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Coronavirus: Cas en hausse en Suisse

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Avec l'arrivée du coronavirus en Suisse, la plupart des cantons, comme le Tessin, ont mis des hotlines en place pour répondre au public. (©KEYSTONE/Pablo Gianinazzi)
Les cas de coronavirus se sont multipliés en Suisse ce week-end. Quarante-cinq élèves et neuf enseignants dans un lycée technique de Bienne sont mis en quarantaine pendant 15 jours: il s'agit de la première mesure de ce genre prise dans une école.

Tandis que le premier cas de coronavirus était annoncé au Tessin mardi dernier, les annonces se sont multipliées en Suisse depuis jeudi. Dimanche en fin de journée, le nombre de cas confirmés annoncés par l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) s'élevait à 24 dans 11 cantons (AG, BE, BL, BS, FR, GE, GR, TI, VD, VS, ZH).

Les Grisons sont en tête avec 6 cas, suivi de Genève (5). En Suisse romande, quatre cantons sur six sont touchés pour l'heure, à l'exception du Jura et de Neuchâtel. Au total, plus de 1300 cas suspects ont été testés jusqu'ici.

Sans céder à la panique, le gouvernement se prépare à faire face à un large éventail de scénarios. "Ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être plus après-demain", souligne le ministre de la santé Alain Berset dans Le Matin Dimanche. "Il y aura plus de cas, c’est clair", estime-t-il en précisant que le plus important est de contenir l'évolution de l'épidémie.

Dans la SonntagsZeitung, il rappelle qu'il faut suivre les mesures de précaution et d'hygiène, notamment en évitant de se faire la bise. Il faut immédiatement arrêter les poignées de main, selon les nouvelles recommandations que devrait publier la Confédération dans les jours à venir.

Les gens seront invités à diminuer les contacts entre eux, par des mesures de distanciations sociale, précise Daniel Koch, responsable de la division maladies transmissibles de l'OFSP, à la NZZ am Sonntag. Plusieurs communautés religieuses ont déjà pris des mesures.

Interdiction de manifestation

La mesure annoncée vendredi par le Conseil fédéral d'interdire toutes les manifestations de plus de 1000 personnes a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux pendant le week-end. Cela ne signifie pas que les événements avec 999 personnes ou moins seront autorisés d'office, a relevé samedi Daniel Koch.

Les organisateurs et les cantons sont tenus de peser les risques. Les cantons vont se mettre d'accord sur les critères à appliquer dès lundi.

Ce qui ne sera certainement pas aisé. Le canton de Berne a déjà durci les mesures décidées par le Conseil fédéral. Coire serre aussi la vis: tout rassemblement comprenant plus de 50 individus est interdit, sauf exceptions.

Vers des contrôles à Genève-Cointrin

A Genève, des mesures pourraient être prises à l'aéroport, a indiqué dans le "12:45" de la RTS Didier Pittet, chef du service de prévention et contrôle de l’infection aux Hôpitaux universitaires de Genève.

Des médecins, des infirmières et des militaires pourraient être déployés afin d'examiner les cas suspects, si la décision est prise par la Confédération, a expliqué le spécialiste. Le dispositif a été discuté et son application pourrait être décidée ces prochains jours.

L'examen se déroulerait à l'aéroport même. Si le plan est mis en vigueur, ce ne sont pas tous les passagers de Cointrin qui seront affectés mais uniquement ceux en provenance de certains pays ou régions où le risque d'infection au Covid-19 est jugé plus élevé.

Situation "inquiétante" en Italie

En ce moment, la plupart des cas de coronavirus annoncés en Suisse sont liés à l'Italie, a déclaré Daniel Koch devant la presse samedi à Berne. Mais "il est possible que tous ne le soient pas parmi ceux en cours de validation", a-t-il nuancé. Dimanche, aucune contamination survenue directement en Suisse même n'avait encore été signalée.

Pour le responsable de l'OFSP, la situation en Italie reste "inquiétante", car de nombreux cas n'ont pas été décelés. Une fermeture des frontières n'est pourtant pas à l'ordre du jour, a-t-il insisté tout en soulignant que l'intérieur de la Suisse n'était pas plus protégé contre la maladie que les régions frontalières.

