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Un Mirage disparaît dans le Jura français

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Un Mirage 2000 français a disparu des radars dans la région du Doubs et du Jura mercredi peu avant midi. (©KEYSTONE/AP/Petros Giannakouris)

Des débris d'un avion de chasse Mirage 2000D ont été retrouvés dans le Jura. Il avait disparu des écrans radar en fin de matinée mercredi avec deux militaires à son bord après son décollage de la base aérienne de Nancy-Ochey (Meurthe-et-Moselle).

Ils ont été localisés sur le territoire de la commune de Mignovillard autour de laquelle les recherches s'étaient concentrées, a indiqué une source proche des secours.

Selon le quotidien L'Est Républicain, un parachute et une carte figurent parmi ces débris retrouvés sur les hauteurs de Mignovillard, à 1050 mètres d'altitude.

D'importants moyens ont été déployés pour retrouver l'avion de chasse qui avait décollé de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey et qui a disparu des écrans radar vers 11h00.

"Le contact radio/radar a été perdu" avec ce Mirage 2000 D, qui effectuait "un vol d'entraînement aux missions en basse altitude", a indiqué l'Armée de l'air dans un communiqué."Les moyens de recherches et de secours ont été activés immédiatement pour retrouver l'appareil et son équipage", a-t-elle poursuivi.

Le plan Sauvetage aéro-terrestre (Sater), qui encadre la recherche "d'un aéronef qui aurait pu se poser ou tomber", a été déclenché par le préfet du Doubs à 11h45, a précisé la préfecture. Un centre opérationnel départemental a été activé dans les minutes suivantes.

Les deux militaires qui étaient à bord ne se sont pas manifestés, a-t-on ajouté de même source.

"Recherches opérationnelles"

"On sait qu'il s'est passé quelque chose d'anormal", a déclaré à l'AFP une source militaire.

Sur son compte Facebook, la gendarmerie du Jura a précisé que l'avion avait disparu "alors qu'il survolait le massif jurassien entre Mouthe (Doubs)/ Mignovillard (Jura) et la frontière suisse". La gendarmerie a invité "toute personne ayant des informations sur l'éventuel lieu du crash ou sur les pilotes" à la contacter.

"Le peloton de gendarmerie de montagne des Hauts-de-Bienne et la section de recherches de la gendarmerie de l'air de Vélizy-Villacoublay sont engagés sur les recherches opérationnelles d'un Mirage 2000D de l'armée française disparu en vol à 11h00", a ajouté la gendarmerie nationale sur Twitter.

Accidents mortels

Le dernier accident mortel ayant affecté l'Armée de l'air remonte au 1er mars 2011. Le pilote et le navigateur d'un Mirage 2000, basé à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saöne), s'étaient tués dans le crash de leur appareil dans la Creuse.

Plus récemment, le 28 septembre 2017, un Mirage 2000 français s'était écrasé au décollage sur la base de N'Djamena au Tchad. Le pilote et le navigateur étaient parvenus à s'éjecter.

Parmi les autres accidents survenus ces dernières années, un Alphajet s'était écrasé le 10 décembre 2014 à l'entraînement sur un foyer pour handicapés proche de Tours, faisant un mort et quatre blessés au sol.

Auparavant, le 5 juin 2013, un Mirage 2000-5 s'était crashé en Haute-Saône peu après son décollage de la base de Luxeuil-les-Bains, une turbine ayant happé un oiseau. Le pilote, qui s'était éjecté, avait été blessé à une jambe.

Le Mirage 2000 est un chasseur-bombardier polyvalent. Mis en service en avril 1993, cet appareil construit par Dassault est biplace (un pilote et un navigateur officier systèmes d'armes). Il peut voler jusqu'à une vitesse de 2,2 mach à une altitude opérationnelle supérieure à 15.000 mètres et peut emporter six tonnes d'armement.

(KEYSTONE-ATS)

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Conte démissionne et plonge l'Italie dans l'incertitude

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Giuseppe Conte, avocat et professeur de droit de 56 ans qui n'a jamais été candidat à une élection, était un illustre inconnu lorsqu'il a pris la tête d'un premier gouvernement en juin 2018. (©KEYSTONE/EPA/ROBERTO MONALDO/POOL)

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont la coalition a été lâchée par un parti pivot, a présenté mardi sa démission. Il tentera dans la foulée de former un nouveau gouvernement pour sortir le pays de la double crise économique et sanitaire.

