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Climat

Procès : les activistes climatiques condamnés en appel

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Les militants du climat ont perdu la deuxième manche face à la justice vaudoise. (©KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

1 set partout entre la justice vaudoise et les activistes du climat. Acquittés en janvier pour avoir organisé une partie de tennis sauvage dans une succursale de Credit Suisse à Lausanne, les militants ont été condamnés en appel ce jeudi à Renens.

Leur action avait pour but de dénoncer les investissements de la banque dans les énergies fossiles et d’alerter l’opinion publique sur l’urgence climatique. Une urgence reconnue par les juges mais ces derniers estiment qu’il existe toutefois des moyens licites pour agir. Contrairement au juge de première instance, la Cour d’appel estime ainsi que les 12 activistes n’ont pas agi en état de nécessité. Leur action n’a pas permis de freiner ou de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Au final, les douze jeunes sont condamnés à des peines pécuniaires avec sursis, ainsi qu'à des amendes allant de 100 à 150 francs. Une victoire pour le Procureur général Eric Cottier:

Eric Cottier
Procureur général, VD
Eric CottierProcureur général, VD

Les douze avocats des prévenus avaient plaidé pour que le droit s’adapte à l’urgence climatique. Ils avaient ainsi défendu l'action de désobéissance civile de leurs clients, la jugeant légitime pour dénoncer les investissements de Credit Suisse. À la sortie du Tribunal, l’un des activistes et l’avocate Maître Marie-Pomme Moinat ont lu une déclaration:

Paul et Me Marie-Pomme Moinat
Déclaration des activistes et de leurs avocats
Paul et Me Marie-Pomme MoinatDéclaration des activistes et de leurs avocats

Propos recueillis par Charles Super. L’affaire devrait aller au Tribunal fédéral, puis éventuellement devant la Cour européenne des droits de l’homme.

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Climat

La grêle de juin coûtera plus cher que les crues de juillet

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Tuiles cassées, vitres brisées, panneaux solaires endommagés: la grêle du 28 juin a causé d'importants dégâts en Suisse (archives). (© KEYSTONE/CYRIL ZINGARO)

Les dégâts dus à la grêle et les fortes pluies des mois de juin et de juillet coûteront des millions de francs. Dans plusieurs régions, la grêle a entraîné de plus grands sinistres que les crues des lacs et des cours d'eau.

A Neuchâtel, environ 100 sinistres ont été annoncés à l'Etablissement cantonal d'assurance et de prévention (ecap) suite à la montée du lac. Les dégâts sont actuellement estimés à 500'000 francs.

Il faut toutefois être prudent avec les chiffres. Tous les dommages ne sont pas couverts par l'ecap, explique à Keystone-ATS Eric Magnin, secrétaire général de l'ecap. L'impact de la montée du lac est délicat à évaluer.

Les nappes phréatiques se sont remplies et ont entraîné des dommages dans plusieurs maisons. Mais ces dégâts sont couverts par des assurances privées, et non pas l'ecap. Ainsi, sur les 100 sinistres déclarés pour montée des eaux, l'ecap en traitera moins. Il faudra attendre 2 ans avant de connaitre le coût de l'opération.

L'établissement reste serein face aux orages annoncés pour ce week-end. De leur côté, les autorités bernoises ne peuvent exclure une brève remontée du niveau du lac de Bienne. Le degré d'alerte pour ces deux lacs reste de 4 sur 5.

Le lac de Thoune ne devrait pas fortement augmenter. Selon l'Office fédéral de l'environnement, les précipitations pourraient surtout toucher les petits et moyens cours d'eau, indique-t-il vendredi à Keystone-ATS.

65 millions

Les crues et les inondations de juillet entraînent des coûts de 65 millions de francs dans le canton de Berne, selon l'assurance immobilière Berne (AIB). Dans le Jura bernois, les détériorations se montent à quinze millions. A Thoune, ce sont onze millions de dégâts suite aux crues.

Grâce aux mesures préventives mises en place après les inondations de 2005 et de 2007, les dégâts ont été moins importants que ne le craignaient les assureurs.

Des propriétaires de maison à proximité des cours d'eau ou des lacs ont installé leur infrastructure technique au rez-de-chaussée plutôt qu'au sous-sol. Le canton et les communes ont aussi pris des mesures préventives au cours des dernières années en réalisant par exemple des galeries d'évacuation au lac de Thoune.