Seniors en première ligne

Il a rappelé que les personnes âgées de plus de 60 ans sont en première ligne avec le Covid-19. Les enfants sont en revanche peu menacés. "C'est la raison pour laquelle nous n'envisageons pas actuellement de fermer les écoles. D'autant plus que si c'était le cas, les grands-parents seraient sollicités pour garder les enfants et c'est ce que nous voulons éviter."

Ce principe ne pourra pas forcément être tenu. Deux classes ont été mises en quarantaine dimanche dans un lycée technique à Bienne: cette mesure concerne 45 élèves et 9 enseignants. Une jeune femme de 21 ans, revenant d’un voyage à Milan il y a une semaine et infectée par le Covid-19, y étudie.

Le haut fonctionnaire a encore demandé à la population de faire preuve de patience et de discernement pour ne pas engorger le système sanitaire qui doit pouvoir se concentrer sur les cas graves. Pour l'instant, il y a assez de tests disponibles.

Pas de pénurie

Pas de signe de pénurie non plus dans les magasins, même si les masques ont disparu depuis longtemps des rayons et qu'il faut parfois se rendre dans plusieurs boutiques avant de dénicher un désinfectant pour les mains. La demande de produits de consommation courante a elle sensiblement augmenté à l'échelle de la Suisse, selon la Migros et la Coop.

Le monde du travail pourrait être impacté. Eric Scheidegger, chef de la direction de la politique économique au secrétariat d'État à l'économie (SECO) a rappelé que des entreprises peuvent faire des demandes d'indemnités pour chômage partiel à la suite de l'épidémie de coronavirus. Plusieurs cantons ont déjà reçu des demandes allant dans ce sens.

Le chef du Département fédéral de l'économie (DFE) Guy Parmelin réunira cette semaine un sommet de crise consacré au thème du coronavirus. Les partenaires sociaux, les associations de branches pourront y faire part de leurs craintes et demandes à propos des effets économiques de l'épidémie, a confirmé dimanche à AWP une porte-parole du DFE, revenant sur un article de la SonntagsZeitung.

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Un retour à la normale le 20 avril est "illusoire"

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Seul point de repère concédé par les autorités fédérales, cette vague de cas de coronavirus devrait appartenir au passé au début de l'été, a estimé Daniel Koch (gauche), responsable des maladies transmissibles à l'Office fédéral de la santé publique (©KEYSTONE/PETER KLAUNZER)
Un retour à la normale après le 19 avril, date butoir des mesures actuelles prises en Suisse contre le coronavirus, est "illusoire". Le conseiller fédéral Alain Berset appelle la population à se montrer "endurante dans sa solidarité", malgré l'arrivée des beaux jours.

"Ce mois d'avril sera inhabituel cette année", a déclaré le ministre de la santé mardi aux médias après avoir visité un "drive-in" de tests à Lucerne. Conscient que la venue de températures clémentes donne envie de sortir de chez soi pour profiter ensemble du beau temps, il a appelé la population à résister à la tentation: "Nous devons nous montrer endurants dans la solidarité."

Rappelant que le nombre de cas de coronavirus continue d'augmenter en Suisse, Alain Berset a souligné que la situation demandait de la flexibilité. Dire quelles mesures pourraient être prises après Pâques n'est ainsi pas encore possible. "Les mesures peuvent être adaptées à tout moment. Nous devons rester flexibles", a-t-il déclaré. Il en va de même pour les écoles.

Vivre au ralenti

Seule certitude, il n'y aura pas de retour à la normale en Suisse dès le 20 avril, au lendemain de la période de fermeture des établissements publics et privés décrétée à la mi-mars par Conseil fédéral. C'est "illusoire", a souligné le chef du département de l'intérieur.

"La Suisse continue de vivre, mais elle vit au ralenti, aussi dans le domaine de la vie sociale", a commenté Alain Berset. "Nous verrons quelles mesures feront sens à l'avenir. Chaque pays décide des mesures qui lui semblent les plus adaptées", a-t-il répondu à une journaliste évoquant le cas de la Suède, dont les mesures sont moins contraignantes tout en restant efficaces.