Le deuxième gouvernement formé en septembre 2019 par Giuseppe Conte - une coalition entre le PD (centre-gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème avant son arrivée au pouvoir) - est arrivé mardi à son terme au bout de 509 jours d'existence.

Le président de la République Sergio Mattarella a reçu en milieu de journée M. Conte "qui a remis la démission de son gouvernement". "Le président (...) a invité le gouvernement à rester en fonction pour gérer les affaires courantes", précise un communiqué de la présidence de la République.

Giuseppe Conte a présidé mardi matin un conseil des ministres pour informer son gouvernement de sa démission imminente, sonnant le coup d'envoi d'une énième crise dans l'histoire politique italienne. Il avait pris acte lundi de l'impossibilité de trouver une nouvelle majorité parlementaire après la défection du petit parti de l'ex-chef du gouvernement Matteo Renzi.

Espoir

M. Conte espère néanmoins obtenir un mandat du président Sergio Mattarella pour tenter de former un nouveau gouvernement, son troisième depuis 2018, et mettre en oeuvre un plan de plus de 200 milliards d'euros censé relancer le moteur de la troisième économie de la zone euro, refroidi par la pandémie qui a fait plus de 85.000 morts dans le pays.

Il devrait lancer rapidement des consultations tous azimuts avec les partis politiques, une chasse au consensus qui s'annonce des plus compliquées.

Car le chef du gouvernement - un avocat et professeur de droit très proche du Mouvement 5 Etoiles, tombé dans la marmite politique un peu par hasard en 2018 - a anticipé une gifle politique cinglante qui se profilait au Sénat mercredi.

Les sénateurs devaient se prononcer sur des réformes du ministre de la Justice Alfonso Bonafede (M5S), qui prévoyait notamment l'adoption de nouvelles règles en matière de procès civils et pénaux, ou encore l'abolition de la prescription après la première condamnation.

Un vote qui se profilait comme un référendum contre le gouvernement.

Elargir ou partir

La crise politique avait été déclenchée par l'ex-Premier ministre Matteo Renzi (2014-2016), qui a retiré son petit parti Italia Viva de la coalition au pouvoir le 13 janvier, après des semaines de critiques sur la gestion de la crise sanitaire et les plans de dépenses économiques de M. Conte.

Pour pouvoir rester au pouvoir et éviter la démission, M. Conte a dû se présenter devant le Parlement la semaine dernière pour un vote de confiance des deux chambres.

Facile à la chambre basse, le vote au Sénat a été remporté de justesse, avec seulement une majorité relative après l'abstention des sénateurs d'Italia Viva.

M. Conte a été forcé de constater qu'il ne rallierait pas suffisamment de parlementaires indépendants ou dissidents pour rester au pouvoir avec un simple remaniement ministériel.

"Le calcul de Conte, c'est qu'en prenant les devants, et donc en évitant une défaite humiliante au Sénat, il augmentera ses chances d'obtenir de Mattarella un mandat pour former un nouveau gouvernement", analyse Wolfango Piccoli, du cabinet d'études Teneo.

Mais si M. Conte pourra offrir de nouveaux fauteuils ministériels en monnaie d'échange, la difficulté d'élargir sa majorité reste entière. En cas d'échec, il devra prendre définitivement la porte.

Et ses soutiens actuels - le secrétaire général du PD, Nicola Zingaretti, et le ministre des Affaires étrangères Luigi Di Maio (M5S)- seraient contraints de le lâcher et chercher un autre poulain pour former un gouvernement.

Reste l'hypothèse de la convocation de nouvelles élections législatives. Une perspective à haut risque pour le gouvernement de centre-gauche: selon les enquêtes d'opinion, la victoire reviendrait au bloc formé par la droite de Silvio Berlusconi (Forza Italia) et l'extrême droite (la Ligue de Matteo Salvini et le parti Fratelli d'Italia).

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Janet Yellen confirmée première femme à diriger le trésor américain

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Janet Yellen a été présidente de la Fed de 2014 à 2018 (Archives © KEYSTONE/EPA/JIM LO SCALZO)

Janet Yellen, l'ancienne présidente de la banque centrale américaine (Fed), a été confirmée lundi par le Sénat pour devenir la première femme secrétaire au trésor. Elle est la troisième membre du gouvernement à avoir été acceptée par la chambre haute du Parlement.

La nomination du chef du Pentagone Lloyd Austin et celle de la directrice du renseignement Avril Haines avaient déjà reçu le feu vert. Le vote sur la nomination du secrétaire d'Etat Antony Blinken devrait avoir lieu mardi.

