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Suisse

Coronavirus - "Les pénuries redoutées dans les hôpitaux ont pu être évitées"

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Image d'illustration (KEYSTONE/Laurent Gillieron)
L'Académie suisse des sciences médicales (ASSM) et la Société suisse de médecine intensive (SSMI) ont publié fin mars des directives communes sur les décisions en matière de tri des patients dans les unités de soins intensifs en cas de manque de ressources en raison du coronavirus. Ces directives n'ont toutefois pas eu besoin d'être appliquées.

"La situation en Suisse ne s’est pas dégradée au point de devoir appliquer les directives", rapporte jeudi l'ASSM dans sa newsletter. Les pénuries redoutées dans les hôpitaux suisses ont pu être évitées grâce notamment à la limitation des interventions et à la restriction rigoureuse de la vie sociale.

Tant que des ressources suffisantes sont disponibles, tous les patients nécessitant des soins intensifs sont admis et traités selon des critères établis. Les directives élaborées en mars devaient être appliquées au cas où des décisions de rationnement s'imposent si une situation d'urgence se présente avec un grand nombre de patients gravement malades. Elles complètent les directives "Mesures de soins intensifs" élaborées par l'ASSM en 2013.

Les patients atteints par le Covid-​19 et les autres patients nécessitant des soins intensifs sont traités selon les mêmes critères.

Pronostic à court terme

Compte tenu de la situation actuelle, l’ASSM et la SSMI ont conclu qu’une mise à jour des directives de triage n’est pas nécessaire dans l’immédiat. Ainsi, si, en raison d’une surcharge totale des capacités, des patients ayant besoin de soins intensifs doivent être refusés, le pronostic à court terme est le facteur décisif pour le triage.

Les patients dont le pronostic de sortie de l’hôpital est favorable avec une thérapie de soins intensifs, mais défavorable sans soins intensifs, ont la priorité absolue. Par ailleurs, l’âge n’est pas en soi un critère à prendre en compte. Tout comme le sexe, le lieu de résidence, la nationalité, l'appartenance religieuse, le statut social, le statut d'assuré ou un éventuel handicap chronique.

Néanmoins, l’âge est indirectement pris en compte dans le cadre du critère "pronostic à court terme", car les personnes âgées souffrent plus souvent de comorbidités. Enfin, d'autres critères mentionnés dans la littérature comme "premier arrivé, premier servi" ou la priorité aux personnes ayant une valeur sociale élevée ne doivent pas être appliqués, selon l'ASSM.

Lorsque des décisions de triage doivent être prises, la confiance doit être maintenue dans les circonstances les plus difficiles. C'est pourquoi il importe que des critères de rationnement objectifs et des processus équitables soient appliqués de manière transparente à tout moment, conclut l'Académie.

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International

ClearSpace effectuera la première mission de nettoyage en orbite

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En près de 60 ans d'activité spatiale, environ 42'000 objets de plus de 10 centimètres gravitent autour de la Terre, formant un nuage de déchets. Ici une vue d'artiste générée par ordinateur et fournie par l'Agence spatiale européenne. (Image d'archive - ©KEYSTONE/AP European Space Agency)

L'agence spatiale européenne (ESA) a signé mardi un contrat avec la start-up suisse ClearSpace pour la première mission au monde d'"enlèvement" d'un débris spatial. Elle ouvre ainsi la voie vers un nouveau marché de dépollution de l'orbite terrestre.

Ce contrat de services, d'un montant total de 100 millions d'euros, dont 86 millions (93 millions de francs) investis par l'ESA, partira en 2025 et aura pour cible un morceau d'une ancienne fusée européenne Vega. Le débris appelé Vespa (Vega Secondary Payload Adapter), qui pèse 112 kilos, a été laissé en 2013 en orbite basse, à 800 km de la Terre.

Il s'agira de la première mission au monde de nettoyage en orbite, a précisé l'ESA. Pour l'agence spatiale, qui compte 22 Etats membres, c'est aussi une première, car "jamais nous n'avions confié un contrat d'une telle ampleur à une petite start-up", a précisé à l'AFP Eric Morel de Westgayer, en charge de l'industrie et des achats à l'ESA.

