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Exportations d’armes: changement de règles

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A l'avenir, ce serait le Parlement et non plus le Conseil fédéral qui fixerait les critères pour autoriser les exportations d'armes (photo symbolique). (©KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER)

Le Conseil fédéral risque bien de devoir renoncer à ses prérogatives en matière d’exportation d’armes. Le National a adopté mercredi par 97 voix contre 82 et 11 abstentions une motion PBD qui veut que le Parlement fixe les règles. L’objet passe au Conseil des Etats.

La décision du National s’inscrit dans le cadre de la polémique sur l’assouplissement des exportations d’armes. En juin, le Conseil fédéral a annoncé vouloir permettre des ventes d’armes vers des pays en conflit interne s’il n’y a aucune raison de penser que ce matériel sera utilisé dans ce conflit. Ces velléités ont provoqué un tollé.

« Le débat d’aujourd’hui est simple: il s’agit de savoir si la majorité de ce Parlement s’engage pour une Suisse humanitaire, pour une Suisse bâtisseuse de paix, pour une Suisse promotrice des droits humains, ou au contraire si ce conseil est dominé par les tenants du ‘tout aux affaires' », a déclaré Carlo Sommaruga (PS/GE) en ouverture. Pour le PS, le PBD, le PDC le PVL et les Verts, la modification d’ordonnance envisagée par le gouvernement est inadmissible.

Promesse bafouée

Le Conseil fédéral n’a pas respecté le pacte conclu en 2009 avec le peuple lors de la campagne contre l’initiative sur l’exportation de matériel de guerre, estime Lisa Mazzone (Verts/GE). Il s’était alors engagé à ne pas assouplir les critères d’exportation de ce matériel. « Depuis, les scandales se succèdent et au lieu de serrer la vis, le Conseil fédéral fait le contraire. »

L »a Suisse assume souvent un rôle de médiateur. Pourquoi compromettre ce rôle? », a renchéri Ida Glanzmann (PDC/LU) qui s’inquiète pour la neutralité de la Suisse. Le Conseil fédéral a invoqué le risque de la désindustrialisation dans le secteur de la défense, mais quelle entreprise responsable, quel Etat responsable cherche une solution en exportant des armes vers des pays en situation de guerre civile, a lancé Martin Landolt (PBD/GL).

Trop émotionnel

Pour le PLR et l’UDC, le débat est totalement émotionnel. « Les contrôles resteront draconiens », a souligné Raymond Clottu (UDC/NE). La modification d’ordonnance prévue est très modeste, a précisé Walter Müller (PLR/SG) qui a rappelé que les principes fondamentaux auxquels la Suisse adhère seront toujours respectés

Le transfert de matériel de guerre ne sera autorisé que s’il ne contrevient pas au droit international et s’il n’est pas contraire aux principes de la politique étrangère de la Suisse et à ses obligations internationales. Chaque demande continuera d’être examinée au cas par cas. En outre, n’est nouvellement concerné que du matériel de défense et non des armes offensives.

Pour plusieurs orateurs de droite, un changement de règle dans la fixation des critères d’autorisation aura des conséquences importantes pour beaucoup de PME. Car cela concernera aussi les biens à double usage, a fait valoir Jean-François Rime (UDC/FR). Là, beaucoup d’emplois sont en jeu, selon le chef du Département fédéral de l’économie.

Défense de la souveraineté

Mais Johann Schneider-Ammann a surtout plaidé pour la défense de la souveraineté suisse. « La sécurité ne pourra être garantie que si on dispose d’une base industrielle disponible à tout moment », a dit le Bernois, qui s’est toutefois montré sensible aux 30 à 40 lettres de citoyens inquiets.

Quant à la motion du PBD, le ministre l’a jugée inutile. Ce texte veut que tous les critères pour autoriser les exportations des armes soient intégrés dans la loi sur le matériel de guerre, et non plus dans une ordonnance. Cela permettrait au Parlement de débattre du contenu des dispositions et de les soumettre au référendum si nécessaire. « Une légitimation démocratique nécessaire », estime Beat Flach (PVL/AG).