Pour le Conseil fédéral, il est primordial que les mesures qu'il décide soient susceptibles d'être acceptées par la population, a répété une nouvelle fois le Fribourgeois.

Vague passée au début de l'été

La Confédération concède tout de même un point de repère à l'horizon: la vague de cas de coronavirus devrait appartenir au passé au début de l'été, estime Daniel Koch, responsable des maladies transmissibles à l'Office fédéral de la santé publique (OFSP), présent lui aussi à Lucerne. Les mesures contraignantes seront assouplies "dès que la situation le permettra".

Le coronavirus n'aura alors pas disparu du radar pour autant. Certaines mesures de protection devront être maintenues à plus long terme.

Le "drive-in", exemple de fédéralisme

Concernant sa visite, Alain Berset s'est montré impressionné par l'installation lucernoise permettant de se faire tester au coronavirus sans descendre de sa voiture. Situé en marge de la ville, sur les plaines de l'Allmend, elle accueille toute personne envoyée par son médecin. De cette manière, "on soulage les hôpitaux et on économise du matériel", s'est réjoui le conseiller fédéral.

A l'image de ce "drive-in", la multiplicité des solutions trouvées par les cantons pour faire face à la crise du coronavirus est "une qualité de la Suisse", a salué le ministre socialiste. "Une situation exceptionnelle ne signifie pas le centralisme, mais avec des décisions rapides de la Confédération et une collaboration étroite avec les cantons." Et Alain Berset d'ajouter: "Le fédéralisme et la solidarité fonctionnent en Suisse."

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L'UDC présente sa stratégie économique

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L'UDC réclame le port du masque obligatoire pour tous. La conseillère nationale Magdalena Martullo-Blocher, ici en compagnie du chef du groupe parlementaire UDC Thomas Aeschi, a montré l'exemple durant la dernière session (archives). (©KEYSTONE/PETER KLAUNZER)
La pandémie de coronavirus sera beaucoup plus dévastatrice pour l'économie que pour la santé des Suisses, anticipe l'UDC. Le parti demande au Conseil fédéral de préparer le redémarrage au plus vite de l'économie et prône le port du masque obligatoire pour tous.

Il a présenté mardi à la presse en conférence téléphonique la stratégie de sortie de crise soutenue à l'unanimité par son groupe parlementaire. Le Conseil fédéral a pris des mesures qui protègent les personnes à risque, mais qui provoquent aussi des dégâts massifs sur l'économie et pour toute la population. D'autres mesures sont nécessaires après le 19 avril.

Selon la Banque nationale suisse, la Suisse perd actuellement 15 milliards de francs par mois. L'effet du paquet d'aide de 42 milliards sera épuisé au bout de deux mois et demi et ne suffira pas à revitaliser l'économie, juste à limiter les dégâts, a expliqué le conseiller national Franz Grüter (LU).

Continuer avec de nouveaux paquets d'aide ne ferait que léguer des dettes aux générations futures. Il faut protéger les groupes à risque et les isoler autant que possible. Mais les personnes qui ne sont pas malades doivent retourner au travail. C'est à ce prix que l'économie et la société pourront à nouveau fonctionner.

Masques obligatoires

Le parti ne veut mettre personne en danger. Les actuelles consignes en matière d'hygiène doivent absolument être respectées. Mais contrairement à ce que disent les autorités suisses, les masques d'hygiène sont un complément utile pour éviter la propagation de la maladie et il faut en imposer l'usage obligatoire.

De nombreux pays ont généralisé l'usage des masques. L'Autriche a déclaré le port obligatoire lundi et contrairement à ce que disent les autorités suisses, des études prouvent l'efficacité des masques, selon l'UDC.

"Ils ne sont pas si difficiles à utiliser: 1,4 milliard de Chinois y arrivent et c'est plus facile que respecter une distance de 2 mètres entre les personnes", a relevé Magdalena Martullo-Blocher.

Le parti invite la Confédération à se procurer des masques pour l'ensemble de la population, si nécessaire en Chine. L'UDC appelle aussi le Conseil fédéral à prendre exemple sur le pays pour préparer concrètement le redémarrage de l'économie.

