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Les Kurdes luttent contre l’attaque turque

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Des civils fuient les attaques turques à Ras al-Aïn. (©KEYSTONE/AP)

L’offensive d’Ankara contre une milice kurde dans le nord-est de la Syrie a provoqué jeudi la fuite de milliers de civils face à l’avancée des forces turques. Elle suscite aussi un tollé international.

Donald Trump a évoqué dans ce contexte la possibilité d’une médiation américaine dans le conflit entre la Turquie et les Kurdes.

« Nous avons un des trois choix suivants: envoyer des milliers de soldats pour gagner militairement, frapper la Turquie très dur financièrement et avec des sanctions, et jouer les médiateurs en vue d’un accord entre la Turquie et les Kurdes », a écrit le locataire de la Maison Blanche dans un tweet.

Accusé d’avoir trahi ses alliés kurdes en ordonnant le retrait de soldats américains de certaines zones frontalières en Syrie, Donald Trump avait auparavant a espéré que son homologue turc agirait de manière « rationnelle » et « humaine » en Syrie.

A New York, à l’issue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, les cinq pays européens y siégeant – Paris, Berlin, Bruxelles, Londres, Varsovie – ont eux exigé l’arrêt de l' »action militaire unilatérale » de la Turquie. De son côté, le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, a exprimé sa « profonde inquiétude ».

« Désastre humanitaire imminent »

Depuis mercredi soir, Ankara a lancé la phase terrestre de son offensive, concentrant ses attaques dans les secteurs frontaliers de Ras al-Aïn et de Tal Abyad, contrôlés par les forces kurdes. Les forces turques ont conquis 11 villages près de ces deux villes, d’après l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui rapporte aussi des raids aériens turcs.

Au moins 29 combattants des forces kurdes et 10 civils ont été tués par les frappes aériennes et les tirs d’artillerie de l’armée turque depuis mercredi, selon l’OSDH. La Turquie affirme de son côté qu’au moins six civils ont été tués et des dizaines blessés par des projectiles tirés sur des villes frontalières turques par les Kurdes qu’elle a attaqués.

L’opération a déjà provoqué la fuite depuis mercredi de plus de 60’000 personnes, d’après l’OSDH. L’ONG Save The Children a mis en garde contre « un désastre humanitaire imminent ».

A Genève, le Haut-Commissariat pour les réfugiés a appelé à un accès humanitaire sans entraves auprès des déplacés. Il demande encore aux parties au conflit d’honorer le droit international humanitaire. De son côté, la Commission d’enquête internationale sur la Syrie s’est dite « gravement préoccupée ». Elle appelle à la « retenue ».

« Zone de sécurité »

D’après les médias turcs, la Turquie envisage de prendre le contrôle de la bande entre Ras al-Aïn et Tal Abyad, longue de 120 kilomètres et profonde d’une trentaine de kilomètres, et d’ainsi éloigner de la frontière la principale milice kurde de Syrie, les Unités de protection du peuple (YPG).

Partenaires des Occidentaux dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI), les YPG sont considérées comme une organisation « terroriste » par Ankara pour leurs liens avec le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK).

Erdogan menace l’Europe

Pour Ankara, l’offensive doit permettre la création d’une « zone de sécurité » où pourront être installés une partie des 3,6 millions de réfugiés syriens vivant sur son territoire. Face aux critiques européennes, le président turc Recep Tayyip Erdogan a menacé d’ouvrir les portes du continent à des millions de réfugiés.

L’offensive est la troisième de la Turquie en Syrie depuis 2016. Sans aviation, il semble difficile pour les FDS de résister à l’armée turque. « La vraie interrogation, c’est jusqu’où peut aller la progression de la Turquie avant son arrêt par des acteurs régionaux ou internationaux », estime Nicholas Heras, analyste au centre de réflexion Center for New American Security.

Prisonniers djihadistes

La Norvège, pays allié de la Turquie au sein de l’Otan, a annoncé la suspension de toute nouvelle exportation d’armements vers Ankara.

L’offensive a été condamnée par plusieurs pays occidentaux, qui craignent l’incertitude quant au sort des milliers de djihadistes prisonniers des FDS. Selon l’administration semi-autonome kurde, des bombardements turcs ont touché mercredi une prison abritant des djihadistes étrangers.

