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Suisse

La loi sur les épidémies est jugée "insuffisante"

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L’assurance accidents peut intervenir si le Covid-19 est reconnu comme maladie professionnelle, notamment pour le personnel soignant, particulièrement exposé. (Image d'archive - ©KEYSTONE/TI-PRESS/Alessandro Crinari)
La loi sur les épidémies est insuffisante pour permettre une solution juridiquement cohérente à une situation de pandémie, selon une étude. L’articulation avec la législation en matière d’assurances sociales est "tout sauf claire" et entraîne un "flou juridique".

La nouvelle loi sur les épidémies entrée en vigueur en 2016 permet d’adopter des mesures contraignantes pour les personnes, en principe sous l’autorité des médecins cantonaux, telles que la quarantaine, l’isolement, le dépistage ou le traitement, sans régler pour autant la question de leur prise en charge, indique l'Université de Genève (UNIGE) dans un communiqué.

La Confédération l’a déléguée aux cantons qui n’interviennent que si aucune autre source de financement n’est disponible. "Les différences entre les solutions cantonales ont révélé la pluralité des interprétations possibles, tout comme certains effets pervers", remarque Anne-Sylvie Dupont, professeure au Département de droit public de l’UNIGE et à la Faculté de droit de l’Université de Neuchâtel, citée dans le communiqué.

Trois assurances sociales

Dans le cas du Covid-19, trois assurances sociales sont concernées: l’assurance-maladie, l’assurance accidents et l’assurance militaire. La première ne couvre pas tous les frais, laissant à la charge de la personne assurée le paiement de sa franchise, une quote-part de 10% des coûts et 15 francs par jour pour les hospitalisations.

L’assurance accidents peut intervenir si le Covid-19 est reconnu comme maladie professionnelle. Avantage, elle prend en charge l’intégralité des coûts et compense également la perte de revenu.

La SUVA pose pour condition que "les collaborateurs exerçant l’activité professionnelle en question soient exposés à un risque bien plus élevé de contracter le coronavirus que le reste de la population" et semble donc réserver cette définition au personnel soignant.

Pour Anne-Sylvie Dupont, la reconnaissance devrait être plus large, et "englober l’entier du personnel des établissements de soins ainsi que les travailleurs exposés de par leur profession à de nombreux contacts avec des personnes dont ils ou elles ne connaissent pas l’état de santé, par exemple à la Poste ou dans les activités de vente, notamment en pharmacie".

Le casse-tête du dépistage

Depuis le 25 juin, le test de dépistage est gratuit, son coût est pris en charge par la Confédération. Mais auparavant, depuis le 4 mars, il figurait sur la liste des analyses établie par le Conseil fédéral et devait donc être remboursé par l’assurance-maladie.

Mais la personne assurée devait-elle participer aux frais? Tout dépend, selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP): oui au travers de la franchise ou de la quote-part si le test avait été prescrit par le médecin traitant, non s’il avait été prescrit par le médecin cantonal.

Cette position a induit "une inégalité de traitement entre les personnes qui doivent recourir au test", déplore Anne-Sylvie Dupont qui dénonce la mise en péril des objectifs de santé publique.

"Le fait de devoir en payer le prix a pu décourager la personne assurée de se soumettre au test de dépistage. Le risque qu’un individu porteur du virus ait ainsi échappé à la vigilance du système sanitaire s’en est trouvé augmenté", note la chercheuse.

Public et privé

Lorsqu’aux mois de février et mars, les cantons ont dû accroître rapidement leurs capacités hospitalières, ils ont eu recours à deux solutions distinctes: certains, comme Genève, ont modifié leurs listes hospitalières pour que des établissements privés puissent accueillir des malades du Covid-19.

D’autres, à l’instar de Vaud et Neuchâtel, ont au contraire concentré ces mêmes malades dans les établissements publics et délesté sur les établissements privés les personnes traitées pour d’autres raisons. Dans les deux cas, les solutions adoptées contreviennent aux règles de la loi sur l’assurance-maladie, sans qu’une base légale ne l’autorise.

D’autres cantons encore ont choisi de financer les séjours hospitaliers "Covid-19" via des prestations d’intérêt général. Dans ce cas, la personne assurée n’a rien à payer de sa poche. La liberté laissée aux cantons débouche ainsi sur une nouvelle inégalité de traitement.

Loi "insuffisante"

"Manifestement, la loi sur les épidémies est insuffisante pour permettre une solution juridiquement cohérente à une situation de pandémie", conclut Anne-Sylvie Dupont.

Selon elle, "les tests doivent être pris en charge par les pouvoirs publics exclusivement et, pour des raisons d’efficacité, il faudrait concentrer en des mains uniques les possibilités de coordonner la carte des structures de soins disponibles et le financement de ces soins". Ces travaux sont publiés dans la revue en ligne Jusletter.

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Drame de Crans-Montana: les drapeaux en berne sur le Palais fédéral

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Vendredi matin, les drapeaux flottant sur le Palais fédéral ont été descendus à mi-mât, en signe de deuil après le drame de Crans-Montana, qui a fait une quarantaine de morts et 115 blessés. (© KEYSTONE/EPA/ANTHONY ANEX)

Comme l'avait annoncé la veille le président de la Confédération Guy Parmelin, les drapeaux ont été mis en berne vendredi sur le Palais fédéral à Berne, pour une période de 5 jours, en signe de deuil après la catastrophe de Crans-Montana.

