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Suisse

10 juin : le « oui » s’affirme pour les jeux d’argent

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A dix jours des votations, les partisans de la loi sur les jeux d'argent gagnent toujours plus de terrain. L'initiative "Monnaie pleine", elle, serait rejetée par 54% à 68% des votants et cette tendance est à la hausse, selon les derniers sondages publiés mercredi.

Le camp du "oui" à la loi sur les jeux d'argent réunirait à présent 55% des votants, contre 42% d'opposants, selon le sondage publié mercredi par Tamedia. Le nombre d'indécis se monte à 3%. D'après la dernière enquête de l'institut gfs.bern effectuée pour le compte de la SSR, 58% des Suisses diraient désormais "oui" à la loi, contre 37% d'opposants et 5% d'indécis.

Il y a dix jours, la bataille était bien plus serrée. Selon le précédent sondage Tamedia, les deux camps étaient au coude à coude, chacun réunissant 47% des voix. Les opposants ont ainsi continué de perdre du terrain depuis fin avril.

Le rejet est désormais le plus marqué au sein des sympathisants des Vert'libéraux (50%), de l'UDC (49%) et du PBD (49%). A l'inverse, le "oui" est le plus prononcé chez les partisans du PDC (64%), du PS (59%) et du PLR (59%). L'électorat libéral-radical a ainsi changé de camp.

Moins de clivages

Des différences en fonction des régions linguistiques se dessinent. Le "oui" l'emporte largement (67%) en Suisse romande, alors que le refus est encore davantage marqué outre-Sarine (46%), pointe l'enquête Tamedia. En Suisse alémanique, "le scepticisme des débuts s'amenuise et la tendance à l'adhésion progresse", note néanmoins gfs.bern.

Le conflit de générations que l'on relevait il y a dix jours s'est quelque peu dissipé. Les 18-34 ans, qui prônaient un rejet du texte à 54%, l'acceptent désormais à 51% selon l'enquête Tamedia, et ce même si le référendum contre la loi a été lancé par des jeunesses de partis allant des Verts à l'UDC. Les plus de 65 ans sont eux toujours davantage (62%) à soutenir la loi.

Blocage des sites

Les reproches quant à l'influence de l'étranger sur le processus de formation de l'opinion continuent à affecter négativement le camp du "non", relève le sondage SSR. Le blocage d'Internet est par ailleurs toujours aussi polémique pour les opposants.

Les trois arguments les plus fréquemment mentionnés font toujours référence à ce problème, relève ainsi le sondage Tamedia: les blocages constituent une grave ingérence à la liberté économique (32%), ils créeraient un précédent dangereux que d'autres branches voudraient utiliser pour limiter la concurrence (24%) et ils ne servent à rien, car ils peuvent être facilement contournés (16%).

Du côté des partisans, les arguments sont les suivants: les maisons de jeu devront reverser une partie de leurs bénéfices pour le bien commun (43%), les joueurs seront mieux protégés (25%), tout comme les casinos contre la concurrence de l'étranger (13%).

Initiative rejetée

L'initiative "Monnaie pleine", elle, serait rejetée par 68% des votants, contre 29% d'opinions favorables, alors que 3% n'ont pas encore arrêté leur choix, d'après le sondage Tamedia. Les résultats de l'enquête de gfs.bern ne sont pas aussi tranchés: 54% des votants diraient "non" à l'initiative, contre 34% de "oui" et 12% d'indécis.

Les deux études notent que les opinions négatives vis-à-vis de l'initiative se sont renforcées. Aujourd'hui, le projet bénéficie de soutiens dans les milieux de gauche, mais ni au centre, ni à droite, ni parmi les électeurs non affiliés, note le sondage SSR.

Ce sont les sympathisants du PLR (84%) qui balayent le texte avec le plus de véhémence, suivis par ceux du PBD (77%) et du PDC (77%), relève l'enquête Tamedia. A l'inverse, l'initiative obtient le plus de soutien auprès des partisans des Verts (62%) et du PS (47%).

