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Suisse

Viola Amherd et Karin Keller-Sutter élues au Conseil fédéral

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Les noms des personnes qui succéderont à Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard au Conseil fédéral seront connus mercredi (archives) (©KEYSTONE/PETER KLAUNZER)

L’Assemblée fédérale a élu mercredi deux femmes au Conseil fédéral. La PDC valaisanne Viola Amherd succédera à Doris Leuthard. Au PLR, Karin Keller-Sutter remplacera Johann Schneider-Ammann.

10h35: Z’graggen « très heureuse »

« Je suis aussi heureuse aujourd’hui. Je voudrais d’abord féliciter les nouvelles élues au Conseil fédéral. Je suis fière d’avoir trois femmes au gouvernement », a dit la candidate non-élue Heidi Z’graggen (PDC).

Je ne regrette pas du tout. C’était une expérience très riche, souligne l’Uranaise. Elle connaît désormais mieux les institutions de la Suisse, le Parlement et les parlementaires.

10h30: vers une valse des départements

Cette double élection au Conseil fédéral pourrait entraîner une large redistribution des départements. Le portefeuille de Doris Leuthard risque d’être très convoité et la vacance à l’Economie ouvre le jeu.

Rien n’assure à un nouveau conseiller fédéral de reprendre le dicastère laissé vacant par son prédécesseur. La tradition veut que les ministres déjà en poste puissent faire valoir leur préférence par ordre d’ancienneté. S’ils ne se mettent pas d’accord, les conseillers fédéraux votent.

Le Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et la communication (DETEC) pourrait intéresser tous les partis. Les conseillers fédéraux socialistes pourraient vouloir laver l’affront fait au PS en 2010. Sous pression bourgeoise, le DETEC avait filé sous le nez du parti. Le département était aux mains de Moritz Leuenberger.

10h20: les compétences de Viola Amherd

« Viola Amherd sera une excellente ministre », estime Mathias Reynard (PS/VS). C’est une femme très compétente, malgré sa discrétion. Viola Amherd a su travailler avec efficacité. Cette élection est la « preuve que le travail ça paie », a souligné le Valaisan.

Le PLR valaisan Philippe Nantermod salue le « score extraordinaire » de Viola Amherd. Il a également souligné que ses excellentes relations avec le Parlement et sa prestation lors des hearings avec les groupes lui ont permis d’accumuler un nombre impressionnant de soutiens ces derniers jours.

De son côté, le conseiller national Yves Nidegger « regrette l’élection de Viola Amherd ». Selon lui, cette élection « va changer l’équilibre du Conseil fédéral. » En ce moment, entre conservateurs, pro-économie, anti-économie et progressistes, le gouvernement reflète bien l’équilibre du Parlement. Maintenant, « on va repartir vers la gauche ».

10h15: KKS prête à collaborer

En Suisse, on ne peut gagner qu’ensemble, a déclaré la nouvelle conseillère fédérale Karin Keller-Sutter, au moment d’accepter son élection. Il faut vouloir collaborer et trouver des solutions au-delà des frontières partisanes pour trouver une majorité auprès du peuple.

La politique européenne, sociale, fiscale, l’énergie ou l’environnement préoccupent les Suisses. Les solutions ne se trouvent pas en parfaite harmonie, mais par un dialogue constructif, a déclaré la libérale-radicale saint-galloise à la tribune de l’Assemblée fédérale après son élection.

« Dans notre pays, un seul être humain n’a qu’une influence limitée ». On ne peut résoudre les problèmes qu’ensemble, a-t-elle dit. Il en va de même au gouvernement. Karin Keller-Sutter a aussi relevé que son élection constitue la fin d’un chapitre difficile pour les femmes du PLR. Il aura fallu attendre près de 30 ans pour que l’une d’entre elles retrouve un fauteuil au gouvernement, la dernière étant Elisabeth Kopp.

