récompensé par une Palme d'or spéciale à Cannes en 2018. "Nous sommes à l'intérieur du film pendant sa fabrication", explique-t-il.

L'installation, à découvrir dès samedi à Venise et jusqu'à fin novembre, propose ainsi de "démonter" le film pour le redisposer dans l'espace, sous forme d'une "forêt d'images et de sons". Le dispositif repose sur un système technique complexe associant ordinateurs, algorithmes et projections.

"Un ordinateur central dirige une vingtaine de machines comme un chef d'orchestre", décrit Aragno. Les images sont projetées sur des tulles, permettant une déambulation physique au sein des projections.

Guerres, ruptures et espoirs

A Venise, l'½uvre sera présentée dans la poudrière du Forte Marghera. "L'histoire de ce lieu résonne de manière phénoménale avec ce projet", affirme Aragno, évoquant une humanité façonnée par les guerres, les ruptures et les espoirs.

Dans cet espace, le visiteur traversera une succession de voiles d'images avant de découvrir une perspective d'ensemble. "Cheminer à travers 'Sentiments Signes Passions', c'est entrer physiquement dans son regard", dit-il, en référence à Godard.

L'installation a été vue par l'auteur d'"A bout de souffle", qui lui avait donné carte blanche et même suggéré le titre. L'installation initiale, présentée pour la première fois en 2020 à Nyon dans le cadre du festival Visions du Réel, était composée de téléviseurs et de haut-parleurs, s'inspirant directement de la salle de montage du réalisateur.

Dans une vidéo, Jean-Luc Godard l'avait alors qualifiée de "projection vivante", une formule qui deviendra le fil conducteur du projet.

Un dispositif mouvant

Après la disparition du cinéaste franco-suisse en septembre 2022, Fabrice Aragno transforme profondément son dispositif. "Pour conjurer la mort, pour poursuivre la création, pour partager", explique-t-il.

Invitée à Venise par la commissaire Rasha Salti, cette installation s'inscrit dans un parcours international déjà dense, à la Haus der Kulturen der Welt en marge de la Berlinale, puis dans une nouvelle version au théâtre de La Ménagerie de verre à Paris avant de rejoindre Lisbonne, le Mexique ou Tokyo.

Les spectateurs ne voient jamais exactement le même dispositif. Chaque version s'adapte au lieu qui l'accueille. Grâce à un système informatique complexe, les images et les sons se recomposent en permanence. "C'est un immense jeu de probabilités, joué au présent", souligne l'artiste.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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La Biennale de Venise 2026 fidèle à l'esprit de Koyo Kouoh

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Koyo Kouoh a conçu la Biennale d’art de cette année. Après son décès inattendu en mai dernier, son équipe a poursuivi et réalisé le travail de curation qu’elle avait entamé (Archives) (© Keystone/Pool Reuters/SARAH MEYSSONNIER)

La 61e Biennale d’art contemporain de Venise ouvre samedi jusqu'au 22 novembre sous le titre "In Minor Keys" (En tonalités mineures). Pensée par l'artiste helvético-camerounaise Koyo Kouoh, disparue en mai 2025, elle réunit 111 artistes.

Conçue par Koyo Kouoh, la Biennale d'art, menée à terme par l'équipe qu'elle avait constituée, investira les Giardini, l'Arsenale et Forte Marghera. "Une invocation à ralentir le pas et à se syntoniser sur les fréquences mineures", écrivait-elle, estimant que nous sommes "submergés par la cacophonie anxiogène du chaos".

Effectivement, la Biennale démarre samedi dans un contexte géopolitique tendu. Le jury international de la Biennale vient de démissionner en bloc, sur fond de controverse liée à la participation de la Russie et d’Israël. Cette décision intervient après l’obligation faite par les autorités italiennes de réintégrer les deux pays au palmarès, provoquant un blocage institutionnel et des menaces de recours juridiques. Faute de jury, les lauréats du Lion d’or seront finalement désignés par le public à la clôture de l’événement.

"Radicalité de la joie"

"Or pendant ce temps la musique continue", ajoutait-elle en imaginant cette Biennale, évoquant le blues, la morna cap-verdienne ou le call-and-response. "Elle produit des chants qui génèrent de la beauté en dépit de la tragédie", disait la commissaire, pour qui "il faut retrouver la radicalité de la joie".

Nommée directrice artistique en novembre 2024, Koyo Kouoh était la deuxième commissaire noire de la Biennale après le Nigériano-Américain Okwui Enwezor (1963-2019) en 2015. Elle a défini le cadre théorique, sélectionné artistes et ½uvres et conçu l'architecture de l'exposition.

Le travail curatorial s'est notamment cristallisé lors d'une rencontre à Dakar en avril 2025 au centre RAW Material Company, fondé par Mme Kouoh. Cette méthode, ancrée dans les relations humaines, a nourri une "dynamique collective intense", selon l'équipe.