Grêle ravageuse

Les épisodes de grêle peuvent causer des dégâts importants en peu de temps, notamment aux véhicules et au mobilier extérieur. Selon l'assureur AXA, 15'500 sinistres ont été annoncés après le 28 juin pour un montant de 75 millions de francs. La Mobilière recense 20'000 dégâts à des voitures pour un montant de 90 millions de francs.

Pour certaines régions, la grêle du 28 juin coûtera plus cher. Ainsi, 4000 cas ont été annoncés dans le canton de Neuchâtel pour un coût estimé à 27 millions de francs. C'est surtout le haut du canton qui a été frappé par cet événement.

L'ecap doit également faire face à la catastrophe naturelle qui a dévasté une partie du village de Cressier le 22 juin au soir. Les dégâts sont estimés à 12 millions pour 350 cas.

Evénement naturel le plus important

La grêle est également plus déterminante dans le canton de Lucerne. Selon l'assurance bâtiment cantonale, 12'000 sinistres ont été annoncés suite au 28 juin. L'estimation des dégâts se monte à 150 à 200 millions de francs. Il s'agit du plus important événement naturel depuis 2005.

Dans le canton de Berne, c'est surtout la région du Seeland qui a subi les conséquences des intempéries. La grêle a entraîné des coûts à hauteur de quatorze millions, contre six millions pour les crues et les inondations. A Zurich, 70% des annonces concernent l'épisode de grêle, contre 8% pour les inondations.

50 millions à Fribourg

L'Etablissement cantonal d’assurance des bâtiments (ECAB) fribourgeois a reçu depuis le mois de juin plus de 8800 annonces de sinistres. Cela correspond à des dégâts pour un montant estimé à plus de 50 millions de francs.

De violents orages de grêle ont frappé les régions du Lac noir, de Charmey, de Bulle et d'Estavayer-le-Lac. A cela s'ajoutent des inondations qui ont frappé l'ensemble du canton.

"A ce jour, nous avons enregistré 2634 dossiers relatifs aux événements survenus depuis le 16 juin pour une estimation de dommages d'un peu plus de 16 millions de francs", a indiqué vendredi l'Etablissement cantonal d'assurance vaudois à Keystone-ATS. Ces chiffres incluent les dommages consécutifs au ruissellement des eaux, aux débordements des rivières, au vent, à la grêle et à la montée des eaux des lacs.

Dans la région de Soleure, quelque 2800 sinistres ont été annoncés auprès de l'assurance cantonale entre le 1er juin et le 21 juillet. Les crues et les inondations ont causé des dégâts à hauteur de 8,8 millions de francs, les tempêtes à hauteur de 3,1 millions de francs et la grêle à hauteur de 840'000 francs.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Climat

Baignade à nouveau autorisée dans le lac de Neuchâtel

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La baignade est à nouveau autorisée dans le lac de Neuchâtel sur territoire neuchâtelois, mais la navigation reste proscrite. (© KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD)

La lente décrue, à partir d'un niveau record, qui est engagée sur les lacs de Neuchâtel et de Bienne permet d'assouplir les restrictions. La baignade est à nouveau autorisée sur territoire neuchâtelois, mais la navigation reste proscrite, lac de Morat compris.

La décision d'autoriser à nouveau la baignade se fonde sur des échantillons d’analyse microbiologique des eaux réalisés sur quelques plages, a indiqué jeudi la Chancellerie d'Etat du canton de Neuchâtel. Aucune pollution notoire de l’eau du lac n’a été mise en évidence.

Le constat n’exclut toutefois pas que, par endroits, l’eau soit localement souillée. Un avis de prudence est dès lors émis. Bien que le soleil soit présent, la prudence reste de mise pour la population, ont averti les autorités neuchâteloises dans leur communiqué.

Sécurité avant tout

Un danger réel de chute d’arbres subsiste dans les zones arborisées inondées, en particulier lors d’épisodes venteux. En raison des risques de blessures ou de noyade (vagues, courants, passerelles et chemin inondés et obstacles) et de problèmes liés à l’évacuation des eaux usées, l’accès à certaines rives reste dangereux.

Du coup, les autorités demandent de respecter les éventuelles consignes et restrictions des communes riveraines. Par ailleurs, la navigation, touristique notamment, mais à l'exception des activités professionnelles, demeure interdite pour des raisons de sécurité, en coordination avec les autorités vaudoises et fribourgeoises.