10h15: des régions mieux représentées

Les différentes régions du pays seront désormais mieux représentées au sein du gouvernement. La Suisse orientale et l’Arc alpin ne sont plus laissés de côté. Avec le départ du PLR bernois Johann Schneider-Ammann, l' »Espace Mitteland » n’a plus que deux conseillers fédéraux: le Fribourgeois Alain Berset et la Bernoise Simonetta Sommaruga. Vaud est représenté par Guy Parmelin, Zurich par Ueli Maurer et le Tessin par Ignazio Cassis.

La Suisse orientale n’est plus laissée à l’écart, grâce à la PLR Karin Keller-Sutter. L’Arc alpin n’a pas été oublié. Pour la quatrième fois de l’histoire, le Valais est représenté au Conseil fédéral avec la démocrate-chrétienne Viola Amherd.

L’équilibre entre les langues au sein du Conseil fédéral reste quant à lui le même, soit quatre germanophones, deux francophones et un italophone.

10h05: un gouvernement rajeuni

L’arrivée de Karin Keller-Sutter, 54 ans, et de Viola Amherd, 56 ans, va légèrement rajeunir le Conseil fédéral. La moyenne d’âge va passer de 59 ans à 57 ans et 5 mois.

Ueli Maurer, 68 ans sera le doyen d’âge, Alain Berset, 46 ans, le benjamin. Simonetta Sommaruga a 58 ans, Guy Parmelin 59 ans, Ignazio Cassis 57 ans. Les démissionnaires Johann Schneider-Ammann et Doris Leuthard ont quant à eux soufflés respectivement 66 et 55 bougies.

10h00: Karin Keller-Sutter élue au premier tour

Pas de suspense pour l’élection au siège PLR. La conseillère aux Etats Karin Keller-Sutter a été élue dès le premier tour avec 154 voix sur 237.

09h40: le PLR a droit à son deuxième siège

Le groupe PLR est sans conteste la troisième force du Parlement. Notre droit à un deuxième siège est indiscutable, a déclaré Beat Walti (ZH) chef du groupe PLR avant l’élection du successeur de Johann Schneider-Ammann.

Les autres partis n’ont apparemment pas remis ce droit en question lors des auditions, s’est félicité le Zurichois. Le PLR a présenté deux candidats aux compétences confirmées, mais aux orientations politiques différentes. Tous deux s’engageront pour des institutions fortes qui fonctionnent.

09h40: quatrième fois pour le Valais

C’est la quatrième fois de l’histoire que le Valais est représenté au Conseil fédéral. La démocrate-chrétienne a la même appartenance partisane que le premier représentant du canton au gouvernement Josef Escher, qui a siégé au Conseil fédéral de 1950 jusqu’à son décès fin 1954.

Tout comme lui, Viola Amherd vient du Haut-Valais. Les deux autres ministres étaient romands: le PDC Roger Bonvin (1962-1973) et le radical Pascal Couchepin (1998-2009).

09h30: favoriser les compromis

La nouvelle conseillère fédérale Viola Amherd veut préserver la voie du compromis au sein du gouvernement. « Je suis consciente de la tâche qui m’incombe et je l’accomplirai avec sincérité et collégialité », a-t-elle dit après son élection à la tribune de l’Assemblée fédérale.

« C’est un grand honneur pour moi et mon canton », a-t-elle ajouté. La démocrate-chrétienne valaisanne s’est dite prête à relever le mandat pour lequel elle a été élue en favorisant des solutions pragmatiques et efficaces pour la Suisse et ses habitants. « Je promets que je ferai tout pour relever les défis et servir notre pays ».

09h20: Viola Amherd élue au premier tour

Viola Amherd remplacera Doris Leuthard au Conseil fédéral. L’Assemblée fédérale a élu au premier tour la conseillère nationale valaisanne par 148 voix sur 240 bulletins valables.

Heidi Z’graggen obtient 60 voix. Dix-sept voix sont allées au président du PDC suisse Gerhard Pfister. Il y a eu quinze voix éparses. L’ancienne présidente de la ville de Brigue a accepté son élection.

09h00: le PDC défend ses candidates

Le PDC tient à la formule magique et a droit à un siège au Conseil fédéral, a rappelé mercredi le président du groupe démocrate-chrétien Filippo Lombardi (TI). Il a procédé sérieusement au choix des candidats qu’il présente.