Entreprise dérivée de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), ClearSpace a recueilli des contributions d'une vingtaine de sociétés venant de huit pays membres de l'ESA (Suisse, République tchèque, Allemagne, Royaume-Uni, Pologne, Suède, Portugal et Roumanie).

La start-up construira un satellite nettoyeur de 500 kilos, qui évaluera dans un premier temps la vitesse de Vespa. Il devra ensuite capturer sa cible, en l'encerclant de ses quatre "tentacules", pour la désorbiter. Vespa se désintègrera ensuite dans l'atmosphère, avec son satellite nettoyeur.

Marché encore vierge

Confier à ClearSpace cette première mission dans un marché encore vierge était "une manière de lui mettre le pied à l'étrier, et nous espérons qu'en faisant la démonstration de la faisabilité technique, nous permettrons à ce marché de se développer", a poursuivi le responsable de l'ESA, qui veut également "montrer l'exemple" en matière de dépollution spatiale.

Créée en 2018 par des experts de l’étude des débris spatiaux – ClearSpace a été sélectionnée parmi douze candidats. "Nous sommes très fiers que notre spin-off Clearspace ait été choisie par l'ESA pour sa première action de nettoyage", a indiqué le président de l'EPFL Martin Vetterli, cité dans un communiqué de l'agence spatiale.

La première sortie opérationnelle est prévue en 2025 après un lancement depuis la base de lancement de Kourou en Guyane française. La mission ClearSpace-1 fait partie du programme ADRIOS de l’ESA, visant à développer des services en orbite pour les satellites tel que le ravitaillement, la réparation ou les manœuvres orbitales. Des partenaires industriels et hautes écoles suisses seront également de la partie.

Plus de 40'000 objets

En près de 60 ans d'activité spatiale et plus de 5500 lancements, environ 42'000 objets de plus de 10 centimètres gravitent autour de la Terre, formant un nuage de déchets composé de fusées anciennes, de morceaux de satellites restés en orbite après explosion ou de satellites entiers qui ne sont plus opérationnels, entre autres.

Gravitant à toute vitesse (28'000 km/heure), ces débris représentent une sérieuse menace de collision avec les satellites opérationnels, qui non seulement peut détruire des services cruciaux (météorologie, GPS...) mais aussi générer encore des débris, entraînant une réaction en chaîne "qu'on serait incapable d'arrêter", décrypte Luisa Innocenti, cheffe du bureau ClearSpace à l'ESA.

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Suisse

Le mariage pour tous sur de bons rails

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Les couples homosexuels devraient aussi pouvoir se passer la bague au doigt. (Image d'archive - ©KEYSTONE/DPA-Zentralbild/RALF HIRSCHBERGER)

Les couples homosexuels devraient pouvoir se marier. Le Conseil des Etats a accepté mardi, par 22 voix contre 15 et 7 abstentions, un projet de mariage pour tous. Il s'éloigne toutefois du National sur l'accès au don de sperme pour les lesbiennes.

Les débats se sont tout d'abord concentrés sur la nécessité ou non d'une modification de la Constitution pour ouvrir le mariage aux couples homosexuels. Par 22 voix contre 20 et deux abstentions, les sénateurs ont cependant considéré qu'une modification de la loi était suffisante.

Le projet sur la table prévoit une révision du code civil. Pour une partie du camp bourgeois, c'est insuffisant. À leurs yeux, la Constitution se fonde sur une conception traditionnelle du mariage. "La proposition n'est pas conforme à la Constitution", a assuré Beat Rieder (PDC/VS).

Ouvrir le mariage aux couples homosexuels au moyen d'un seul changement législatif reviendrait à affaiblir sa légitimité, a poursuivi le Valaisan. Un sujet de société aussi important devrait être soumis au peuple et aux cantons.

"Il serait politiquement irresponsable de faire autrement", a insisté Beat Rieder. Les débats sur le sujet doivent être menés dans l'espace public et ils peuvent l'être, a abondé Heidi Z’Graggen (PDC/UR).