La lente décrue, 5 centimètres environ en 24 heures jeudi, n'empêche en effet pas que les dangers aux abords des rives et berges sont bien présents. De plus, les vagues qui seraient générées par le trafic de bateaux pourraient créer des dégâts supplémentaires sur les rives et dans les ports, ainsi que de nouvelles inondations.

Lac de Morat aussi

Au-delà, l’interdiction de naviguer vaut également pour le lac Morat et le canal de la Broye qui le relie au lac de Neuchâtel, a indiqué de son côté l'Etat de Fribourg. La mesure est prolongée jusqu’à révocation par le Conseil d’Etat. La baignade reste déconseillée, voire interdite par endroits sur territoire fribourgeois.

Côté vaudois, la baignade est également "vivement déconseillée" en raison des problèmes d'évacuation des eaux usées et des risques de blessures, indique l'Etat-Major cantonal de conduite (EMCC). La navigation est interdite jusqu'au 26 juillet, y compris sur la rivière de la Thielle.

Interdiction respectée

Depuis le 16 juillet, les autorités fribourgeoises relèvent encore que l’interdiction de naviguer a bien été respectée. Trois dénonciations ont été transmises à l’autorité compétente pour non-respect de l'arrêté. Des rappels à la loi ont été délivrés aux personnes tentant de pratiquer du kitesurf ou du stand up paddle.

Pour les lacs de la Gruyère et de Schiffenen, la situation permet en revanche une levée immédiate de l'interdiction. La situation reste toutefois critique, malgré la décrue qui a débuté. Il est recommandé à la population de rester vigilante et de respecter les restrictions et recommandations des autorités.

L'Aar partiellement navigable

La navigation sera aussi à nouveau possible dès samedi matin sur l'Aar, entre Thoune et le lac de Bienne, ont indiqué jeudi les préfets des régions concernées. En revanche, la baignade et la navigation dans le canal de Nidau-Büren, en aval du lac ainsi que dans l'Aar depuis le lac de Bienne en direction de Soleure sont toujours interdites.

Les autorités recommandent la plus grande prudence sur l'Aar. Il est fortement recommandé d'éviter les tronçons au centre de Thoune en raison de travaux à la piscine de Schwäbis, celui au-dessus de l'Uttigenschwelle où le lit de la rivière a considérablement changé et l'Aar entre le barrage de la Lorraine et le pont de Felsenau à Bremgarten.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Climat

Une centaine de propositions pour faire face au défi climatique

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Parmi les propositions citoyennes, la volonté d'interdire les véhicules polluants en ville dès 2030 (photo d'illustration). CREDIT: KEYSTONE/GAETAN BALLY

A Genève, un forum citoyen a été invité par le département du territoire à réfléchir sur l'habitat de demain alors que les habitudes actuelles risquent d'être bouleversées par la dérive climatique. Ce groupe de 30 personnes a dévoilé mercredi une série de propositions pour mieux vivre ensemble dans le respect de la nature.

104 mesures ont été adoptées, la plupart à l'unanimité, ont indiqué devant les médias les participants au forum. Ces simples citoyens et citoyennes ont été sélectionnés afin d'être représentatifs de la diversité de la population genevoise. Pour les aider, ils ont été assistés par des experts en transition écologique.

Les propositions sont variées. Elles vont d'organiser un cursus sur le changement climatique dans les écoles à traiter la crise climatique avec la même urgence que la crise du Covid-19. L'agriculture de proximité et la promotion des produits locaux ne sont pas oubliées.

En matière de neutralité carbone, le forum citoyen serait favorable à une interdiction des véhicules polluants en ville dès 2030. Plusieurs mesures visent à favoriser la mobilité douce et le train comme moyen de transport au lieu des court-courriers. La mixité dans les quartiers doit aussi être encouragée.

Toutes les propositions sont réalisables, ont indiqué les participants au forum. Aucune ne relève de l'utopie, même si certaines seraient plus difficiles à concrétiser. Le rapport citoyen sera remis au conseiller d'Etat Antonio Hodgers. A la rentrée, un rendez-vous aura lieu avec le magistrat pour en discuter.

"Nous espérons que ce rapport fera le buzz", a indiqué une dame de 79 ans qui a participé à sa rédaction. Pour cette Genevoise, il est essentiel aujourd'hui de changer de paradigme au risque de se retrouver dans le mur rapidement. Elle s'est plongée dans ce travail pour le bien des générations futures.