Les deux candidates sont de haute qualité et sont toutes deux aptes à occuper la fonction de conseillère fédérale, a dit M. Lombardi. Le PDC en appelle donc au respect de la concordance et au respect de son choix: la conseillère nationale valaisanne Viola Amherd et la conseillère d’Etat uranaise Heidi Z’graggen.

08h55: début de la procédure de vote

Les conseillers fédéraux ont quitté la salle du Conseil national, la procédure de vote va pouvoir débuter. Le premier scrutin concerne la succession de Doris Leuthard. L’Assemblée fédérale devra trancher entre la Valaisanne Viola Amherd et l’Uranaise Heidi Z’graggen.

08h50: plaidoyer pour le bien du pays

Honnêteté, fiabilité et courage: ces trois vertus doivent conduire l’action politique pour le bien du pays, a déclaré Johann Schneider-Ammann devant l’Assemblée fédérale. Gouverner selon ces trois qualités signifie ne pas faire de fausses promesses, agir à temps et viser le bien du pays et non des intérêts individuels.

La Suisse est un petit Paradis, a-t-il rappelé dans son discours prononcé en trois langues. Durant ses huit années au Conseil fédéral, le Bernois s’est principalement soucié d’atteindre des résultats concrets: l’emploi pour le plus de monde possible, une économie concurrentielle, la formation et la recherche et la cohésion sociale.

Les défis pour l’avenir ne manquent pas. « Nous devons encore gagner en flexibilité et libéralisme, oser au lieu de réguler », a-t-il déclaré. « La Suisse doit miser sur ses liens avec le monde plutôt que le repli ». Car la souveraineté ne signifie pas regarder en arrière. La souveraineté, c’est agir au service des intérêts à long terme du pays.

08h40: un patron ouvert au dialogue

Johann Schneider-Ammann était apprécié pour son ouverture au dialogue et au compromis. Dans son discours d’hommage, la présidente de l’Assemblée fédérale Marina Carobbio a rappelé le rôle de patron du ministre de l’économie.

C’est d’ailleurs en tant qu’entrepreneur que le libéral-radical avait été élu au Conseil national puis au Conseil fédéral. Au gouvernement, le Bernois s’est aussi intéressé à la formation et la recherche, il s’est engagé pour le système dual de formation professionnelle. Il en a été un des plus importants promoteurs à l’étranger. Le ministre de l’économie s’est aussi distingué en finalisant treize accords de libre-échange.

08h30: plaidoyer pour plus de coopération

Dans son discours d’adieu à l’Assemblée fédérale, Doris Leuthard a mis en garde contre un affaiblissement du multilatéralisme et plaidé pour plus de coopération entre les Etats. « Les problèmes globaux ne peuvent se résoudre au niveau national », a-t-elle souligné.

« Malgré sa petite taille, la Suisse joue un rôle important, car nous sommes crédibles et fiables, et nous agissons de manière indépendante », a-t-elle dit. Des qualités qui seront nécessaires pour trouver une solution indispensable, à ses yeux, avec l’Union européenne (UE).

« Plus nous mettrons de temps à trouver une solution, plus le prix à payer sera élevé. Les accords bilatéraux perdront de leur pertinence. Suspendre les relations avec l’UE est une régression », a-t-elle insisté. La ministre sortante a encore salué le système démocratique suisse, qui « constitue une des forces de notre pays », et appelé à poursuivre à l’avenir la concordance, le consensus et le compromis.

08h20: hommage à Doris Leuthard

Après lecture de la lettre de démission de Doris Leuthard, la présidente de l’Assemblée fédérale Marina Carobbio a rendu hommage à la conseillère fédérale démissionnaire. Doris Leuthard a toujours été populaire. Elue au premier tour au Conseil fédéral, elle est entrée dans l’histoire en convainquant le gouvernement de tourner le dos à l’atome.