"Aujourd'hui, la Suisse est triste, mais aussi unie de coeur", a déclaré Guy Parmelin jeudi lors d'une conférence de presse à Sion. Il s'agit de l'une des pires tragédies que notre pays ait connues, a-t-il dit, le ton grave.

Une quarantaine de personnes, en majorité des jeunes, sont mortes, et environ 115 autres ont été blessées, la plupart gravement brûlées, dans l'incendie d'un bar la nuit du Nouvel An dans la station de ski de Crans-Montana.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Suisse

Long travail d'identification, le bilan pourrait s'alourdir

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Le bilan de l'incendie du bar "Le Constellation" est "terrible et est peut être en train de s'aggraver", selon Stéphane Ganzer. (© KEYSTONE/AP/Antonio Calanni)

L'identification des victimes de l'incendie de Crans-Montana se poursuit et va prendre du temps, a indiqué vendredi le président du gouvernement valaisan Mathias Reynard. Le bilan des victimes reste inchangé, mais il pourrait s'aggraver, selon Stéphane Ganzer.

"Nos équipes sont toujours au front", a résumé vendredi matin M. Reynard sur les ondes de la RTS. Le Saviésan a précisé que l'identification des victimes "va prendre encore du temps" et que les soins aux victimes sont nombreux.

Sur la centaine de personnes hospitalisées, beaucoup ne sont pas encore identifiées. "Il va falloir sans doute encore une bonne journée pour pouvoir le faire", a renchéri le conseiller d'Etat en charge de la sécurité, Stéphane Ganzer, sur les ondes de la radio française RTL.

"Un bilan terrible"

Les deux ministres n'ont pas communiqué de nouveau bilan des victimes, en restant sur le chiffre d'une quarantaine de victimes communiqué jeudi. Un bilan "terrible" qui "est peut-être en train de s'aggraver", a toutefois prévenu Stéphane Ganzer.

"Entre 80 et 100 blessés" sont encore "en urgence absolue", a-t-il rappelé. "Le bilan est évolutif puisqu'on sait que les personnes qui sont blessées, lorsqu'elles ont à peu près 15% de la surface du corps brûlée au 3e degré, il y a un risque dans les heures et les jours qui suivent de mort, puisque la septicémie peut gagner l'ensemble de l'organisme", a-t-il poursuivi.

Hôpitaux sous pression

M. Reynard a fait état d'une situation "extrêmement tendue" dans les hôpitaux. "Certaines personnes qui avaient congé sont venues travailler pour aider leurs collègues", a relevé le président. Par ailleurs, des discussions sont en cours pour des transferts de compétences dans le domaine médical. Des médecins français spécialistes de grands brûlés qui pourraient venir en Valais.

Le conseiller d'Etat a également rendu hommage "aux citoyens et des jeunes qui ont sauvé des vies dès les premières minutes" aux abords du bar.

M. Reynard n'a pas voulu donner des plus de précisions sur les causes du drame. Le conseiller d'Etat a indiqué que les premiers éléments avancés (embrasement généralisé) sont confirmés.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Deux rentes de cinq ans grâce à l'Eurodreams

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Proposé en Suisse et dans sept autres pays européens, le jeu Eurodreams offre un gain principal sous forme d'une rente mensuelle de 22'222 francs pour une durée de 30 ans. (© KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Deux personnes chanceuses vivant en France ont décroché une rente mensuelle de 2222 francs durant cinq ans grâce à l'Eurodreams jeudi soir. Elles ont coché les six bons numéros 2, 6, 14, 20, 24 et 27, mais pas le numéro "dream" 2, a annoncé la Loterie romande.

Le gros lot est une rente mensuelle de 22'222 francs durant 30 ans. Il faut pour cela trouver les 6 bons numéros ainsi qu'un numéro spécial appelé "dream".

Huit pays européens proposent ce jeu. En Suisse, Eurodreams est exploité par la Loterie romande et par Swisslos côté alémanique. Le tirage du jeu est effectué les lundis et jeudis soir.

https://jeux.loro.ch/games/eurodreams

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Des centaines de personnes rendent hommage aux victimes

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Des bougies et des fleurs ont été déposées à proximité du bar "Le Constellation" qui a pris feu dans la nuit de Nouvel An. (© KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE)

Plusieurs centaines de personnes se sont recueillies jeudi soir à proximité du bar "Le Constellation" à Crans-Montana pour rendre hommage aux victimes de l'incendie qui s'y est déclaré dans la nuit du Nouvel An. Le feu a fait une quarantaine de morts et 115 blessés.

De nombreux bouquets de fleurs et des bougies ont été déposés au bord d'une route juste au-dessus du bar, a constaté un photographe de l'agence de presse Keystone-ATS. Environ 400 personnes ont pris part un peu plus tôt à une messe dans l'église de Crans-Montana.

La cérémonie était présidée par l'évêque de Sion, Mgr Jean-Marie Lovey. Dans l'après-midi, le diocèse de Sion avait dit avoir pris "connaissance avec stupeur" du drame survenu à Crans-Montana. Il a exprimé "sa sollicitude, sa proximité et sa compassion pour toutes les victimes, leurs proches et leurs familles".

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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