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Culture

Annie Ernaux à Cannes : je suis "une femme qui écrit, c'est tout"

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Annie Ernaux, l'une des plus grandes voix de la littérature française, a présenté "Les années super 8" lundi à la Quinzaine des réalisateurs au Festival de Cannes. (© KEYSTONE/DPA/HORST GALUSCHKA)

"C'est à la fois le récit de ma vie mais aussi celui de milliers de femmes": dans "Les années super 8", qu'elle a réalisé avec son fils, Annie Ernaux raconte, avec ses mots, la décennie qui a fait d'elle une des plus grandes voix de la littérature française.

Présenté lundi à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes, sur la Riviera française, cet opus d'une heure est né de l'envie de se réapproprier des dizaines de films super 8 tournés entre 1972 et 1981 par son ex-mari, aujourd'hui décédé.

"Ces films étaient stockés dans un tiroir depuis des années et on les avait un peu oubliés. Un jour, nous les avons regardés avec mes fils et mes petits-enfants. C'est là, de fil en aiguille, que David m'a proposé d'en faire un film sur lequel j'accolerai un récit", raconte à l'AFP la romancière de 81 ans, dont les oeuvres ont été traduites dans le monde entier.

Si l'idée de faire du cinéma ne l'a jamais vraiment intéressée, Annie Ernaux s'est laissée "prendre au jeu": "je me suis vraiment investie dans ce récit qu'on entend car c'était important pour moi de me raconter dans mes mots", précise celle qui a été finaliste du prestigieux prix Booker international en 2019.

"Gagner ma liberté"

Dans le film, le spectateur découvre une Annie Ernaux mariée et mère de deux enfants en bas âge. A chaque fois, l'écrivaine est au premier plan, omniprésente.

A y regarder de plus près, c'est une femme frêle, mal à l'aise dans sa nouvelle vie que le public rencontre. Une femme tiraillée entre ses devoirs d'épouse, sa vie bourgeoise, elle la transfuge de classe comme elle l'a racontée dans "La place", et son désir irrépressible d'écrire.

C'est d'ailleurs à cette époque qu'elle écrit son premier livre "Les Armoires vides" (1974).

Pas un film de souvenirs, il documente, certes, les années qui l'ont forgée comme écrivaine mais décrit aussi une époque, celle des Trente glorieuses et la soif de vivre d'une génération en quête d'émancipation, de loisirs et de voyages.

Aujourd'hui lue et étudiée partout dans le monde, Annie Ernaux aura pourtant mis plusieurs années à s'émanciper de sa vie domestique pour écrire.

"Je peux affirmer que ces dix années sont les années majeures dans ma vie parce qu'elles vont confirmer mon désir d'écrire. Et puis aussi parce que je vais gagner ma liberté. Une liberté que je souffrais de ne pas avoir, même si je pense que j'ai fait, moi, un mariage d'amour".

Pas une icône

"Je pense que pour le spectateur, c'est peut-être un récit qui est nouveau, vraiment nouveau pour lui, de me voir et de m'entendre raconter des choses de mon intimité", poursuit-elle.

Finalement, "c'est à la fois le récit de ma vie mais aussi celui de milliers de femmes qui ont elles aussi été en quête de liberté et d'émancipation".

Si plusieurs de ses livres ont été adaptés au cinéma, dont "L'événement", récit autobiographique sur l'avortement clandestin qu'elle a subi en 1964, qui a raflé le Lion d'or à la Mostra de Venise 2021, Annie Ernaux raconte ne pas être intéressée par ce médium.

La raison? "J'écris avec les images intérieures, les images de la mémoire. Le processus d'écriture pour le cinéma est très différent".

Au moment où le droit à l'avortement est remis en question aux Etats-Unis, que pense celle dont l'oeuvre est traversée par ces questions? "Je crois qu'on pouvait attendre cette vague conservatrice car quand les femmes prennent le pouvoir .... ou plutôt quand leurs voix s'élèvent, les hommes sont solidaires entre eux", répond-elle. Et d'ajouter "qu'en France comme aux Etats-Unis, les femmes ne sont plus disposées à se laisser faire".

Véritable icône féministe pour plusieurs générations, Annie Ernaux confie simplement se sentir "femme. Une femme qui écrit, c'est tout". Son dernier livre "Le jeune homme" est paru début mai chez Gallimard.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / afp

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Culture

Santé financière au beau fixe pour la 75e édition du Festival de Locarno

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C'est avec une assise financière renforcée que le Festival du film de Locarno a présenté le programme de sa 75e édition mercredi. (© KEYSTONE/ANTHONY ANEX)

"Plus fort qu'avant la pandémie", le Festival du Film de Locarno célèbre sa 75e édition du 3 au 13 août. Lors de la conférence de presse de mercredi, les organisateurs sont revenus sur les raisons du succès de la manifestation. La hausse des sponsors en fait partie.