C’était non seulement une grande dame politique, mais surtout « une grande dame », a salué Marina Carobbio. Doris Leuthard a engrangé de nombreux succès au Département de l’économie, a rappelé la socialiste dans son discours d’hommage. Mais elle restera dans les mémoires comme patronne du Département de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication, a estimé la socialiste.

Le peuple lui a toujours fait confiance, elle a gagné 16 votations populaires sur 18. La ministre pouvait répondre spontanément aux questions et a démontré au quotidien sa mémoire phénoménale et sa capacité à vulgariser des choses complexes. Dotée d’un instinct politique sûr, c’était aussi une femme de coeur, une raison de sa popularité, a estimé Mme Carobbio.

07h50: pas de recommandation de vote du PS

Le parti socialiste a décidé de laisser la liberté de vote pour le ticket PDC à l’élection au Conseil fédéral. Le chef de groupe Roger Nordmann l’a annoncé à l’issue de leur réunion tôt mercredi matin. Pour le PLR, il avait déjà annoncé soutenir la candidature de Karin Keller-Sutter.

Roger Nordmann n’a pas commenté la décision du groupe. La veille, il avait relevé que Viola Amherd et Heidi Z’graggen étaient toutes deux d’excellentes candidates, au profil politique très proche. Alors que le choix de Karin Keller-Sutter s’est imposé à la quasi-unanimité, celui pour le PDC est plus délicat.

04h30: le suspense va prendre fin

La Suisse connaîtra ce mercredi les noms des personnes qui vont succéder à Doris Leuthard et Johann Schneider-Ammann au Conseil fédéral. Karin Keller-Sutter semble bien partie pour reprendre le siège libéral-radical. Le match est plus ouvert au PDC.

Ce sera toutefois le nom de la prochaine conseillère fédérale démocrate-chrétienne qui sera dévoilé en premier. Après les hommages de rigueur aux ministres démissionnaires et les dernières déclarations des groupes, l’Assemblée fédérale élira la personne qui reprendra le flambeau de Doris Leuthard.

Il faudra peut-être plus d’un tour pour départager la conseillère nationale valaisanne Viola Amherd de la conseillère d’Etat uranaise Heidi Z’graggen. L’expérience parlementaire de la première est mise en avant par la plupart des partis. Mais Heidi Z’graggen pourrait séduire à droite et sa carte environnementale lui servir pour grappiller des soutiens à gauche. Chaque voix comptera.

Et les dernières manoeuvres de la nuit dans la Berne fédérale pèseront de tout leur poids. Jusqu’à mardi soir, le PLR, le PS et les Verts n’ont pas dit officiellement vers qui ira leur préférence. Les socialistes pourraient affiner leur stratégie mercredi matin. La majorité de l’UDC soutiendrait l’Uranaise alors que le PVL et le PBD appellent à voter pour la Valaisanne.

Les parlementaires trancheront dans un deuxième temps la succession de Johann Schneider-Ammann. Avec le soutien de l’UDC, du PS, des Verts, du PBD et du PVL, la conseillère aux Etats saint-galloise Karin Keller-Sutter part favorite. Seul le PDC ne l’a pas choisie officiellement au détriment de l’autre candidat officiel, le conseiller aux Etats nidwaldien Hans Wicki.

Karin Keller-Sutter avait échoué il y a huit ans face à Johann Schneider-Ammann. Le parti n’a pas eu de conseillère fédérale depuis Elisabeth Kopp.

 

(KEYSTONE-ATS)

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Suisse

Un congé payé de 14 semaines pour les parents d’un malade

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Les personnes qui soignent un proche devraient pouvoir prendre jusqu'à 10 jours de congé payé par an (archives). (©KEYSTONE/GAETAN BALLY)

Les parents auront droit à un congé payé de 14 semaines pour s’occuper d’un enfant gravement malade. Un employé pourra s’absenter pour soigner un membre de sa famille. Le Conseil fédéral a transmis mercredi son message sur les proches aidants au Parlement.