Faible participation

En ce qui concerne la participation, dans le cas de votations trois semaines avant la date choisie (soit le 20 mai), 40% des Suisses se seraient rendus aux urnes, selon le sondage SSR. Et de noter que les deux projets de loi ne motivent pas particulièrement l'électorat.

Le sondage SSR a été réalisé entre le 15 et le 23 mai par téléphone auprès de 1411 personnes. La fourchette d'incertitude statistique est de +/- 2,7 points de pourcentage. L'enquête Tamedia a été elle réalisée en ligne entre le 24 et le 26 mai auprès de 6386 personnes. La marge d'erreur est de +/- 1,8 point de pourcentage. Dans les deux cas, les sondés proviennent de toutes les régions linguistiques.

 

(ATS / KEYSTONE - GAETAN BALLY)

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Suisse

Kiev accusée d'avoir ordonné le sabotage de Nord Stream en 2022

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Au moment de l'explosion en mer, Nord Stream 2 n'était pas en service (archives). (© KEYSTONE/DPA/JENS BÜTTNER)

Le parquet allemand a accusé jeudi les autorités ukrainiennes d'avoir ordonné le sabotage des gazoducs russo-allemands Nord Stream peu après l'invasion russe de l'Ukraine. Cette annonce intervient au lendemain de celle de l'inculpation d'un premier suspect.

Le suspect "et d'autres militaires ont élaboré, à la demande des autorités ukrainiennes, un plan visant à détruire les gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2", a indiqué le parquet dans un communiqué, rappelant que ces conduites sous-marines ont été sabotées à l'explosif en septembre 2022.

L'accusé avait été arrêté le 21 août 2025 en Italie puis extradé en septembre d'Italie vers l'Allemagne.

Identifié alors sous le nom de Serguiï Kuznietsov, celui-ci avait affirmé qu'il était à l'époque des faits, et jusqu'en 2023, un commandant de l'armée ukrainienne et soutenait qu'il était en Ukraine au moment du sabotage.

Selon l'accusation, le suspect et ses complices (plongeurs, skipper et artificier) ont loué un voilier en Allemagne avant de mettre cap sur l'île danoise de Bornholm. De là, son équipe a fixé des charges explosives sur les tuyaux, avant de les activer et de détruire les gazoducs.

"L'objectif était d'empêcher durablement les livraisons de gaz via les gazoducs et de faire en sorte que la Russie ne puisse plus utiliser les revenus issus du commerce du gaz naturel pour financer son effort de guerre", note le parquet.

Nord Stream 2, dont la société à qui il appartenait était domicilée à Zoug, n'était pas en service alors. Nord Stream 1 fournissait lui, avant l'invasion russe de l'Ukraine, "environ la moitié des besoins annuels en gaz naturel" de l'Allemagne, rappelle le communiqué.

Berlin a été critiqué pour Nord Stream, lancé en 2011, car les tubes ont accru la dépendance énergétique européenne à l'égard d'un pays hostile.

Après l'invasion, l'UE a d'ailleurs dû mettre fin à l'essentiel de ses importations d'hydrocarbures russes, entraînant une envolée des coûts de l'énergie.

L'Ukraine n'a jamais reconnu sa responsabilité dans le sabotage, mais elle n'a non plus caché sa satisfaction, jugeant légitimes toute attaque en mesure d'affaiblir la capacité du Kremlin à financer sa guerre.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp / afp

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Suisse Romande

Le personnel de St-Paul Médias se mobilise pour l'emploi à Fribourg

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La restructuration de St-Paul Médias, motivée par des revenus "sous forte pression", concerne 18 postes en équivalents plein temps, 13 dans les rédactions et 5 dans le marketing (archives). (© KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Le personnel de St-Paul Médias, éditeur du quotidien fribourgeois La Liberté, se mobilise pour sauver les 18 emplois menacés après l'annonce d'une restructuration. Il se trouve engagé depuis le 18 juin dans une procédure de consultation pour licenciement collectif.