"Les contributions de sponsoring ont augmenté de 40% par rapport à 2019", a déclaré Raphaël Brunschwig, directeur opérationnel du festival à Berne. "L'arrivée de nouveaux partenariats de renom et le maintien des anciens sont un signe de confiance", a ajouté le président de la manifestation Marco Solari.

Néanmoins, si l'événement est plus fort qu'avant la pandémie, c'est aussi grâce à la "main protectrice de la politique" et à une "force intérieure incroyable", a expliqué M. Solari en parlant de l'équipe. "Il y a une volonté indomptable de défier toute concurrence et de conserver notre position de festival mondial".

Pour y arriver, la manifestation tessinoise mise notamment sur la confrontation avec des thèmes d'actualité comme la guerre en Europe, la démocratie en danger, mais aussi la mise en perspective, l'assimilation et la promotion de débats entre les représentants du monde du cinéma et le public. Il n'y a rien de mal à ce qu'un "soupçon de mélancolie plane sur le festif" en des temps comme ceux-ci a expliqué le président du festival.

Programme basé sur l'avenir

Présentés par le directeur artistique Giona Nazzaro, les nombreux films à l'affiche sur la Piazza Grande mettent en avant des thèmes de notre époque, mais aussi les défis à relever en vue de l'avenir. Au-delà des projections classiques, le spectateur pourra aborder ces thématiques sous différentes formes. Par exemple le "24-Stunden-Talk", une discussion au long cours sur le rôle du cinéma à l'avenir, diffusée en streaming et organisée par l'Università della Svizzera italiana.

Si l'avenir occupe une place centrale dans cette édition 2022, le présent n'est pas laissé de côté. Les cinéphiles pourront notamment découvrir le film "Porlogos", la dernière ½uvre de Mantas Kvedaravičjus présentée en première mondiale. Un film poignant dans le contexte actuel sachant que le réalisateur lituanien a perdu la vie lors de la guerre contre l'Ukraine qu'il voulait documenter avec ses propres images.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Subventionnement renouvelé pour la compagnie des arTpenteurs

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La Ville d'Yverdon et le Canton de Vaud ont renouvelé leur subventionnement pour la compagnie de théâtre arTpenteurs (photo d'illustration). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Une nouvelle convention de subventionnement a été signée en faveur de la compagnie de théâtre itinérant des arTpenteurs. Le Canton de Vaud et la Ville d'Yverdon-les-Bains engagent respectivement des montants de 730'000 et 165'000 francs pour les années 2022 à 2024.

Les arTpenteurs font "rayonner Yverdon-les-Bains et sa région bien au-delà du district et irriguent tout le canton", affirment mardi l'Etat de Vaud et la cité thermale dans leur communiqué. L'association qui pilote la compagnie bénéfice de cette convention tripartie depuis 2010. La dernière en date, qui portait sur la période 2019-2021, était échue depuis le 31 décembre dernier.

Avec ce nouveau subventionnement, la compagnie souhaite notamment aborder une étape de transformation en proposant "de petites formes d'interventions des arts vivants au coeur de l'espace public", poursuit le communiqué.

Les arTpenteurs existent depuis 22 ans et sillonnent la Suisse romande avec un chapiteau.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Château d'Aigle: triple exposition sur les étiquettes de vin

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Triple exposition au château d'Aigle sur les étiquettes de vin (Image prétexte). (© KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT)

Le Château d'Aigle accueille jusqu'au 23 avril trois expositions consacrées aux étiquettes de vin. "La BD fait son vin" permet de découvrir le lien entre une vingtaine de créateurs de bandes dessinées et le fruit de la vigne.

Zep, Cosey, Derib, Bertschy, Juillard, Bilal ou encore Hugo Pratt ont tous créé des étiquettes pour des festivals de BD, pour des librairies spécialisées, pour des galeries d’art ou pour des amis. Parfois en reprenant une case d'un de leurs albums, parfois en dessinant l'un de leurs personnages dans une nouvelle situation.

Certains ont privilégié une création entièrement nouvelle, une manière de dévoiler une autre facette de leur talent, explique lundi le musée dans un communiqué. Bertschy a ainsi dessiné l'affiche du festival, cette fois-ci sans Nelson, son célèbre diablotin.

La deuxième exposition a pour titre "Je déguste et je décolle, 40 ans de Réserve de la Confrérie de l'étiquette". Cette association de collectionneurs d'étiquettes demande chaque année à un dessinateur de presse d'illustrer la cuvée réservée à ses membres. Barrigue, Burki, Chapatte et dix-sept autres illustrateurs ont joué le jeu.