Rouvrir les écoles

Pour que l'économie puisse à nouveau fonctionner, l'interdiction de travailler doit être abolie pour les métiers pour lesquels le travail à domicile est impossible. Le travail et les écoles doivent reprendre par étapes.

Les restaurants et les magasins devraient rouvrir en respectant les mesures d'hygiène, sous réserve d'une interdiction pour les clients appartenant à un groupe à risque. L'interdiction de se rassembler doit être assouplie. Les besoins des régions doivent être pris en compte. Il faut permettre des solutions particulières pour les cantons frontaliers, a justifié Christoph Blocher.

Protection des frontières

L'UDC prône encore le renforcement des restrictions d'entrée aux frontières. Il faut éviter que les groupes à risques immigrent en Suisse et transmettent le virus, a expliqué l'ancien conseiller fédéral.

Même les Suisses qui voudraient revenir au pays devront être mis en quarantaine le cas échéant, a précisé le Zurichois. Les personnes testées positives au Covid-19 devront elles aussi être placées dans une quarantaine stricte.

Il n'est pas exclu que le Conseil fédéral prolonge l'état de situation extraordinaire après le 19 avril. L'UDC en est consciente, elle appelle le gouvernement à ne pas prolonger le régime d'urgence au-delà de fin mai et à préparer concrètement la sortie de crise.

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701 cas d'infections en plus sur sol helvétique

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Depuis le premier cas de covid-19 confirmé en laboratoire le 24 février, le nombre de cas n’a cessé d’augmenter. (©KEYSTONE/REUTERS POOL/Denis Balibouse)

Mardi à midi, la Suisse comptait 16'176 cas testés positifs au coronavirus, soit 701 de plus que la veille. A l'heure actuelle, 373 personnes sont décédées en Suisse des suites de la maladie covid-19, selon le site de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP).

Ce rapport est basé sur les informations fournies par les laboratoires et les médecins dans le cadre de la déclaration obligatoire. Les chiffres du jour se basent sur les déclarations que l'OFSP a reçues jusqu’à mardi matin. C’est pourquoi ils peuvent diverger de ceux communiqués par les cantons.

Des informations sont disponibles pour 1615 cas hospitalisés. L’âge des hospitalisés allait de 0 à 101 ans, avec un âge médian de 70 ans. 60% des personnes hospitalisées étaient des hommes et 40% des femmes.

Décès

Parmi les personnes décédées des suites du covid-19, on comptait 228 hommes (61%) et 145 femmes (39%). L'âge des personnes décédées allait de 32 à 101 ans, avec un âge médian de 83 ans.

Depuis le premier cas de covid-19 confirmé en laboratoire le 24 février, le nombre de cas n’a cessé d’augmenter. A ce jour, 123'150 tests ont été effectués, dont 13% étaient positifs.

L’âge des cas confirmés en laboratoire allait de 0 à 102 ans, avec un âge médian de 52 ans (50% des cas étaient plus jeunes et 50 % plus âgés que cet âge). 48% des cas étaient des hommes, 52% des femmes.

Les adultes étaient nettement plus touchés que les enfants. Chez les adultes de 60 ans et plus, les hommes étaient plus touchés que les femmes, et chez les adultes de moins de 50 ans, les femmes que les hommes.

Par rapport à leur taille, les cantons du Tessin, de Vaud, de Genève et de Bâle-Ville restent les plus touchés. Le taux d'incidence sur 100'000 personnes personnes est de 587 au Tessin, 432 dans le canton de Vaud, 396 à Genève et 384 à Bâle-Ville.

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Le cirque Knie réorganise sa tournée réduite

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La tournée 2020 du cirque national aurait dû commencer le 19 mars dans son fief de Rapperswil (SG). (©KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER)

Le cirque Knie s'attend à devoir réduire sa tournée 2020 à cinq mois en raison du coronavirus. Il va donc la réaménager entièrement. La troupe avait déjà annoncé l'annulation de ses représentations en Suisse orientale jusqu'au 5 mai.