A l’heure actuelle, environ deux tiers des entreprises accordent des congés à leurs employés, en partie rémunérés, en cas d’absence de courte durée pour prodiguer des soins à un parent ou un proche. La nouvelle loi permettra d’octroyer des conditions identiques à tous.

Les parents, dont l’enfant est gravement malade ou accidenté, n’ont actuellement pas d’autre option que de demander un congé non payé, se mettre en arrêt maladie ou arrêter de travailler un certain temps. Chaque année, environ 4500 familles sont concernées. La nouvelle loi doit permettre aux proches aidants de rester professionnellement actifs et lutter contre la pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.

Le projet du Conseil fédéral prévoit un congé de 14 semaines au plus, devant être pris en l’espace de 18 mois et indemnisé par une allocation de prise en charge. Cette allocation sera intégrée au régime des allocations pour perte de gain. Son coût est estimé à 74 millions de francs. Le taux actuel de cotisation de 0,45% ne devrait pas être modifié.

Définition élargie

Le Conseil fédéral veut aussi inscrire dans le code des obligations le droit à un congé payé pour la prise en charge des soins d’un membre de la famille ou d’un partenaire. Ce congé ne devra toutefois pas dépasser trois jours par cas et dix jours par année.

Le gouvernement a apporté cette précision suite à la procédure de consultation, alors qu’il ne prévoyait pas de limite ou de plafond annuel dans le projet initial. Les coûts de cette mesure sont estimés entre 90 et 150 millions de francs par an. Le Conseil fédéral a aussi accepté de donner plus de flexibilité aux proches aidants en proposant que les congés puissent aussi être pris sous forme de journées.

La définition des proches a également été revue. Le gouvernement a limité le congé aux membres de la famille et au partenaire avec lequel l’employé fait ménage commun. En outre, la définition d’atteinte à la santé a été précisée. Elle ne se limite plus aux cas de maladie ou d’accident, mais couvre également les situations de handicap.

Allocation versée

Le versement de l’allocation pour impotent et du supplément pour soins intenses de l’AI à un enfant ne sera plus supprimé dès lors que l’enfant est à l’hôpital. Mais il le sera dès que l’hospitalisation de l’enfant dépasse un mois. Cette mesure coûtera 2,5 millions de francs par année pour l’AI. Elle permet d’améliorer la situation des parents d’enfants handicapés qui pourront accompagner leurs enfants à l’hôpital.

La nouvelle loi prévoit d’étendre le droit aux bonifications pour tâches d’assistance dans l’AVS. Le critère sera élargi pour inclure les personnes avec une allocation pour impotence faible. Il en coûtera 1 million de francs supplémentaire à l’AI par année. Le droit aux bonifications sera aussi étendu aux concubins.

 

(KEYSTONE-ATS)

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Suisse

Le sperme suisse est de mauvaise qualité

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En Europe, une qualité aussi mauvaise de sperme qu'en Suisse a été constatée seulement au Danemark, en Norvège et en Allemagne (archives). (©KEYSTONE/GAETAN BALLY)

Pour la première fois, le sperme des jeunes Suisses a été évalué au niveau national. Et les résultats s’avèrent inquiétants, selon l’Université de Genève (UNIGE). La qualité de la semence helvétique est parmi les plus mauvaises d’Europe.

Dans le cadre du recrutement militaire, les chercheurs de l’UNIGE ont étudié le profil de 2523 jeunes hommes de 18 à 22 ans, provenant des quatre coins du pays, conçus et nés en Suisse. Ces garçons ont répondu à un questionnaire sur leur santé, leur mode de vie, leur alimentation, leur éducation. Leurs parents ont aussi été interrogés.

Le sperme des recrues a été analysé en fonction du nombre de spermatozoïdes trouvés par millilitre (ml), la mobilité de ces spermatozoïdes et leur morphologie. Chacun de ces trois critères, pris séparément, peut potentiellement affecter la fertilité. Le problème peut devenir encore plus aigu lorsqu’ils se combinent.

Baisse de qualité générale

Les résultats trouvés par l’UNIGE, publié mercredi, sont jugés préoccupants. Des études épidémiologiques ont déjà mis en avant une dégradation de la qualité du sperme au fil des décennies dans les pays industrialisés. Il y a cinquante ans, le sperme contenait encore 99 millions de spermatozoïdes par ml.