Actuellement, seul le Conseil fédéral a la haute main sur les prescriptions de l’ordonnance relatives aux conditions d’exportations d’armes. Il y a des mécanismes de contrôle en main du Parlement, a rappelé en vain Johann Schneider-Ammann.

Le Conseil fédéral s’est d’ores et déjà engagé à attendre le vote du Parlement sur la motion avant de trancher. « Je vais charger mon successeur de clore le dossier », a-t-il déclaré à contre-coeur.

 

(ATS / KEYSTONE – CHRISTIAN BEUTLER)

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Le combat de grands-mamans suisses pour le climat

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Les déléguées des Aìnées pour le climat sur les marches du Tribunal fédéral (archives). (©KEYSTONE/VALENTIN FLAURAUD)

Faire diminuer les émissions de gaz à effet de serre et limiter le dérèglement climatique. C’est le combat en Suisse des Aînées pour la protection du climat.

Le combat de 1200 grands-mamans, qui exigent des mesures supplémentaires. Une démarche liée à la santé avant tout. Ancienne conseillère nationale, l’écologiste genevoise Anne Mahrer est co-présidente du mouvement :

Anne Mahrer
Aînées pour la protection du climat
Anne Mahrer Aînées pour la protection du climat

Le combat des Aînées pour la protection du climat a commencé il y a trois ans. Premier pas pour mener une action judiciaire, une requête de 160 pages a été adressée au département fédéral en charge de l’environnement. Objectif : faire reconnaître que le principe de précaution, tel qu’il est garanti par la Constitution fédérale et la Convention européenne des droits de l’homme, n’est pas respecté dans la politique climatique de la Suisse. Le DETEC n’est pas entré en matière. Depuis, un premier recours a été rejeté par le Tribunal administratif fédéral :

Anne Mahrer
Aînées pour la protection du climat
Anne Mahrer Aînées pour la protection du climat

Le combat se poursuit aujourd’hui au Tribunal fédéral, devant lequel un autre recours a été déposé lundi.
Prêtes à aller jusqu’à la Cour européenne des droits de l’homme, les Aînées pour la protection du climat s’inspirent de l’exemple néerlandais :

Anne Mahrer
Aînées pour la protection du climat
Anne Mahrer Aînées pour la protection du climat

Les Aînées pour la protection du climat encouragent les jeunes à poursuivre leur combat :

Anne Mahrer
Aînées pour la protection du climat
Anne Mahrer Aînées pour la protection du climat

Le combat des Aînées pour la protection du climat se poursuit donc au Tribunal fédéral.

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Ueli Maurer ouvre la 49e édition du WEF

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Ueli Maurer a prononcé son discours d'ouverture en présence des coprésidents du WEF. (©KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER)

Le président de la Confédération Ueli Maurer a ouvert mardi le Forum de Davos (GR) en faisant l’éloge des grandes valeurs « suisses ». La liberté, la responsabilité et la démocratie directe doivent contribuer à construire un meilleur avenir.

Les Suisses rejettent les diktats. Le mot le plus présent dans la Constitution fédérale est le mot « liberté », mais la liberté est avant tout un devoir, a souligné M. Maurer dans son discours devant le Forum économique mondial (WEF). « Nous sommes libres d’accepter des responsabilités pour nous et pour les autres », a-t-il expliqué.

Le chef du Département fédéral des finances (DFF) a cité comme exemple le rejet il y a quelques années d’une initiative populaire réclamant une semaine de vacances supplémentaires. Selon lui, une semaine de vacances de plus ne constitue pas la bonne réponse aux nouveaux défis de la vie du travail. Il faut plutôt « performer et s’adapter », a-t-il souligné.