Démocrate et économiste respectée de 74 ans, l'ex-patronne de la Fed a été choisie par le président Joe Biden pour remplacer Steven Mnuchin à la tête du ministère de l'économie et des finances. Elle sera le visage de la politique économique du pays en proie à une crise économique causée par la pandémie de Covid-19.

Lors d'un grand oral au congrès la semaine dernière, celle qui va tenir les cordons du budget américain avait vigoureusement appuyé le plan de relance proposé par le nouveau président américain Joe Biden. Il faut "voir grand", avait plaidé Mme Yellen.

Le gouvernement Biden veut faire passer un gigantesque plan d'aide d'urgence à l'économie de 1900 milliards de dollars. Celui-ci comprend des aides d'urgence pour les ménages les plus vulnérables et les petites entreprises.

Flou sur les impôts

"Il y a un consensus à présent: sans nouvelle action, nous risquons une récession plus longue et plus dure et des cicatrices sur l'économie à long terme", avait justifié Janet Yellen devant les sénateurs.

La pandémie et son cortège de restrictions à l'activité a mis le marché du travail américain à genoux. Près de seize millions d'Américains vivent actuellement grâce aux allocations chômage.

Sur la question des ressources de l'Etat et des impôts, la future secrétaire au trésor a indiqué qu'elle était d'accord d'augmenter le taux d'imposition des entreprises à 28%. En 2017, le gouvernement Trump l'avait fait tomber de 35% à 21%.

Les objectifs de réforme pour imposer les plus riches sont moins clairs. Mme Yellen a indiqué que ce ne serait pas "une taxe sur la richesse", mais qu'il s'agirait d'un surcroît d'impôts sur les revenus issus d'investissements pour les foyers qui dégagent un revenu supérieur à un million de dollars.

S'agissant de la politique commerciale, Mme Yellen a annoncé sans surprise que, vis-à-vis de la Chine, les États-Unis d'Amérique allaient s'inscrire dans le sillage du précédent exécutif, en déployant un large arsenal d'outils pour contrer les pratiques "abusives", "injustes" et "illégales" de Pékin.

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Italie: le Premier ministre démissionnera mardi

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Giuseppe Conte espère obtenir un mandat du président Sergio Matterella pour tenter de former un nouveau gouvernement, affirment les médias italiens. (© KEYSTONE/EPA/AFPA/CAROFEI MISTRULLI / POOL)

Le Premier ministre italien Giuseppe Conte a annoncé lundi soir qu'il présenterait sa démission mardi. Il était en quête d'une nouvelle majorité depuis la défection d'un parti membre de sa coalition.

M. Conte a convoqué un Conseil des ministres mardi à 09h00 destiné à "informer les ministres de son intention de se rendre au Quirinale (siège de la présidence de la République) pour démissionner", indique un communiqué de ses services.

Il espère obtenir un mandat du président Sergio Matterella pour tenter de former un nouveau gouvernement, le troisième depuis 2018, et mettre en oeuvre un plan de plus de 200 milliards d'euros censé relancer le moteur de la troisième économie de la zone euro, refroidi par la pandémie qui a fait plus de 85'000 morts dans le pays.

La crise politique a été déclenchée par l'ex-Premier ministre Matteo Renzi (2014-2016), qui a retiré son petit parti Italia Viva (IV) de la coalition au pouvoir le 13 janvier, après des semaines de critiques sur la gestion de la crise sanitaire et les plans de dépenses économiques de M. Conte.

IV faisait partie de la majorité aux affaires depuis l'été 2019 avec le Parti démocrate (PD, centre-gauche) et le Mouvement 5 Etoiles (M5S, antisystème avant son arrivée au pouvoir), soutenus au parlement par de petites formations.

Tractations tendues

Pour pouvoir rester au pouvoir et éviter la démission, M. Conte a dû se présenter devant le Parlement la semaine dernière pour un vote de confiance des deux chambres. Facile à la chambre basse, le vote au Sénat a été remporté de justesse, avec seulement une majorité relative après le retrait des sénateurs d'IV.

M. Conte menait depuis des tractations tendues en coulisses dans l'espoir de s'assurer le ralliement de parlementaires indépendants ou dissidents qui lui auraient éventuellement permis de rester aux commandes en remaniant son équipe. Sans succès.