Aujourd’hui, les concentrations médianes, qui varient d’un pays à l’autre, se situent entre 41 et 67 millions de spermatozoïdes par ml. Avec 47 millions de spermatozoïdes par ml, les jeunes Suisses se trouvent en queue de peloton avec le Danemark, la Norvège et l’Allemagne, fait savoir l’UNIGE.

Selon les spécialistes, en dessous de 40 millions de spermatozoïdes par ml, le temps pour parvenir à la conception d’un bébé augmente significativement. Avec moins de 15 millions de spermatozoïdes par ml, un homme peut être considéré comme « subfertile » et rencontrera probablement des problèmes pour concevoir un enfant, note l’UNIGE.

Les résultats de l’étude indiquent que 17% des 2523 jeunes Helvètes passés au crible se classent dans cette catégorie de « subfertile ». D’autre part, un jeune sur quatre possède moins de 40% de spermatozoïdes mobiles. Enfin, le taux de formes morphologiquement normales est inférieur à 4% chez 40% des sujets étudiés.

« Pris globalement, ces résultats suggèrent que la qualité spermatique des jeunes hommes en Suisse est critique et que leur fertilité future sera vraisemblablement affectée », note l’UNIGE. Les chercheurs genevois n’ont pas observé de différences entre les régions du pays ou le lieu de résidence en milieu rural ou urbain.

Cancer des testicules

L’étude a aussi permis d’établir une corrélation entre la mauvaise qualité du sperme et la hausse des cas de cancer des testicules en Suisse. « La qualité du sperme est généralement inférieure dans les pays où l’incidence de cancer testiculaire est élevée », relève le professeur de médecine génétique de l’UNIGE Serge Nef.

L’UNIGE va tenter maintenant d’identifier les causes de cette faible qualité du sperme en Suisse, en évaluant divers facteurs, environnementaux ou de style de vie. Les chercheurs aimeraient aussi pouvoir retrouver dans dix ans les 2523 jeunes qui se sont prêtés à l’étude, afin de réaliser un suivi de leur santé reproductive.

KEYSTONE-ATS

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Suisse

Une femme sur cinq victime de violences sexuelles

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Une femme sur cinq victime de violences sexuelles en Suisse, selon un rapport commandé par Amnesty (photo d'illustration). (©KEYSTONE/LUIS BERG)

Les violences sexuelles sont bien plus répandues en Suisse qu’on ne le pense. Une femme sur cinq âgée de 16 ans et plus a déjà subi des actes sexuels non consentis. Amnesty International appelle à un durcissement du droit pénal.

Selon l’étude de gfs.bern, commandée par l’ONG, 22% des femmes en Suisse ont déjà subi des actes sexuels non consentis et 12% ont eu un rapport sexuel contre leur gré. « Il est effrayant de voir à quel point peu de femmes parlent de ce qu’elles ont vécu, même dans leur environnement immédiat », a indiqué mardi devant la presse à Berne Cloé Jans de gfs.bern.

Près de la moitié des femmes touchées gardent pour elles l’épisode de violence sexuelle. Seulement 8% ont porté plainte auprès de la police. Quant au harcèlement, près de 60% des femmes interrogées ont été victimes de contacts, d’étreintes ou de baisers non désirés, selon les résultats de l’institut qui a interrogé 4500 femmes.

Ignoré des statistiques

« Les résultats de l’enquête sont choquants. Ils révèlent que les cas enregistrés dans les statistiques policières ne sont que la pointe de l’iceberg », déplore Manon Schick, directrice d’Amnesty Suisse. En 2018, un total de seulement 1291 infractions liées à la violation de l’intégrité sexuelle (contrainte sexuelle et viol) a été enregistré par la police.

En outre, les agressions sexuelles restent largement impunies en Suisse. Dans une pétition, Amnesty demande à la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter de présenter des propositions de réforme du droit fédéral afin que tous les actes sexuels non consentis soient punissables.

