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Suisse

Trois quarts des réductions de CO2 en Suisse

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Avec la loi sur le CO2 débattue au Parlement, la Suisse devrait pouvoir concrétiser les objectifs de l'Accord de Paris pour limiter le réchauffement climatique qui affecte notamment les glaciers comme celui d'Aletsch en Valais (archives). (©KEYSTONE/LAURENT GILLIERON)

Les contours de la nouvelle loi sur le CO2 se confirment. Le Conseil des Etats a suivi lundi le Conseil national dans les grandes lignes, tout précisant certains points. Trois quarts des réductions d'émissions de gaz à effet de serre devront être réalisées en Suisse.

La révision de la loi sur le CO2 doit permettre à la Suisse de concrétiser ses engagements contre le réchauffement climatique dans le cadre de l'Accord de Paris. Elle vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50% par rapport à leur niveau de 1990 d'ici 2030 et à limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré.

La part des réductions à réaliser en Suisse sera de 75%. Le Conseil des Etats s'est rallié par 23 voix contre 18 au Conseil national sur ce point qui va plus loin que les 60% prévus par le Conseil fédéral. Mais cela renforce aussi les objectifs de la Suisse, a reconnu la ministre de l'environnement Simonetta Sommaruga. Les entreprises pourront en tirer plus d'avantages grâce aux contrats qui en résulteront.

Une minorité aurait souhaité s'en tenir aux 60% initialement prévus. Au-delà, l'objectif serait trop ambitieux et irait à l'encontre des intérêts de l'économie, a estimé Hansjörg Knecht (UDC/AG). La crise du coronavirus l'a déjà suffisamment mise à mal, a-t-il argumenté en vain.

Cantons entendus

Dans le domaine des bâtiments, les émissions de CO2 des nouvelles installations de chauffage devront être drastiquement réduites. Il faudra donc avoir une maison bien isolée pour pouvoir installer un chauffage à mazout à l'avenir.

Les sénateurs sont d'accord d'introduire un délai transitoire de trois ans pour les cantons qui ont déjà pris des mesures en ce sens. Mais ils souhaitent améliorer la collecte des données. Les cantons devraient inscrire les informations sur l'exécution des valeurs limites d'émission de CO2 dans le Registre fédéral des bâtiments et logements.

Concernant le transport routier, les importateurs de carburants devront compenser les émissions liées au trafic routier et le prix du litre d'essence renchérira de 12 centimes au maximum. Le Conseil des Etats ne veut toutefois pas exempter les voitures électriques d'entreprise.

Cette question n'a pas à être réglée dans le cadre de cette loi, a indiqué Damian Müller (PLR/LU) au nom de la commission. Autre divergence: les sénateurs veulent laisser aux importateurs de carburants la possibilité de choisir comment effectuer leurs compensations.

Pour accélérer la conversion écologique des transports publics, ils veulent supprimer le remboursement de l'impôt sur les huiles minérales pour ces véhicules dès 2030. Par 23 voix contre 16 et contre l'avis de sa commission, la Chambre des cantons a en revanche refusé que les fonds économisés servent à encourager les nouveaux modes de propulsion.

Avions privés moins taxés

Pour réduire les émissions de CO2 dues au trafic aérien, une taxe incitative de 30 à 120 francs sera perçue sur les billets d'avions de ligne ou charters. Les vols privés seront aussi taxés.

Alors que le National avait prévu une taxe entre 500 et 5000 francs en fonction de la taille de l'appareil pour les vols privés, les Etats ont limité le montant à 500 francs. Contre l'avis de la commission, ils ont suivi Beat Rieder (PDC/VS) en ce sens. Une taxe unique de 500 francs permettrait de soutenir des aéroports régionaux dévolus à ce genre de vols, comme Sion ou Berne-Belp, selon lui.

Le montant de la taxe sera fixé selon la masse maximale autorisée au décollage et la distance parcourue. Le Conseil fédéral devra tenir compte des mesures de réduction des émissions de CO2 prises par les propriétaires ou les exploitants d'appareils.

Fonds pour le climat

Le financement du Fonds pour le climat a été âprement discuté. Ce nouvel instrument doit permettre d'encourager les mesures en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Jusqu'à un tiers de la taxe sur le CO2 (maximum 450 millions de francs par an) et moins de la moitié du produit de la taxe sur les billets d'avion et du produit de la taxe sur l'aviation seront affectés à ce fonds.