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Climat

Appel pressant des militants du climat devant le Tribunal fédéral

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Il est urgent d'agir contre le réchauffement climatique ont répété les représentants des cinq organisations devant le Tribunal fédéral. (© KEYSTONE/CYRIL ZINGARO)

Les défenseurs du climat ont lancé un nouvel appel pressant à agir contre le réchauffement climatique. Ils se sont réunis mercredi devant le Tribunal fédéral, qui vient de débouter les activistes qui avaient occupé les locaux lausannois de Credit Suisse.

Le 11 juin dernier, le Tribunal fédéral (TF) a rejeté le recours des 12 militants "sous prétexte qu'il n'y a pas de danger imminent et qu'il existe une kyrielle d'autres méthodes, licites," pour agir, expliquent-ils. Une décision inacceptable pour les défenseurs du climat qui ont alerté une nouvelle fois sur l'imminence du danger.

L'ancien conseiller d'Etat écologiste Philippe Biéler et le Prix Nobel Jacques Dubochet ont apporté leur soutien. (© KEYSTONE/CYRIL ZINGARO)

Pour Extinction Rebellion, la Grève du climat, Doctors4XR ainsi que les Grands-parents et les Aînées pour le climat, comment la Haute Cour peut-elle affirmer qu'il n'existait "aucun danger actuel et concret" au moment où les recourants ont commis leurs actes? Alors que le directeur général de l'OMS et le secrétaire des Nations Unies parlent de "point de non-retour" et de "plus grand danger de santé publique au 21e siècle".

Les soignants ne savent plus quoi faire pour convaincre les autorités de santé de travailler sur les racines du problème, plutôt que de faire les pompiers une fois que la catastrophe sanitaire est là, comme avec le Covid-19, a dit Valérie d'Acremont, médecin et membre de Doctors4XR. Le Prix Nobel Jacques Dubochet et l'ancien conseiller d'Etat vaudois Philippe Biéler ont apporté leur soutien à cette action.

 

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Climat

L'humanité à l'aube de retombées climatiques cataclysmiques

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Le rapport souligne le danger des effets en cascade. Certaines régions (est du Brésil, Asie du Sud-Est, Chine centrale) et presque toutes les zones côtières pourraient être frappées par trois ou quatre catastrophes météo simultanées, voire plus. (Image d'illustration - ©KEYSTONE/AP/Ashim Paul)

La vie sur Terre telle que nous la connaissons sera inéluctablement transformée par le dérèglement climatique quand les enfants nés en 2021 auront 30 ans, voire plus tôt. C'est l'alerte donnée par des experts climat de l'ONU dans un projet de rapport obtenu par l'AFP.

Quel que soit le rythme de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les impacts dévastateurs du réchauffement sur la nature et l'humanité qui en dépend vont s'accélérer, assure le Giec, et devenir douloureusement palpables bien avant 2050.

"La vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes", note le résumé technique de 137 pages. "L'humanité ne le peut pas".

Le projet de rapport rédigé par des centaines de scientifiques rattachés au Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), qui fait autorité en la matière, oscille entre un ton apocalyptique et l'espoir offert aux hommes de changer leur destin par des mesures immédiates et drastiques.

Seuil de réchauffement acceptable

Le rapport d'évaluation complet de 4000 pages, bien plus alarmiste que le précédent de 2014, a pour vocation d'éclairer les décisions politiques. Même si ses principales conclusions ne changeront pas, il ne sera officiellement publié qu'en février 2022, après son approbation par consensus par les 195 Etats membres.

Trop tard cependant pour les cruciales réunions internationales sur le climat et la biodiversité prévues fin 2021, notent certains scientifiques.

Parmi ses conclusions les plus importantes, figure un abaissement du seuil au-delà duquel le réchauffement peut être considéré comme acceptable. En signant l'accord de Paris en 2015, le monde s'est engagé à limiter le réchauffement à +2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, si possible +1,5°C.

Désormais, le Giec estime que dépasser +1,5°C pourrait déjà entraîner "progressivement, des conséquences graves, pendant des siècles, et parfois irréversibles". Et selon l'Organisation météorologique mondiale, la probabilité que ce seuil de +1,5°C sur une année soit dépassé dès 2025 est déjà de 40%.

"Nos enfants et petits-enfants"

"Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre", martèle le Giec, alors que la prise de conscience sur la crise climatique n'a jamais été aussi étendue.