Dans ce contexte, M. Maurer a salué le système suisse de démocratie directe, qui permet « un vrai dialogue » entre les élites et le peuple, au lieu d’un « monologue du haut vers le bas ». Ce système prend certainement du temps, mais il débouche sur des solutions acceptables par tous.

A ses yeux, le WEF doit être le lieu « de discussions franches, entre égaux ». Et le président de la Confédération d’appeler les participants du Forum à « construire un avenir basé sur nos valeurs » et à « utiliser à bon escient les nouvelles technologies ».

 

(KEYSTONE-ATS)

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Suisse

Le Forum de Davos attend l’élite mondiale

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Le président de la Confédération Ueli Maurer (ici avec le fondateur du WEF Klaus Schwab) avait déjà prononcé le discours d'ouverture du Forum de Davos en 2013 (archives). (©KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Le Forum économique mondial (WEF) réunit dès mardi l’élite mondiale à Davos (GR) pour discuter des principales crises actuelles. Ueli Maurer et le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro seront les têtes d’affiche de cette première journée.

Le président de la Confédération prononcera à 11h00 le discours d’ouverture de cette 49e édition du WEF. Son homologue brésilien, dont c’est le premier déplacement hors de son pays depuis son arrivée au pouvoir, doit quant à lui s’exprimer à 15h30 devant un parterre de dirigeants politiques et économiques.

M. Bolonaro veut « démontrer que le Brésil a changé », comme il l’a affirmé, cité par l’agence Ansa à son arrivée dans la station grisonne. Il entend illustrer son programme de gouvernement, avec des mesures permettant de « rétablir la confiance dans le Brésil » et de faire « décoller les investissements », sans épargner le Venezuela et la crise qu’il traverse.

Au total, plus de 3000 participants sont attendus à Davos jusqu’à vendredi, dont 65 chefs d’Etat et de gouvernement. Parmi les invités figurent le vice-président chinois Wang Qishan, l’Allemande Angela Merkel, le Japonais Shinzo Abe, l’Israélien Benyamin Netanyahou, l’Espagnol Pedro Sanchez ou encore l’Italien Giuseppe Conte.

En outre, plus de 800 participants issus des Etats-Unis, dont des dirigeants de grandes entreprises mondiales, devraient faire le déplacement dans les Grisons. Grâce à eux, et malgré l’absence du président américain Donald Trump et de ses ministres, le forum est « bien placé pour faire office de plate-forme pour des discussions importantes sur la globalisation 4.0 », ont estimé les organisateurs.

Absents de marque

Après avoir renoncé à se rendre à Davos en plein « shutdown », le président américain Donald Trump a décidé jeudi d’annuler le déplacement de l’ensemble de sa délégation « par respect pour les 800’000 employés américains qui ne sont pas payés et pour s’assurer du soutien de son équipe ».

Autres absents de marque, le président français Emmanuel Macron, retenu par un « agenda surchargé » et la crise des « gilets jaunes », et la première ministre britannique Theresa May, qui se consacre au Brexit.

Du côté suisse, trois conseillers fédéraux accompagneront le président de la Confédération Ueli Maurer à Davos: le chef de la diplomatie Ignazio Cassis, le ministre de l’économie Guy Parmelin et le ministre de la santé Alain Berset. Les quatre hommes du Conseil fédéral auront plus de 50 rencontres bilatérales à leur programme.

Révolution numérique « plus inclusive »

Le thème de cette 49e édition est: « la globalisation 4.0: concevoir une nouvelle architecture mondiale à l’ère de la quatrième révolution industrielle ». Pour le fondateur du WEF, Klaus Schwab, il s’agira notamment de définir de nouveaux modèles pour que la révolution numérique soit désormais « centrée sur l’être humain, inclusive et durable ».

Et qu’elle tienne compte des perdants, des personnes laissées de côté, a-t-il ajouté mardi à Cologny, appelant de ses voeux une « remoralisation » de la globalisation.