Grâce à la voix prépondérante du président Hans Stöckli (PS/BE), les sénateurs n'ont pas voulu que le produit des sanctions contre les importateurs de véhicules soit entièrement affecté à l'élimination ou à la réduction des dommages causés au climat. Seule la moitié sera destinée à cet effet, le reste allant au fonds pour les routes nationales et le trafic d'agglomération (FORTA).

Le Conseil national tentera d'éliminer les divergences jeudi. Le Parlement a prévu de mettre la loi sous toit durant cette session.

Le peuple aura probablement le dernier mot. L'UDC a averti qu'elle soutiendra le référendum.

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Sport

L'incendie de Crans-Montana jette une ombre sur la saison de ski

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Au cours de la saison d'hiver 2025/26, les remontées mécaniques suisses ont enregistré, jusqu'à fin mars, une fréquentation en baisse par rapport à l'année précédente. D'importantes disparités existent entre les stations de ski (archives). (© KEYSTONE/GIAN EHRENZELLER)

La tragédie de Crans-Montana a marqué le tourisme hivernal suisse cette saison. Le secteur estime que ces événements ont eu un impact sur l'image et l'ambiance des stations, du moins à court terme, notamment dans le domaine de l'après-ski et de la vie nocturne.

Parallèlement, les stations de ski ont dû faire face à des conditions difficiles. Un début d'hiver doux et un mois de mars morose ont encore pesé sur la saison. Au total, le nombre de visiteurs et visiteuses jusqu'à fin mars est inférieur à celui de l'année dernière.

Les stations de basse altitude et les domaines accueillant un nombre important de visiteurs à la journée sont particulièrement touchés. Les destinations de haute altitude et les stations internationales semblent en revanche plus stables, mais la situation n'est pas homogène. Le secteur tirera un bilan en mai.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Économie

Le climat de consommation plonge en mars

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Les ménages font preuve d'un regain de prudence dans un contexte mondial incertain (archives). (© KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI)

Les consommateurs helvétiques, déjà peu enclins à la dépense, ont fait montre d'un net regain de prudence au mois de mars.

L'indice du climat de consommation concocté par le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) a plongé à -42,9 points, contre -34,8 points un mois plus tôt.

Si l'appréciation de la situation financière passée est marginalement remonté de 0,2 point à -41,3 points, les trois autres variables observées ont toutes subi des corrections, indique une compilation de graphiques publiée vendredi.

Les perspectives conjoncturelles générales ont ainsi chu de plus de vingt points à -67,9 points. La situation financière à venir et la propension à procéder à de grandes acquisitions ont reculé dans une moindre mesure, de respectivement 4,7 et 3,6 points, à -32,4 et -29,8 points.

Cet article a été publié automatiquement. Sources : ats / awp

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Suisse

Départ de Steiert: le programme d'assainissement n'a joué aucun rôle

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Même s'il quitte le Conseil d'Etat, Jean-François Steiert entend continuer à s'engager. (© )

Le conseiller d'Etat fribourgeois Jean-François Steiert, qui ne briguera pas de nouveau mandat, a expliqué que le programme d'assainissement (LAFE), combattu par son parti, n'avait pas joué de rôle dans sa décision. Il n'exclut pas d'être candidat aux Etats en 2027.

Agé de 65 ans, Jean-François Steiert a expliqué que les résultats du parti socialiste lors des dernières élections communales l'avaient convaincu "qu'il pouvait partir serein" car la relève est présente. "Les jeunes en politique ont besoin de beaucoup d'idéalisme mais aussi d'ambition. Il faut savoir leur faire de la place et ne pas rester trop longtemps", a-t-il ajouté.

A la fin de son mandat, le chef de la direction du développement durable, des infrastructures, de la mobilité et de l'environnement aura siégé dix ans au Conseil d'Etat. Par le passé, il avait siégé déjà dix ans au Conseil national.

Interrogé sur un intérêt à une candidature au Conseil des Etats en 2027, le socialiste a répondu: "Je ne pars pas à la retraite. C'est un scénario éventuel à discuter avec mon parti pour reconquérir le siège de gauche".

Candidats désignés le 30 mai

La loi sur l'assainissement des finances de l'Etat (LAFE), combattue par la gauche et sur laquelle la population se prononcera le 26 avril, n'a pas eu d'influence sur le choix de Jean-François Steiert de quitter le Conseil d'Etat. Ce dernier est convaincu que ce programme permettra de générer les recettes nécessaires pour mener à bien les projets d'envergure.