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Malade, Elton John interrompt son concert

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Atteint d'une pneumonie, Elton John a dû quitter la scène lors d'un concert en Nouvelle-Zélande. (Archive/Willy Sanjuan/Invision/AP)

Elton John a interrompu brusquement un concert en Nouvelle-Zélande et s’est excusé au bord des larmes auprès de ses fans. La superstar britannique de 72 ans a expliqué qu’il souffrait d’une pneumonie, en plein milieu d’une tournée mondiale.

L’artiste peinait à chanter dimanche soir assis devant son piano lors de ce concert au stade Mount Smart d’Auckland. Après avoir été examiné par un médecin à l’aide d’un stéthoscope, il a chanté encore deux chansons avant de s’arrêter en plein milieu du concert: « Je ne peux pas chanter, je viens de perdre ma voix », a-t-il dit au public d’une voix rauque.

« Il faut que j’y aille, je suis vraiment désolé », a-t-il lâché, ému. Des séquences vidéo montrent Elton John vêtu d’un costume bleu poudre et portant ses lunettes surdimensionnées, debout au piano et haussant les épaules devant la foule, dans un geste d’impuissance.

Il a ensuite quitté la scène la tête baissée, aidé par les membres de son équipe, alors que la foule l’acclamait. « On m’a diagnostiqué une pneumonie atypique plus tôt dans la journée, mais j’étais déterminé à vous donner le meilleur spectacle possible », a-t-il ensuite écrit sur son compte Twitter.

« Très généreux »

Cette pneumonie provoquerait de légères infections du système respiratoire.

La Première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a dit qu’elle avait rencontré le chanteur avant son concert dimanche et qu' »on pouvait voir qu’il ne se sentait pas bien ».

« Etant donné qu’il a ce qu’on appelle une pneumonie atypique, le fait qu’il ait passé environ deux heures sur scène pour produire une telle performance était incroyable et très généreux », a déclaré Mme Ardern à des journalistes, louant l’engagement du chanteur vis-à-vis de son public

Centaines de concerts

Elton John est en Nouvelle-Zélande dans le cadre de sa tournée mondiale « Farewell Yellow Brick Road », qui a débuté en 2018 et doit se terminer à la fin de cette année à Londres. Avec des centaines de concerts à travers le monde, cette tournée est considérée comme la dernière chance de voir le chanteur avant qu’il ne prenne sa retraite.

Elton John doit se produire à Auckland mardi et jeudi avant de se rendre en Australie pour sept autres concerts. Le promoteur des étapes australienne et néo-zélandaise de la tournée, Chugg Entertainment, a déclaré que la star se reposait et que les événements allaient se poursuivre comme prévu.

« Les médecins sont confiants qu’il va se rétablir », a déclaré une porte-parole.

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Démission du dirigeant controversé de Thuringe

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EPA/FILIP SINGER
L’Allemagne se dirigeait jeudi vers des élections anticipées en Thuringe pour mettre un terme à une alliance locale inédite entre droite et extrême droite, qualifiée d' »impardonnable » par Angela Merkel et qui ranime le souvenir des années 1930 dans le pays.

A peine 24 heures après son élection comme dirigeant de cet Etat régional de l’ex-RDA grâce au soutien de l’extrême droite, Thomas Kemmerich, élu du petit parti libéral FDP, a annoncé sa démission et son intention de provoquer des élections anticipées.

« Nous voulons de nouvelles élections afin de retirer le stigmate du soutien de l’AfD », a-t-il annoncé.

Il avait été élu la veille avec les voix coalisées de son mouvement, du parti anti-migrants et anti-élite de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) et des élus régionaux de celui de la chancelière allemande, l’Union chrétienne-démocrate (CDU).

« Impardonnable »

En visite en Afrique du Sud, Angela Merkel a dénoncé un « acte impardonnable » et « un mauvais jour pour la démocratie ». C’est la première fois dans l’histoire d’après-guerre qu’un dirigeant régional est élu avec les voix de l’extrême droite et surtout la première fois que de facto la droite modérée fait alliance avec l’AfD, brisant ainsi un tabou politique.

Sur un ton d’une grande fermeté, la chancelière a catégoriquement rejeté toute entente avec l’extrême droite et demandé que le scrutin de Thuringe soit « annulé » par de nouvelles élections.