Dos au mur, M. Conte n'avait plus d'autre choix que de remettre son mandat en jeu - en espérant néanmoins conserver la confiance du président. D'autant que son ministre de la Justice doit présenter cette semaine au Sénat une réforme quasiment assurée d'être retoquée, un revers qui aurait mis son gouvernement en minorité et l'aurait de toute façon contraint à se démettre.

PD et M5S partants

"Le calcul de Conte, c'est qu'en prenant les devants, et donc en évitant une défaite humiliante au Sénat, il augmentera ses chances d'obtenir de Mattarella un mandat pour former un nouveau gouvernement", analysait mardi soir dans une note Wolfango Piccoli du cabinet d'études Teneo.

Le secrétaire général du PD, Nicola Zingaretti, a fait savoir lundi soir après l'annonce de M. Conte que ses troupes soutiennent la formation d'un nouveau gouvernement avec le Premier ministre sortant.

"Avec Conte pour un nouveau gouvernement clairement pro-européen soutenu par une large base parlementaire, qui garantisse crédibilité et stabilité pour affronter les grands défis de l'Italie", a-t-il écrit sur son compte Twitter. "Nous restons aux côtés de Conte", ont écrit dans un communiqué conjoint les dirigeants du M5S aux deux chambres, Davide Crippa et Ettore Licheri.

Eviter des élections

S'il obtenait un mandat de la présidence pour essayer de recomposer un gouvernement, M. Conte devrait chercher à élargir sa majorité. "Il est encore trop tôt pour dire s'il réussira", a prévenu Wolfgango Piccoli, soulignant que s'il échouait, le M5S et le PD pourraient "lâcher Conte et chercher un autre candidat".

L'ancien avocat, qui n'a jamais brigué de mandat électif, pourrait paradoxalement bénéficier des sondages.

Aucun parti du centre et de gauche n'a en effet intérêt à précipiter des élections législatives anticipées dont les enquêtes d'opinion indiquent qu'elles permettraient à la droite de Silvio Berlusconi (Forza Italia), associée à l'extrême droite (Lega et Fratelli d'Italia), de l'emporter.

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Deuxième nuit d'émeutes aux Pays-Bas

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Des affrontements ont opposé la police anti-émeute, qui a fait usage de canons à eau, à des groupes de protestataires dans la ville portuaire de Rotterdam. (© KEYSTONE/EPA/KILLIAN LINDENBURG / MEDIATV)

Plusieurs villes des Pays-Bas étaient le théâtre d'émeutes lundi, pour la deuxième nuit consécutive. Cela après l'imposition ce week-end d'un couvre-feu afin de lutter contre la pandémie.

Des affrontements ont opposé la police anti-émeute, qui a fait usage de canons à eau, à des groupes de protestataires dans la ville portuaire de Rotterdam, ainsi que dans la petite ville de Geleen (Sud), près de Maastricht, ont rapporté la police et des médias.

"Une confrontation est en cours entre la police anti-émeutes et des jeunes qui leur lancent des feux d'artifice", a indiqué dans un tweet la police de Geleen. "Une personne a été arrêtée".

Arrestations

Le maire de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb, a pris un décret autorisant la police à multiplier les arrestations. "Des arrestations ont eu lieu", a indiqué la mairie de Rotterdam dans un tweet. "Il est instamment demandé de quitter les lieux".

Plus tôt dans la journée, le premier ministre Mark Rutte a condamné "la violence criminelle" des premières émeutes, qui ont eu lieu dimanche, estimant qu'il s'agissait "des pires émeutes en quarante ans".

La police a arrêté dimanche 250 personnes lors des manifestations à Amsterdam, Eindhoven et d'autres villes, ont indiqué les médias locaux.

"Le virus nous prend notre liberté"

"Cela n'a rien à voir avec la lutte pour la liberté. Nous ne prenons pas toutes ces mesures pour rire. Nous le faisons car nous combattons le virus et que c'est pour l'instant le virus qui nous prend notre liberté", a ajouté le Premier ministre, estimant que "99%" des Néerlandais soutiennent les restrictions.

Les Pays-Bas ont entamé samedi leur premier couvre-feu depuis la Seconde Guerre mondiale. Il est interdit de sortir de chez soi entre 21h00 et 04h30, et ce au moins jusqu'au 9 février. Tout contrevenant encourt une amende de 95 euros.

Le Premier ministre avait déclaré mercredi que la décision d'instaurer un couvre-feu avait été confortée par la propagation du variant britannique du coronavirus.