KEYSTONE-ATS

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Policiers et soldats déployés en nombre pour le WEF

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Tenues de camouflage blanches de rigueur pour les forces spéciales, qui étaient déjà en place sur les toits de Davos lundi. (©KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER)

Donald Trump ou pas, d’importants moyens sécuritaires ont comme chaque année été engagés pour le Forum économique mondial (WEF) de Davos, qui s’ouvre mardi. Des forces de police de tous les cantons et du Liechtenstein ainsi que l’armée sont mobilisées.

Jusqu’à 5000 soldats peuvent être déployés si besoin, a déclaré lundi le commandant de la police grisonne et chef de la sécurité du WEF, Walter Schlegel, à Davos. C’est la 17e fois que la grande muette assure la protection des personnes et des biens ainsi que la surveillance de l’espace aérien durant la manifestation.

L’espace aérien est verrouillé dans un rayon de 46 kilomètres autour de la station grisonne et jusqu’à 6000 mètres d’altitude. L’Autriche et l’Italie, pays voisins de la Suisse, sont impliquées dans le dispositif, a précisé le commandant de corps Aldo Schellenberg.

Depuis les attentats de Paris en 2015, le niveau d’alerte terroriste a augmenté en Suisse. Il s’agit de rester vigilant et de ne pas tomber dans la routine, pour Walter Schlegel. Le groupe Etat islamique (EI) constitue toujours une menace, tout comme les actes terroristes en général. Un individu isolé peut obtenir un niveau élevé d’attention en menant une action spectaculaire.

Budget de 9 millions de francs

Les frais de sécurité financés conjointement par la Confédération, le canton des Grisons, le WEF et la commune de Davos sont fixés comme les années précédentes à 9 millions de francs. Il est peu probable qu’ils soient dépassés, selon Walter Schlegel. L’intervention de l’armée se chiffre, elle, à 32 millions, soit le coût normal d’un cours de répétition.

Environ 3000 participants de 90 pays sont attendus au grand raout économique jusqu’à vendredi. Parmi eux, 120 bénéficient d’une protection internationale. Le président américain Donald Trump, qui s’était rendu au WEF l’an dernier, a cette fois annulé sa venue en raison de la crise budgétaire aux Etats-Unis. La Première ministre Theresa May et le président français Emmanuel Macron ne seront pas non plus de la partie.

 

(KEYSTONE-ATS)

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L’éclipse voilée par les nuages en Suisse

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Les chances d'apercevoir le satellite de la Terre étaient meilleures dans les Alpes à plus de 1500 mètres, au Tessin et en Valais, qu'à Lucerne. La photo a été prise depuis Sempach. (©KEYSTONE/EPA KEYSTONE/URS FLUEELER)

A l’aube lundi, dans le ciel suisse, les lève-tôt ont pu observer une éclipse totale de la Lune. Dès 05h41, l’ombre de la Terre a « englouti » la Lune pendant une petite heure. Mais les nuages ont empêché une bonne partie des Helvètes de profiter du spectacle.

Les chances d’apercevoir le satellite de la Terre étaient meilleures dans les Alpes à plus de 1500 mètres, au Tessin et en Valais, selon les météorologues. La pleine Lune s’est retrouvée dans l’ombre de la Terre dès 04h34 mais ce n’est qu’une heure plus tard que l’éclipse totale a débuté.

Plus la Lune s’est enfoncée dans l’ombre, plus elle rougeoyait. Cette teinte est due au fait que les rayons du Soleil ne l’atteignent plus directement. A la place, une petite partie des rayons rouges sont filtrés par l’atmosphère terrestre et réfractés vers la Lune (les rayons bleus, eux, divergent vers l’extérieur).

L’éclipse s’est produite en Europe, en Afrique, mais aussi en Amérique du Nord et du Sud. La Lune de sang de lundi est survenue seulement six mois après la plus longue éclipse lunaire du XXIe siècle. La prochaine éclipse lunaire totale aura lieu en 2022.

KEYSTONE-ATS

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