La pétition demande également la formation obligatoire et continue des magistrats, de la police et des avocats à la prise en charge des victimes de violences sexuelles. Elle plaide enfin pour une collecte systématique de données et des études sur le traitement des infractions contre l’intégrité sexuelle dans le système judiciaire suisse.

Revoir la définition du viol

« La Suisse dispose d’un droit pénal sexuel obsolète, qui devrait être fondamentalement réformé », résume Nora Scheidegger, experte pour les infractions contre l’intégrité sexuelle. La perception du viol est notamment problématique: le droit suisse ne reconnaît le viol que s’il y a contrainte de la part de l’auteur et résistance des victimes.

Or la Convention d’Istanbul, entrée en vigueur en Suisse l’an dernier, exige clairement que l’absence de consentement soit au centre de toute définition juridique du viol et des autres formes de violences sexuelles. Aujourd’hui en Suisse, de nombreuses victimes sont en position de faiblesse devant les tribunaux.

L’automne dernier, le Conseil national a accepté une motion de Laurence Fehlmann Rielle (PS/GE) pour élargir dans le Code pénal la notion de viol et y intégrer la dimension de contrainte. Le Conseil des Etats doit encore se prononcer.

www.amnesty.ch/violences-sexuelles

 

(KEYSTONE-ATS)

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Suisse

« Salaire. Temps. Respect » la grève du 14 juin

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La grève des femmes sera placée sous la devise "Salaire.Temps. Respect". (©KEYSTONE/ADRIEN PERRITAZ)

Le 14 juin, la Suisse sera rappelée à l’ordre en matière d’égalité entre hommes et femmes. L’Union syndicale suisse (USS) a placé la grève des femmes sous la devise « Salaire. Temps. Respect ». Trois axes de revendications pour enfin obtenir la fin des discriminations.

L’égalité entre hommes et femmes est inscrite dans la Constitution suisse depuis 1981. Pourtant, les salaires de femmes restent de près de 20% inférieurs à ceux des hommes. Concrètement, le manque à gagner s’élève à 660 francs par mois en moyenne pour l’unique raison d’être une femme.

Sur l’année, ce sont 10 milliards de francs de moins pour le même travail et la même performance, a indiqué lundi devant la presse Vania Alleva, vice-présidente de l’USS. Les raisons de cette discrimination sont connues: le travail des femmes est souvent moins valorisé et les possibilités de carrière sont souvent freinées en raison de la maternité.

Conséquences, 53% des femmes ont un salaire net de moins de 4000 francs par mois et environ 70% touchent moins de 5000 francs. En outre, cette discrimination dure toute la vie puisque les femmes touchent actuellement une rente vieillesse réduite de plus d’un tiers. Comme environ 40% de l’écart salarial ne peut être expliqué, l’USS a des revendications bien précises pour le 14 juin.

Salaire

La faîtière syndicale demande un salaire minimum de 4000 francs par mois pour tout le monde et des conventions collectives de travail (CCT) qui couvrent les branches à forte proportion féminine. « Nous voulons des salaires et des taux d’occupation qui permettent de gagner décemment sa vie », ont insisté les femmes syndicalistes.

Plus d’argent, c’est en finir avec des situations de précarité financière qui forcent certaines à devoir assumer plusieurs mini-jobs parallèles, du harcèlement et des violences sexistes. L’USS exige aussi que la loi révisée sur l’égalité soit mise en oeuvre au plus vite. Celle-ci, adoptée en décembre, rend l’analyse de l’égalité des salaires obligatoire pour les entreprises occupant au moins 100 personnes.

Temps

La faîtière syndicale veut en outre des investissements dans les crèches, les écoles à horaire continu, les soins à domicile et la prise en charge d’adultes ayant besoin de soins et d’assistance. Il s’agit de décharger les femmes du travail non rémunéré et de mieux concilier vie familiale et vie professionnelle.