Le climat a déjà changé. Alors que la hausse des températures moyennes depuis le milieu du XIXe siècle atteint 1,1°C, les effets sont déjà graves et seront de plus en plus violents, même si les émissions de CO2 sont freinées.

Et les êtres vivants - humains ou non - les moins à blâmer pour ces émissions sont, ironiquement, ceux qui en souffriront le plus. Pour certains animaux et variétés de plantes, il est peut-être même déjà trop tard: "Même à +1,5°C, les conditions de vie vont changer au-delà de la capacité de certains organismes à s'adapter", souligne le rapport, citant les récifs coralliens dont un demi-milliard de personnes dépendent.

Parmi les espèces en sursis figurent les animaux de l'Arctique, territoire qui se réchauffe trois fois plus vite que la moyenne. Sur place, des modes de vie ancestraux, de peuples vivant en lien étroit avec la glace pourraient aussi disparaître.

Pas prêts

Agriculture, élevage, pêche, aquaculture.... "Dans tous les systèmes de production alimentaire, les pertes soudaines s'accroissent", observe aussi le rapport, pointant les aléas climatiques comme "principal moteur".

Or l'humanité n'est à ce stade pas armée pour faire face à la dégradation certaine de la situation. "Les niveaux actuels d'adaptation seront insuffisants pour répondre aux futurs risques climatiques", prévient le Giec.

Même en limitant la hausse à 2°C, jusqu'à 80 millions de personnes supplémentaires auront faim d'ici à 2050 et 130 millions pourraient tomber dans la pauvreté extrême d'ici dix ans.

En 2050, des centaines de millions d'habitants de villes côtières seront menacés par des vagues-submersion plus fréquentes, provoquées par hausse du niveau de la mer, qui entrainera à son tour des migrations importantes.

Catastrophes météo simultanées

A +1,5°C, dans les villes, 350 millions d'habitants supplémentaires seront exposés aux pénuries d'eau, 400 millions à + 2°C. Et avec ce demi-degré supplémentaire, 420 millions de personnes de plus seront menacées par des canicules extrêmes.

"Les coûts d'adaptation pour l'Afrique devraient augmenter de dizaines de milliards de dollars par an au-delà de +2°C", prédit le rapport. Encore faut-il trouver cet argent.

Le texte souligne d'autre part le danger des effets en cascade. Certaines régions (est du Brésil, Asie du Sud-Est, Chine centrale) et presque toutes les zones côtières pourraient être frappées par trois ou quatre catastrophes météo simultanées, voire plus: canicule, sécheresse, cyclone, incendies, inondation, maladies transportées par les moustiques...

Et il faut de surcroît prendre en compte les effets amplificateurs d'autres activités humaines néfastes pour la planète, note le rapport: destruction des habitats, surexploitation des ressources, pollution, propagation des maladies...

Des choix radicaux

Sans oublier les incertitudes autour des "points de bascule", éléments-clés dont la modification substantielle pourrait entraîner le système climatique vers un changement violent et irrémédiable.

Au-delà de +2°C, la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique de l'Ouest (qui contiennent assez d'eau pour provoquer une hausse du niveau de la mer de 13 mètres) pourraient par exemple entraîner un point de non-retour, selon de récents travaux. C'est pour cela que "chaque fraction d'un degré compte", insiste le Giec, alors qu'un autre point de rupture pourrait voir l'Amazonie - un des poumons de la planète avec les océans - transformée en savane.

Face à ces problèmes systémiques, aucun remède miracle unique. En revanche, une seule action peut avoir des effets positifs en cascade. Par exemple, la conservation et la restauration des mangroves et des forêts sous-marines de kelp, qualifiées de puits de "carbone bleu", accroissent le stockage du carbone, mais protègent aussi contre les submersions, tout en fournissant un habitat à de nombreuses espèces et de la nourriture aux populations côtières.

En dépit de ses conclusions alarmantes, le rapport offre ainsi une note d'espoir. L'humanité peut encore orienter sa destinée vers un avenir meilleur en prenant aujourd'hui des mesures fortes pour freiner l'emballement de la deuxième moitié du siècle.

"Nous avons besoin d'une transformation radicale des processus et des comportements à tous les niveaux: individus, communautés, entreprises, institutions et gouvernement", plaide le rapport. "Nous devons redéfinir notre mode de vie et de consommation".

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