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Ouverture du procès en destitution de Trump aux Etats-Unis

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Les neuf "procureurs" démocrates ont été désignés par la présidente démocrate de la chambre des représentants, Nancy Pelosi. (© KEYSTONE/EPA/J. Scott Applewhite / POOL)

L'acte de mise en accusation pour "incitation à l'insurrection" dans la procédure en destitution de l'ancien président américain Donald Trump a été formellement transmis lundi soir au Sénat américain. Cette étape marque l'ouverture officielle d'un procès historique.

Dès mardi, le Sénat convoquera officiellement l'ex-président américain pour ce procès, qui ne démarrera toutefois que le 9 février. Les sénateurs prêteront serment ce même jour pour devenir jurés dans cette procédure doublement historique: Donald Trump est le premier président des Etats-Unis à tomber deux fois sous le coup d'un "impeachment" et il sera le premier à être jugé après avoir quitté la Maison-Blanche.

Dans un silence solennel, les neuf "procureurs", élus désignés par la présidente démocrate de la chambre des représentants Nancy Pelosi, ont traversé lundi soir les longs couloirs ornés de statues et de tableaux pris d'assaut par des manifestants pro-Trump, il y a moins de trois semaines.

Puis leur chef, Jamie Raskin, a lu l'acte d'accusation pour "incitation à l'insurrection" dans l'hémicycle du Sénat, ses mots résonnant avec d'autant plus de force que tous ici, élus de la chambre et sénateurs, ont été témoins et victimes des violences.

Cinq morts

"Donald John Trump" a incité "à la violence" et "gravement mis en danger la sécurité des États-Unis et de ses institutions" a déclaré l'élu démocrate, en citant notamment ses "fausses déclarations" niant la victoire de son rival Joe Biden lors de la présidentielle de novembre.

Le milliardaire républicain est accusé d'avoir incité ses partisans à se lancer à l'assaut du siège du congrès, pendant que les parlementaires certifiaient la victoire du démocrate. "Vous ne reprendrez jamais notre pays en étant faibles. Vous devez montrer de la force et vous devez être forts", avait-il lancé aux manifestants peu avant l'attaque du Capitole, qui a fait cinq morts.

Une semaine jour pour jour après l'assaut, la chambre des représentants avait voté sa mise en accusation ou "impeachment", le 13 janvier. Ces violences ont bouleversé l'Amérique et poussé plusieurs grands noms républicains à dénoncer le comportement du tempétueux milliardaire.

Mais une condamnation au Sénat apparaît à ce stade improbable, le magnat de l'immobilier, toujours très populaire auprès de ses électeurs, comptant encore sur des soutiens clés à la chambre haute.

Divisions républicaines

Les démocrates contrôlent désormais le congrès. Mais leur majorité est extrêmement fragile au Sénat: ils occupent 50 sièges contre 50 pour les républicains. En cas d'égalité parfaite dans un vote, la vice-présidente Kamala Harris a le pouvoir de faire pencher la balance du côté démocrate. Mais, ils auront besoin de 67 voix pour condamner Donald Trump. L'objectif semble difficile à atteindre.

Même si le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, n'a pas exclu de voter pour sa condamnation, il ne compte pas influencer ses troupes publiquement. "Je trouve ce procès stupide", avait tonné dimanche le sénateur Marco Rubio sur Fox. "Le pays est déjà en flammes et cela revient à verser de l'huile sur ce feu".

D'autres espèrent même bloquer la tenue du procès, en déclarant anticonstitutionnel de juger un ex-président. "Ridicule", a rétorqué le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer. Cette "théorie [...] reviendrait à donner un passe-droit constitutionnel à tous les présidents."

Ouverture le 9 février

Grand critique de Donald Trump, le sénateur Mitt Romney est l'un des rares républicains à soutenir la procédure, sans toutefois se prononcer encore sur le sens de son vote. Cet ex-candidat à la présidentielle fut le seul républicain à condamner M. Trump lors de son premier procès en destitution, en février 2020 dans l'affaire ukrainienne. Le président avait alors été acquitté.

Cette fois, c'est le sénateur démocrate Patrick Leahy, président pro tempore du Sénat, qui présidera le procès et non le juge de la cour suprême John Roberts.

Le report de l'ouverture du procès au 9 février est le fruit d'un accord entre républicains et démocrates. Il laisse plus de temps au milliardaire républicain pour préparer sa défense et à Joe Biden de mettre sur les rails sa présidence, en voyant plus de membres de son cabinet confirmés par le Sénat et, espère-t-il de premiers grands projets de lois adoptés au congrès.

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