Aucun perdant

"La formulation de la Consitution est parfaite, limpide, claire. Pourquoi vouloir ajouter des mots inutiles?", a contré Lisa Mazzone (Verts/GE), en citant l'article 14 de la Constitution: "Le droit au mariage et à la famille est garanti".

Ce droit est prévu pour garantir l’accès au mariage contre les obstacles religieux ou économiques du droit cantonal, a souligné quant à lui Carlo Sommaruga (PS/GE) pour la commission. Il n’empêche pas le législateur de modifier les caractéristiques du mariage inscrites dans le code civil, afin d’ouvrir l’institution aux couples de même sexe. C'est même son devoir "d'adapter la loi à la réalité moderne", comme l'ont souligné plusieurs orateurs de gauche.

Une révision de la Constitution n'est pas nécessaire, a également plaidé la ministre de la justice Karin Keller-Sutter. D'autant plus que le peuple s'exprimera de toute manière sur le sujet, un référendum ayant déjà été annoncé. Avec le projet sur la table, "personne ne perd quelque chose. Mais quelques-uns y gagnent", a encore pointé Andrea Caroni (PLR/AR).

Connaître ses origines

Autre pierre d'achoppement: l'accès au don de sperme pour les couples lesbiens. Une partie du camp bourgeois aurait voulu procéder par étapes, en traitant la procréation médicale assistée dans un deuxième temps. La réglementation, ajoutée par le National, laisse de nombreuses questions ouvertes, notamment pour le bien-être de l'enfant, a critiqué Benedikt Würth (PDC/SG).

Un argument balayé par Carlo Sommaruga. La disposition a été précisée en commission pour mieux tenir compte du droit de l’enfant à connaître son ascendance. La présomption de maternité de l’épouse ne sera introduite qu'en cas de don de sperme et non de manière générale. Et la contestation du lien de filiation sera exclue en cas de don de sperme.

Le Genevois reconnait toutefois qu'une partie des problèmes n'a pas été réglée. Mais elle le sera lors de la procédure d'élimination des divergences entre les deux Chambres. "Un mariage sans famille n'est qu'un demi-concept", a pointé Daniel Jositsch (PS/ZH).

Naturalisation facilitée

Outre le mariage pour tous et l'accès au don de sperme pour les couples lesbiens, le projet prévoit la naturalisation facilitée du conjoint et l'adoption conjointe. Depuis 2018, les partenaires de couples de même sexe sont autorisés à adopter l'enfant de leur conjoint, mais la procédure est longue et risquée.

La réforme doit également supprimer le droit à des dommages et intérêts en cas de rupture des fiançailles, prévu par le code civil. La disposition est jugée dépassée.

Le texte retourne au National.

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Suisse

Loyers commerciaux: coup de pouce refusé par le National

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Le projet du Conseil fédéral prévoit un coup de pouce pour les commerces fermés durant la première vague du coronavirus. (Image d'archive - ©KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI)

Les commerçants en difficulté à cause de la pandémie de coronavirus ne devraient pas bénéficier d'une réduction de loyer durant la crise. Le Conseil national a refusé lundi par 100 voix contre 87 et 7 abstentions le projet présenté par le Conseil fédéral.

La gauche a trop chargé la barque en commission et a réussi à la faire couler, a déploré Vincent Maître (PDC/GE). Son collègue de parti Philipp Matthias Bregy (PDC/VS) a de son côté estimé que le projet n'était "pas mûr".

"Nous savons tous que la branche de la gastronomie souffre et qu'elle a besoin d'aide", mais il faut une aide concrète, a-t-il expliqué. Selon lui, la loi Covid-19 propose des solutions pour les cas de rigueur.

L'UDC et le PLR s'étaient opposés dès le départ au projet de loi. "Malgré les améliorations apportées en commission", Christa Markwalder (PLR/BE) a répété ses critiques contre un projet qui intervient rétroactivement dans des relations contractuelles privées et qui pourrait engendrer une grande insécurité sur le plan juridique.