Autre conséquence de la bronca: le dirigeant national du FDP, Christian Lindner, a fait savoir qu’il allait poser la question de confiance aux militants de son parti.

Depuis la naissance il y a 7 ans de l’AfD, et contrairement à la situation chez le voisin autrichien par exemple, toutes les autres formations politiques allemandes, y compris la droite traditionnelle, excluent toute coopération avec ce parti anti-migrants et anti-élites, principale force d’opposition au Bundestag avec 89 députés.

Un mouvement dont la frange la plus radicale, pilotée justement depuis la Thuringe, remet en cause la culture allemande de repentance pour les crimes du IIIème Reich.

Des manifestations spontanées se sont déroulés dans plusieurs villes pour s’indigner du vote et dresser un parallèle avec les années 1930, lorsque le parti nazi d’Adolf Hitler réussit à conquérir le pouvoir notamment en concluant des alliances avec la droite traditionnelle.

En 1930, c’est justement dans la région de Thuringe que des responsables nazis étaient pour la première fois entrés dans un gouvernement régional. Trois ans plus tard, le 30 janvier 1933, Adolf Hitler devenait chancelier.

Sur les réseaux sociaux, la photo de la poignée de main entre le nouveau dirigeant de cet Etat régional et le chef de l’AfD dans cette région, le très radical Björn Höcke, côtoie celle d’une autre poignée de mains historique: entre Hitler et le vieux président du Reich Paul von Hindenburg lorsque ce dernier l’avait nommé chancelier.

Björn Höcke a par le passé appelé de ses voeux un « virage à 180° » de la culture mémorielle allemande. Et il s’est félicité du vote de mercredi en émettant l’espoir qu’il serait « remarqué » et servirait d’exemple dans le reste du pays.

Colère

L’AfD est de surcroît l’un des plus virulents opposants d’Angela Merkel et de sa politique migratoire depuis l’accueil en 2015 et 2016 d’un million de réfugiés.

La chancelière se retrouve avec plusieurs gros défis sur les bras. Elle doit gérer d’abord les tiraillements croissants au sein de son parti face à l’attitude à adopter à l’égard de l’extrême droite, en plein essor électoral. Les élus régionaux CDU de Thuringe n’ont pas tenu compte des avertissements de leurs chefs à Berlin en amont du vote.

Elle fait aussi face à Berlin à un gouvernement de coalition un peu plus fragilisé.

Le partenaire social-démocrate a menacé de remettre en question l’alliance actuelle avec les conservateurs si la situation en Thuringe n’était pas définitivement clarifiée.

Une réunion au sommet des responsables des trois partis du gouvernement a été convoquée pour samedi.

Le co-président du SPD, Norbert Walter-Borjans, a prévenu que son mouvement n’accepterait pas « de continuer comme si de rien n’était ».

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Trump acquitté à son procès en destitution

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52 sénateurs ont rejeté l'accusation d'abus de pouvoir contre Donald Trump. (©KEYSTONE/AP)

Donald Trump a été acquitté mercredi par le Sénat des Etats-Unis à l’issue d’un procès en destitution historique. Ce dernier a jeté une lumière crue sur les fractures de l’Amérique, sans jamais faire vaciller sa base électorale.

Clamant « victoire » face à une « mascarade », le président républicain a annoncé qu’il réagirait formellement jeudi en milieu de journée. Sans attendre, la Maison Blanche s’est réjouie qu’il ait été « pleinement innocenté ». Mais pour les démocrates, son acquittement n’a « aucune valeur », à défaut selon eux d’un procès « équitable ».

La mise en accusation de Donald Trump restera comme une tache indélébile sur un mandat truffé de scandales. Avant lui, seuls deux de ses prédécesseurs, Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, avaient connu une telle avanie.

Mais son procès a montré que l’ancien homme d’affaires de New York pouvait compter sur un parti républicain aux ordres, un atout de taille à neuf mois d’une élection où il briguera un second mandat de quatre ans.

Cette victoire politique a cependant été assombrie par la défection d’un élu républicain de premier plan: Mitt Romney, candidat malheureux à la Maison Blanche en 2012. Ce revers est douloureux pour un président qui s’enorgueillit d’avoir rassemblé le « Grand Old Party » derrière lui. Déception supplémentaire pour le magnat de l’immobilier: tous les élus démocrates ont, eux, fait bloc contre lui.