Enfin, année du passage du Tour de France à Aigle oblige, le vélo est mis à l'honneur. La troisième exposition s'intéresse au cyclisme au travers des étiquettes de vin.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Ensemble vocal de Lausanne, une saison entre répertoire et création

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Une création rendra hommage à Michel Corboz, chef fondateur de l'Ensemble Vocal de Lausanne (Archives). (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

L'Ensemble vocal de Lausanne (EVL) égrènera une quarantaine de concerts lors de sa saison 2022-2023. Il chantera une série de chefs d'oeuvres incontournables du répertoire choral. Mais aussi des pièces peu connues et des créations, comme "Le Miroir d'un moment" composé par Mathias Reusser à la mémoire de Michel Corboz, chef fondateur de l'EVL.

Une partie de la programmation s'inscrit dans la grande tradition du répertoire choral. Le choeur interprétera le Magnificat, de J-S Bach, en clôture des Rencontres musicales de Champéry (VS) le 14 août. Suivront, pêle-mêle, le Requiem de Mozart, la Messe en ré de Dvořák ou un programme dédié à la musique pour choeur et piano de Franz Schubert.

Le concert de clôture se déroulera à la Cathédrale de Lausanne, sous la baguette de Daniel Reuss, chef invité principal. L'ensemble donnera la grande Messe en ut mineur de Mozart avec le concours de l'Orchestre de chambre de Lausanne (OCL).

A la découverte

L'EVL poursuit l'élargissement de son répertoire en présentant des oeuvres peu connues du grand public, des pièces récentes et des créations. Imaginé et dirigé par le directeur musical Pierre-Fabien Roubaty, "Le Miroir d'un moment", concert d'ouverture de la saison d'abonnement, réunira à fin septembre quelques perles des XXe et XXIe siècle, expliquent les organisateurs.

Le choeur intègre à sa saison deux autres compositions interprétées en première mondiale: la messe Lux et Origo, imaginée pour les trois orgues de l'église Saint-François, violon solo et choeur de Théo Flury et Ne Timeas de Maria de Pablo Ortiz. Enfin, l'EVL repartira sur les routes et chantera dans plusieurs festivals dont La Folle Journée de Nantes, le festival d'Aix-en-Provence ou encore le Gstaad Menuhin Festival.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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La Cité est prête pour son 50e Festival

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Comme en 2019, cette 50e édition du Festival de la Cité se déploiera également sur le Pont Bessières avec sa scène "Les Marches" (Archives © KEYSTONE/Jean-Christophe Bott)

Le Festival de la Cité a cinquante ans ! Il commence ce mardi et se poursuit toute la semaine. Pour cette édition anniversaire, une centaine de propositions artistiques sont prévues.

Les scènes sont montées, les points de restauration sont prêts, il ne manque finalement plus que les festivaliers pour lancer officiellement le 50e anniversaire du Festival de la Cité. Une édition qui se veut festive, évidemment, mais pas "surchargée" pour marquer le passage à la cinquantaine. Les visiteurs pourront apprécier une centaine de propositions artistiques, avec environ soixante concerts et une quarantaine de spectacles d’arts vivants. Et encore une fois, c'est l'éclectisme qui caractérise la programmation de cette édition. Théâtre, danse, performance, il y en aura pour tous les goûts.

Les arts vivants, justement, ont grandement soufferts de la crise du Covid. Ils vont pouvoir se réapprorier l'espace public durant le Festival :

Myriam KridiDirectrice et co-programmatrice arts vivants du le Festival de la Cité

Et les festivaliers seront également invités à participer, avec la grande nouveauté de cette 50e édition : une scène de bal.

Myriam KridiDirectrice et co-programmatrice arts vivants pour le Festival de la Cité

La directrice du Festival, Myriam Kridi, vit sa dernière édition cet été. Elle nous partage un de ses coups de coeurs :

Myriam KridiDirectrice et co-programmatrice arts vivants pour le Festival de la Cité

Mélange des genres

Côté musique, là aussi, l'éclectisme est au rendez-vous. Les festivaliers en prendront plein les oreilles, avec autant de la pop que du rap, du jazz, du disco ou du folk. Gérer et proposer autant de styles musicaux différents, et ce au milieu de l’espace urbain, un vrai travail d’équilibriste :

Gilles ValetCo-programmateur musical du Festival de la Cité

Le co-programmateur musical du Festival de la Cité, Gilles Valet, se prête à l'exercice de nous présenter un de ses coups de coeurs de cette édition :

Gilles ValetCo-programmateur musical du Festival de la Cité

Programmation et informations à retrouver sur le site internet du Festival.

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