C'est une mauvaise loi, une loi qui crée de l'incertitude, a conclu au nom de la commission compétente Christian Lüscher (PLR/GE).

Solution limitée

Craignant une "vague de faillites" en cas de rejet du texte, la gauche a tenté de sauver le projet du Conseil fédéral. Il vaut mieux avoir une solution limitée que pas de solution du tout, a plaidé Florence Brenzikofer (Verts/BL).

Baptiste Hurni (PS/NE) a de son côté dénoncé les propositions "perverses" faites en commission. Pour lui, leur seul objectif était de faire "voler en éclats la fragile majorité" de centre-gauche qui avait accepté l'entrée en matière en septembre.

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Suisse

Andreas Aebi accède au perchoir du Conseil national

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Andreas Aebi (UDC/BE) va présider les débats du Conseil national durant un an. (Image d'archive - ©KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE)

Andreas Aebi est devenu lundi le premier citoyen de Suisse. Le Conseil national a élu l'UDC bernois président par 178 voix sur 183 bulletins valables, score au-dessus de la moyenne. Isabelle Moret (PLR/VD), à qui il succède, avait obtenu 193 voix en 2019, un record.

Âgé de 62 ans, Andreas Aebi est le 28e représentant du canton de Berne à devenir président de la Chambre du peuple, après Christa Markwalder en 2015/2016, et le 20e élu de son parti, après Jurg Stahl en 2016/2017, à accéder à cette fonction.

Le Bernois a entamé sa carrière politique au niveau communal. De 1998 à 2008, il a été maire d'Alchenstorf, village d'un peu plus de 570 habitants dans l'Emmental. En 2007, il accède au Conseil national. Il sera réélu à trois reprises, obtenant à chaque fois d'excellents résultats.

Personnalité aux facettes multiples, Andreas Aebi est aussi agriculteur, commissaire-priseur et propriétaire d'une agence de voyage. Son accession à la présidence du National n'était pas programmée. La fonction aurait dû revenir à Heinz Brand, désigné par son parti en 2018. Mais le Grison n'a pas été réélu lors des dernières élections fédérales.

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Suisse

Echange entre Berne et Rome sur les stations

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La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga et le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte ont évoqué la situation des stations de ski en temps de coronavirus. Le dialogue se poursuit, de même que la recherche de solutions, a-t-elle twee (©Compte Twitter de la CF Simonetta Sommaruga)

La présidente de la Confédération Simonetta Sommaruga a évoqué lors d'un entretien téléphonique avec le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte la situation des stations de ski par temps de pandémie. Le dialogue et la recherche de solutions se poursuivent.

C'est ce qu'a écrit Mme Sommaruga par Tweet dimanche soir. Contacté par Keystone-ATS, son Département de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC) n'en a pas dit plus.

Dans la journée, le président du Conseil supérieur de la santé italien Franco Locatelli avait qualifié de décevante la décision de la Suisse de laisser ouvertes ses stations de ski. Avec d'autres scientifiques, il conseille le ministère italien de la santé et établit les rapports sur le Covid-19.

Au journal La Stampa, M.Locatelli a déclaré qu'il espère une fermeture des domaines skiables jusqu'à la fin de l'année. A défaut, il exige une quarantaine pour les personnes de retour de l'étranger.

Les pays alpins bataillent depuis plusieurs jours sur la fermeture ou non des stations d'hiver afin d'empêcher une nouvelle propagation du coronavirus par des touristes. L'Allemagne et l'Italie veulent une ouverture après Nouvel An seulement, tandis que l'Autriche et la Suisse excluent de fermer les leurs.

Samedi à la radio alémanique, le président des Remontées mécaniques suisses Hans Wicki déclarait qu'aucun argument raisonnable ne parle en faveur de la fermeture de toutes les stations de ski. Il a rappelé que certaines stations sont ouvertes depuis deux mois en Suisse et qu'elles ne sont pas pour autant devenues des "hotspots" sur le plan de la propagation du coronavirus.

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