Parmi les 111 participants, deux figures majeures sont mises à l'honneur: Issa Samb, artiste pluridisciplinaire associé au Laboratoire Agit'Art au Sénégal, et Beverly Buchanan, artiste afro-américaine. Cette dernière a développé un travail autour de l'architecture vernaculaire et de la mémoire du Sud des Etats-Unis à travers la sculpture, la photographie et le land art.

Une procession de poètes

Une procession de poètes rendra hommage à la "Poetry Caravan" initiée par Koyo Kouoh en 1999, invitant les visiteurs à participer activement plutôt qu'à observer. Ce projet itinérant s'était déroulé en Afrique de l'Ouest, reliant notamment Dakar à Tombouctou, en traversant plusieurs territoires par la route, le rail et le fleuve.

Plus largement, la sélection internationale réunit notamment la musicienne et performeuse américaine Laurie Anderson, le plasticien franco-algérien Kader Attia, l'artiste visuelle nigériane Otobong Nkanga, la sculptrice kényane Wangechi Mutu et le réalisateur malaisien Tsai Ming-liang. Tous participent à cette polyphonie, où les différences produisent des "fréquences mineures" plutôt qu'un récit unique.

Sept pays participent pour la première fois à la Biennale, dont la Guinée, le Qatar ou la Somalie, tandis que le Salvador inaugure son pavillon. La Suisse, en plus de l'exposition dans son pavillon consacrée au vivre ensemble, est également présente avec plusieurs artistes, dont Fabrice Aragno, ancien collaborateur de Jean-Luc Godard, qui prolonge ses recherches sur les "projections vivantes".

Outre le Neuchâtelois, Sabian Baumann (ZG) interroge les identités et les récits queer à travers des dispositifs performatifs et filmiques. La Zurichoise Sandra Knecht explore, quant à elle, les questions d'appartenance et de mémoire à partir de la cuisine, du textile et de la photographie.

Récits postcoloniaux

Le Zurichois basé à Genève Uriel Orlow développe pour sa part un travail de recherche au croisement de l'art et de l'histoire, notamment autour des plantes, des archives et des récits postcoloniaux.

Enfin, l'identité visuelle de la Biennale est confiée à la Zurichoise Clarissa Herbst et Alex Sonderegger, qui s'inspire du concept japonais de "komorebi", soit "la lumière qui traverse les feuilles".

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Lausanne: 83 artistes ont ouvert leur atelier à 4300 visiteurs

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Pour les organisateurs, "l'immersion directe au coeur des lieux de création a favorisé des échanges riches et spontanés" (archives). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Ce week-end, 83 artistes, dont 19 nouveaux venus, ont ouvert les portes de leurs ateliers à l'occasion de la 20e édition d'APERTI. Cet événement de la région lausannoise a attiré 4300 curieux.

La palette des pratiques artistiques à découvrir était large, allant de la peinture à la photographie, de la gravure aux pratiques multimédias en passant par la sculpture et l'art sonore, indiquent dimanche les organisateurs dans un communiqué. Et d'ajouter que "cette immersion directe au coeur des lieux de création a favorisé des échanges riches et spontanés".

Pour cette 20e édition, APERTI proposait aux visiteurs un carnet dans lequel ils pouvaient récolter l'empreinte d'un tampon créé spécialement par les artistes. Ces dernières ont transformé le carnet en "objet unique, à la fois trace du voyage et souvenir des rencontres", notent les organisateurs.

Les visiteurs ont aussi pu prendre part à des projets participatifs et assister à des performances et des démonstrations.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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La flemme s'expose dans les musées de Moudon (VD)

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Les deux musées montrent comment les notions de fatigue, de repos et de labeur ont évolué au fil des siècles (archives). (© KEYSTONE/CYRIL ZINGARO)

Le Pôle muséal de Moudon invite à plonger dans le monde de la fatigue, du repos et du labeur. Le musée Eugène-Burnand explore les aspects artistiques, celui du Vieux-Moudon s'intéresse à l'histoire de la paresse et du travail. A découvrir les yeux bien ouverts jusqu'au 27 septembre.

Les deux maisons seigneuriales qui coiffent la colline de Moudon ont concocté un programme complémentaire: "Flemme! Histoire de la fatigue" invite le public "à bayer aux corneilles".

Le Musée Eugène-Burnand montre les expressions artistiques du repos et du labeur en exposant des créations d'Eugène Burnand, Edmond Bille, Ernest Biéler, Félix Vallotton et bien d'autres. Il s'intéresse aussi aux vêtements de travail et propose une vidéo inédite où des spécialistes décryptent les fatigues contemporaines.

Le Musée du Vieux-Moudon ose une brève histoire de la paresse et du travail du Moyen-Age à nos jours. La place du travail, du repos et de la paresse s'est modifiée au cours du temps. Du péché mortel au délicieux farniente, de la condamnation de l'oisiveté à la revendication des congés payés, la perception n'a cessé d'évoluer.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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