La tournée du cirque national aurait dû commencer le 19 mars dans son fief de Rapperswil (SG). L'épidémie de coronavirus en a voulu autrement. Elle a déjà contraint la famille Knie à renoncer aux autres représentations prévues jusqu'à début mai à Schaffhouse, Frauenfeld, Wil (SG), Winterthour (ZH), Buchs (SG), Coire, Kreuzlingen (TG), Glaris et St-Gall. Le remboursement des billets est possible.

Le ciel s'étant aussi assombri sur sa plus longue escale, prévue du 8 mai au 7 juin à Zurich, le cirque Knie doit réorganiser complètement la planification de ce qui sera finalement une tournée "light". Cette dernière sera probablement réduite à cinq mois, annonce la troupe mardi.

Préventes suspendues

Le cirque en précisera les dates et les lieux dès que le nouveau plan de tournée sera établi. En attendant, la prévente des places est suspendue.

Dans sa planification d'origine, le cirque national prévoyait son arrivée en Suisse romande à la fin juin à Delémont et à Neuchâtel. Ses étapes bernoises, genevoise, vaudoises, valaisannes et fribourgeoise étaient agendées entre les mois d'août et d'octobre. D'habitude, la tournée se termine chaque année vers la fin novembre au Tessin.

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Le patron des CFF s'en va

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Le patron des CFF Andreas Meyer effectue mardi son dernier jour à la tête des CFF (Archives - ©KEYSTONE/ANTHONY ANEX)
Alors que l'épidémie de Covid-19 fait rage, le patron des CFF Andreas Meyer s'apprête à quitter ses fonctions. Selon lui, cette crise entraînera une modification des habitudes de mobilité des Suisses.

Durant la crise, les citoyens, les entreprises et les centres de formation auront testé le télétravail et "il n'est pas exclu - et je l'espère - qu'il en reste des traces durables", indique Andreas Meyer dans une interview publiée mardi dans Le Temps. "Cela pourrait par exemple être bénéfique pour une meilleure répartition des déplacements entre les heures de pointe et les heures creuses", ajoute-t-il.

Pour faire face à la crise, les CFF ont réduit leur offre d'environ 25% en trois étapes. Le nombre de voyageurs a connu une baisse jusqu'à 90%. Les pertes financières ne peuvent pas encore être chiffrées, indique M. Meyer.

Si une réduction supplémentaire s'avérait nécessaire, elle interviendrait dans le trafic grandes lignes. "Nous ne pourrons pas réduire le trafic voyageurs et des marchandises au-delà de 50% car plusieurs lignes ne fonctionneraient alors plus et l'approvisionnement du pays ne pourrait plus être garanti", précise-t-il dans les colonnes du Blick.

Ponctualité à améliorer

Dans le quotidien lémanique, M. Meyer avertit que "ce qui sera le plus dur, ce sera de redémarrer une fois qu'elle [la crise] sera terminée. Cela prendra du temps" car plusieurs chantiers ont dû être interrompus pour se focaliser sur des travaux d'entretien prioritaires, ce qui aura un impact sur le calendrier. Mentionnant l'entrée en service du tunnel de base du Ceneri et des trains à deux étages de Bombardier prévue en décembre, Andreas Meyer note que "ce sera un grand défi" de maintenir le calendrier.

A l'heure du bilan, le natif de Bâle-Campagne mentionne comme réussites notamment l'augmentation de 50% du trafic voyageurs, le développement du secteur immobilier, l'assainissement de la caisse de pension et de CFF Cargo mais aussi le maintien de la concession du trafic grandes lignes.

Côté critiques, il reconnaît que des améliorations sont nécessaires au niveau de la ponctualité. Les problèmes "ont été clairement identifiés et des solutions sont en cours de réalisation", précise-t-il.

Quant aux reproches du personnel et des syndicats d'avoir perdu le contact avec eux, il estime que "ces sentiments sont liés à la numérisation de l'entreprise" et l'instauration d'une nouvelle dynamique. "Nous n'avons pas toujours bien su expliquer à notre personnel ce que nous faisions", reconnaît-il toutefois.

En poste depuis 2007, Andreas Meyer, 58 ans ans, remet les rennes des CFF à Vincent Ducrot, 57 ans, qui prendra officiellement ses fonctions mercredi.

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