« Menace »

Lors d’un vote suivi en direct à la télévision par des dizaines de millions d’Américains, le Sénat a estimé, par 52 voix sur 100, que Donald Trump ne s’était pas rendu coupable d’abus de pouvoir, ni, avec 53 voix, d’entrave à la bonne marche du Congrès.

La majorité des deux tiers fixée par la Constitution n’ayant pas été atteinte, « Donald John Trump est de ce fait acquitté », a conclu le chef de la Cour suprême des Etats-Unis John Roberts, avant de donner le coup de marteau signifiant la fin de ce procès exceptionnel.

Son issue ne faisait guère de doute. Avant même le vote, la guerre des formules avait été engagée sur les leçons à en tirer. Donald Trump a été « acquitté pour toujours », clame la Maison Blanche. Donald Trump a été « mis en accusation pour toujours », rétorquent les démocrates.

Après le verdict, le ton est encore monté. Le président « reste une menace pour la démocratie américaine », a tonné la présidente démocrate de la Chambre des représentants Nancy Pelosi en le qualifiant de « voyou ».

« Je doute que mes collègues démocrates, qui sont mus par une haine illimitée du président, soient en mesure de passer à autre chose », a assené le sénateur Lindsey Graham, un proche du milliardaire.

Fractures

Les démocrates reprochent à Donald Trump d’avoir utilisé les moyens de l’Etat pour tenter de forcer l’Ukraine à « salir » son possible adversaire à la présidentielle Joe Biden.

Depuis que le scandale a éclaté, l’hôte de la Maison Blanche se dit victime d’une chasse aux sorcières orchestrée par ses adversaires qui n’auraient pas digéré sa victoire surprise de 2016.

La stratégie semble avoir, au moins en partie, porté ses fruits: selon le dernier sondage de l’institut Gallup, il enregistre 49% d’opinions favorables, un record depuis son arrivée au pouvoir.

Moins de 24 heures avant le vote du Sénat, Donald Trump avait vanté mardi soir, devant le Congrès réuni au grand complet, ses résultats « incroyables » dans un discours qui avait révélé les profondes fractures entre les trumpistes et les démocrates.

Alors que les républicains applaudissaient à tout rompre, debout, les élus de l’opposition sont restés de marbre, certains ont boycotté l’événement, d’autres sont partis. Donald Trump a lui ostensiblement évité de serrer la main à Nancy Pelosi qui, en retour, a déchiré dans un geste spectaculaire sa copie du discours.

« Erreur politique colossale »

Au-delà de Washington, le procès divise autant les Américains que leurs élus: 85% des électeurs démocrates soutenaient ces derniers jours la destitution du président, moins de 10% des républicains étaient pour, et la moyenne s’établissait légèrement au-dessous de 50%.

Son impact sur les élections est donc difficile à prédire, mais Donald Trump se dit convaincu que les électeurs pénaliseront les « démocrates-qui-ne-font-rien ». Ils ont commis une « erreur politique colossale » en tentant de le destituer, a renchéri le chef de la majorité républicaine du Sénat Mitch McConnell.

Pete Buttigieg, en tête des résultats partiels du premier vote des primaires démocrates dans l’Iowa, n’en est pas si sûr. « Le peuple américain aura le dernier mot sur Donald Trump et le trumpisme », a-t-il tweeté, affichant sa confiance.

Et les démocrates ont averti: ils n’en resteront pas là. L’élu Jerry Nadler a fait savoir mercredi que la Chambre convoquerait « probablement » l’ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton une fois le procès fini. Il semble détenir des informations embarrassantes pour Donald Trump mais les sénateurs républicains ont refusé de l’entendre pendant le procès.

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Kirk Douglas est décédé

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Kirk Douglas avait 103 ans (archives). (©KEYSTONE/AP/REED SAXON)

Sa fossette au menton et son sourire en coin étaient aussi légendaires que ses films: l’acteur Kirk Douglas, fils d’immigrés juifs désargentés devenu une icône de l’âge d’or d’Hollywood, est mort mercredi à l’âge de 103 ans, a annoncé son fils Michael Douglas.