La délégation du personnel, "chiffres à l’appui", s’oppose à la stratégie générale du groupe et conteste les licenciements, ont fait savoir jeudi Syndicom et Impressum en présentant la mobilisation. Selon elle, l’ampleur de la suppression d’emplois porterait "gravement atteinte" à la qualité des titres et des services.

Réuni en assemblée mardi, le personnel "demande à l’entreprise de renoncer à cette saignée". Surtout que les effectifs ont déjà été amputés d'un cinquième (18%) en l'espace de trois ans à peine, ont précisé le syndicat et l'association professionnelle. D'où aussi le rassemblement de jeudi à midi devant le siège du groupe à Fribourg.

Le personnel exige le maintien non seulement des emplois, mais également d'une "presse régionale vivante dans le canton et la Broye vaudoise".

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Suisse

Sombres perspectives pour l'AVS et l'AI

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Les finances de l'AVS et de l'AI se détériorent (archives). (© KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)

Fonds en baisse pour l'AI et résultat de répartition négatif dès 2026 pour l'AVS: les perspectives pour ces assurances sociales sont sombres, selon les données actualisées jeudi par l'office fédéral des assurances sociales (OFAS).

La situation financière de l'assurance invalidité (AI) continue de se détériorer. En 2025, le déficit de répartition s'élevait à 209 millions de francs. En raison de la forte augmentation du nombre de nouvelles rentes, celui-ci pourrait atteindre 800 millions de francs en 2030.

L'introduction de la 13e rente AVS dès décembre influence les perspectives financières du premier pilier. A l'heure actuelle, cette prestation supplémentaire n'est pas financée. Cela entraîne une augmentation significative du déficit de répartition. Les chiffres devraient passer de 1,3 milliard en 2026 à 4,9 milliards en 2035.

Si la hausse de 0,4 point de la TVA, décidée par le Parlement lors de la session d’été pour financer la 13e rente AVS, est approuvée par le peuple et mise en ½uvre à partir de 2028, le déficit de répartition de l’AVS en 2030 serait réduit de moitié, passant de 2,7 à environ 1,2 milliard de francs.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Culture

Rebecca Solari: "Les processus artistiques créent un peu de chaos"

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L'artiste multidisciplinaire tessinoise Rebecca Solari pose avec son vélo aux couleurs vives dans la vieille ville de Bienne (BE). (© Keystone/ANTHONY ANEX)

Entre musique, performance et art contemporain, Rebecca Solari fait du dialecte tessinois un outil artistique et politique. L'artiste multidisciplinaire parle à Keystone-ATS de son alter ego Fulmine et de son attachement à ses origines.

Rebecca Solari, née en 1996, fait partie du duo électro-punk Crème Solaire, et Fulmine est son alter ego musical et artistique.

Elle n’a pas de préférence parmi les disciplines qu’elle pratique: "J’aime beaucoup la scène, c’est l’espace où je m’amuse le plus", explique-t-elle dans une interview accordée à Keystone-ATS dans un café situé dans la vieille ville de Bienne, où elle vit depuis trois ans.

Un alter ego intime

Et c’est précisément de l’expérience de la scène, des coulisses jusqu’au public, que naît une grande partie de son art. Un peu comme le "personnage anti-héros" Fulmine, né il y a cinq ans après que la foudre a frappé son micro lors d’un concert à Rapperswil-Jona (SG) ("fulmine" signifie foudre en italien, ndlr).

"A un moment donné, j’ai commencé à crier au secours et il n’y avait plus de personnage, il n’y avait plus de performance : c’était la réalité". De cette expérience traumatisante est né un parcours artistique qui interroge la frontière entre représentation et vérité, entre spectacle et vie vécue.

Fulmine lui est également "intimement lié", notamment à travers l’utilisation du dialecte de la vallée de Blenio, où elle a grandi. Cela lui permet "d’exprimer une partie de moi-même beaucoup plus nue, beaucoup plus exposée dans son intimité, en parlant des paysages qui m’ont accompagnée durant mon enfance", explique-t-elle.