Parmi les autres revendications pour plus de temps figurent le plein temps réduit à 30-35 heures hebdomadaires ou le congé paternité d’au moins huit semaines et le congé maternité d’au moins 18 semaines et la répartition égale d’un congé parental d’au moins 24 semaines. « Nous rejetons également le travail sur appel et la disponibilité permanente », a souligné Vania Alleva.

Respect

Enfin, l’USS revendique le respect. Les syndicats veulent une protection étendue contre le licenciement en cas de maternité, la tolérance zéro en cas de violence à l’égard des femmes, la prévention efficace contre le harcèlement et l’allègement du fardeau de la preuve en cas de harcèlement sexuel.

Les préparatifs de la grève du 14 juin vont bon train. Une trentaine de collectifs de grève locaux et régionaux sont prévus: Genève, Vaud, Valais, Jura, Neuchâtel, Fribourg, Grisons, Tessin, Schaffhouse, Zurich, Berne, Glaris, Schwyz, St. Gall, Nyon et Lucerne pour les plus importants.

A ces collectifs locaux s’ajoutent des groupes centrés autour de thématiques spécifiques comme la formation et les hautes écoles, les soins, les femmes catholiques, les journalistes, etc. La grève se veut décentralisée afin de porter les revendications des femmes partout où elles travaillent et où elles vivent, écrit l’USS.

 

(KEYSTONE-ATS)

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Suisse

Des popistes veulent invalider la votation fédérale sur RFFA

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Luca Schalbetter, vice-président du POP Vaud, Christophe Grand, secrétaire du POP Vaud, Anaïs Timofte, vice-présidente du POP Vaud, tous trois recourants, et leur avocat Pierre Chiffelle, ancien conseiller d'Etat vaudois socialiste et actuel membre du POP Vaud. (Photo: D.R)

Ils l’avaient annoncé il y a une semaine, ils vont s’y tenir. Des popistes vaudois vont déposer un recours demandant l’annulation de la votation sur la RFFA, approuvée ce dimanche par plus de 66% de la population. Ils dénoncent une violation de l’unité de la matière.

Des popistes vaudois demandent l’annulation du vote sur la RFFA, la réforme de l’imposition des entreprises liée à un financement de l’AVS. Ils dénoncent une violation de l’unité de la matière. Selon eux, les citoyens ont été forcés à se prononcer sur un seul objet reliant deux volets qu’ils estiment sans rapport direct et intrinsèque. Annoncé il y a une semaine, le recours sera envoyé jeudi, alors que la population a accepté l’objet à plus de 66% ce dimanche. Pierre Chiffelle, avocat des recourants et ancien conseiller d’Etat vaudois socialiste, devenu membre du POP depuis un an :

Pierre Chiffelle
Avocat des recourants et ancien conseiller d'Etat vaudois
Pierre Chiffelle Avocat des recourants et ancien conseiller d'Etat vaudois

Recourante et vice-président du POP Vaud, Anaïs Timofte n’hésite pas, quant à elle, à parler de « chantage à grande échelle » à propos de cette votation :

Anaïs Timofte
Recourante et vice-président du POP Vaud
Anaïs Timofte Recourante et vice-président du POP Vaud

La dizaine de recourants s’appuie notamment sur un document de l’Office fédéral de la Justice qui parlait de « cas limite » à propos de cet objet et qui évoquait la possibilité de présenter deux projets distincts. L’avocat Pierre Chiffelle invoque également un arrêt du Tribunal Fédéral sur un cas neuchâtelois :

Pierre Chiffelle
Avocat des recourants et ancien conseiller d'Etat vaudois
Pierre Chiffelle Avocat des recourants et ancien conseiller d'Etat vaudois

Forts de ces arguments, les recourants espèrent donc que la votation sera invalidée. Anaïs Timofte :

Anaïs Timofte
Recourante et vice-président du POP Vaud
Anaïs Timofte Recourante et vice-président du POP Vaud

Une fois le recours reçu, le Conseil d’Etat vaudois aura dix jours pour statuer. Selon les recourants, il va probablement rejeter ou déclarer le recours irrecevable. Ils se tourneront alors vers le Tribunal fédéral.

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