« C’est avec une immense tristesse que mes frères et moi vous annonçons que Kirk Douglas nous a quittés aujourd’hui à l’âge de 103 ans. Pour le monde, il était une légende, un acteur de l’âge d’or du cinéma (…) mais pour moi et mes frères, Joel et Peter, il était simplement papa », écrit Michael Douglas sur sa page Facebook.

« Kirk a eu une belle vie et il laisse derrière lui des films pour les générations à venir, et le souvenir d’un philanthrope reconnu qui a oeuvré pour le bien public et la paix dans le monde », poursuit l’acteur.

« Kirk Douglas. Le chenapan qui m’a inspiré. 103 ans sur cette Terre. Ca sonne bien! C’était chouette de traîner avec toi », a salué sur Twitter l’acteur Danny DeVito.

Quant à l’Académie des Oscars, qui devrait certainement lui réserver un hommage dimanche lors de sa grande cérémonie annuelle, elle s’est contentée de dire « au revoir à une légende d’Hollywood » avec une citation de Kirk Douglas lui-même: « J’ai voulu être un acteur depuis que j’étais enfant à l’école primaire. J’ai fait une pièce, et ma mère m’a fait un tablier noir pour jouer un cordonnier. Après la représentation, (mon père) m’a donné mon premier Oscar: une crème glacée ».

Une centaine de films

De son vrai nom Issur Danielovitch Demsky, Kirk Douglas était né le 9 décembre 1916 à Amsterdam, petite ville de l’Etat de New York. Malgré son enfance misérable, ou peut-être à cause d’elle, ce fils de chiffonnier juif ayant fui la Russie n’avait d’yeux que pour le cinéma.

Après s’être enrôlé dans la Marine durant la Seconde Guerre mondiale, il décroche de petits rôles avant de rencontrer enfin le succès avec un rôle de boxeur acharné dans « Le Champion ».

Hollywood lui ouvre ses portes et il enchaîne les films, une centaine au total, dont les meilleurs sont devenus des classiques: « 20’000 lieues sous les mers » (1954), « Les Sentiers de la gloire » (1957) de Stanley Kubrick, qu’il retrouve pour « Spartacus » (1960), un péplum qui en fait une vedette mondiale. C’est d’ailleurs avec le mot-dièse #IamSpartacus que de nombreux anonymes lui rendaient hommage mercredi soir sur les réseaux sociaux.

Engagé et entêté

Acteur engagé, proche depuis toujours des démocrates, Kirk Douglas a l’audace, en pleine chasse aux sorcières maccarthyste dans les années 1950, d’embaucher un scénariste figurant sur la liste noire des personnes accusées de sympathies communistes.

Malgré la gloire, les succès et trois nominations dans les années 1950, Kirk Douglas n’a jamais obtenu d’Oscar au cours de sa carrière, son grand regret.

Il l’avait eu à portée de main avec « Vol au-dessus d’un nid de coucou », réalisé par Milos Forman en 1975, mais le rôle principal lui avait filé sous le nez. « C’est une tragédie pour moi. C’est Nicholson qui a eu le rôle et il a eu un Oscar. Et moi je n’en ai pas… », avait avoué Kirk Douglas.

La légende d’Hollywood aura dû attendre 1996 pour remporter un Oscar d’honneur récompensant l’ensemble de sa carrière. Il venait de subir une attaque cérébrale qui l’avait laissé paralysé d’un côté du visage, ce qui ne l’avait pas empêché de monter sur scène pour recevoir son prix et prononcer un discours.

Bien décidé à ne pas raccrocher les gants malgré ce handicap, Douglas l’entêté avait suivi une longue et pénible rééducation pour réapprendre à s’exprimer. Il avait ainsi prêté sa voix à un personnage des Simpsons avant de faire des apparitions dans quelques films, comme « Diamonds » en 1999, où il incarnait un boxeur victime d’un AVC… Kirk Douglas avait retrouvé pour l’occasion son amie de toujours, Lauren Bacall.

Séducteur

Après une attaque cardiaque en 2001, il avait retrouvé le chemin des plateaux pour « Une si belle famille », où il figurait en 2003 aux côtés de son fils Michael, de son petit-fils Cameron et de son ex-femme Diana Dill.

En 2009 encore, Kirk Douglas était remonté sur les planches d’un théâtre portant son nom près de Los Angeles pour quatre représentations d’un one-man show autobiographique.