Le PS fribourgeois désignera ses candidats pour le Conseil d'Etat lors du Congrès du 30 mai. Les élections pour renouveler le gouvernement et le parlement fribourgeois se tiendront le 8 novembre.

Cet article a été publié automatiquement. Source : ats

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Vaud

"On va arracher la vigne": le cri du cœur d'un vigneron

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Entre baisse de la consommation mondiale et pressions sur les prix, certains vignerons sont contraints à l'arrachage. François Montet, président de la Fédération vigneronne vaudoise, livre un témoignage sans fard sur une profession à la croisée des chemins.(© LFM)

La consommation mondiale de vin a chuté de 12 % entre 2018 et 2024. Frappés par ce recul, les vignobles vaudois n’échappent pas à la disparition de certaines parcelles. En Lavaux, de gros tas de souches ont déjà remplacé les plantations. Pour certains viticulteurs, l’arrachage devient la seule solution face à la baisse de la demande. Sophie Vassutine s’est rendue dans un vignoble à Blonay. Reportage.

Reportage en Lavaux avec François Montet Par Sophie Vassutine

Sur les hauteurs de Blonay et les pentes du Lavaux, le bruit des sécateurs laisse parfois place à celui plus sourd de l'arrachage. François Montet, vigneron-encaveur et président de la Fédération vigneronne vaudoise, se trouve aujourd'hui dans une situation délicate sur certaines parcelles dont il est locataire. Le groupe Schenk, acteur majeur du secteur, a dénoncé ses contrats d'achat, laissant des hectares sans débouchés pour la récolte.

Un séisme économique pour le vignoble vaudois

Le retrait de gros acheteurs n'est pas anecdotique. Selon François Montet, le groupe Schenk représente environ 24% de la récolte vaudoise. «Là-dessus, ils vont dénoncer, entre non-reconduction des contrats de location et des contrats d’achat de raisin, ça représente 8% des 3800 hectares du canton, soit à peu près 300 hectares qui ne seront plus pris en charge».

«C’est une parcelle qui va être arrachée parce qu'il n'y a pas de repreneur pour cette récolte»

Pour ces vignes, l'issue est souvent radicale. «C’est une parcelle qui va être arrachée parce qu'il n'y a pas de repreneur pour cette récolte», explique le vigneron en désignant ses rangs. Une décision dictée par la rentabilité: sans acheteur garanti et avec des frais de culture constants, l'exploitation devient impossible.

La broyeuse à sarment utilisée pour arracher les ceps. (© LFM)

Des aides au compte-gouttes

Face à cette crise, les mesures de soutien annoncées par le Canton et la Confédération peinent à convaincre sur le terrain. Les critères d'éligibilité excluent une grande partie des exploitants. François Montet pointe du doigt une complexité administrative décourageante: «Les vignerons doivent déjà être éligibles aux paiements directs. Ça veut dire que tous ceux qui n’ont pas de formation CFC, qui ne sont pas enregistrés, ou qui ont plus de 65 ans, ne sont pas éligibles».

De plus, l'arrachage subventionné impose des programmes de biodiversité coûteux qui peuvent parfois dépasser le montant de l'aide reçue. Dans certains cas, comme sur des pentes trop raides, ces programmes sont simplement inapplicables.

Quel avenir pour le patrimoine de l'UNESCO?

L'image de la Suisse romande est intimement liée à ses terrasses de vigne, mais ce décor est fragile. Si l'arrachage reste limité, l'impact paysager pourrait être contenu. Cependant, François Montet prévient: «Si ça va trop loin, ça pourrait influencer l’inscription au patrimoine UNESCO».

«Si ça va trop loin, ça pourrait influencer l’inscription au patrimoine UNESCO»

Le désarroi gagne une partie de la profession, coincée entre des accords de libre-échange facilitant les importations et un franc fort qui pénalise l'exportation. Malgré ce constat réaliste, la viticulture vaudoise a déjà connu des variations de surface par le passé. «La viticulture va survivre à ça, ce n'est pas la première fois que la surface diminue», tempère le président de la Fédération. L'enjeu réside désormais dans la promotion et la capacité du vignoble à s'adapter aux nouvelles habitudes de consommation.

Interview réalisée par Sophie Vassutine

Adaptation web avec IA

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