Représenter une minorité linguistique

A travers l’utilisation du dialecte, l’artiste tessinoise représente également une minorité linguistique. "Pour moi, il est important d’utiliser cette langue, issue d’un milieu agricole, dans un contexte très singulier et performatif, ainsi que dans les domaines de l’art contemporain", précise Rebecca Solari.

Dans ses performances, il n’y a pas que le dialecte tessinois: la jeune femme mélange plusieurs langues, dont l’italien, le français et l’anglais. "Le format est souvent un monologue qui mêle les langues et qui joue beaucoup sur les sonorités, puisque j’utilise ma voix, qui est mon principal instrument", explique-t-elle.

Une partie de sa démarche consiste à rendre son travail accessible même à ceux qui ne comprennent pas le dialecte, en créant une "passerelle": "J’ai toujours des textes en dialecte qui sont également traduits en français, en allemand ou en anglais".

Pour son projet "Solo Brodo (Primordio e Parsimonia)", Rebecca Solari a reçu le Prix du bilinguisme décerné par l’association Région capitale suisse en 2024. Fin juin, elle figurait parmi les quatre finalistes du Prix Anderfuhren, récompense destinée aux artistes émergents de la ville de Bienne.

Lien avec le Tessin et engagement politique

Le Tessin continue d’occuper une place centrale dans sa pratique artistique: Rebecca Solari est très attachée à la vallée de Blenio et à ses origines. "C’est l’endroit où je me sens chez moi", affirme-t-elle, tout en reconnaissant les difficultés que rencontre le canton pour créer des espaces dédiés à la culture et à l’expérimentation.

Ce lien se mêle également à une dimension politique. En repensant aux carnavals de son enfance à Biasca, elle se souvient que les déguisements et les chars abordaient des thèmes d’intérêt public, allant de la construction de pistes cyclables au changement climatique. "Je redécouvre aujourd’hui, en tant qu’adulte, cette envie de susciter des changements", raconte-t-elle, expliquant comment cette attitude s’exprime désormais à travers ses performances.

Pour la jeune femme, le message n’est jamais dissocié du contexte. La manière dont elle construit un spectacle varie en effet en fonction du public et de l’espace dans lequel elle se produit: des festivals de musique aux institutions artistiques, en passant par des projets impliquant directement les communautés. Pour une récente exposition monographique à La Chaux-de-Fonds (NE), par exemple, elle a invité la chorale de sa grand-mère, originaire de la vallée de Blenio, qu’elle a filmée et intégrée à l’½uvre.

De nouvelles performances

Rebecca Solari a obtenu un master au Dirty Art Department du Sandberg Instituut d’Amsterdam, un nom hors des sentiers battus pour une école qui offre une liberté totale. Une expérience qui lui a permis de forger "un nouveau regard plus critique sur l’Europe et sur la Suisse, où je vis et où j’ai grandi ", précise-t-elle.

Ces derniers mois ont été particulièrement intenses pour l’artiste. Elle vient de présenter "Fulgore furiosa" au festival multidisciplinaire Belluard Bollwerk de Fribourg. Actuellement, elle est l’invitée du Pirelli HangarBicocca dans le cadre du Milano Re-Mapped Summer Festival, où elle se produit dans "Fulminante gigantessa". Samedi, elle donne une performance spéciale au col du Klausen, qui relie les cantons d’Uri et de Glaris, où elle racontera des histoires en incarnant une géante capable de traverser symboliquement les Alpes d’un seul pas.

A l’automne, elle sera en résidence pendant trois mois à la Kaserne de Bâle, où elle travaillera sur "Vortex", sa première performance théâtrale de longue durée. La pièce, prévue pour l’année prochaine, s’articule autour du thème de la transformation: sur une plateforme tournante, l’artiste incarnera différents personnages, de la vache à la scientifique en passant par la superstar.

Interrogée sur le rôle de l’art dans une société caractérisée par des visions de plus en plus binaires, Rebecca Solari n’a pas de réponse. "Je crois que les processus artistiques créent un peu de chaos", observe-t-elle. C’est précisément de ce chaos, conclut-elle, que peuvent naître de nouvelles possibilités et des façons différentes de regarder le monde.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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