Grand séducteur, il avait multiplié les conquêtes mais vivait depuis 1954 avec la même femme, Anne Buydens, rencontrée en France et devenue sa seconde épouse.

Un ami lui avait demandé « Kirk, pourquoi ton mariage dure si longtemps? ». Kirk Douglas disait lui avoir répondu: « C’est simple. J’ai dit à ma femme ‘si jamais tu me quittes, je pars avec toi' ».

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Un homme poignarde des passants dans le Sud de Londres

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Deux personnes ont été blessées lors d'une attaque au couteau ce dimanche dans le Sud de Londres. (AP/Victoria Jones)

La police a abattu dimanche un homme qui a poignardé plusieurs personnes dans une rue de Streatham, dans le sud de Londres. L’acte est qualifié de « terroriste » par les autorités. L’assaillant est décédé, a confirmé la police. Deux personnes ont été blessées.

Cette attaque intervient un peu plus de deux mois après une attaque au couteau qui a fait deux morts à London Bridge, en plein centre de la capitale britannique, et qui a conduit le gouvernement conservateur de Boris Johnson à annoncer un durcissement de la législation antiterroriste.

Dimanche, les faits ont eu lieu vers 14h00 heures locale (15h00 en Suisse) dans le quartier d’habitation de Streatham. Après avoir déclaré que des agents armés avaient tiré sur un homme ayant « poignardé plusieurs personnes », la police a fait savoir que deux personnes avaient été blessées.

Attaque « contenue »

« Nous attendons des nouvelles quant à leur état », a précisé la Metropolitan police sur Twitter, assurant que l’attaque avait été « contenue ». « Nous pouvons confirmer que l’homme sur lequel la police a tiré a été déclaré mort », a-t-elle poursuivi.

« Les circonstances sont en train d’être étudiées, l’incident a été qualifié de terroriste », a ajouté la police. Sur Twitter, le Premier ministre Boris Johnson a remercié les services de secours, ajoutant que ses pensées allaient aux « blessés et à tous ceux qui ont été affectés ».

Le maire de Londres Sadiq Khan a réagi en disant : « Les terroristes cherchent à nous diviser et à détruire notre mode de vie. A Londres, nous ne les laisserons jamais y parvenir ».

« Machette » et coups de feu

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent des policiers armés entourant un homme étendu sur le sol sur Streatham High Road. Les forces de l’ordre reculent ensuite brusquement et demandent aux témoins de la scène de faire de même, au moment où d’autres véhicules d’urgence arrivent sur les lieux.

Un témoin a raconté à l’agence de presse PA avoir vu un homme portant une machette pourchassé par un homme en civil : « Il s’est fait tirer dessus. Je pense avoir entendu trois coups de feu », a dit Gulled Bulhan, un étudiant de 19 ans.

Pas une première

Londres a été le théâtre de plusieurs attentats terroristes ces dernières années. Fin novembre, une attaque au couteau avait fait deux morts à London Bridge, un pont du centre de la capitale britannique, avant que l’assaillant ne soit abattu par la police.

L’auteur de l’attaque revendiquée par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI), Usman Khan, 28 ans, était un ancien détenu pour des faits de terrorisme libéré à mi-peine. Il participait sur les lieux des fait à un programme de réhabilitation pour anciens détenus.

Depuis, le gouvernement de Boris Johnson a annoncé des mesures aggravant les peines pour les auteurs d’actes terroristes et interdisant leur libération anticipée. Dans le projet, qui doit être étudié au Parlement, il est prévu que ceux qui sont condamnés pour des actes considérés comme terroristes soient emprisonnés pour au moins 14 ans.

Budget en hausse

En outre, le budget alloué à la lutte antiterroriste doit être nettement augmenté pour la période 2020/2021 et une aide immédiate de 500’000 livres supplémentaires doit être débloquée pour l’unité chargée d’aider les victimes d’attentats.

La famille d’une des deux personnes tuées en novembre, un jeune homme, avait déclaré que celui-ci, qui travaillait dans la réhabilitation des prisonniers, « ne voudrait pas que cet événement terrible et isolé soit utilisé comme prétexte par le gouvernement pour introduire des peines encore plus draconiennes ou pour maintenir en prison des gens plus longtemps que nécessaire ».

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